X-men Impulse par

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Deviation / Action / Drame

5 Chapitre 5

Catégorie: G
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X-men Impulse

 

Chapitre 5

 

Après son fiasco, dans les belles contrées de la Louisiane qui avait aboutie à la perte de deux précieux spécimens, Cooper avait été priée de revenir rapidement au centre de commande. Sûrement que le savon qui allait lui être passé serait terrible et que sa carrière s’arrêterait aujourd’hui même. C’est donc avec une boule dans le ventre que la jeune femme s’avançait dans les coursives de ce qui était probablementles locaux les plus vétustes du FBI. Il fallait dire que sa section, celle des recherches sur le paranormal, avait toujours été en marge et c’était un miracle si aujourd’hui encore ce service n’était pas démantelé.

 

Trainant le pas Cooper  arriva finalement devant la porte de son bureau. Elle n’eut pas besoin de chercher de clé pour déverrouiller la serrure, comme à son habitude elle avait laissée libre accès à ses affaires. Vieille manie qui lui collait à la peau et qui témoignait du peu d’intérêt que représentait ses recherches. Elle se laissa tomba sur son fauteuil de bureau, savourant le contact moelleux du cuir qui se moula aux formes de son corps. Les yeux fermés, elle se laissa envahir par une onde de chaleur apaisante qui afflua dans son être intérieur. S’était son premier moment de détente durant les dernières vingt-quatre heures. Elle n’avait même pas encore eu le temps de passer chez elle depuis qu’elle était descendue de l’avion, son téléphone n’avait fait que sonner pour lui rappeler à quel point elle était nulle. Mais elle devait bien se l’avouer à elle-même, pour le coup elle s’était bien mise dedans. Des années à œuvrer pour rien, dans le vide absolu, et quand enfin une opportunité réelle de se faire reconnaitre arrive…elle fait tout foirer.

 

-Vous voici enfin, docteur Cooper, tonna une voix qui ramena brutalement la jeune femme à la réalité. Elle ouvrit les yeux et vit, sur le pas de sa porte, un homme de grande taille, les cheveux sombres gominés en arrière, portant un costume bleu.

 

-Directeur ! dit-elle dans un souffle en se levant précipitamment de son fauteuil pour saluer son supérieur, celui qui était à l’origine de la création de cette cellule.

 

-Dépêchez-vous, nous avons une visioconférence de prévue dans dix minutes avec le Général Ross, siffla-t-il entre ses dents tout en lui faisant signe de le suivre.

 

Comme prévu l’accueil avait été glacial et la jeune femme n’osait pas émettre la moindre objection. Pourtant, elle était fatiguée et pas vraiment présentable. Mais le Directeur du Département était loin d’être un homme avenant, elle l’avait appris à ses dépens par le passé déjà. Peut-être une grande frustration accumulée durant toutes ces années où il avait eu du avoir l’impression de brasser du vent.

Elle lui emboitait le pas en essayant d’avoir l’air un minimum présentable mais c’était peine perdue. Trois angles de couloirs plus loin, ils entrèrent dans une grande salle de réunion  où se trouvait une table rectangulaire qui prenait la majeure partie de l’espace. Sur le mur du fond se trouvait un imposant écran sur lequel se trouvaient déjà les autres intervenants. Valérie reconnu immédiatement le Général Ross qui discutait avec une personne hors caméra. Sur un autre écran, elle découvrait un homme qui sembla être à l’aube de la quarantaine, fin, portant de petites lunettes qu’il tenait du bout des doigts alors qu’il semblait lire quelque chose. Et sous ses écrans principaux, plusieurs autres de petites tailles. Cooper arriva à discerner les visages des personnes qu’elle avait déjà côtoyées lors de la première réunion qui s’était déroulée quatre jours plus tôt.

Elle prit place à côté de son supérieur, afin d’être dans le champ de la caméra. Les voyants prendre place, Ross se concentra sur sa réunion et tous firent de même.

 

-Content que vous soyez des nôtres Cooper, lâcha en préambule Ross sur le même temps condescendant qu’elle lui avait trouvée lors de leur première entrevue. Mais avant qu’elle n’ait le temps de répondre, son chef prit la parole.

 

-Général, au vu des dernières nouvelles que nous avons, peut-être allons-nous sauter vos petites chamailleries avec le docteur Cooper, dit-il en plaçant devant lui différents papiers. Réflexion qui ne fit pas rire du tout le vieux militaire au visage parcheminé.

 

-Directeur Milbury, je vous présente le Docteur Mc Coy, un spécialiste de la génétique, lâcha froidement le Général en faisant référence à l’homme à lunettes du second écran. A l’évocation de son prénom, celui-ci se remobilisasur la réunion et fit un signe de tête aux autres participants.

