La voix de l'ombre - Livre IV - Un passé recomposé

Chapitre 23 : La Bataille de Shattrath

3638 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 26/08/2026 20:59

Chapitre 23 : La Bataille de Shattrath.



Keera fut si heureuse de retrouver Durotan et Draka, mais aussi Serah, à présent aux prises avec un prétendant elfe de sang des plus épris. Elle ressentit néanmoins une profonde tristesse lorsqu'ils lui racontèrent la mort de Ga'nar, qui s'était sacrifié pour le clan. Thrall lui présenta alors Yrel, qui lui apprit la mort de Velen, qui avait donné sa vie pour purifier le Naaru corrompu appelé l’Étoile Noire.


  • Velen a toujours su veiller sur nous, expliqua Yrel, toujours sous le choc de la perte de son mentor. Et lorsque l'orc Ner'zul a invoqué l’Étoile Noire...
  • Karabor s'est assombrit, reprit Maraad, bien conscient que la jeune draeneï peinait à raconter l'histoire. Cette entité était un ancien Naaru qui se nommait K'ara. Loin de la Lumière, il s'est laissé consumer par les énergies du Vide. Il était corrompu, Velen n'avait pas le choix. Il l'a imprégné de Lumière pour le purifier, en se transcendant lui-même.


À l'évidence, leurs aventures à la Vallée d'Ombrelune avaient été aussi éprouvantes que pour la Horde à la Crête de Givrefeu.


Après ces retrouvailles hâtives, Khadgar reprit les choses en main.

  • Bien. Nous allons donc nous diviser en deux groupes. Un pour chaque vaisseau de guerre. Thrall et Keera mèneront le premier avec les Crocs-vengeurs, Neshi, et les draeneï de Telmor. Maraad et Durotan mèneront les Loup-de-givre, Yrel, et le reste des draeneï venus de Karabor. Cette répartition vous semble-t-elle équitable ?


Le groupe acquiesça. Khadgar put dont reprendre :

  • Je lancerai mes boucliers de protection, et assurerai vos arrières pendant que nous nettoierons le port.
  • Main-noire va comprendre ce qu'il en coûte de s'en prendre à des innocents ! grogna Durotan.
  • Il paiera pour toutes ces morts ! ajouta Yrel.


La concertation se termina avant le coucher du soleil. Il fut décidé qu'ils attaqueraient à l'aube. Chacun regagna donc son camp, et Keera suivit Thrall et les Loup-de-givre jusqu'à l'Emprise de Durotan, près de Tuurem.

Les Crocs-vengeurs, ainsi que Neshi, s'étaient joints à eux, et tous profitèrent du feu de camp pour échanger et faire connaissance.


  • Tous les orcs de votre monde sont donc verts de peau ? les interrogea Draka.
  • Presque tous, oui, confirma Ethrok. Et nous avons presque tous abandonné notre vie clanique pour vivre en tant que Horde.
  • Et de nombreux peuples différents composent cette Horde, expliqua Thrall. Tout comme d'autres se sont réunis sous la bannière de l'Alliance.


Thrall regarda Keera, dont le visage avait formé un rictus à la mention de l'Alliance. Elle devait se languir de retrouver Varian, même si elle devait aussi appréhender sa réaction.

  • Thrall nous a expliqué que Garrosh venait de votre monde, reprit Durotan en direction de Keera.
  • En effet, et si je n'ai rien dit, lorsque vous m'avez accueillie, c'est en partie parce que j'ignorais quelles seraient les conséquences, expliqua Keera. Je veux dire, que Garrosh et moi venions du même monde, et que nous ne vous ayons rien dit dès le début...
  • Vous auriez perdu notre confiance, continua Durotan, le regard dur.
  • Vous ne savez pas tout, Durotan, ajouta Keera. Et pour le moment, il doit en être ainsi. Nous-même ignorons encore la portée des événements, fit-elle en direction de Thrall et d'Ethrok.


