Tuesday

Chapitre 2 : Frank

3622 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 24/01/2026 22:10

Le Franky exposait sa longue silhouette entièrement vitrée le long de la route menant à la sortie de Manassas. Une forêt dense s'étalait à perte de vue à l'arrière de l'établissement comme si celui-ci marquait la frontière entre la ville et la nature sauvage au-delà. Une immense soucoupe métallique et clignotante trônait de travers sur son toit plat comme un étrange chapeau qui aurait été posé là par hasard.


Scully se mordit la lèvre inférieure, l'air interdit. Au cours de ses dernières années de service, Mulder l'avait entrainée dans bien des endroits loufoques et extravagants qui vantaient le complot gouvernemental et l'existence des extraterrestres sans s'en cacher. Au détour de leurs enquêtes, la petite rouquine avait été stupéfaite de constater que son partenaire tombait dans le panneau de l'attrape-touriste à chaque fois, achetant pour une poignée de dollars un photo-montage douteux ou une soi-disant météorite provenant du crash d'un OVNI.


Ce restaurant semblait faire partie, extérieurement du moins, de ce genre d'endroit où les crédules étaient dépouillés de leur argent contre quelques informations falsifiées dont raffolaient les croyants tels que Mulder. Comme pour confirmer ses craintes, Elvis se mit à chanter Promised Land à la radio tandis que son coéquipier garait la Taurus devant le bar. Incapable de contenir son excitation, il s'exclama:



-Scully, tu as vu ça?



-Oui, nous sommes arrivés. Le Franky est apparemment un bar à thème comme il en existe des milliers d'autres dans notre charmant pays. Allons interroger notre potentiel témoin, et tenons-nous en là, veux-tu?



-Et que fais-tu de tes observations sur les patients de l'hôpital? Tu as admis toi-même qu'il s'agit d'une situation étrange, et que les explications actuelles du ballon-sonde ne sont pas crédibles!



-Étrange ne signifie pas toujours paranormale ou extraterrestre, Mulder. Les victimes-témoins ont très bien pu être intoxiquées par une nourriture ou un breuvage contaminés consommés ici, ce qui expliquerait leur état et le fait que le tenancier ne soit pas atteint.



-Et la soucoupe volante sur le toit? Scully, ça ne peut pas être une coïncidence...



-Mulder enfin, c'est une décoration factice! Et je te parie ce que tu veux que nous trouverons à l'intérieur des affiches prônant l'existence des aliens!



-Eh bien, le meilleur moyen de le découvrir, Scully, c'est d'y entrer!



Mêlant le geste à la parole, Fox sortit de la voiture et se dirigea à grand pas vers l'entrée du Franky, talonné de près par Dana. Il faisait plus frais ici qu'au plein centre de la ville, la bordure de la forêt proche apportant une humidité et une odeur de bois mouillé. Leurs pas crissaient sur le gravier du parking, et la jolie rousse devait presque courir pour se maintenir à la hauteur des longues enjambées enthousiastes de son collègue.


La porte de l'établissement tinta lorsque les deux fédéraux pénétrèrent dans le restaurant. Une délicieuse odeur de saucisses grillées et de frites fraîches inonda instantanément les narines des deux Agents, et l'estomac de Mulder se tordit dans un spasme presque douloureux. L'intérieur du restaurant était étonnamment sombre compte tenue de la surface vitrée qui donnait sur la route, sans doute à cause de ses murs bleu foncé recouverts de posters: des extraterrestres aux formes et couleurs diverses y côtoyaient des vaisseaux tout droit sortis de films de science-fiction. Des dizaines de banquettes en cuir carmin étaient alignées en rang sur un carrelage à damier noir et blanc, dans une typique représentation d'un Diner américain. Au fond de la salle, plusieurs flippers que la jeune femme identifia comme étant à l'effigie d'Aliens et de Star Wars trônaient à côté de la maquette d'un Jedi blond grandeur nature. Quelqu'un avait posé une tiare criarde en métal doré sur la tête en carton du héros galactique, comme s'il l'avait couronné roi de l'univers.


Au centre de la salle se trouvait un large comptoir en formica assorti aux murs, derrière lequel se trouvait un vieil homme à l'air aussi usé que le torchon dont il se servait pour essuyer ses verres.

Le tenancier était mince, ses longs cheveux gris et filasses encadrant son visage au teint cireux. Il les observait de ses yeux clairs et délavés, un léger sourire aux coins des lèvres.