 

-Nous nous connaissons bien avec le Docteur Mc Coy, je suis ravi qu’il se joigne à notre petit groupe de réflexion. Et pour le Docteur Mc Taggert ? demanda Milbury.

 

-Elle a rejeté notre proposition, j’ai du mal à comprendre un tel comportement, rétorqua dans un grognement Ross avec une mine dégoutée.

 

-Si vous le souhaitez, je tenterais une nouvelle approche, j’ai aussi rencontré Mc Taggert par le passé, je connais sa réticence à travailler avec les agences gouvernementales, surtout étrangères.

 

-Bien, mais arrêtons de perdre du temps. Le Docteur Mc Coy est présent aujourd’hui pour faire un point sur ce que nous avons appris durant les dernières heures. Devant l’incapacité de Cooper à mener à bien sa mission, nous avons fait mobiliser d’autres troupes afin de capturer des spécimens.

 

Valérie fulminait intérieurement mais elle faisait tout pour le cacher. Il en avait du toupet le vieillard de tout lui mettre sur le dos. Et pourquoi, ne disait-il rien sur Summers, qui avait lâchement abandonné son poste pour partir on ne sait où. Etre misogyne ne lui suffisait pas de toute évidence.

Alors qu’elle était plongée en pleines pensées impures un nouvel écran s’afficha. On pouvait voir dessus ce qui semblait être une petite pièce avec une banquette et un jeune homme assis dessus, se roulant les pouces. Mc Coy prit la parole.

 

-Je vous présente notre sujet 01, Robert Drake. Il fait partie des seize anomalies détectées le jour M. A partir des constatations du Docteur Cooper, sur l’éventualité que des humains aient développé des capacités surhumaines, nous avons débuté une batterie de tests.

 

Val haussa un sourcil en entendant prononcer son nom. Au moins une personne qui reconnaissait le travail accomplit, ce n’était pas trop tôt. Il n’était pas si mal ce Docteur Mc Coy. Enfin, même si Cooper était amère, elle connaissait déjà de nom le docteur qui parlait toujours. Il faisait partie des grands esprits scientifiques de ce monde et avait un travail assez mémorable sur la génétique humaine à son actif. Il était à l’origine de beaucoup de publications, certaines en collaboration avec Mc Taggert qui fut citée un peu plus tôt. Elle revint sur terre quand la voix de son patron raisonna à ses côtés.

 

-Si j’ai bon souvenir, votre sujet 01 était celui de Chicago avec la cafétéria qui fut totalement gelée.

 

-En effet Directeur, veuillez tous regarder cette vidéo d’un de nos premiers tests, répondit Mc Coy en lançant une vidéo qui s’afficha en plein écran.

 

Sur l’image on pouvait voir le dit sujet qui était debout au milieu d’un sombre corridor désert. Il regardait en tous sens, surement à se demander ce qu’il faisait là. Ce qu’il apprit très rapidement quand d’imposantes flammes apparurent tout autour de lui. Paniqué le jeune homme cherchait une échappatoire, mais il était totalement encerclé et on pouvait l’entendre crier à l’aide encore et encore, mais personne n’intervenait. Alors que les flammes devinrent plus intenses et qu’il hurlait de plus belle, quelque chose se produisit. De puissants jets de poudre blanche apparurent de ses mains. La poudre se transformait en cristaux de glace qui s’aggloméraient les uns aux autres pour former des écrans translucides protégeant leur créateur. La vidéo s’arrêta là.

 

-Vous pouvez donc voir que le sujet 01 est en mesure de recréer de la glace. Nous ne comprenons pas encore le système lui permettant de métaboliser les liaisons d’hydrogène mais d’après nos appareils de mesures, il a été capable de capter le peu d’humidité de la pièce. Ceci est une première piste, commenta Henry avec beaucoup d’admiration.

 

Alors que tout le monde semblait stupéfait par le résultat, seule Valérie était choquée par la méthode employée. Les cris du jeune homme lui avait déchiré le cœur et elle regarda avec mépris l’écran sur lequel apparaissait l’image pixellisé du tortionnaire.

 

-Avez-vous d’autres sujets de test docteur ? demanda Milbury qui était celui paraissant être le plus insensible à tout ce battage.

 

-A l’heure actuelle non, mais le général Ross m’a dit en marge de cette réunion qu’une équipe était sur la trace d’un des seize premiers.

 

-Oui, au vu du peu de résultats du docteur Cooper, j’ai pris sur moi d’envoyer une nouvelle équipe sur une autre position, répondit avec un dédain certain envers Valérie le général.