Devant les mines plutôt fermées que la conversation avait provoquées, Draka préféra couper court :

  • En tout cas, je suis si heureuse de te retrouver ma sœur, fit-elle qui griffa le bras de Keera. Et ton enfant ?
  • Il est en sécurité auprès des draeneï, lui expliqua la jeune femme.
  • Et quel nom lui as-tu donné ? demanda l'orque.
  • Sorata, répondit Keera en regardant Thrall à son tour.
  • Nous nous sommes beaucoup inquiétés tu sais, avoua Draka. Nous ignorions où Orgrim avait pu t'emmener.
  • Il ne m'aurait fait aucun mal, la rassura Keera. Il a même empêché le chef des Sire-tonnerre de m'emmener. Il était venu pour réclamer vengeance après que j'ai tué quelques-uns de ses guerriers.
  • Il est mort, à présent, affirma Durotan d'une voix lourde.


Keera le regarda, le cœur serré. Elle avait appris que le chef des Sire-tonnerre était en fait son frère aîné, Fenris. Et que c'était lui qui avait tué leur père. Elle se rappela alors que Durotan avait perdu ses deux frères.


  • Je suis si désolée, Durotan. Pour ta perte, et...
  • Fenris est mort en traître, et Ga'nar en héros, coupa Durotan. C'est donc le cœur léger que je poursuis ma route et mène mon clan.
  • Tu es un chef sage et avisé, fit Ethrok, admiratif.
  • Bien, je crois que nous devrions nous reposer avant l'assaut de demain, proposa Thrall. Keera, aurais-tu quelques minutes à m'accorder ?
  • Bien-sûr, Thrall, répondit-elle en le suivant, tandis que les autres regagnèrent leurs tentes nichées au cœur de la forêt luxuriante de Talador.


Thrall entraîna Keera en lisière du camp, s'assura que personne ne les entendrait, et lui fit signe de s'installer sur un rocher recouvert de mousse.

  • Keera, tu nous as fait peur ! Tout le monde se demandait ce qui avait bien pu t'arriver ! Et Varian...
  • J'imagine qu'il a remué ciel et terre, mais cette fois, je n'y suis pour rien ! promit-elle.
  • Que s'est-il passé ? Raconte-moi tout Keera !
  • Eh bien, j'ai reçu un message étrange lorsque j'étais chez Hermand, juste avant de disparaître. Je me suis rendue au point de rencontre proposé, plus loin en Loch Modan, et le message venait d'une dragonne de bronze, Valadormi. Elle m'a expliqué que j'étais la seule à pouvoir ramener Garrosh, que Kairoz avait emmené dans un passé alternatif. Elle m'a fait toucher un fragment, de la Vision du Temps j'imagine, et je me suis retrouvée à Nagrand.
  • Cette histoire est incroyable ! Mais pourquoi n'as-tu pas cherché à nous prévenir ?
  • J'ai essayé, mais elle a rusé pour me faire toucher le fragment quand je disais vouloir prévenir Varian et Vol'jin avant tout. Et j'ai atterri là où Garrosh était apparu aussi, enfin c'est ce que j'en ai déduit.
  • Et donc, d'après nos amis Loup-de-givre, tu aurais dominé tous tes adversaires de l'Arène des Épreuves, et vécu avec les Chanteguerre.
  • Oui, c'est là que j'ai retrouvé Garrosh. Et Grommash, fit-elle en souriant. Puis les Rochenoire sont arrivés au camp. Et Orgrim...
  • Keera, je comprendrais que tu aies pu... enfin, revoir Orgrim...
  • Non, Thrall. J'ai tout fait pour le fuir. Mais lorsque j'ai vu qu'il commençait à m'observer un peu trop, j'ai annoncé mon départ à Grom.
  • Alors, ce n'est pas lui...
  • Non, Thrall. Jamais je n'aurais pu trahir Varian !
  • Et pourtant, cet enfant... Comment est-ce arrivé ?
  • C'est arrivé alors que nous festoyions tous, la veille de mon départ. Nous avions tous beaucoup bu,... Et je n'ai plus aucun souvenir jusqu'au petit matin.
  • Alors tu ignores qui t'a fait ça ?


