Un monde brisé

Chapitre 19 : Le désert des ossements

3489 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/11/2021 18:16

En prenant la fuite dans la forêt de Terokkar pour échapper aux draeneïs, Bathris avait eu l'intelligence de se rappeler de ce qu'il avait appris lors de son séjour dans le marais avec Gahahli. Ainsi, il avait pu mener ses poursuivants en marchant à reculons en y laissant ses empreintes et en les distrayant leur attention avec des graines qu'il jeta au loin.

Il parvint finalement à se sortir de la forêt pour se retrouver dans le désert des ossements. Et qui portait bien son nom. Une bonne chose que Gahahli ne fût présent ! songea-t-il, ayant capté que la jeune elfe de la nuit était une fille de la forêt et une amoureuse de la nature. À l'orée de la forêt s'étendait à perte de vue un désert de terre séchée, couverte de cendres, jonché d'ossements ainsi que de débris d'anciennes constructions draeneï.

À une centaine de mètres plus au sud se dessinaient les ruines de ce qui devait être le mausolée qu'avait mentionné Nobundo. Il s'y rend au pas de course, craignant a tout moment d'être repéré par ses poursuivants sachant qu'il était beaucoup trop exposé dans ce désert de mort. Sur le chemin, il pesta en trébuchant à plusieurs reprises sur les ossements au sol, jusqu'à s'en écorcher les genoux. Éreinté par sa course folle et les jambes en sang, il atteignit finalement le mausolée qui devait être impressionnant jadis tant les ruines faisaient la largeur de Shattrath. De là où l'elfe de sang se tenait, on aurait dit les ruines d'une arène plus que celle d'un mausolée tant la construction étaient circulaires.

Quelques esprits (probablement ceux de draeneïs morts) semblaient hanter les lieux mais ne semblaient pas tenir compte pour autant de la présence de l'elfe de sang. Ils semblaient même l'ignorer royalement, visiblement trop "occupés" à errer sans but dans les ruines de leur lieu de repos et à gémir.

Pour Bathris, c'était une aubaine. Il put ainsi reprendre son souffle et panser ses plaies, bien à l'abri caché dans les ruines. Après s'être fait pourchassé par des draeneïs bien vivants, il non seulement il n'avait plus la force mais il était encore moins d'humeur à se disputer avec des fantômes.

L'incident à Shattrath l'avait fait prendre conscience que même en Outreterre il était considéré comme un monstre, un traître. Tout ça à cause de crimes commis par d'autres de sa race. Des crimes qu'il n'avaient pas commis et qu'il n'en commettra jamais. Si bien que même s'il commettait une bonne action, il n'aura droit en retour que des émeutes contre sa personne. Ce n'était finalement pas si différent que sur Azeroth, avec l'Alliance qui l'avait excommunié et la Horde qui le faisait se sentir comme une brebis galeuse. Et le voilà réduit à squatter des bâtiments funéraires en ruines et hantés pour se cacher de ses persécuteurs. Bathris se sentit maudit et en fut plus désespéré que jamais.

Quand le Fléau avait envahi ses terres, décimé son peuple et lui avait pris sa famille, il avait su surmonter la douleur en gardant espoir et allant de l'avant, se disant que ses efforts allaient finir par payer et ramener la lumière ainsi que celle de son peuple brisé. Maintenant il ne savait plus quoi faire, ni où devait-il aller et encore moins ce qu'il allait devenir. Tout n'était plus que brouillard et obscurité autour de lui. Pire, il sentit que tous ses efforts à lutter pour garder espoir s'étaient révélés être vains. Il se sentit sur le point de pleurer.


Le chatouillement d'un museau duveteux l'arracha de ses pensées et il se retrouva nez à nez avec Jakua le Sabre de Nuit qui fut vite rejointe par sa maîtresse.

— Elune soit louée, vous n'avez rien ! s'exclama-t-elle en le voyant, soulagée.

— Parlez pour vous même ! lui rétorqua amèrement l'elfe de sang. On ne vous a pas suivi, j'espère ?

— Non, je ne pense pas, lui répondit Gahahli en risquant un regard en direction de la forêt. Écoutez, je suis sincèrement désolée pour ce qui s'est passé à Shattrath...

