Ceux qui brûlent dans la lumière

Chapitre 12 : Une paisible promenade

4849 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 20/06/2020 21:49

Une paisible promenade


Le temps commence à se rafraîchir. Le bosquet de haie et son unique arbre ont pris une teinte chatoyante et le sol est recouvert d’une couverture orange. Emmitouflée dans mon manteau, je suis assise sur le banc encore humide de la pluie de la nuit dernière. Mes joues sont rougies par le froid. Je remonte un peu mon écharpe sur mon visage. Je fouille dans ma sacoche de cuir pour en sortir mon livre. En l’ouvrant, j'y trouve logée entre deux page une feuille améthyste séchée, un souvenir provenant de Teldrassil. Anduin me l’a cueillie avant notre départ, il y a de cela un moment maintenant. Je la garde précieusement depuis. Je ferme brusquement mon livre pour protéger ce présent de la bourrasque de vent soudaine qui me décoiffe et fait tomber ma broche sur le sol mouillé. Je la ramasse pour ensuite rattacher assez grossièrement ma tignasse ébène à l’arrière du crâne et la fixer à nouveau dans ma chevelure. Je me lève, décidant de rentrer dans ma chambre pour me mettre au chaud devant la cheminée que Millie a du gentiment allumer pendant mon absence. Le seul hic, c’est Yaedrel. Je vais probablement subir des remontrances pour lui avoir faussé compagnie. Je l’apprécie énormément mais il prend trop son devoir de protecteur au sérieux. Je ne risque rien ici. Pas besoin qu'il s’investisse de la sorte. Je contourne le lac en passant par l’ambassade. Les lourdes portes s’ouvrent avec fracas et Anduin sort, furieux, avec sur ses talons Grisetête.

•        Il n'en est pas question ! s’indigne le Roi.

•        Vous êtes une vraie tête de mule, Sir ! Grogne le vieil homme. Il faut vous marier et avoir un héritier pour perpétuer la lignée des Wrynn !

•        Je suis encore jeune et mon devoir est ma priorité. Rétorque Anduin, irrité.

•        Justement Sir, il en est de votre devoir. Insiste Grisetête. Vous êtes souvent en déplacement et cette pseudo paix avec la Horde est précaire. Ne soyez pas irresponsable !

•        Irresponsable !? S’offusque Anduin en plantant la lame de son épée dans le sol. Vous voulez juste que j’épouse votre fille !

•        N’oubliez pas que Tess est un bon partie et elle resserrera nos liens diplomatiques.

Anduin, se marier ? Avec la fille du vieux loup… Je me crispe sur place et je sens une douleur intense dans ma poitrine. Je ne savais pas que Grisetête était marié et encore moins qu’il avait une enfant. J’ai du mal à imaginer qu’une femme puisse supporter un tel homme… Je n’ai pas envie de rester une minute de plus ici, mais je n’arrive pas pour autant à bouger. C’est la première fois que je le vois aussi contrarié.

•        Suffit ! j’en ai assez entendu, je reste sur mes positions. Gronde le Roi. Vous pouvez disposer.

Anduin chasse Grisetête d’un geste de la main. Le vieil homme s’incline et, dans un dernier regard déconcerté, retourne à l’intérieur. Le Roi retire nerveusement la lame de son épée du sol quand son attention se porte dans ma direction et qu’il me voit. Son visage rongé de colère laisse place à la gêne. Je tourne alors les talons et rebrousse chemin en trottinant vers le bosquet. De multiples questions envahissent mes pensées : Comment est la fille de Grisetête ? Est-t-elle jolie ? Anduin la connait-il personnellement ? Va-t-il céder au nom du devoir ? Plus ça me traverse l’esprit plus l’étaux se resserre sur mon cœur. Je me faufile à travers l’entrée et m’assoie sur le banc. J’enfouie ma figure dans mes mains et les larmes commencent à me picoter les yeux. J’entends le bruissement de pas dans l’herbe.

•        Vous pleurez ? Me demande une voix familière.

•        J’ai une poussière dans l’œil. Répondé-je sur un ton sec.