Keera resta silencieuse, bien consciente que personne n'aimerait savoir que le père de Sorata était en réalité Garrosh. Consciente également qu'elle ne mentirait pas à son fils, et ne sachant pas de quoi sera fait le futur, elle préféra ne rien dire.


Pour le moment.


  • Thrall, oui, je sais qui est le père. Je l'ai appris par hasard, par toute une suite d'événements sur lesquels je ne reviendrai pas maintenant. Sache juste que lui aussi le sait, qu'il ne cherche pas à s'approprier son enfant pour le moment, et qu'il semble aussi discret que moi sur le sujet.
  • C'est donc quelqu'un qui aurait fort à perdre si ça venait à se savoir, essaya de déduire Thrall.
  • Non, tu te trompes, Thrall. Cela ne peut lui nuire. Ou en tout cas je ne vois pas comment.
  • Et cela te convient, Keera ? Je veux dire, je ne doute pas que tu aimes ton enfant, et que tu souhaites le garder près de toi. Mais qu'en sera-t-il lorsque Varian l'apprendra ?
  • Cela, je l'ignore, avoua-t-elle, l'air grave. Tout ce que je sais, c'est qu'il me revient de le lui annoncer, et que, quelles qu’en soient les conséquences, je ne renierai pas mon enfant.


Thrall n'en doutait pas le moins du monde. C'était une mère, et rien ne pourrait la séparer de son petit.

La suite de l'histoire, il l'entendrait une autre fois. Pour l'heure, tous deux préférèrent dormir et se préparer pour la bataille finale.


W


Le début du plan de Khadgar se déroula sans encombre. Ou presque. Une énorme étoile de fer fut détournée, puis lancée sur la garde Grom'ka à travers Shattrath. Les deux troupes suivirent, et assaillirent chacune les quais menant aux deux vaisseaux de guerre. Un canon capable d'envoyer les étoiles de fer se trouvait sur l'un des cuirassés de la Horde de Fer, et devait être anéanti, ou détourné.


Mais les quais débordaient d'orcs désireux de les réduire en bouillie, et Khadgar dut incanter un sort puissant pour en neutraliser la majorité.

  • Par-là, Thrall ! s'écria Keera qui désigna des alliés gravement blessés. Je vais ériger une barrière sur ceux-là !
  • Je te couvre ! assura Thrall qui fut rejoint par Ethrok.
  • Fais ce que tu as à faire, Na'an ! fit-il, pendant que Keera joint ses deux mains devant elle pour former un cube d'un blanc translucide.


Le sort grandit, jusqu'à entourer les blessés qu'un paladin draeneï s'empressa de venir soigner.

  • Je vais ériger d'autres barrières sur les civils plus loin dans la ville, proposa Keera qui voyait bien qu'ils avaient presque finit de nettoyer leur côté du quai.
  • Reviens vite pour la suite ! rappela Thrall qui invoqua la foudre pour occire deux guerriers ennemis qui le ruaient.


Keera opina, et courut vers le centre de la cité. Un peu plus loin, les Loup-de-givre n'étaient pas en reste, et tous luttaient malgré l'arsenal de combat de la garde Grom'ka. Serah, après avoir abattu un orc ennemi, fut sauvée par l'intervention de Valanor, qui lança un sort de givre aux deux autres assaillants qui la ruaient.


  • Trop aimable, fit Serah en le regardant par-dessus son épaule.
  • Que ne ferais-je pour vous plaire ? s'inclina l'elfe pendant qu'un autre sortilège de givre vint occire un autre ennemi qui s'était élancé vers lui.