 

-Vous avez tendance à oublier Summers, objecta Cooper pour qui cette dernière remarque était celle de trop. Que je sache, il a disparu en pleine mission !

 

Malgré le regard meurtrier de son supérieur, Valérie ne regrettait pas ses paroles. Et rien qu’à voir le visage fermé de Ross, elle était contente d’elle. Mais cela ne dura pas bien longtemps. Le général reçu une missive qu’il lut quelques secondes avant de revenir aux autres participations de la réunion, un grand sourire aux lèvres.

 

-Nous venons d’apprendre que le Major Summers était de retour avec un nouveau sujet, éructa Ross. Qu’en pensez-vous docteur Cooper ?

Elle n’accueillit cette remarque que par un grognement.

 

 

 

Dans le couloir miteux, les soldats lourdement armés s’accumulaient. Avançant dans le silence le plus total, communiquant uniquement par des gestes, ils se mettaient en position pour prendre d’assaut un petit appartement. Au signal du leader, l’un des hommes se mit en face de la porte et l’enfonça avec un bélier. Le morceau de bois se brisa en deux avant de s’écraser au sol, dévoilant un coquet petit intérieur faiblement décoré, mais avec goût. Rapidement les soldats s’engouffrèrent dans la brèche, leurs armes pointées devant eux, prêts à ouvrir le feu sur tout ce qui apparaitrait dans leur champ de vision.

 

Mais il n’y avait rien, ou plutôt rien d’humain. L’appartement était le repère d’une demi-douzaine de chats qui s’étaient dispersés devant le grabuge crée par les intrus. Toujours sans un dire un seul mot, l’un des hommes pointa du doigt plusieurs de ses subordonnées puis les pièces à visiter. Ce qui allait très vite puisqu’à par une salle de bain et une chambre, il n’y avait rien d’autre dans le petit logis. Et c’est recroquevillée dans sa chambre qu’ils trouvèrent leur cible. Katherine Pryde avait totalement disparut de la circulation depuis ce qui lui était arrivé sur son lieu de travail, s’étant retranchée dans son appartement, ne voulant voir personne. On pouvait dire que son vœu n’avait pas été respecté par les forces gouvernementales. Totalement affolée, elle tremblait comme une feuille, n’osant dire quoi que ce soit devant ce déferlement militaire. Et de toute évidence ceux qui lui faisait face n’avait cure de l’avis de la petite dame et étaient bien prêt à l’embarquer avec eux.

 

Mais alors qu’un des soldats lui hurlait de s’allonger face contre terre, des bruits se firent entendre dans le couloir, puis des cris. Ceux qui tenaient en joue Katherine résistaient à l’envie de se retourner, de peur de perdre de vue celle qui avait été décrite comme pouvant passer à travers les surfaces solides. Mais les cris continuaient, et les mouvements se faisaient de plus en plus rapides. Pryde arriva à ouvrir les yeux et à regarder derrière les soldats postés en face d’elle.

Elle pouvait apercevoir certains d’entre eux ressortir de l’appartement pour aller à la rencontre de ce qui semblait approcher. Mais elle vit surtout ces mêmes hommes tomber à terre tels des pantins désarticulés. Dans l’encadrement de la porte l’un d’eux fit son apparition, reculant tout en tirant sur quelque chose droit devant lui. C’est alors qu’il fit quelque chose de tout à fait illogique en se frappant le visage avec sa propre arme. Le coup qu’il se donna fut tellement fort que cela le catapulta en arrière. Kitty émit un petit hoquet en voyant la scène et se colla encore un peu plus contre son mur.

 