-Bienvenus au paradis des amateurs d'aliens..., murmura Scully, confortée dans son idée première que le lieu était un repère de geeks amateurs de xénomorphes.



Mulder l'ignora et alla s'asseoir sur une chaise haute juste en face du vieil homme.



-Ah, des fédéraux dans mon restaurant!, s'exclama le vieux. Pas la peine de sortir vos cartes, je sais pour qui vous travaillez. Que me vaut ce plaisir?



-Comment savez-vous que nous sommes du FBI?, demanda Scully, surprise.



-Oh, je crois qu'il n'y a que les gens comme vous qui s'habillent et marchent de cette façon. J'en suis pas à mon premier contact avec vos services, croyez-moi...



-Frank, dites-nous, que s'est-il passé ici hier soir?, l'interrompit aussitôt Mulder.



Le tenancier éclata dans un grand rire guttural tout en rejetant sa tête en arrière, comme si la situation était particulièrement comique.



-Frank?, finit-il par hoqueter difficilement tout en pouffant. Non, moi c'est Bernard. Mais si vous voulez parler à Frank, y'a pas de soucis.



Le vieux se tourna alors vers une double porte battante à l'arrière du bar, qui conduisait certainement aux cuisines, et il hurla, toujours hilare:



-Heyyyyy! Frank! Ramène-toi, le FBI veut des infos sur l'incident d'hier soir!



Les battants s'ouvrirent presque immédiatement et se refermèrent en claquant sèchement, comme poussés par une force invisible ou une minuscule personne.

Puis sans crier gare, un petit chien beige sauta agilement sur le comptoir et fixa les deux Agents de ses yeux noirs et futés. Dana remarqua qu'il portait un petit tablier blanc qui le rendait à la fois mignon et ridicule. L'animal, sans doute un carlin au vue de sa face écrasée et de sa petite taille, se tenait désormais immobile face à Mulder et Scully et semblait attendre quelque chose.


La petite rouquine, attendrie un instant par le souvenir de son adorable Queequeg tragiquement disparu, tendit une main pour le gratter derrière ses douces oreilles.


Frank le chien fut parcouru d'un frisson de plaisir, et déclara subitement:



-Eh bien ma belle, ça faisait bien longtemps que j'avais pas eu de telles avances. On n'est pas de la même espèce toi et moi, mais je t'assure qu'on ferait des étincelles ensemble!



Scully retira brusquement son bras et faillit tomber de sa chaise de bar tandis que Mulder sursauta comme si Walter Skinner dansait le lac des cygnes en tutu face à lui.



-Vous en faites pas, je fais toujours cet effet là la première fois, poursuivit le carlin en penchant sa tête sur le côté. Alors dites-moi, en quoi j'peux vous aider?



Mulder tourna lentement la tête vers Bernard avec un regard qui oscillait entre l'excitation et la sidération, et dit d'une voix tremblante:



-Votre chien... votre chien parle?



-Hé ho, on se calme mon grand, le coupa Frank. Je ne suis le chien de personne, je n'ai ni dieu ni maître. Alors pose-moi tes questions, que je puisse retourner travailler. J'ai des hot-dogs frites à préparer pour ce soir.



Bernard le barman regardait la scène avec délice, fortement amusé par l'air abasourdi des deux Agents Fédéraux.

Le vieux finit même par leur chercher un plateau en cuisine et il leur servit à chacun une double portion de hot-dogs frites accompagnées d'un soda pour qu'ils se remettent de leurs émotions.



-Je n'en reviens pas, un chien qui parle... murmura Mulder, ses doigts dégoulinant de sauce Ketchup.



-Ouais, mais bon, vous vous en doutez sûrement, je ne suis pas vraiment un chien. Vous avez l'air plutôt intelligent pour un Agent du FBI, vous devriez faire le lien avec... avec tout ça, déclara Frank en parcourant des yeux la salle du restaurant.



-Vous êtes... un extraterrestre?, hasarda Mulder entre deux bouchées de sandwich à la saucisse.



-Absolument mon grand. Tout droit venu de Remool. Mais j'habite sur Terre depuis un bail maintenant... enfin bref. Alors vous êtes venus pour tirer des infos sur le crash d'hier soir?



Mulder lança un regard triomphant à Scully, mais celle-ci ne semblait nullement impressionnée, une fois le choc du premier contact passé. La jeune femme haussa les sourcils en soutenant les yeux de son partenaire mais elle resta néanmoins muette, picorant lentement d'un air pincé le contenu de son assiette.



