X-men Impulse par

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Deviation / Action / Drame

6 Chapitre 6

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X-men Impulse

 

Chapitre 6

 

 

Santa Rosa était en état de siège. De gigantesques flammes coupaient la ville en deux, empêchant quiconque d’approcher. Des pompiers arrivaient des villes voisines mais rien n’y faisait, malgré leurs efforts le feu redoublait sans cesse d’activité. Pourtant ils devaient agir rapidement, des habitants étaient bloqués et chaque minute qui passait diminuait les chances de retrouver des survivants.

Mais il fallait aussi dire que ceux qui étaient à l’extérieur ne pouvaient imaginer ce qui se déroulait derrière le brasier incandescent.

 

John Allerdyce regardait fixement les trois personnes qui venaient d’apparaitre dans son petit royaume enchanté. Alors qu’il était en train de courtiser sa future reine, ils osaient faire irruption avec leurs costumes noirs, c’était tout simplement intolérable. A ses côtés, toujours au sol, Amara ne savait trop que penser. Déjà qu’elle avait en face d’elle un illuminé pyromane qui lui sortait des discours sans queue ni tête, voilà que des motards faisaient leurs apparitions. Elle devait à tout prix se trouver une porte de sortie avant que tout ne dégénère encore plus.

 

-Qui êtes-vous ? lança John férocement, dévisageant celui qui se tenait au milieu du petit groupe, et qui le regardait droit dans les yeux avec son regard venu d’ailleurs.

 

-Il a raison, on est qui nous ? murmura Anna à Rémy, non sans une pointe de sarcasme, ce que releva bien sur l’homme qui les avait convaincus de venir jusqu’ici.

 

-Qui nous sommes n’a pas d’importance, nous sommes venus pour t’arrêter et t’empêcher de commettre d’autres méfaits ! rétorqua Rémy avec conviction alors qu’Anna se retenait de rire et que Julian ne savait plus où se mettre.

 

-Tsss, pathétiques mortels, disparaissez de ma vue, répondit John en faisant un signe de bras qui fit danser deux flammes se trouvant autour de lui. Elles s’élevèrent de quelques mètres avant de fondre sur la position des trois autres qui se jetèrent dans toutes les directions pour éviter de finir brulés vifs. Alors que les flammes submergèrent le sol en une gerbe crépitante, ils arrivèrent à se planquer derrière une voiture à moitié détruite.

 

-Whoo, bon boulot. C’est quoi la prochaine étape, un discours moralisateur sur le fait de pas jouer le feu ? fit Anna en plaquant son dos contre le métal de l’automobile.

 

-Je pensais qu’il serait plus…raisonnable, reconnut Rémy en jetant un petit coup d’œil par les fenêtres pour voir ce que faisait leur ennemi.

 

-Raisonnable ? On est venu car il avait incendié une demi-douzaine de villes ! Comment on peut penser qu’il pourrait être raisonnable ! lâcha la jeune femme en se retenant de lui taper le crâne contre la portière.

 

-En tout cas il a l’air de bien maitrisé son pouvoir, fit remarquer Julian.

 

-Ho toi, c’est pas le moment d’être admiratif, lui rétorqua une Anna qui se demandait de plus en plus ce qu’elle était venue faire dans cet enfer.

 

-Ne vous en faites pas, avec un bon plan, on va s’en sortir, comme prévu, essaya d’encourager Rémy, mais qui n’avait pas l’air d’y croire plus que les autres.

 

-On t’écoute Einstein, lui répondit Anna.

 

Mais avant qu’il n’ait le temps de répondre, la chaleur se fit plus intense et en jetant un nouveau coup d’œil dans son dos, Rémy vit une langue de feu foncer droit vers eux. D’un geste rapide, il prit les deux autres par les cols pour les pousser à se lever et à courir droit devant eux. Il leur emboita le pas, mais non sans avoir au préalable chargé la voiture grâce à son propre pouvoir. Au moment où les flammes vinrent lécher la carrosserie, le bolide explosa, soulevant un nuage de particules qui créa un brouillard impénétrable. Les trois jeunes gens furent quasiment soulevés du sol, projetés sur plusieurs mètres pour retomber lourdement. Julian avait un mal fou à reprendre ses esprits. La tête lui tournait, sa respiration était entravée. Alors qu’il ouvrait les yeux, il vit deux étranges formes floues quelques mètres devant lui. En se concentrant, il découvrit deux vieilles dames qui étaient cachées sous un abri bus effondré.

