Ceux qui brûlent dans la lumière par

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Univers Parallèle / Romance / Fantasy

5 Révélation au clair de lune

Catégorie: M , 2149 mots
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Révélation au clair de lune



Le crépuscule peint lentement le ciel d’Azeroth d’une teinte orange alors que je me décide à descendre dans le jardin extérieur pour tester mon nouvel arc. La salle du trône vide est plongée dans la pénombre, ça la rend presque menaçante quand mes pas solitaire font résonner les lieux. Durant le reste de mon trajet jusqu’au jardin extérieur, j’ai croisée peu de personne, juste quelques gardes qui patrouillent, des serviteurs qui terminent leur tâches quotidiennes et deux, trois nobles qui m’ont juste dévisagé sur le passage. Une fois dehors, je sens l’air frais me rougir les joues. Il reste encore des promeneurs tardifs. Je me mets alors à la recherche d’un endroit pour pratiquer le tir à l’arc, loin des regards curieux. Je m’éloigne du lac et, en marchant, je finis par dénicher un lieu totalement isolé et énigmatique, dénaturant la beauté du parc. Une rangée de haie haute prenant la forme d’un grand cercle. J’en fais le tour et repère une petite entrée. En son centre, un grand arbre couvre de son ombre un banc de bois et de fer finement ouvragé. Je décide de prendre le tronc de l’arbre comme cible, pose mon carquois contre son pied et m’empare de plusieurs flèches. Je m’éloigne un peu, plante mes munitions dans le sol et bande d’abord mon arc avant de l’armer. Je décoche une flèche. Dans sa course, elle fouette l’air avant que la pointe ne s’enfonce dans le bois tendre du tronc. J’en tire d’autres, toujours avec habilité, je n’ai point perdu la main, le geste est comme instinctif. Je pourrais le faire les yeux fermés sans raté ma cible. Manier cet arc, cette sensation de contrôle et de bien-être ravive une partie de moi oubliée. J’arme à nouveau mon arc, je ferme les paupières, j’inspire un grand coup et retiens mon souffle. Je libère la flèche d’un petit geste délicat, j’en écoute le sifflement et le craquement à l’impact.

Quand J’ouvre à nouveau les yeux, l’atmosphère des lieux est chamboulée, mes pas me conduise devant un immense arbre au feuillage améthyste. L’ombre de ses gigantesques branches assombrie le sol d’une couleur pourpre. Ma petite main n’arrive pas à atteindre la flèche coincés dans l’écorce noire. Une main d’homme portant une chevalière carrée en argent gravée d’une tour brisée retire la flèche coincée dans l’arbre.

-         Bien joué, Opaline ! Tu as touché l’arbre cette fois. Intervient une voix familière.

Je me retourne vers le propriétaire de cette voix, mais à la place, je vois une grande cour où des hommes en armes courent dans tous les sens. Les cloches sonnent le branle-bas de combat. Une météorite verdâtre traverse le ciel pour finir sa course dans la cité. La pluie de météore s’intensifie, elles s’écrasent par centaine, les cieux sont en feux. Une des météorites atteint la cour, des flammes vertes embrasent le sol. Une créature cauchemardesque sort de son cratère fumant, ça ressemble à un amas de roche infusé de flammes verte. Son crie guttural est horrifiant, j’en lâche presque mon arc. J’en suis pétrifiée de terreur. Les gardes, plus courageux que moi, essayent en vain de combattre cette être de cauchemar. J’entends leurs cris d’agonie et vois leur corps broyés, noyés dans leur propre sang. Cette vision m’écœure tellement que j’ai envie de dégobiller. Soudainement, la créature se tourne vers moi, me foudroyant du regard. Son visage de pierre est vide de toute émotion. Horrifiée, j’ai un mouvement de recul.

Je sens une main sur mon épaule. Affolée et tremblante, je me retourne brusquement et j’arme rapidement mon arc. Mon cœur ne fait qu’un bond dans ma poitrine quand, face à moi, se trouve le Roi, portant une impressionnante armure de plaque grise et or finement travaillées et décorées. Ses imposantes épaulières sont gravées de tête de lion en relief, un long tissu bleu aux franges or est accroché à ces dernières. Son plastron, lui, arbore également la tête du même animal, aussi en relief. Accrocher à sa ceinture, un long tissu bleu au frange doré faisant le tour de sa taille et lui tombant jusqu‘aux chevilles. Entre chaque interstice de son armure, on peut entrevoir sa tunique de cuir serrée. Son épée est attachée dans son dos avec une lanière. Le roi, pantois, reste silencieux et nous nous regardons droit dans les yeux. Lorsque que je me rends compte de mon geste, je lâche mon arc au sol, embarrassée, je recule alors de quelque pas, évitant soigneusement le regard du Roi.

-         Sir, veuillez me pardonner… Je… Je me suis souvenu de quelque chose… De terrifiant. Expliqué-je quelque peu désorientée.

-         Ce n’est rien, personne n’a été blessé, Madame. Me Rassure le Roi. Je n’aurais pas non plus dû vous brusquez de la sorte. Vous semblez troublée, vous allez bien ?

-         Non, pas vraiment…

Je me mets à genoux pour ramasser mon arc, les yeux au bord des larmes. Le Roi a eu apparemment la même idée que moi, nos mains saisissent la poignée de l’arme en même temps. Nos regards se croisent à nouveau, je me perds une fraction de seconde dans ses yeux azur. Je sens mon cœur s’emporter dans ma poitrine. Je lâche la poignée et le Roi se relève avec mon arc dans sa main. De l’autre, il m’aide à me relever.