•        Lynawen. Dit-il en s’agenouillant et me prenant doucement les mains. Vous avez tout entendu ?

•        Je n’avais guère l’attention de surprendre votre conversation. Informé-je Anduin avant d’enchaîner. J’ignorais que Grisetête était marié.

•      Oh… ça ne m’étonne pas, il ne vous apprécie guère, honnêtement. Vous n'avez jamais croisé dame Mia car elle n’est pas à Hurlevent. D’ailleurs, quand elle est dans les parages, le loup devient agneaux. Rétorque-t-il avec le sourire. En ce qui concerne Tess j’ignore où elle se trouve.

Eh bien, je le savais déjà. Sa femme doit être un sacré personnage pour le tenir en laisse et je suis bien heureuse que cette “Tess“ ne soit pas au château.

•        Vous la connaissez bien ? Demandé-je de façon indiscrète.

•        Pas spécialement, je n'ai aucun contact avec elle. Il se tait, me lorgne un instant et un sourire amusé s’affiche sur son visage. Seriez-vous jalouse ?

Prise de court par sa remarque, je me lève d’un bond, enjambant son épée qui repose sur le tapis de feuille orangé. Je lui tourne le dos pour cacher mes joues rougissantes tout en croisant les bras sur mon torse.

•        Allons Anduin, ne… ne soyez pas ridicule. Balbutié-je.

•        Sachez que je ne veux pas marier… pour l’instant. Encore moins avec une personne qu’on veut m’imposer. M’informe-t-il, subitement sérieusement.

•        Vous n’avez pas besoin de vous justifier… rétorqué-je avec une pointe de soulagement dans la voix.

•        J’ai du temps libre et si vous avez fini de bouder, Enchaîne Anduin, taquin. Que diriez-vous d’une balade à cheval ?

•       Je ne boude pas ! M’emporté-je, décontenancée, avant de racler ma gorge et de me corriger. Je veux dire que je ne sais pas si je dois vous accorder mon précieux temps, votre Altesse.

Anduin se mit à rire tout en ramassant son épée et la range dans son dos. Dans un délicieux sourire, il me tend la main. Je la saisie sans hésitation et il en profite pour y déposer un baiser attentionné. La fraîcheur et la douceur de ses lèvres me fait frissonner. Main dans la main, nous nous rendons à l’écurie tout en évitant les promeneurs au yeux indiscrets. Par ma plus grande surprise, Yaedrel se tient contre la façade du bâtiment, mon arc dans sa main et le carquois contre le mur. Je lâche alors sa main et me tourne vers Anduin, interrogative. 

•        J’ai informé Yaedrel plus tôt dans la journée de mon intention de vous emmener vous balader à cheval.

•      La forêt d'Elwynn peux être dangereuse. Sangliers, murlocs et kobolds sont légion. Même si son Altesse ne veux pas trop s’éloigner des murs d’Hurlevent. Intervient mon protecteur.

•        Je vois… Regardé-je Anduin, déçue.

•        Ne me regardez pas ainsi, Lynawen… Mieux vaut votre bouclier que toute une escorte de garde. Dit-il en riant. 

Je hausse des épaules. Soit, qu’il en soit ainsi. Yaedrel me restitue mon arc. J’imagine que c’est une précaution contre les "vilaines créatures des forêts". Nous entrons dans l’écuries et instantanément mon regard s’attarde sur cette sorte de mini éléphant à corne caparaçonné. Je reste bouché bée par l’étrangeté de cette bête. Mon protecteur m’explique que sa monture insolite est un Elekk. Je pose ma main sur l’imposant animal, sa peau est rugueuse mais il est très docile. Je me tourne alors vers deux chevaux, un sublime percheron aussi blanc que la neige, portant une magnifique scelle arborant l’emblème et les couleurs de l’Alliance. L’autre est une jument plus svelte que celui du Roi. Sa robe est grise pommelée et sa crinière noire alors que sa queue est blanche. Une très belle et gracieuse bête. Sa scelle est bien plus modeste mais n’en reste pas moins élégante. 

•        Quel sont leur nom ? Demandé-je, curieuse, à Anduin.