Cette fois-ci, les soldats ne pouvaient ignorer que quelque chose était en train d’arriver dans leur dos. Deux autres hommes rentraient dans la pièce, mais alors qu’ils couraient pour passer la porte leurs armes leurs échappèrent des mains pour s’élever dans les airs et se retourner contre eux. Ils restèrent totalement immobiles, paralysés par la peur de voir leurs propres équipements se retourner contre eux. Mais au lieu de tirer, les armes leurs foncèrent en plein front, pour le même résultat que précédemment. Il ne restait plus que deux soldats, les deux mêmes qui tenaient quelques secondes plus tôt l’institutrice en joue. Mais alors qu’ils jouaient aux gros durs face à la frêle jeune femme, là ils étaient loin d’en mener large. Et ils se firent encore plus petits quand des bruits de pas se mirent à raisonner dans le couloir. Ils se mirent sur leurs gardes alors que Katherine se risqua à passer une tête. La première chose qu’ils virent de leur mystérieux agresseur fut une botte noire à talons. Regard surpris des soldats, qui découvrirent une femme s’avançait vers eux. Elle était plutôt grande, le teint pâle, des yeux d’un vert émeraude d’une rare intensité, et arborait une longue chevelure noire à reflets de jade. Moulée dans une tenue noire et un long et fin manteau, elle n’avait rien d’une machine de guerre pouvant mettre en déroute toute une escouade de valeureux marines. Une fois sur le palier, elle s’arrêta pour dévisager ceux qui lui faisaient face, et s’arrêta surtout sur la petite chose qui était planquée dans son coin. Mais rapidement la vue fut bouchée par les deux mastodontes, qui lui hurlèrent des choses presque incompréhensibles, la menaçant de lui trouer le corps au moindre mouvement suspect. Son visage ne reflétait aucune émotion particulière, comme si elle restait de marbre face à cette violence verbale. Mais elle obtempéra en levant les mains vers le ciel. Mais en même temps qu’elle faisait cela, un des hommes se souleva du sol sous le regard médusé de son compère. En moins d’une seconde, il parcourut la faible distance qui le séparait de l’autre pour lui rentrer dedans de plein fouet. Sous la violence du choc le premier sombra dans l’inconscience, alors que l’autre tentait de se mouvoir sous son corps inanimé. Avec difficulté, il arriva à dégager son arme et à lever le bras vers la jeune femme. Mais elle-même avait la main vers lui et dans un étrange manège, les différentes parties de l’engin se mirent à se séparer pour finalement ne laisser que la crosse dans les mains du pauvre bougre désarçonné par une telle chose. Le canon resta tout de même suspendu dans les airs et vint lui démonter le nez, soulevant une gerbe de sang.

 

Pryde avait assisté à toute la scène sans arriver à effectuer le moindre geste. Elle n’en revenait pas de ce qu’elle venait de voir. Cette femme, sortie de nulle part, avait sans doute un don quelconque, quelque chose qui la rendait unique et incroyable forte. En voyant cette femme se tourner vers elle, Kitty chercha un nouveau moyen de reculer, se demandant si elle était là pour l’aider ou juste pour finir le boulot. Alors qu’elle cherchait une échappatoire, le corps de Katherine la trouva en disparaissant dans le mur qui se trouvait derrière elle. Comme ce fut le cas à l’école, elle était en train de passer à travers la matière solide devant cette personne qui s’avança devant elle et lui tendit la main avec un sourire.

 

-Je m’appelle Lorna, je suis là pour vous aider, venez avec moi.

 

Sa voix était en réalité chaude et douce, rien à voir avec l’attitude qu’elle avait eu en entrant dans l’appartement. Son sourire était apaisant et empreint de sincérité. La main de Katherine se posa dans celle de Lorna.

 

 

C’était avec la grâce d’un éléphant que la silhouette s’introduit dans la pièce plongée dans le noir. Tâtonnant dans l’obscurité, l’individu arriva avec difficulté, et après avoir heurté nombre de meubles en tout genre, à se frayer un chemin jusqu’à la porte d’entrée qu’il déverrouilla pour donner libre accès à ses deux compères.  Une fois tout le monde à l’intérieur et la porte fermée la lumière fut. Julian se massait le flanc, en se relevant conscient de ses limites en matière d’infiltration. Rémy contemplait dubitativement l’atelier d’Anna, ayant du mal à imaginer la jeune femme faire sa vie au milieu des carcasses de motos et pièces mécaniques en tout genre.

 

-C’est charmant, lança-t-il à la cantonade en s’avançant entre les établis essayant de faire abstraction de l’odeur d’huile de moteur qui inondait la pièce.

 

Après avoir récupéré la jeune femme à l’hôpital, le trio nouvellement constitué avait cherché un endroit où se poser afin de réfléchir un peu à la suite des opérations. La proximité du lieu de résidence et de travail d’Anna les avait conduits à s’y rendre, en espérant que leurs mystérieux pisteurs ne seraient pas sur place. Ce qui à première vue n’était pas le cas. On pouvait dire que jusqu’à maintenant, ils avaient tous subis plus qu’ils n’avaient agis. Les évènements s’étaient succédés sans qu’ils n’aient d’emprise dessus, mais cela devait changer sous peine de ne jamais trouver une issue favorable.

 

Anna se dirigea vers son petit frigidaire et en tira un pack de bière, qu’elle déposa sur une petite table au milieu de la pièce. Tous vinrent s’installer autour de la table pour mettre en place le plan de bataille.