— Vous n'y êtes pour rien, ne vous en faites pas ! lui répondit Bathris désabusé. Et puis je commence à avoir l'habitude.

— Mais enfin, la manière dont ils vous ont traité... Alors que vous n'avez rien fait de mal... C'est ignoble ! s'indigna l'elfe de la nuit. Comment pouvez vous accepter qu'on vous traité de la sorte ?

— Ah ça, je ne le souhaite à personne ! dit l'elfe de sang. Pas même à mon pire ennemi. Mais je ne peux pas tellement leur en vouloir. Il est vrai que ces dernières années, les miens n'ont pas été... Comment dire ? Exempts de tout reproche.

— Bon, écoutez, je n'ai qu'une vague idée des exactions de votre peuple, dit Gahahli légèrement exaspéré. Mais quoi qu'ils aient ou faire, je suis sûre d'une chose : vous n'avez rien à vous reprochez. Vous êtes quelqu'un de bien.

À l'entendre, Bathris ne sut dire si l'elfe de la nuit était sincère dans ses propos ou simplement naïve. Il en fut à la fois intrigué et touché.

— Et comment pouvez-vous en être si sûre ? demanda-t-il.

— Dans le marais, vous m'avez dit vous même avoir quitté votre ordre de chevaliers car ça ne correspondait pas à vos idéaux. Je me souviens même vous avoir entendu déclarer que vous vouliez défendre la veuve et l'orphelin et non faire la police.

— C'est vrai ! Excellente mémoire, au fait !

— Merci...

Gahahli voulut le cacher mais l'elfe de sang sentit qu'elle rougissait malgré son teint violacé.

— Mais j'aurais pu vous raconter des bobards, reprit Bathris qui décida de la cuisiner un peu. Genre, pour gagner votre sympathie. Qu'est ce qui prouve que...

— Toujours dans le marais, vous n'avez pas hésité une seconde à affronter les nagas pour libéré ceux qu'ils avaient réduit en esclavage, reprit l'elfe de la nuit. Sans même savoir si leurs esclaves seraient nos alliés ou nos ennemis.

— Vous ne m'aviez pas dit que c'étaient des alliés ? demanda l'elfe de sang.

— Ah non ! J'ai seulement dit que les nagas étaient des ennemis ! le corrigea Gahahli. Pour les autres, j'en savais rien !

— Ouais, enfin, ça aurait pu être une mise en scène pour gagner votre confiance...

— Et le plus important, vous m'avez sauvé la vie à la Porte des Ténèbres. Rien ne vous y obligeait, nous étions encore ennemis aucune trêve n'avait encore été déclaré, vous auriez pu aisément m'achever ou me laisser pour morte. Et pourtant...

— Ben, au vue des circonstances, ça n'aurait pas été très loyal, répondit l'elfe de sang modeste.

— Et la voilà ma preuve ! s'exclama Gahahli euphorique. Vous vous êtes trahis vous même.

Bathris ne put s'empêcher de rire devant l'entrain de l'elfe de la nuit. Il en venait même à oublier sa dépression qu'il éprouvait pourtant cinq minutes auparavant. Ou même qu'ils étaient tous les deux sur les ruines d'un mausolée, entourés de spectres errants, au beau milieu d'un désert jonché d'ossements. C'était incroyable ce que l'elfe au cheveux bleus et désordonnés lui faisait ressentir en ce moment même. Ce sentiment de bien-être, cette douceur, ce sentiment qu'il n'avait jusque là ressenti qu'avec ses proches aujourd'hui disparu.

— Et puis même si vous étiez une mauvaise personne, Jakua et moi aurions fini par le savoir à un moment ou un autre, reprit-elle. C'est qu'il a du flair, ce brave Sabre-de-nuit. Et je commence à avoir l'expérience contre ces gens qui nous veulent du mal et savent cacher leur jeu.

— Ah vraiment ?

— Vraiment ! Je ne suis pas aussi stupide qu'on le dit ! J'apprends de mes erreurs ! Et j'en fais beaucoup, c'est vrai... Et en même temps, pas assez... Mais je fais de mon mieux pour arranger les choses...