-Oui, Frank, dites-nous ce que vous savez, demanda finalement Mulder.



-Ça peut être dangereux, sachez-le. La vérité n'est pas toujours bonne à entendre. Vous prenez ce risque?



-Nous le prenons, déclara aussitôt Mulder sans se tourner vers sa coéquipière cette fois.



-Bien mon grand. Alors voilà. Une soucoupe volante clandestine s'est écrasée ici vers 22h hier soir. Le fugitif est plutôt dangereux à ce que l'on dit, et il est à la recherche d'un artefact puissant qui pourrait, entre ses mauvaises mains, conduire à l'annihilissement de l'univers.



-La soucoupe volante, elle est toujours là?, interrogea Mulder en avalant la dernière bouchée de son second hot-dog.



-Où veux-tu qu'elle soit? Vu son état après le crash, elle risque pas de s'envoler..., ricana Frank.



-Et le pilote malintentionné?



-Échappé. Une équipe de spécialistes est à ses trousses...



-Et les clients du restaurant? Que leur est-il arrivé? Pourquoi sont-ils frappés d'amnésie ?



-Mon grand, réfléchis deux secondes. Tu crois qu'on peut laisser neuf témoins d'un crash d'OVNI se balader en pleine nature en les laissant propager l'existence des aliens? Impossible. Ils ont été neuralysés.



Mulder recracha une partie de son soda et se mit à tousser bruyamment. Scully quant à elle était toujours silencieuse, finissant lentement son assiette, les yeux fixés sur le reste de ses frites qui refroidissaient.



-Le vaisseau spatial... peut-on le voir?, demanda Mulder à Frank d'une voix quasi implorante.



-Évidemment. Mais là encore, c'est un risque à prendre.



-Un risque que j'attends de prendre depuis toute ma vie. Dites-moi où aller...



-À trois kilomètres droit au nord, en pleine forêt. C'est là que vous le trouverez.



-Merci Frank. Et merci à vous Bernard. Combien vous doit-on pour le repas?, interrogea Mulder en se levant.



-Rien du tout, mon grand. C'est offert par la maison... déclara Bernard en saluant les deux Agents de la main.



Le grand brun hocha la tête en signe de remerciement et, suivi de sa coéquipière, il quitta le bar en direction du bois attenant.


Bernard et Frank, qui n'avaient pas bougé de derrière leur comptoir, les regardèrent disparaître à l'angle du bâtiment sous le couvert des arbres.



-Putain Frank, s'exclama soudain le vieil homme en se tournant vers le carlin. Tu as pris un risque en leur racontant la vérité.



-T'inquiète pas Bernard. La jolie poupée rousse ne m'a pas cru de toute façon.



-Et pour son collègue? Il avait l'air beaucoup plus ouvert d'esprit qu'elle...



-Ne t'en fait pas. S'ils parviennent jusqu'au vaisseau, ils les trouveront aussi eux. Ce qui signifie qu'ils ne se souviendront pas de nous bien longtemps...





                                 ***





-Mulder! Mulder ralentis, s'il te plaît!



Malgré les injonctions de sa partenaire, le grand brun filait à travers bois au pas de course. Ses pieds s'enfonçaient dans la mousse et le tapis de feuilles mortes qui recouvraient le sol, tout en sautant de temps en temps par dessus un buisson ou une branche tombée. Tous les éléments qu'il cherchait depuis si longtemps étaient enfin là, à sa portée. L'existence des extraterrestres, une soucoupe écrasée sur la surface de la Terre à à peine une heure de Washington: il n'avait qu'à tendre le bras pour se saisir des preuves tant attendues. Le chemin vers la vérité s'ouvrait devant lui, dégagé et illuminé, ses pas le guidant toujours plus près du dénouement.


Son coeur palpitait dans sa poitrine, mais cela n'avait rien à voir avec son allure de course forcée. Mulder s'attendait à chaque instant, derrière chaque tronc, chaque buisson, à apercevoir la silhouette de la soucoupe en perdition. L'excitation lui coupait le souffle et gonflait sa poitrine d'une sensation étrange. Il n'avait jamais été aussi proche qu'en cet instant...



<Encore quelques mètres. Encore un virage. Juste après ce bosquet...>



-Mulder enfin, ÉCOUTE-MOI!