 

- Je ne bois pas d’alcool, dit timidement Julian alors que la brune avait déjà vidée une demi-canette d’une traite.

 

-Alors, alors, qu’allons-nous faire ? demanda Rémy en faisant rouler une canette dans sa main, afin de sentir la fraicheur.

 

-Je ne sais pas, répondit Anna.

 

-Pas la moindre idée, compléta Julian.

 

A la suite de ces déclarations fracassantes un long silence s’installa. Silence si pesant que machinalement Anna le brisa en allumant sa télévision.

 

-Donc vous êtes garagiste ? demanda Julian pour relancer un semblant de conversation.

 

-J’étais, à l’heure actuelle je suis une fugitive et surement un potentiel cobaye pour savants fous, répondit-elle avec amertume en se sifflant sa boisson.

 

-Justement, il faut qu’on réfléchisse, tous ensemble, sur une manière de nous en sortir, les relança Rémy en essayant de faire abstraction du poste sur lequel défilaient des images.

 

-Réfléchir à quoi ? On est des sortes de monstres d’un nouveau genre, le gouvernement en a après nous et s’ils nous dissèquent pas, surement qu’ils nous considèreront comme dangereux et donc on sera enfermés voir pire, charmant programme.

 

-Je ne veux pas être disséqué moi…murmura Julian en se massant le ventre, imaginant son contenu répandu sur une table d’opération.

 

-Personne ne sera disséqué. Il faut trouver un moyen de se faire blanchir, fit Rémy en essayant d’être apaisant envers le jeune homme qui se faisait des films.

 

-Blanchir de quoi ? Que je sache nous n’avons commis aucun crime mise à part recevoir cette malédiction, riposta Anna en haussant légèrement le ton.

 

-Justement, si j’ai bien compris, vous vous…lisez dans l’esprit des autres vous les touchez ? demanda Julian.

 

Pour toute réponse Anna poussa un soupir et lui effleura la joue du bout des doigts. Les multiples contacts avec le personnel médical lui avait fait découvrir une chose ; elle ressentait un frisson d’excitation quand elle pénétrait dans les pensées d’un autre pour s’approprier son essence. Le côté désagréable et désorientant était bien là, mais maintenant elle y ressentait un léger plaisir. Elle ferma les yeux pour profiter de la sensation. Le contact était suffisamment court pour que Julian ne tourne pas de l’œil et qu’elle ne connaisse pas tout de lui, depuis le moment où sa mère l’eut expulsée de son corps. Malheureusement pour elle, elle ne vit que des choses affreusement banales, rien de bien excitant.

 

-J’ai la tête qui tourne, dit Julian avec la tête dodelinant.

 

-C’est rien ça passera. Donc tu as un frère plus âgé que toi, James, tu es étudiant à Caltech et tu es persuadé que tu n’y a pas ta place car simplement reçu grâce à la fortune de tes parents, et tu es vierge.

 

Le jeune homme aux cheveux sombres devint rouge, baissant la tête, trouvant surement un attrait particulier à ses chaussures.

 

-Et ce qui reste de ma personnalité réclame une autre bière, donc comme t’es un gentil garçon, tu peux aller m’en chercher une dans le frigo derrière, mon grand ?

 

Sans dire un mot Keller se leva pour obéir à l’intimidante maitresse des lieux, sous le regard médusé d’un Rémy qui se demandait si ses deux compagnons d’infortune avaient conscience de leur situation. Mais visiblement non.

 

-Ça vient cette bière ! hurla Anna en levant la main au ciel. C’est avec délectation qu’elle sentie le métal froid contre ses doigts. Merci petit.

 

-Heu…Anna…

 

Elle se retourna vers Julian et vit qu’il était toujours devant le frigidaire, la regardant bêtement.

 

-Tu l’as lancée ? demanda-t-elle. Hochement négatif de la tête.

 

-Tu es aussi télékinésiste ? lança Rémy.

 

-Pas à ma connaissance, mais je vais de surprises en surprises en ce moment, répondit-elle en auscultant la canette.

 

-Je pense que c’est autre chose, fit Julian en revenant sur le divan, tu as dit que tu absorbais la conscience des personnes que tu touchais, peut être que pour des personnes comme nous, tu absorbes aussi nos…dons ?

 

-C’est possible ça ?

 

-Tu nous en poses des questions…en tout cas si c’est ça, c’est sacrément pratique, rétorqua Rémy.

 

-Sauf que c’est limité dans le temps. Au bout d’un moment les informations de la personne touchée disparaissent, donc on va partir du principe que l’utilisation de son don aussi. Je peux tester sur toi ?