•        Révérence. Avant que vous vous demandiez pourquoi, tout simplement parce qu'il porte les Rois. C’est une vielle tradition dans ma famille de les nommer ainsi.

•        Quelle originalité, dis donc. Me moqué-je alors.

•        Vraiment ? Je suis bien désireux de savoir comment vous nommez vos chevaux.

•        J’avais un magnifique Pur-Sang portant le doux nom de Funèbre. Il avait une robe aussi noire que la nuit. Répondé-je à sa question avec nostalgie.

•        Ce n’est pas mieux. Se moque Anduin.

•        C’est toujours moins pire. Rétorqué-je avec le sourire. Comment se nomme la jument ?

•        Elle n’a pas encore de nom, vous pouvez lui en trouvez un, si vous le désirez.

•        C’est un honneur, j’y réfléchirai. 

Il me sourit et me propose son aide pour monter sur l’animal, je refuse gentiment et monte sur la jument sans aucune difficulté. Nous traversons la cité pour sortir par le spectaculaire pont aux cinq statues que j’avais entrevue à dos de griffon le jour de mon arrivée. En peu de temps, nous voilà sous des arbres aux feuillages flamboyant. Nous nous éloignons des sentiers pour éviter de croiser des habitants ou des voyageurs. Le vent souffle fort et ma queue de cheval me fouette le visage par moment. Le bruit des feuilles couplées avec le chant des oiseaux et de celui des sabots des chevaux est mélodieux à mes oreilles même si le tapage des grosses pattes de Elekk donne à la symphonie une touche comique. Je me mets à sourire bêtement en regardant Anduin. Sa chevelure d’or est accentuée par les scintillements de l’orbe de son épée. L’étrangeté de son arme la rends d'autant plus somptueuse.

•        Votre épée, a-t ’elle un nom ? Questionné-je, intriguée.

•        D’où vous vient ce subite intérêt pour elle ? Demande-t-il, étonné.

•        Comme ça, sans aucune raison en particulier.

•        Eh bien, pour satisfaire votre curiosité, madame, elle s’appelle Shalamayne.

•        Shalamayne“ drôle de nom. Est-elle magique ? Enchaîne-je.

•       Oui, la lame de Shalamayne est composé deux lame. La plus petite, celle qui lévite au côté de l’orbe, peut se détacher et crée une épée à part entière. Elles ont leur propre nom : Shalla'tor et Ellemayne. Seul mon père était capable de les séparer. Explique Anduin avec mélancolie.

•        Et vous alors ? Vous n'en êtes pas capable ? Continué-je mon interrogation.

•       Quand mon père est mort… Il marque une pause, penser à son père semble encore difficile pour lui. Je suis allé au rivage brisé pour mon deuil et récupérer les deux lames que j’ai rassemblée à nouveau, je n’ai jamais essayé de les désassemblés depuis.

Anduin se mure dans le silence. Il baisse les yeux un instant avant de fixer à nouveau devant lui. Je regrette amèrement de lui avoir remémorer des souvenirs douloureux avec mes questions. Ça fait une bonne heure que nous nous baladons maintenant. J’aperçois une biche qui lève la tête sur notre passage et les fameux sangliers dont il faut se méfier mais c’est eux qui nous craignent. Ils ont décampé dès qu'il ont vu l’Elekk. Soudainement, un arbre s’effondre sur le sentier. Mon cheval, effrayé, se met à cabrer. Je tombe lourdement sur le dos, sentant mon arc et mon carquois s’enfoncer dans ma chair. Je peine à me relever. Le percheron d'Anduin n’a pas bronché, pas étonnant pour un cheval de guerre. C’est alors que cinq personnes sortent de derrière les fourrées nous entourant. Ils sont habillés de noir et portent un foulard rouge ne laissant entrevoir que leurs yeux, dagues en mains sauf l’un eux. Une femme portant une longue robe et un foulard similaire. Elle tient dans sa main un bâton en bois surmonté d’un crâne dont des flammes vertes viciées sortent des orifices. Mon cheval henni en se cabrant encore et fuit en forçant le passage. Les inconnues resserrent leur étau autour de nous. Prise au piège et effrayée, j’attrape mon arc, les mains tremblantes. Anduin saute de son cheval, épée à la main et se place devant moi pour me protéger. J’entends mon protecteur faire de même et se joindre à nous.