 

De leurs côtés, Rémy et Anna en étaient déjà à se relever essayant d’évaluer dans le brouillard où se trouvait le manipulateur de feu. Une épaisse fumée noire se dégageait de l’épave, rendant l’air encore plus irrespirable qu’elle ne l’était grâce aux feux de joie. Rémy s’élança vers Julian pour voir s’il allait bien, l’aidant à se relever.

 

-Rien de cassé, gamin ?

 

-J’ai la tête qui tourne, répondit Keller.

 

Anna vint à leurs côtés rapidement, n’ayant aucune envie de rester isolée alors que de vives lueurs oranges se détachaient dans la purée de pois ambiante, et surtout que des hurlements se faisaient entendre de plus en plus distinctement.

 

-Où êtes-vous les cloportes ? Je n’ai pas de temps à perdre avec vous, alors si vous voulez bien suivre ma voix pour être incinérés ce serait très aimable de votre part.

 

John était dans l’attente d’une réponse positive, jouant nerveusement avec deux flammes qu’il faisait tourner autour de lui. Lui qui pensait avoir éloigné tout intrus pour sa demande si particulière à sa blonde, il était très mécontent que des insectes aient pu résister par son éradication par le chaud. Mais il était de notoriété publique que les cafards étaient la chose la plus résistante sur terre.

 

De l’autre côté du rideau de fumée, la discussion battait son plein entre les trois apprentis sauveurs de l’humanité et…les deux vieilles femmes pas très loin d’eux.

 

-Vos tenues…vous êtes des Hell’s Angel hein ? lança une des deux, celle qui portait des lunettes qui faisait la moitié de son visage.

 

-Des quoi ? fit Julian toujours perturbé.

 

-Ne te déconcentre pas, là il faut vraiment se mobiliser sinon on va se faire rôtir, lui lança Rémy tout en guettant le moindre mouvement aux alentours.

 

-Oui, cherchons un moyen de s’enfuir avec dignité, compléta Anna.

 

- Vous n’êtes pas d’ici hein, vous avez un accent ? lança la seconde grand-mère qui, étrangement, ne semblait pas avoir peur le moins du monde.

 

-Madame, ne nous dérangez pas ! Nous sommes ici pour vous sauver…et si possible nous sauver aussi, lui répondit Rémy légèrement agacé par ces interruptions.

 

-C’est quoi ton plan le malin ?

 

-Il faut arriver à l’approcher,  sa capacité lui donne un énorme avantage à distance.

 

-Il a un énorme avantage dans tous les domaines, sa maitrise de son pouvoir est largement plus développée que nous, rétorqua Anna qui sentait les gouttes de sueurs couler le long de son échine.

 

-Oui, mais nous, nous sommes une équipe, fit Rémy qui faisait vraiment tout son possible pour assurer un semblant de cohésion.

 

-Nous ne sommes pas une équipe, lança Anna qui n’était absolument pas sensible aux tentatives de son compagnon de route.

 

-Oui, nous sommes trois, nous sommes plutôt un trio, dit Julian, un peu à côté de la plaque.

 

-Je voulais pas dire ça, crétin. Nous sommes trois fugitifs qui sommes partis à l’assaut d’une situation qui nous dépasse. Nous n’avons rien à faire ici, il faut arrêter de croire qu’on est des similis héros ou je ne sais quoi.

 

Mais au moment où Rémy allait lui répondre, même s’il devait bien avouer qu’il était à court d’arguments, la voiture dans leur dos fit un véritable vol plané dans les airs. Soulevée par deux serpents de feu, elle s’éleva de plusieurs mètres dans le ciel sombre sous le regard médusé de ceux présents dans le cercle écarlate. Mais aussi vite qu’ils étaient apparus, les serpents se dispersèrent dans la nature et la voiture débuta sa rapide descente droit vers les deux vieilles femmes qui n’avaient pas la force de réagir. Mais, alors qu’elle allait percuter le sol, elle s’arrêta soudainement. Un étrange halo verdoyant s’était formé tout autour du pare-choc en suspension. Julian se tenait devant les vieilles femmes, l’air sérieux, le bras tendu vers la voiture. Ses yeux brillaient d’une couleur émeraude, il avait un air résolu que les deux autres ne lui connaissaient pas. D’un geste ample, il balança son bras vers la fumée noire, dans la direction où il estimait que l’ennemi se trouvait. La voiture suivit la même trajectoire et fila comme une flèche. John la vit arriver au dernier moment et eut à peine le temps de se jeter au sol pour éviter de se retrouver écrasé par le tas de ferraille, qui rebondit plusieurs fois contre le bitume avant de stopper sa course juste devant une Amara qui n’eut pas le temps de faire le moindre geste.