Le jeune homme sursauta alors que Dana s'était soudain postée devant lui, les mains sur les hanches, essoufflée et apparemment furieuse. Le rouge lui était monté aux joues et ses cheveux étaient hirsutes, prémices de sa colère à venir.



-Qui a-t-il, Scully?



-Rien ne te parait gros dans tout ça? Un barman à moitié sénile te fait un tour de passe-passe et tu cours dans la direction qu'il pointe du doigt? S'il t'avais demandé de te couper les jambes, l'aurais-tu fait aussi au nom de ta vérité?



-Scully, on a enfin une preuve tangible! Et puis ce n'est pas le vieil homme qui m'a guidé mais le chien... Frank... Scully qu'est ce qu'il te faut de plus? C'était un chien extraterrestre qui parle!!



Scully soupira et baissa les yeux tout en se massant les tempes. Toute cette histoire était complètement folle et elle n'avait qu'une hâte, rentrer à Washington pour remplir un contre-rendu protocolaire et rassurant pour évaluer l'état psychologique de son coéquipier. La petite rouquine regarda un instant le bout de ses bottines entouré de feuilles mortes, s'enjoignant au calme. Enfin, elle releva la tête et planta son regard bleu glacier dans les prunelles vertes de Mulder:



-Mulder, Bernard est vraissemblablement ventriloque, et il t'a joué un très bon tour, je ne dis pas le contraire. Il a certainement dû répéter et travailler dur pour arriver à ce niveau et faire rire ou trembler ses clients. Mais à l'heure actuelle, c'est lui qui doit bien se rire de toi. Rien de tout ceci n'est réel. Il n'y a pas plus de soucoupe volante dans ce bois que de chien extraterrestre qui parle!



Mulder fixa un instant Scully puis il se remit en marche en silence. Sa collègue pouvait être sceptique, peu importait, il lui prouverait qu'il avait raison. Les preuves étaient là, et rien ne le ferait douter. Après quelques secondes, il entendit la jeune femme derrière lui se remettre en marche à sa suite, ses pieds faisant craquer et crisser le sol de la forêt. Mulder ne put s'empêcher de sourire: Dana ne croyait pas mais elle le suivait quand même. Elle ne l'abandonnait jamais malgré sa méfiance, et elle restait à ses côtés dans les bons comme dans les pires moments. N'était-ce pas la parfaite définition d'une vraie partenaire?


Et c'est sur ces réflexions qu'il la vit enfin.

La soucoupe était immense, en métal argenté, ou peut être doré, ou bien encore verte, Mulder n'aurait su le dire. Il se savait daltonien et en difficulté avec certaines couleurs, mais il avait la certitude que cette teinte n'était pas terrestre. Jamais il n'avait eu l'occasion de voir une chose semblable. L'engin, en s'écrasant, avait arraché une bande entière d'arbres, traçant un sillon profond dans la forêt comme une cicatrice. De la fumée s'élevait encore de la carlingue et quelques lumières clignotaient faiblement à sa surface.



-Scully...



Le murmure de Mulder, à peine audible, parvint néanmoins aux oreilles de la jeune femme.



-Mon dieu, Mulder...



La petite rouquine, les yeux écarquillés comme des soucoupes, s'agrippa au bras de son collègue, les jambes flageolantes. Toutes ses certitudes volèrent soudain en éclat, et même son brillant esprit scientifique ne parvint pas à rationaliser la scène qui s'ouvrait devant elle. La jeune femme avait la sensation de se trouver dans un ascenseur en chute libre, et le bras de Mulder semblait être la seule chose encore sûre et réelle à laquelle s'accrocher pour éviter l'hystérie.



-Tu crois toujours que les extraterrestres n'existent pas?, ironisa Mulder en lui souriant tendrement.



-Arrête ça, je ne trouve pas ça drôle, rétorqua la petite rousse, la voix tremblante sous le choc de la découverte.



-On devrait peut-être s'approcher... Viens, Scullly.



-Ou peut-être que nous devrions faire demi-tour et appeler du renfort. Rappelle-toi de ce que Frank a dit au sujet du fugitif à la recherche d'une arme pour la destruction du monde...



-Tu admets donc que Frank le chien a bel et bien parlé et que les extraterrestres existent?, demanda Mulder en haussant les sourcils. C'est juste pour être sûr. Il faut absolument que je grave et que je consigne ce moment...