•        Tiens, tiens, le roi daigne sortir de son trou. Fait l’un d’eux tout en s'avançant devant nous.

•        Des Défias aussi près d'Hurlevent, ce n’est pas normal. Rétorque Anduin, inquiet.

•        Vous allez payer pour ce que vous avez fait à Vancleef ainsi qu’à la marche de l’ouest, mourrez ! Hurle l’homme devant nous.

Les défias se ruent sur nous. Yaedrel fonce sur l’un d'eux en lui donnant un violent coup de marteau dans la cage thoracique. Si violent que j’ai cru entendre ses os se briser sous l’impact. Anduin pare le coup de dague de l’homme qui est devant nous et il entame une dance de la mort. Je recule, terrifié, serrant la poignée de mon arc en regardant mes deux compagnons se battre contre nos assaillants. La femme au bâton se focalise sur moi. Je tire une flèche de mon carquois, arme mon arc et la vise, je ne suis encore jamais servie de mon arme pour tuer. Elle remarque mon hésitation et fait jaillir de sa main une boule de flamme verte qu’elle propulse droit sur moi. Mon corps se fige. Je me fais violence pour esquiver avec justesse le projectile en roulant sur le côté et j’entends le craquement sourd d’un arbre qui s’écroule derrière moi. Il s’en est fallu d’un cheveu, pensé-je alors en train de manger la poussière. Je me relève rapidement. Incertaine au début mais ne voulant pas être un poids que l’on doit protéger, je prends mon courage à deux mains. Je place une flèche et vise la femme. Au moment où je me mets en position pour la décocher, je vois un Défias bondir dans le dos d'Anduin, une dague dans chaque main. Il ne l’a pas remarqué, trop occupé à achever l’ennemi de devant avec un coup d'estoc bien placé.

•        Anduin, derrière vous ! Crié-je.

Je relâche la flèche qui siffle en survolant l’épaule d'Anduin et s’enfonce dans la carotide du bandit. Anduin retire Shalamayne du corps sans vie de son adversaire. En se retournant, il remarque l’homme les yeux écarquillés, les mains sur le bois, tombant à genoux, son sang gicle de la plaie et jaillie de sa bouche et de son nez dans un grognement. Il s’effondre sur le sol, se noyant dans son propre sang. Je viens de tuer un homme... certes, il nous voulait du mal mais c’était un humain…Je chancelle, sentant le dégoût m’envahir. Anduin accourt dans ma direction et, subitement, une flèche fouette l’air et se plante dans son épaule. Il gémit de douleur à l’impact

•        Anduin ! Hurlé-je de détresse.

Yaedrel entend mon cri de désespoir et débusque l’archer responsable de la blessure du Roi. Il se rue sur lui et d’un violent coup de marteau. Mon protecteur lui fracasse le crâne dans un bruit cristallin. Le corps du malheureux s’écroule sur le humus. Il ne reste plus rien de sa tête. Je cours et me jette dans les bras d'Anduin qui grogne à cause de la douleur. Je recule en me rendant compte de ma bêtise.

•        Anduin… murmuré-je, inquiète.

•        Je vais bien, Lynawen. Dit-il en cassant la flèche. C'est juste une égratignure.

•        Vous n'êtes qu'une bande de pourriture. Injure la sorcière. Je vais en finir avec vous.

Je me retourne pour faire face à la défias au bâton. Elle a survécu et c’est très mauvais signe. Ses mains se sont enflammées. Elle fait signe à une silhouette qui sort de l’ombre. Mon sang se glace et mon corps vacille, des gouttes coulent sur mon visage et ma vision se trouble.

•        Non… pitié, pas encore… Murmuré-je en tombant sur mes genoux.

Je mets alors mes mains sur mes oreilles pour faire taire les cris et les hurlements de souffrances qui résonnent de toute part. Les larmes coulent avec abondance sur mes joues. 