-         Puis-je savoir où vous vous êtes procurée cet arc ? Me demande sa Majesté, curieux, en me rendant l’arme.

-          Eh bien, dans une boutique en ville, Votre Altesse. Lui dis-je avec une voix faible

-         Vous aimez tirer à l’arc ? Me questionne le roi.

J’acquiesce à sa question, m’assoie sur le banc et dépose l’arc à mes pieds tout en me perdant à nouveau dans ce perturbant souvenir. Une larme m’échappe, coule sur ma joue et tombe sur mes mains tremblantes. J’entends le cliquetis de métal de l’armure du Roi qui me rejoint sur le banc et y appui son épée, juste entre nous deux. L’éclat de son orbe en fait l’étoile la plus scintillante en cette nuit. Je regarde sa lueur, je suis fascinée par tant de beauté, sa lumière joue sur nos visages et son reflet fait scintiller les cheveux d’or du Roi, c’est presque poétique. 

-         Cette épée est un héritage de mon père. Quand je la regarde, j’y vois son visage qui se reflète dans la lame. Ça me rappelle que je dois agir en tant que Roi. Intervient-il subitement, mélancolique.

Le roi semble tellement accablé, son regard perdu sur sa magnifique épée. Est-il en train de voir son père dans la lame ? Je peux ressentir son fardeau. Fardeau que mon père ne voulait pas me léguer car j’étais une femme et que lui voulait un héritier. Mon cher Oncle avait la chance de l’être, il ferait un bien meilleur Roi que mon père, comme il avait été un bien meilleur père. 

-         Aux yeux de mon père, je n’étais qu’un outil politique. Juste bonne à marier au plus influant, mon destin n’a jamais était d’hériter du trône, il préférait quelqu’un en qui il pouvait avoir confiance. Confié-je au Roi car je me sens à l’aise près de lui.

-         J’étais en conflit permanent avec le mien, il voulait tracer ma voie. C’est peu avant sa mort qu’il a accepté mes choix. Répond le Roi, sur le même ton.

-         Je ne me souviens pas de ce qu’est devenu mon père…

-         Il faut savoir garder espoir. Tente-t-il de me rassurer, en posant une main apaisante sur la mienne.

Mais le poids du gantelet de métal me rappelle ma récente vision. Je ressens le besoin de me confier à quelqu’un, n’importe qui. Je me tourne vers le Roi, il peut sans doute lire la détresse dans mon regard. Aucun mot ne s’échappe de ma bouche, mes mains tremblent mais la poigne rassurante du Roi me donne le courage de lui raconter mon souvenir.

-         J’ai vu… Mon royaume à feu et à sang, je me souviens d’une créature faite de pierre et de flamme que nous n’aurions pas pu imaginer, même dans nos pires cauchemars. La pierre qui le formait été noire comme les ténèbres et les flammes qui l’habillaient brûlées d’une couleur verte viciée. Lui expliqué-je avec effroi. Lorsque qu’il m’a regardé dans les yeux, je n’y ai vu qu’un vide sans fond.

Je peux lire sur son visage que cette menace ne lui est pas inconnue et qu’elle semble avoir causé autant de préjudice à ces terres qu’aux miennes. Est-ce la Légion Ardente dont Millie m’avait parlée et qui aurait causé la mort du Roi Varian ?

-         Vous souvenez vous d’autre chose ? Insiste le Roi.

-         Ils sont venus du ciel… J’ai eu d’autre souvenir… Mais rien de plus que du sang et des morts.

Malgré son armure je pouvais sentir tout son corps se crisper à cette macabre annonce. Quand il remarque mon inquiétude, son visage fermé s’orne d’un sourire qui se veut réconfortant. 

-         Il se fait tard, mon conseiller, Grisetête, doit se demander où je suis passé. Annonce le roi, souriant. Laissez-moi vous raccompagner jusqu’au château.

Il me lâche alors la main et se relève, s’empare de son épée et ramasse mon arc pour me le remettre. Je prends son bras. Le Roi me lance un regard surprit et me sourit maladroitement. Alors que nous marchons sous la voûte étoilée, accompagnés de la mélodie des cliquetis de son armure et éclairés par l’orbe de son épée, je ne peux m’empêcher de contempler discrètement le roi, je ressens le même sentiment d’attirance que j’ai eue quand je l’ai rencontré pour la première fois dans la salle du trône. Mon regard croise alors le sien, ce qui nous fait timidement détourner les yeux. Nous arrivons dans la salle du trône, nos pas résonnent sur le marbre de la pièce qui est bien moins menaçante en compagnie du Roi. Je lâche son bras avec une certaine déception, j’aurais voulu que notre balade dure plus longtemps. Alors qu’il me baise la main, il se montre plus attentionné que la première fois. Après un dernier regard, il tourne le dos et rentre dans la pièce que j’ai toujours vu fermée. La porte se referme et avec elle, le peu de lumière qui m’éclairait encore, ce qui me plonge à nouveau dans l’obscurité. 




Anduin is coming

J’espère que vous avez apprécier ce chapitre.

N'hésitez pas à laisser votre avis, ça fait toujours plaisir.

Lok'tar ogar !!


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