 

-On va éviter, lui répondit Rémy peu à l’aise avec l’idée qu’elle entre dans sa tête, mais au moins on sait que toi aussi tu peux être utile offensivement.

 

-Que veux-tu dire par offensivement ? lui demanda Anna qui se méfiait du ton employé.

 

-Regardez, dit-il en montrant la télévision.

 

Sur l’écran défilaient des images d’habitations en flammes dans différentes villes du pays. La tenancière des lieux augmenta le son et ils écoutèrent les commentaires des commentateurs, des témoins et représentants des forces de l’ordre.

 

-Je suis prêt à parier que c’est un des nôtres qui fait tout ça, lança Rémy.

 

-Et quel est le rapport avec nous ? demanda Anna qui avait le bras tendu devant elle, à essayer d’attraper par la pensée la canette vide posée sur la table basse.

 

-Je vais vous expliquer. Peu d’options s’offrent à nous, et parmi celles existantes retourner à nos anciennes vies semble totalement inenvisageable, correct ? Signe de tête positif des deux autres. Comme l’a dit Anna, notre futur à l’air de passer par les mains du gouvernement, et personnellement ça ne m’intéresse pas.

 

-Tu vas en finir au fait ou tu aimes t’entendre parler ? coupa Anna pour qui la patience ne semblait pas être une vertu.

 

-Nous devons devenir des personnages publics !

 

-Mais encore ? reprit la jeune femme alors que Julian restait silencieux et l’air totalement largué.

 

-Là dehors, il y a un homme ou une femme qui manipule le feu et qui sème la panique. Nous avons les capacités de l’arrêter…

 

-Hola hola hola mon petit bonhomme, je vois où tu veux en venir, et c’est hors de question ! fit Anna avec un mouvement de main qui suivait sa pensée.

 

-Si on se fait connaitre, et en plus comme des sauveurs, le gouvernement ne pourra rien contre nous ! continua un Rémy qui semblait porté par son idée folle, sûr de son fait.

 

-Alors de un, t’es bien plus naïf que je ne le pensais pour croire ça, et de deux je vais pas sortir pour me  friter avec un chalumeau géant !

 

-Pourquoi naïf ? dit Lebeau qui sembla réellement surprit de cette remarque.

 

- Le gouvernement ne va pas nous lâcher sous prétexte qu’on aura arrêté un mec, c’est ridicule !

 

-Tu vois d’autres solutions à notre problème ? Moi je suis sûr que si on joue les héros devant les caméras du monde entier, on ne pourra pas nous faire disparaitre comme cela. On suscitera un engouement sans précédent. Attends, ça fait des décennies que les gamins de ce pays se passionnent pour les super héros, et aujourd’hui on peut passer pour ces supers héros, s’emporta un Rémy en qui brulait une flamme ardente.

 

-Donc tu comptes sur le fait que les gens vont croire que nous sommes des sortes des défenseurs de la veuve et de l’orphelin, tu veux peut être me faire porter une cape et des collants non ?

 

-Ben…

 

-Même pas en rêve !

 

-J’aime bien les super héros moi…osa interrompre Julian avec une petite voix.

 

-Toi, la ramènes pas, va pas le conforter dans son idée saugrenue, répondit Anna en le fusillant du regard.

 

-Anna, nous n’avons que des incertitudes depuis que ces trucs sont apparus en nous. Notre univers à tous trois a changé et ce monde, sous peu, saura que des êtres comme nous existent. Il faut faire un choix. Nous pouvons très bien attendre de voir comment cela va se passer, avec le risque que des gens comme celui qui brûle tout sur son passage choisissent notre destin. Où on peut essayer d’influencer dessus maintenant.

 

Cette fois Lebeau était bien plus calme, son discours posé et son air sérieux. Anna fit de même, et prit le temps de respirer calmement, de faire tomber la pression. Elle s’enfonça dans le sofa et croisa les bras sur sa poitrine, fixant sévèrement son vis-à-vis. Il ne sourcilla pas d’un cil. Au bout de très longues secondes elle soupira.

 

-Arrêter quelque chose pouvant faire ce genre de dégâts, tu penses qu’on le peut vraiment ?

 

-Nous je ne sais pas, mais lui j’en suis quasiment sur, répondit Rémy en se tournant vers un Keller plus que surprit de ce regain d’attention à son égard.

 

-Admettons que je marche dans ton plan foireux. Comment on fait pour trouver ta torche humaine ?

 

-Je pense que je peux le localiser, fit Julian en tapant rapidement sur le clavier de l’ordinateur qu’il avait pris lors de son récent passage en tant que détenu.