— Et bien, si vous voulez mon avis, vous vous débrouillez très bien, lui dit l'elfe de sang avec la plus grande délicatesse.

Les deux elfes, à court de parole, s'échangèrent alors un regard radieux et enchanté... dans lequel ils se perdirent durant de longues heures, en silence.


Ce moment intime fut brusquement interrompu par un rugissement féroce et déchirant provenant du ciel. Un rugissement à faire fuir les fantômes qui hantait les lieux. Un rugissement plutôt familier pour Gahahli.

Ils virent alors planer au-dessus des ruines un drake aux écailles noires violacés. Ou plutôt deux. Non trois.

Au final, ils étaient cinq à voler en cercle au-dessus des ruines.

Les deux elfes restèrent sur leur garde. Bien que n'étant que des dragons juvéniles, les drakes n'étaient pas moins dangereux et féroces.

Tout en continuant de voler en cercle, ils s'approchaient lentement du sol, laissant le temps à Gahahli de préparer son arc au cas où ils "seraient trop près". C'est alors que les deux elfes remarquèrent que les drakes étaient dressés et montés. Par des gangr'orcs.

'Manquait plus que ceux là !

Gahahli ne se laissa pas pour autant impressionner par ses adversaires. Pas question de s'enfuir ! Pas cette fois !

Et de toute façon, il était trop tard pour tenter de leur échapper en courant.

L'arc bandé, elle se concentra et tenta de viser les ailes des drakes. S'il y avait un moyen efficace de venir à bout d'ennemis volants, c'était bien de leur couper les ailes. Du moins en théorie.

C'était malheureusement plus facile à dire qu'à faire, les drakes n'arrêtant pas de bouger et de battre des ailes, obligeant l'elfe de la nuit de redoubler de concentration et de patience, à attendre qu'un des drakes soit en vol plané. Elle tenait pas à gaspiller ses flèches en tirant dans le vide. D'autant qu'elle gardait à l'esprit que même à un stade aussi juvénile, les drakes avaient le cuir plutôt épais, résistant même aux flèches.

Elle n'avait donc que deux options, ou bien elle tirait sur les drakes dans leurs ailes, ou bien elle tirait sur leur chevaucheurs orcs en espérant que cela fît mouche.

Quand enfin elle crut trouver sa cible, c'était trop tard pour elle. Le drake fonçait a toute vitesse sur les deux elfes et Gahahli eut tout juste le temps de voir son chevaucheur levait quelque chose de long et cylindrique à ses lèvres. Une sarbacane.

Elle eut tout juste le temps de tirer sa flèche sur le gangr'orc quand celui ci fit expulser de son tube une fléchette (empoisonnée ?) droit dans sa direction, juste avant de se prendre la flèche pile dans l'oeil droit et de tomber de sa monture.

La fléchette ne fût qu'à un pouce du visage de Gahahli quand Bathris dut intervenir, poussant l'elfe de la nuit sur le côté et se prenant finalement la fléchette dans la nuque avant de se faire valdinguer par le passage du drake.


Gahahli sentit son coeur de serrer en voyant l'elfe de sang dégringoler a travers les ruines tel un pantin sans vie pour finalement atterrir en contrebas, inerte.

Le temps pour elle de se remettre sur ses pieds, Jakua sur ses talons, elle se précipita pour s'assurer que Naturis était bien en vie malgré le choc.

Mais elle fut stoppée net dans sa course par un lasso à boules qui s'enroule autour de ses jambes et la fit tomber de tout son long. Un autre lasso vient à son tour ligoter le Sabre-de-nuit avant qu'il n'eût le temps de comprendre.

Désespérée, Gahahli tenta de se défaire de ses liens avec son couteau de chasse tandis que Jakua se débattait contre les siens, se contorsionnant et essayant péniblement de choper un fil avec ses canines pour le couper.

Mais il était trop tard. Les drakes venaient d'atterrir autour des deux elfes à terre et leur chevaucheurs venaient de poser le pied à terre.

Et à peine Gahahli eut le temps de défaire ses liens qu'elle fut aggripée par des mains rouges et costaude qui tinrent fermement ses bras derrière son dos, l'empêchant de boucher.