“ Je me trouve subitement dans un couloir avec des gardes. Ils se battent contre un horrible démon vêtu d’une armure noire orné de longue pointes. Son torse, lui, est dénudé, laissant entrevoir sa peau rougeâtre. Dans une main, il porte une longue épée et avec celle-ci il tranche et démembre sans difficulté les soldats comme s'il coupait du beurre. Leurs cris d’agonie sont abominables. Il rit tout en repeignant les murs de leur sang. Je lui décoche plusieurs flèches qui ricoche sur ses plaques d’acier et, même si elle se plante dans sa chair, n’ont pas l’air de l’incommoder. Il fonce droit sur moi. La peur me prend aux tripes. Mes mains tremblent. Je n’arrive pas à armer mon arc à nouveau. Son rire est démoniaque… Sachant que je ne peux gagner, je ferme juste les yeux… Attendant ma fin. Je perçois une fulguration assourdissante et un râle d'agonie déformé suivit d'un silence… Quand j’ouvre les yeux, je vois penché au-dessus de moi le visage réconfortant de mon oncle, ses yeux sont d’argent…

•        Vos yeux !? Depuis quand sont-ils argentés ? Qu’est que vous faites ici ? Père vous avez banni ! Et comment avez-vous tué ce monstre !? Est-ce de la magie ? C’est quoi ces choses. Questionné-je, perdu dans l’incompréhension.

•        Je répondrai à tes interrogations plus tard, ma douce, on n’a pas le temps. Allons chercher ton bon à rien de père et allons-nous-en. Rétorque-il, pressé.

•        Où ça ? Je doute qu’il y ait un seul endroit où ses choses ne nous trouveront pas ! Dis-je, paniquée.

•        Si, il y en a un, dans un autre monde, Opaline.

•        Quoi !? Qu’est-ce que tu racontes, ça n’a pas de sens ! M’exclamé-je, consternée

Il ne me répond pas et me prend le poignet pour me tirer dans la direction de la salle du trône. Je jette un dernier regard horrifié sur le corps fumant de la créature. “

Je ne sais pas comment expliquer ce qu’il s'est passé à ce moment-là. J’ai senti comme une puissance traverser mon corps. La voûte céleste s’est obscurcie, de multiples rayons de lumières tombent du ciel et s’abattent sur la Défias et son démon qui prennent feu. Ils sont réduits en cendre et soufflés par le vent. Le ciel retrouve ses couleurs. La sensation disparait et mes forces avec. Je m’évanouie. Je suis dans les bras d'Anduin quand je reprends conscience, il le remarque et son visage inquiet s’adoucit.

•        Je me suis vraiment inquiété, vous êtes restée longtemps inconsciente. Vous avez dû épuiser toute votre énergie magique en invoquant la lumière.

•        J’ai invoqué la lumière… vraiment !? Rétorqué-je, surprise.

•        C’est de ma faute si cette balade c’est fini ainsi, nous n’aurions pas dû sortir d’Hurlevent. J’aurais dû prévoir ce genre de situation. S'exclame Anduin avec remord.

•        Vous ne pouviez pas savoir… ce n’est pas votre faute. Essayé-je de le rassurer en dégageant son front de ses mèche collées par la sueur.

Il caresse alors ma joue dans un regard aimant. Je gâche moi-même ce petit moment de tendresse en me redressant brusquement, me souvenant de sa blessure.

•        Votre épaule, avez-vous retiré la pointe logée dans votre chair ? Demandé-je, inquiète.

•        Non, sa peux attendre notre retour à Hurlevent.

•        Mais… si elle bouge ça pourrait aggraver votre blessure… Insisté-je.

•        Ne vous en faites pas, Lynawen. Insiste également Anduin.

•        Si vous avez un poignard, je peux vous la retirer. Proposé-je avec le sourire

•        Non, ça ira ! Se ressaisie Anduin. Ce n’est qu’une blessure superficielle.

•        Je l’ai déjà fait avec mon oncle. Bon, ça lui a laissé une cicatrice blanchâtre pas très jolie mais avec la lumière vous n'aurez aucune trace ! Continué-je juste pour l’embêter.