 

-Il m’étonnera toujours ce petit, et comment tu comptes t’y prendre ? demanda Rémy en se levant pour se poster dans son dos et l’observer.

 

-Si cette personne émet vraiment de la chaleur, je peux prendre le contrôle d’un satellite effectuant des contrôles thermiques de la surface de la planète.

 

Et en même temps qu’il disait cela ses doigts s’agitaient à toute vitesse sur le clavier, les écrans s’enchainaient à une vitesse folle devant les deux autres qui en restaient sans voix.

 

-Et dire qu’il pense  ne pas mériter sa place dans son université, souffla une Anna qui était réellement impressionnée par ses talents.

 

-Voilà, regardez les relevés thermiques cartographiques. Les derniers clichés datent d’il y a un moins d’une heure.

 

-Rapide, lâcha Rémy en lui donnant une tape sur l’épaule.

 

-Si j’ai bien compris les noms des villes touchées, ce doit être lui. Regardez la trainée. Elle n’est pas régulière dans la chaleur émise, mais on voit qu’elle suit une sorte de route. A un moment il a bifurqué, mais sinon ça forme une ligne droite…une ligne qui semble en rejoindre une seconde, commenta Julian, penché sur l’écran à faire défiler les différents clichés qui retraçaient l’avancée de la trainée de chaleur sur les dernières heures. Et en effet, on pouvait distinguer une seconde trainée qui venait du nord, si les deux suivaient leurs trajectoires actuelles, il n’y avait pas de doute qu’à un moment où un autre ils entreraient en contact.

 

-Je n’avais pas vraiment signé pour affronter un pyromane, mais si en plus il y en a deux, fit Anna qui n’avait pas une grande confiance sur cette affaire.

 

-On avisera sur place de la manière de procéder, mais je suis toujours persuadé que c’est la chose à faire, lui répondit Rémy, toujours aussi confiant.

 

-Par contre, si j’ai eu cette idée, il y a fort à parier que d’autres l’aient eu, dont ceux qui nous courent après, fit remarquer Julian en fermant l’ordinateur.

 

-Alors nous n’avons pas une minute à perdre, tu as un véhicule ? demanda Rémy à Anna qui lui adressa un regard condescendant. Comme si une garagiste n’avait aucun véhicule dans son atelier, ridicule.

 

-Alors dernier point. Je bosse dans la communication, enfin je bossais…et ça me fait dire qu’il nous manque quelque chose.

 

-Et merde, lâche ta connerie, soupira Anna.

 

-Un symbole.

 

-Pardon ?

 

-Une marque distinctive, quelque chose qui nous permette de nous identifier au premier coup d’œil !

 

-Un uniforme ! lança avec enthousiasme Julian.

 

-Je l’ai dit, pas de collants ! grogna Anna.

 

-Mais non, quelque chose de basique quand même, enfin moins tape à l’œil, tempéra Rémy.

 

Ils réfléchirent tous durant quelques instants, Julian avec des étoiles pleins les yeux de s’imaginer à la place des héros qu’il avait côtoyé durant son enfance, et il fallait l’admettre, encore aujourd’hui ; Rémy à essayer d’imaginer quelque chose de voyant mais doté d’une certaine classe, et Anna à imaginer la chose la moins embarrassante possible.

 

-Je pense avoir ce qu’il nous faut, finit-elle par dire.

 

 

 

Le centre du monde venait de se déplacer dans une petite ville du centre de la Californie. Santa Rosa, dans le comté de Sonoma, allait bientôt être le témoin d’un des plus grands évènements de notre siècle. Mais à l’heure actuelle personne ne se doutait de l’impact de ce qui se passait en plein centre de la ville.  La panique régnait, les habitants courraient de partout. Les plus téméraires, ou les plus stupides étaient allés chercher leurs armes, mais la peur les tétanisait quand ils voyaient la scène. Le centre-ville avait été transformé en véritable fournaise, des flammes s’élevaient de partout, des marres de laves s’écoulaient des entrailles de la terre brisée.

 

Et au milieu de ce marasme se trouvaient deux personnes. Assise sur le sol, une blonde regardait l’homme qui lui faisait face. Elle avait l’air effrayée, perdue. Amara Aquilar tentait depuis des jours de fuir ce qui lui était arrivée. Depuis que le sol s’était ouvert sous ses pieds, qu’elle fut avalée par la planète elle-même, elle n’avait qu’une idée en tête ; partir le plus loin possible. Elle avait passée près d’une journée à baigner dans le magma terrestre, sans comprendre elle survivait, pourquoi elle se sentait incroyablement bien au milieu de ce déferlement de chaleur. Finalement elle était remontée, le plus naturellement du monde en réalité. Lorsque dans son esprit, elle avait pris la décision qu’il était temps de respirer de l’air non emplit de sulfure, la lave l’avait simplement portée vers le haut et la terre lui avait ouvert un passage. Elle ne savait pas pourquoi, mais de toute évidence elle avait une connexion particulière avec mère nature et cela avait ces avantages.