Khadgar parvint à lancer son sort qui immobilisa les survivants de la garde Grom'ka, et Durotan demanda à Draka de se rendre dans la ville pour chercher des survivants draeneï. Maraad et Yrel poursuivaient l'assaut, et tous se regroupèrent autour de l'Archimage sur son appel.


  • Bien, vous pouvez vous déployer sur chaque cuirassé comme prévu. Je vais suivre le groupe de Maraad et Durotan. Je compte sur vous ! fit Khadgar en direction de Keera et Thrall.


Tous deux opinèrent, et attendirent que le mage les téléporte sur le premier vaisseau. Une fois à bord, ils repoussèrent les guerriers qui les ruèrent, et cherchèrent le canon en question.

  • Nous devons sécuriser l'endroit avant d'envoyer le signal, annonça Keera.
  • Je vais de ce côté, tu devrais...
  • Là-bas, Orgrim ! s'écria-t-elle en montrant le second vaisseau du doigt.
  • Keera... oui, je le vois. Il est si jeune ! s'étonna Thrall, toujours ému de revoir ceux qu'il avait connu par le passé. Mais... qui est l'autre ?
  • Main-noire ? Il est énorme ! fit Keera, éberluée devant la taille de l'orc.
  • Bien, nous devrions continuer, proposa Thrall qui partit vérifier s'il restait d'autres ennemis de l'autre côté du cuirassé.


Keera pivota à la recherche d'autres adversaires encore en vie, mais fut transpercée par une pique de fer assez large pour lui ouvrir une bonne partie de l'abdomen. Empalée, et grimaçant de douleur, elle tourna la tête, et vit un orc Rochenoire jouer avec de minuscules bombes qu'il faisait sauter d'une main à l'autre.


  • Tu sembles perdue, petite fille, fit le machiniste B'randt qui souriait largement.
  • Huh ! Attends que je sorte ça de mon corps, répondit-elle en crachant du sang.
  • Tu n'en auras pas le temps, fillette !


Il lui lança alors l'une des petites bombes qu'elle fit voler au loin à l'aide du vent.

  • Ah, tu es une chamane ! grogna l'orc. Bien, fit-il en levant la barre de fer qu'il tenait devant elle tout en s'approchant langoureusement.


Keera tira sur la pique pour la retirer, et esquiva un coup de barre de fer. L'orc pivota et lui attrapa un bras. Keera agrippa l'autre, et le força à lui faire face.


  • Maudite femelle ! Que crois-tu pouvoir...


La princesse tira l'orc vers elle, et positionna la pique vers son torse. B'randt tira lui aussi pour la faire lâcher, mais Keera détenait une force bien supérieure, et la surprise se lisait sur le visage déformé de l'orc.

Elle tira plus fort, et empala le Rochenoire qui lui envoya un violent coup de poing en pleine figure. Keera en reçut deux autres avant que l'orc ne se voit priver de l'un de ses bras. La princesse, tout en le tirant, l'écartela, et réussit à lui arracher le bras droit.


Dans un râle d'agonie, il lui cracha au visage, et se laissa lentement tomber au sol.

  • Keera ! s'écria Thrall qui la rejoint. Attends, je vais te retirer ça.


Il l'aida à glisser sur le sol sans se blesser, et empoigna la lance. Après que Keera eut opiné pour l’autoriser à retirer la pique, Thrall tira d'abord doucement, puis d'un coup sec pour lui éviter de trop souffrir. Mais la douleur fut vive, et Keera hurla si fort que Thrall serra les dents.

Elle hurla encore plus fort lorsque l'orc finit de retirer la pique. Une fois délivrée de la lance, Keera se concentra rapidement sur la plaie béante.


  • Laisse-moi faire, tu as perdu beaucoup de sang et d'énergie, proposa Thrall qui posa une main sur son ventre.