 

-Alors il y a d’autres dieux ici…cracha John en se relevant, horripilé de se retrouver couvert de poussière et de terre.

 

 

Malgré l’épaisse fumée, les particules de cendres qui virevoltaient dans l’air, Jean Grey ne manquait rien de ce qui se passait. La bouche toujours entre ouverte, elle n’arrivait toujours pas à en revenir. Des surhommes se battaient sous ses yeux, ils déchainaient les éléments, faisaient voler des objets sans les toucher, que pouvaient être leurs limites.

 

-Tu filmes tout j’espère ? demanda-t-elle à son jeune caméraman qui tremblait de tous ses membres.

 

-Ça ne sert à rien, il y a trop de fumée, l’image n’est pas lisible.

 

-Et merde, si c’est comme ça…

 

Jean empoigna la caméra pour l’arracher à son propriétaire. Elle remonta la fermeture de sa veste jusqu’à son maximum et positionna le col contre sa bouche pour se protéger le plus possible des vapeurs toxiques environnantes. Ainsi armée, avant même que son adjoint ait pu dire quoi que ce soit, elle s’élança droit devant elle. Le mur de flammes se présenta rapidement devant elle, mais elle ne ralentit pas sa course et se jeta dos en premier dedans protégeant la caméra au creux de son ventre. Contrairement à ce qu’elle aurait pensé, elle ne ressentit aucune douleur en traversant le cercle brûlant, même pas une petite morsure. Une fois ce dernier rideau passé, elle essaya de se repérer, mais ses yeux la piquaient abominablement et les larmes coulaient le long de ses joues. Dans le brouillard, elle arriva tout de même à distinguer plusieurs formes. Elle se jeta rapidement contre le muret d’un jardinet, afin de ne pas se faire repérer, et mit la caméra en marche.

 

Lentement, avec précaution, elle sorti la tête de son petit abri et pointa l’objectif dans la direction de l’homme blond qui semblait hurler des choses. Mais le crépitement du feu environnant, l’empêchait d’entendre quoi que ce soit. Elle avait bien sur pour solution d’avancer encore un peu, mais elle préférait d’abord analyser la situation.

 

 

John se rendit compte qu’il s’était pris à son propre piège. Les flammes qu’il avait créées et disposées étaient tout autant une gêne pour lui que pour les autres. S’il avait l’avantage de ne pouvoir être brûlé par sa création, ses poumons étaient en ébullition et son champ de vision plus que réduit. Levant les deux bras devant lui, il prit donc la décision de rappeler les flammes à proximité à lui, ne laissant le champ de bataille protégé que par le cercle qui entourait la ville. Très rapidement la situation devint plus claire pour tout le monde alors que l’épaisse fumée s’évaporait dans l’air, non alimentée.

 

L’ensemble des belligérants se trouvaient sur la place de la ville, John dressé à côté d’une sorte de cadran solaire posé sur une stèle de pierre, dans son dos Amara qui était toujours parfaitement à l’aise dans son rôle de contemplation horrifiée, avec à ses côtés la voiture qui avait connu les joies de se prendre pour un avion sans pilote. Quelques mètres devant lui, il pouvait enfin voir ceux qui lui faisaient face. Entourés par d’autres carcasses calcinées, les trois individus étaient là, dans leurs étranges uniformes sombres à liserés colorés.

 

-Qui êtes-vous ? demanda John en prenant le ton plus condescendant possible.

 

Une grande conversation débuta alors entre les trois jeunes gens.

 

-On doit dire nos noms, vous pensez ? demanda Julian perplexe.

 

-Le but de la manœuvre est de se faire voir publiquement, donc je pense que oui, lui répondit Rémy.

 

-Oui enfin là je ne vois que lui, l’autre blonde derrière et rien de plus, dur de se faire remarquer, fit remarquer Anna.

 

-Dites-lui que vous êtes les Hell’s Angels, ajouta une des deux vieilles femmes toujours planquée dans son abris bus.

 

-Merci madame, lui fit Rémy en se retournant pour lui faire un sourire de circonstance. Attendez, j’ai une idée. Qui êtes-vous, vous ? lança Rémy en haussant le ton.

 

-Grandiose, marmonna Anna.

 

-Je n’aime pas que l’on réponde à mes questions par d’autres questions mais soit, je suis Pyro !

 

-Ha vous voyez, lui ne dit pas son vrai nom, fit Rémy en haussant les épaules.

 

-Je pense pas que ce mec soit une référence, continua Anna.

 

-Hé, le petit Hell’s, profites en pour lui envoyer autre chose au travers de la figure, chuchota la seconde vieille femme à l’adresse de Julian qui était déstabilisé par ces présences envahissantes.