Il se relève en disant « Je passe mon tour ! » Et s’éloigne de moi, pantois. Ça me fais rire. J’avoue que rire après ce qu'il s’est passé me fait du bien. Je n'arrive pas à croire que j’ai réussi à invoquer la lumière, je suis sortie de mes pensées lorsque au loin, j’aperçois Yaedrel tenant la bride de la jument qui s’est enfuie pendant l’attaque. Nous montons à cheval et quittons cette endroit maudit pour retourner à Hurlevent. Sur le trajet, Anduin m’informe qu'il doit prévenir Grisetête de la présence des Défias dans le coin, donc confesser notre escapade et il plaisante sur le fait qu’il va se prendre un sacré savon. Ça, c’est certain, le vieux loup va adorer.

De retour dans la cour du château, des serviteurs nous attendent. Ils prennent en charge les chevaux et les ramènent à l’écurie. Je m’apprête à monter les marches pour retourner à mes quartiers quand je sens une main sur mon épaule. Je me retourne pour faire face à Anduin.

•        Je sais que la journée a été très éprouvante et difficile mais pouvez-vous m’attendre ici, j’aimerais vous montrer une dernière chose. 

J’acquiesce et je m’assois sur le rebord de la fontaine. Anduin tourne les talons et je l’entends monter les marches. Il va probablement consulter un prêtre pour sa blessure. Le temps commence à défiler et l’attente commence à se faire sentir. Le froid est plus intense et surtout j’ai une seule envie, prendre un bain chaud et m’enrouler dans des couvertures. Je souffle dans mes mains et commence à faire les cent pas pour me réchauffer. C’est là qu’il se montre enfin avec une chemise propre et une cape à capuche pour dissimuler son visage. Ça me rappelle une vieille balade qu'on a fait ensemble jusqu’à l’emprise du lion.

•        Pardon pour l’attente, Lynawen.

•        Où allons-nous ? Demandé-je alors.

•        Vous verrez bien.

•        Pas une tombe j’espère. Blagué-je avec le sourire.

Il me regarde, désappointé, puis me passe l’autre cape sur les l’épaules comme pour notre première balade. Ensemble, nous quittons la cour pour aller dans la cité. Les rues sont quasiment désertes et Anduin emprunte les petites ruelles. Nous nous retrouvons devant un grand portail de fer ouvragé qui donne sur un cimetière… Cette fois, j’espérais vraiment quelque chose de moins glauque…

•        Décidément, vous avez une conception très particulière des sorties, votre Altesse. Qui allons-nous voir cette fois. Me moqué-je un peu.

Il ne répond pas, je l'ai vexé ? Il pousse le portail qui grince à l’entrée. Nous déambulant parmi les morts jusqu’à un endroit isolé où trône au milieux de petite haie au feuillage améthyste une grande stèle de marbre.  

•        Lisez. Me conseille, Anduin.

Je m’approche alors de la stèle pour lire de plus près l’inscription : “ À la mémoire de Lucien d’Archon, Roi de Ludroth, et à sa famille. À la mémoire de toutes les âmes perdues du monde d'Utrion. Puisiez-vous reposer en paix à jamais. “ Je reste là à contempler le mémorial. Les larmes me montent au yeux, je ne sais pas comment remercier Anduin pour ce geste inattendu, cela me touche énormément.

•        Vous n'aviez aucun endroit pour vous recueillir et ça permet aussi de rendre hommage aux morts de votre monde.

Je m’approche de lui, les yeux larmoyant. Il sèche mes larmes puis pose sa main sur ma joue et, avec une certaine timidité, rapproche lentement son visage rougissant du mien. Mon cœur s’affole dans ma poitrine. Je ferme les yeux mais la désillusion est total lorsque son tendre baiser se dépose sur mon front. Je me blottie contre lui, me laissant bercer au grès de sa respiration.


J'espère que vous avez appréciez ce chapitre.

Le plus difficile à écrire était la scène de bataille. Lynawen a enfin invoqué la lumière c'est pas trop tôt. ^^

N'hésitez pas à laisser votre avis ou question en commentaire.

Sur ce, bonne journée/soirée à vous.






Laisser un commentaire ?