Sans même se concerter, ni se regarder, tous deux revivaient l'un des pires moments de leur vie. Comme renvoyés des années en arrière, ils revivaient la mort d'Orgrim, à qui Thrall avait retiré la lance qui l'avait transpercé, et tué. L'air maussade, vidés de toute volonté, ils sentirent un poids sur leur cœur. Telle une ancienne blessure qui s'ouvrait à nouveau.


Tel un mauvais présage.


W


Le panorama était navrant. Et du haut du cuirassé, Orgrim ne pouvait qu'observer les combats et entendre le fracas des armes. L'odeur de sang et de feu parvenait jusque ses narines dilatées par une colère sourde, tandis qu'il cherchait quelque chose du regard.

À l'approche des pas métalliques et lourds, sur lesquels il ne daigna pas se retourner, le Rochenoire attendit que son chef de clan ne le rejoigne et s'immobilise à ses côtés.


  • Voilà une vision qui m'enchante, sourit Main-Noire. Un tel spectacle que j'aurais cru à ton goût, Orgrim !


Sans pouvoir détourner son regard des combats, Orgrim grommela :

  • Il est des batailles plus honorables que celles où l'on se gave du sang de villageois incapables de se battre.
  • Qu'importe leur sang ! La victoire seule compte ! gronda Main-Noire.
  • Une victoire gagnée dans le sang d'innocents n'est pas honorable, chef ! insista Orgrim en pivotant vers Main-Noire.


Se tournant à son tour vers Orgrim pour lui faire face, Main-Noire le gratifia d'un regard mauvais. Il connaissait son sens de l'honneur, mais surtout, il s'était inquiété de son revirement depuis son arrivée en Talador. D'ordinaire, rien n'aurait pu détourner Orgrim de sa loyauté envers lui. Mais depuis peu, ce qu'il percevait de son lieutenant avait le don de l'agacer.


  • Bien, et tu prévois d'aller ramasser leurs carcasses pour leur offrir une sépulture, aussi ? l'interrogea ironiquement Main-Noire. Draenor est à nous, et nous éradiquerons ces moucherons qui nous barrent la route ! Quels qu'ils soient !
  • Si tu envisages de poursuivre sur cette voie indigne des fiers guerriers que nous sommes, alors ne compte plus sur moi pour mener tes troupes un instant de plus Main-Noire !


Reprenant le marteau-du-destin dans ses deux mains, Orgrim lui lança un regard noir, et annonça :

  • Je vais me battre du côté de ce que je crois juste ! De leur côté ! fit-il en désignant les guerriers en contre-bas de la tête. Et non plus pour la gloire d'orcs qui ont oublié leur sens de l'honneur !
  • Alors tu vas mourir ici, sans avoir pu rejoindre ces couards Loup-de-Givre et ces étrangers assez fous pour nous défier !


Sur ces mots, Main-Noire leva à son tour son marteau, tandis que plusieurs boules tournoyantes apparaissaient derrière eux. Un orc, suivi d'une draeneï en sortirent, pendant que Main-Noire chargeait Orgrim.


  • Traître ! Tu vas payer ta déloyauté de ta vie !
  • Viens, Main-Noire, que mon marteau écrase ta face de lâche !


Rugissant telle une bête enragée, le chef des Rochenoires fit un bond étonnement haut pour un orc de sa stature, et asséna un coup puissant à Orgrim, qui para de son marteau. Se dégageant de son chef, Marteau-du-Destin para un second coup, lorsque Durotan et Yrel le rejoignirent.


  • Laissez-le moi ! N'intervenez pas !


Orgrim avait beuglé haut et fort pour être entendu sans avoir à vérifier la portée de ses mots, et rua à son tour Main-Noire. Il visa le flanc, afin que son chef ne pare le coup, et qu'il laisse son visage à découvert. Ainsi, il eut la joie de lui loger un magistral coup de poing dans la mâchoire, et le regarda chanceler. Il posa alors son énorme marteau, et le chargea si vite que Main-Noire n'eut pas le temps de lever sa garde pour encaisser un second coup de poing au visage.