 

Une fois revenue à la civilisation, elle avait appris sa « mort », mais étrangement cela ne l’affecta plus que cela. Elle était dans un état second depuis sa disparition, elle pensait autrement, voyait ce qui l’entourait d’un œil neuf. Si les médias disaient qu’elle était morte, soit, c’était le cas, car pour Amara elle venait de renaitre. Elle avait pris la décision de donner une toute nouvelle direction à cette vie qui s’offrait à elle, et elle souhaitait voyager, libre de toutes entraves. Mais rapidement son voyage fut coupé dans son élan par l’homme qui lui faisait face.

 

Avec son visage défiguré par un rictus malsain, son air supérieur, il lui disait des choses incompréhensibles. Il se désignait comme un roi, un roi de feu et de flammes qui souhaitait la prendre pour reine pour qu’elle règne sur les hommes à ces côtés. Elle était paniquée par cet individu qui avait tout détruit autour d’eux pour lui montrer sa puissance. Amara n’aspirait qu’à la tranquillité de l’esprit, à un retour aux sources avec cette terre qui était maintenant une partie d’elle-même. En voulant se protéger, le faire fuir, elle avait appelée d’instinct le magma terrestre à venir l’aider, mais cela ne faisait qu’attiser la convoitise du fou qui lui faisait face.

 

La situation en était donc là. Elle au sol, à chercher une échappatoire, et lui dressé au-dessus d’elle à continuer de lui débiter des folies sur un monde dominé par sa personne. 

 

Mais ils n’étaient pas réellement seuls. Non loin d’eux, en dehors du cercle de flammes secondaire, celui qui avait été dressé en second rideau du premier entourant la ville, se trouvait celle qui avait suivi la piste de John Allerdyce sans relâche depuis son manoir familiale.  Cachée à proximité dans une ruelle, et son courageux caméraman, Jean Grey observait la scène. Elle avait la bouche entre ouverte de voir ce qu’étaient capable de faire des êtres humains. Elle tenait le plus grand reportage de sa carrière, et faisait des pieds et des mains pour passer en direct afin de l’offrir au monde.

 

Plus haut dans les airs, et encore à une centaine de kilomètres de là, un avion privé se dirigeait vers Santa Rosa. A son bord se trouvait Valérie Cooper, Scott Summers et Hank Mc Coy accompagnés d’un mini bataillon d’assaut. Sitôt l’alerte donnée, ils avaient pris la direction de la ville, fait missionner l’armée sur place. Mais les nouvelles étaient alarmantes. De l’extérieur de la ville, le feu et la lave empêchaient toute approche. Mais la nouvelle la plus ennuyante, était celle qui venait d’être transmise par le chef des opérations en dehors du mur brûlant ; trois formes avaient passés le barrage.

 

John avait bien fait les choses. Voulant rester seul avec sa compagne potentielle, il avait tout planifié afin de n’anéantir les malandrins qu’une fois qu’il aurait acquis la loyauté de la jeune femme en face de lui. Enfin il pensait avoir tout prévu, quand trois silhouettes se profilèrent entre les carcasses de voitures carbonisées un peu plus loin. Elles avançaient vers lui, passant à travers les flammes. Voyant le regard de l’homme dériver derrière elle, Amara se retourna pour voir les trois individus qui s’arrêtèrent à plusieurs mètres d’eux.

 

Alignés sur une seule ligne, Rémy, Julian et Anna avaient pris leur décision et étaient prêts à en découdre, enfin moyennement prêts. Ils portaient tous trois une combinaison de moto que la jeune femme vendait dans son atelier. Avec quelques ajustements tels que l’arrachage de certaines parties, pubs et autocollants, ils étaient tout de noir vêtues excepté quelques fines lignes colorées qui parcouraient leurs magnifiques combinaisons. Pour Rémy c’était d’une couleur bleu, pour Julian rouge et pour Anna vert.

 

-Vous êtes prêts pour notre grande entrée ? demanda Rémy à ses deux compagnons, fixant l’homme qui crée les flammes.

 

-On a l’air de power rangers, répondit gêné Julian.

 

-On a l’air stupides, répondit Anna plutôt embarrassée et légèrement en colère.

 

-Et bien c’est parti les power rangers, allons sauver le monde.

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