-Mulder, ce n'est pas drôle. Actuellement je ne sais plus en quoi je crois, je...



Scully fut interrompue par l'apparition impromptue de deux hommes qui semblaient tout droit sortis de nul part.

Les nouveaux arrivants s'arrêtèrent à quelques pas des Fédéraux, leur coupant la route vers l'épave du vaisseau. Ils étaient tout de noir vêtus, leurs costumes austères sur-mesure leur donnant l'air d'employés de pompes funèbres. Le plus grand, un jeune homme au teint sombre et aux oreilles décollées, les regardait avec un air amusé tandis que son collègue plus âgé, au visage buriné et cheveux poivre et sel, les fixait d'un regard taciturne. Leur apparence impeccable, comme tirés à quatre épingles, tranchait avec l'environnement sauvage des bois, les faisant presque passé pour...



-Êtes-vous des extraterrestres?, demanda immédiatement Mulder.



Les deux inconnus échangèrent un regard et le plus jeune éclata de rire.



-Ils n'ont décidément pas conscience d'avoir le sens de l'humour, au FBI!, s'exclama ce dernier en se tapant les cuisses. Apparemment, t'as la tête d'un céphalopoïde, Kay.



-Comment savez-vous que nous sommes du FBI?, s'étonna Scully, à nouveau étonnée.



-Oh, des petits détails. Personne ne s'habille et ne marche comme vous autre..., répondit le jeune en continuant de pouffer, les yeux remplis de larmes.



-Allez Junior, assez plaisanté. Il faut procéder au test...



-Heyyy! Ne m'appelle pas comme ça, Kay! Est-ce que moi je t'appelle "vieux papy qui tire une tête de six pieds de long toute la journée"? NON! Alors aie un peu de respect pour ton formidable coéquipier et appelle moi par mon nom.



-Très bien, Jay. Procéde donc au test occulaire et essaie de ne pas y aller trop fort, cette fois.



-Attendez! Qui êtes-vous? À quoi voulez-vous procéder?, s'exclama Mulder.



-Je vous signale que nos yeux vont très bien, nous vous remercions, répliqua Scully en dirigeant lentement sa main vers le Sig Sauer accroché à sa hanche droite. Je suis Docteur en médecine et en physique appliquée, et vous ne nous ferez aucun test...



-Écoutez, nous sommes de la Division Six du Département Gouvernemental, expliqua le dénommé Kay d'une voix procédurière. Nous avons autorité ici, et vous ne pouvez pas rester. Vous ne pouvez pas non plus partir sans vous être soumis au test.



-Vous ne procèderez à aucun test avant de nous avoir révéler la vérité! Que se passe-t-il exactement ici?, s'écria Mulder.



-Il se passe, enchaîna Jay, qu'on va encore avoir droit à un sacré bordel avec ce crash extraterrestre clandestin, sans compter qu'on a une bestiole en cavale qui a pour seul objectif de détruire la galaxie entière. Et on aura de la chance si l'univers n'explose pas d'ici demain soir. Alors croyez-moi, laissez-vous faire, ne posez pas de question, et retournez à vos petites occupations fédérales... il en va de votre sécurité.



-Je ne souhaite que comprendre, murmura Mulder en levant désespérément les yeux vers l'épave du vaisseau. Je souhaite juste connaître la vérité...



-La vérité est là, dans ce petit appareil, répondit Jay en mettant des lunettes noires sur son nez tout en sortant un tube argenté de la poche intérieure de sa veste.



L'étrange objet semblait émettre une douce luminescence rouge, et était probablement empreint d'une technologie supérieure. Mulder, intrigué,

fixa intensément le bidule dans les mains du jeune homme, attendant de plus amples explications.



-Regardez-bien, continua Jay, vous êtes sur le point de tout comprendre...



-Et n'oubliez pas, tout ceci n'est rien de plus qu'un fragment de votre imagination, murmura le dénommé Kay en enfilant à son tour des lunettes identiques à celles de son collègue.



Mulder et Scully se penchèrent en avant tandis que le tube émit un aveuglant flash rouge qui éclaira brièvement les environs. La lumière fut ensuite absorbée par le petit tube de métal, formant comme un œil rouge à son sommet avant de s'éteindre complètement.



<Un œil rouge qu'il ne faut surtout pas regarder...>, fut la dernière pensée de Mulder alors qu'un tourbillon de couleurs et de sons l'emporta, Scully à ses côtés. 

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