Devant le regard impuissant de l'elfe de la nuit, celui qui semblait être le chef des gangr'orc inspecta avec dédain le corps inconscient de Baptris non sans lui retirer la fléchette de la nuque.

— Alors, chef ? demanda un des gangr'orc.

— Les nagas nous ont parlé d'un elfe de sang renégat aux cheveux blonds et lisses qui a semé le trouble dans le marais, déclara le chef en inspectant les prises de ses soldats. Il serait accompagné d'une elfe de la nuit aux cheveux bleus et désordonnés ainsi que d'un tigre noir aux rayures grises. De ce que je vois, ça a l'air de correspondre.

— Alors on n'a plus qu'à ramener leur tête ! proposa un autre orc visiblement pressé de se servir de sa hache.

— Imbécile ! le gronda le chef. Le maître veut les deux elfes vivants et entiers ! Embarquez celui-là et emmenez le au Temple Noir ! Assommez-le s'il se réveille en chemin mais gardez le en vie !

Deux des gangr'orcs s'exécutèrent et embarquèrent l'elfe de sang inconscient sur un de leurs drakes avant de reprendre leur envol. Il ainsi prirent la direction de l'est, ne laissant plus que Gahahli avec ses deux ravisseurs, impuissante et le cœur de plus en plus serré à mesure qu'elle voyait son compagnon elfe de sang s'éloigner dans le ciel.

— Et elle, chef, on ne l'emmène pas ? demanda le gangr'orc qui tenait l'elfe de la nuit par les bras.

— Bien sûr qu'on va l'emmener ! Lui répondit le chef en arborant un sourire sadique. Mais d'abord, on va "s'amuser un peu avec elle".

Gahahli fut pétrifiée d'effroi quand elle crut comprendre ce que ses ravisseurs avaient en tête. Elle se débattit de plus bel mais rien y fit. C'était de l'acier que son ravisseur avait à la place des muscles.

— Bonne idée, chef ! approuva le second orc. Ça faisait un petit moment qu'on a pas tiré à coup depuis les prisonnières draeneïs.

— Mouais ! dit le chef en scrutant l'elfe d'un regard lubrique. Elle est peut-être moche, toute menue, pas assez de poitrine mais elle fera l'affaire ! J'ai connu pire avec les draeneïs.

— Ne vous avisez pas... De me toucher... Ou vous allez le regretter ! leur menaça Gahahli.

— Allons du calme, petite ! le rassura faussement le chef. On ne te ferrai pas de mal. Enfin... Pas trop.

— En tout cas, elle ne veut pas se laisser faire, chef ! fit remarquer le second en ricanant. J'adore quand elles résistent. Ça rend l'expérience que meilleure.

La jeune elfe de la nuit fut sur le point de céder à la panique quand elle vit du coin de l'oeil que Jakua avait réussi à choper avec ses dents la corde qui le tenait ligoté et commençait à la ronger. Elle regagnait alors espoir. Tout ce qui lui fallait a présent, c'était du temps.

— Vous allez le regretter ! bluffa Gahahli à l'intention de ses ravisseurs. Vous n'avez donc aucune idée de qui je suis ?

— On s'en cogne ! lui répondit méchamment qui la tenait par le bras.

— Et bien vous avez tort ! reprit Gahahli de plus bel. Je suis la fille d'un puissant druide et d'une toute aussi puissante prêtresse de la lune. À eux deux, ils peuvent commander la Nature, la Lune et les étoiles. Ces gens peuvent devenir votre pire cauchemar si par malheur vous les mettez en rogne. Ils ne sont pas du genre à pardonner, vous voyez ? Et il leur suffit d'apprendre que vous m'avez fait du tort et c'est trop tard pour vous, vous venez de signer votre arrêt de mort. Une pluie de météores s'abattront sur vous jusqu'à ce que mort s'ensuive, des arbres prendront vie, vous étrangleront et vous arracheront les membres un par un, et si ça ne suffit pas des animaux en furie vous pourchasseront sans relâche jusqu'aux confins du monde.

— C'est bon, tu as fini ? demanda le chef nullement impressionné.

— Au pire, on s'arrangera pour qu'ils l'apprennent jamais ! ajouta l'autre orc. Après tout, les morts ne parlent pas !