  • Je n'ai pas besoin de mon marteau pour te faire mordre la poussière, Main-Noire ! pesta Orgrim.
  • C'est surtout de chance dont tu vas avoir besoin, traître ! cracha le chef des Rochenoires en essuyant ses lèvres ensanglantées.


Et alors que Main-Noire s'apprêtait à charger son lieutenant de nouveau, il le vit tourner la tête en direction d'un cri de douleur provenant de l'autre cuirassé. Le cri d'une femelle.


Un cri qu'il parut reconnaître et qui semblait l'inquiéter.


Un cri qui scellerait son sort.


W


Khadgar avait fait son possible pour envoyer le plus de guerriers contre Main-noire. L'orc s'était avéré être un adversaire des plus coriaces, et il fallut la coalition de plusieurs guerriers chevronnés pour le tenir en respect.

Croyant que l'explosion, que Main-noire avait provoquée, avait achevé tous les combattants du vaisseau, Khadgar fit braquer le canon qui tirait des étoiles de fer dans sa direction. Puis, comprenant qu'il restait deux alliés survivants, il réussit à téléporter Durotan et Yrel à temps, laissant Main-noire seul pour recevoir l'étoile de fer qui coula le cuirassé, emportant sans aucun doute le chef du clan Rochenoire.


Par la même, Khadgar avait téléporté le corps des guerriers morts lors de l'affrontement contre Main-noire. Ce fut ensuite au tour de Keera et de Thrall d'être téléportés à quai.

  • Une sacrée bataille ! fit le mage tout en observant les deux amis essoufflés.
  • Mon frère ! fit une voix derrière Keera qui se retourna vers Durotan.


Le chef des Loup-de-givre était agenouillé près d'un corps. Un corps massif vêtu d'une lourde armure noire. Les yeux remplis de larmes, Durotan leva les yeux vers Keera et Thrall.

  • Il s'est opposé à Main-noire. Il voulait l'arrêter, l'empêcher de tuer des innocents. Mais il s'est montré imprudent, et nous n'avons pas pu...


Sa voix se brisa, tout comme une part de Keera qu'elle croyait pourtant enfouie depuis longtemps dans les profondeurs de son être. Les yeux écarquillés, paralysée, elle fixait le corps d'Orgrim qui gisait devant elle. Une fois de plus.


Une fois de trop.


Elle leva alors la tête vers le ciel, et hurla de tout son être. Un cri de souffrance qui fissura un peu plus le cœur de Thrall, qui lui prit la main, et la tira à lui pour l'accueillir dans ses bras.

Le regard lourd, Khadgar, qui connaissait l'histoire de la jeune femme, l'observait, tandis qu'ils entendirent s'écrouler un bâtiment plus loin. Comprenant que son cri avait provoqué la destruction de l'édifice, le mage la regarda, stupéfait.


Yrel rendait hommage à Maraad, lui aussi tué durant l'assaut, tandis que Durotan dévisageait Keera, interloqué. Il ne comprenait pas sa réaction, bien que Thrall semblait bien plus au fait, et l'avait immédiatement étreinte.


Ne souhaitant pas s'éterniser ici, Khadgar annonça :

  • Retournons auprès de la Horde et de l'Alliance. Ils doivent savoir que nous avons repris Shattrath, tout comme les draeneï.
  • C'est une défaite cuisante pour la Horde de Fer, fit Ethrok qui venait de sécuriser le reste de la cité avec Neshi et son clan.
  • Orgrim ! s'écria Draka qui venait de les rejoindre.


L'orque s'agenouilla près de Durotan, pendant qu'Ethrok rejoignait Keera, qui ne pouvait se dégager de l'étreinte de Thrall. Accablé de la voir si meurtrie, une fois de plus, il lui caressa le dos, et regarda Thrall avec inquiétude.

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