— Vous comptez donc me tuez ? reprit l'elfe de la nuit. J'ai cru comprendre que votre maître me voulait vivante...

— Bon, tu vas arrêter ton char à présent ? s'impatienta le chef. Je n'ai que faire de tes menaces. C'est tes gémissements que je veux entendre.


Soudain, l'orc qui retenait Gahahli hurla de douleur et relâcha son emprise. C'était Jakua qui s'était faufilé derrière lui juste après s'être enfin libéré de ses liens et avait planté ses dents de sabre dans sa cuisse.

La jeune elfe profita de la confusion pour ramasser son couteau de chasse et le planter dans la nuque du chef orc sans lui laisser le temps de réagir.

— Tu voulais des "gémissements", hein ? lui dit-elle la voix empli de haine. Et bien je t'en donne !

Après que le chef orc s'écroula sans vie sur le sol jonché d'os, Gahahli se tourné vers le second estropié et se vidant de son sang. Elle hésita à lui ôter dans la vie mais au vue de son état, elle se dit que cela n'en valait peut-être pas la peine l'orc ne risquant plus de lui poser problème avec sa jambe en lambeaux. D'autant qu'elle n'éprouvait pas assez de pitié pour les orcs pour ressentir le besoin d'abréger leur souffrance comme elle le ferait en temps normal avec un animal sauvage et mortellement blessé. Et elle éprouvait encore moins pour ceux qui étaient encore dévoué à la Légion Ardente au point d'absorber du sang de démon les rendant plus monstrueux qu'ils ne l'étaient déjà.

Elle se contenta de lancer un regard dédaigneux et glaciale à l'orc agonisant et fit signe à son Sabre de Nuit de lui suivre.

"Ces monstres se vantent de ne craindre ni la mort ni la souffrance, tout en l'infligeant à leur adversaires !" se dit-elle pour alléger sa conscience. "Et bien maintenant il sait ce que c'est !"

Ignorant les injures de du gangr'orc agonisant, elle se dirigea vers le seul drake restés immobile et indifférent face au sort de son chevaucheurs. L'autre avait dû prendre son envol et savourer sa liberté en voyant le sien soit mot soit estropié à vie. Elle aida Jakua à grimper sur l'avant de la selle avant d'y monter à son tour, se plaçant juste derrière lui.

Depuis toute petite, la jeune elfe rêvait de parcourir les cieux avec sa propre monture volante, mais jusqu'à présent, elle avait espéré que son baptême fût sur le dos d'un hippogriffe, très chez ses semblables. Ou même un griffon, plus utilisé par les humains et les nains. Malheureusement il fallait un permis de vol pour chevaucher de tels bestioles, et Gahahli n'en étant encore qu'aux montures terrestres. De ce fait, elle n'avait pu monter ni griffon ni hippogriffe. Et la voilà sur le point de décoller sur le dos d'un drake du Néant sans être sûre de savoir manier la bête ou même connaître les bases du vol. Avec en plus un Sabre-de-nuit à cheval sur la monture, visiblement peu à l'aise et sur lequel elle était pratiquement couché. Autant dire qu'ils n'étaient pas dans une position des plus confortable.

C'était néanmoins le moyen le plus rapide si elle voulait rattraper les autres orcs et ainsi espérer sauver Bathris. D'autant qu'elle commençait à se sentir responsable de son enlèvement. Si seulement elle avait été plus rapide...

De plus, elle ne pouvait se permettre d'abandonner son Sabre-de-nuit dans un endroit aussi sinistre et mal famé. Surtout qu'elle aura surement besoin de lui.

Finalement décidée, elle agita les rênes et le drake prit son envol.

Pendant un moment, l'elfe de la nuit à faire voler la bestiole droit et n'était pas aidée par Jakua qui nerveux avait planté ses griffes dans l'encolure de la bête pour ne pas tomber. Mais au bout de cinq minutes d'acrobatie aérienne, elle finit pas avoir le contrôle et prit la direction des orcs qui l'avaient précédé.

— Tenez bon, Bathris ! dit-elle à la fois déterminée et effrayée, ne sachant ce qui l'attendait là où elle se rendait. Je viens vous sauver !

Laisser un commentaire ?