 

-Tiens, on va surnommer Julian Helliounet, ricana Anna.

 

-Peu importe nos noms, nous sommes là pour t’arrêter et mettre fin à cette folie, déclama avec conviction Rémy, croisant les bras sur son torse pour se donner une plus grande contenance.

 

-Mouais, je pensais avoir vu un certain potentiel en vous, mais il faut croire que je me suis trompé. Mourrez.

 

D’un geste, John raviva la flamme qu’il avait conservée au creux de la main et lui fit prendre la forme d’une gigantesque épée dont la lame incandescente faisait plusieurs mètres de longueurs. Il l’a fit s’abattre pile sur la position des trois autres. Par reflexe Rémy et Anna se jetèrent sur le côté mais Julian ne bougea pas car il savait que les vieilles femmes étaient toujours derrière et qu’elles ne pourraient s’échapper. Il mit ses avants bras au-dessus de sa tête et pria pour qu’encore une fois il arrive à activer son pouvoir comme il le souhaitait. Un bouclier invisible se créa autour de lui et bloqua les flammes  qui se répandirent en tous sens.

 

-Vous devriez-vous échapper, lança Julian qui sentait la chaleur traverser sa protection.

 

-Vous êtes bien brave jeune homme, lui lança une des vieilles femmes en bougeant lentement pour sortir de sa planque improvisée.

 

-Comment devons-nous vous appeler ? demanda l’autre qui suivait.

 

-Heu…Hellion, répondit Julian.

 

Poussant un cri qui témoignait de son engagement, il repoussa la lame orangée avant qu’il n’arrive à bout de force. C’est alors qu’il sentit une présence dans son dos ; Anna.

 

-Ne tombe pas dans les pommes, Hellion, lui dit-elle avant de lui effleurer la joue du bout des doigts.

 

Récupérant le pouvoir et la maitrise de Julian, Anna sut immédiatement que faire. Elle se mit à face à Pyro, respira un grand coup, et projeta ses bras en avant. L’onde télékinésique traversa la distance qui les séparait à grande vitesse, et avant que John ait le temps de réaliser ce qui lui arrivait, il sentit un mur le percuter et le projeter dans les airs. Rémy vint aux côtés des deux autres, l’air confiant.

 

-Cette fois-ci, j’ai une vraie bonne idée.

 

 

 

Enfin la purée de pois se levait. L’hélicoptère avait tourné en rond de longues minutes sans pouvoir trouver un créneau pour se poser. Mais c’était maintenant chose faite. Le buste penché vers l’extérieur, Valérie Cooper utilisait des jumelles pour mieux observer ce qui se passait sous elle. Au milieu des décombres, un certain nombre de silhouettes pouvaient se détacher, et malheureusement pour elle certaines ne lui étaient pas inconnues. Malgré leurs étranges uniformes sombres, elle reconnaissait aisément Julian Keller et Rémy Lebeau, les deux personnes qu’elle avait laissée fuir.Et à leurs côtés, elle semblait voir Anna Marie, un autre de ces phénomènes que le gouvernement avait sous surveillance.

 

A ses côtés, Scott Summers intimait l’ordre au pilote de trouver un endroit où se poser, il n’en pouvait plus de rester inactif. Même s’il ne le montrait pas, à l’intérieur il était épouvanté par le spectacle sous ses pieds. Des individus avaient réussi à retourner sens dessus dessous une ville, créant un chaos incommensurable. Et dire que son jeune frère était peut-être de la même trempe que ceux-là ; des monstres dangereux pour le bon peuple. Alors que l’appareil volant commençait enfin sa descente vers la terre ferme, Scott hurla des ordres dans sa radio, ordonnant aux trois hélicoptères de troupe en renforts de se poser aussi et aux hommes de se tenir prêt. Il comptait bien en finir avec cette menace avant que le soleil ne tombe.

 

 

Au sol les trois légionnaires de l’extrême se concertaient. Rémy expliquait rapidement son plan afin de se sortir de la mouise dans la laquelle ils s’étaient eux même jetés.  Contre toute attente, même Anna trouva des qualités dans l’idée suicidaire de son comparse.

 

-Vous avez compris ? préféra demander une dernière fois Rémy avant de se jeter littéralement dans le feu de la bataille. John, où Pyro comme il l’aimait le hurler, se montrait de plus en plus pressant, s’amusant à leurs envoyer de petites boules de feu que Julian repoussait avec le plus grand mal.

 

-Oui, dépêchons nous, ça sent la fin, lui répondit Anna qui en s’approchant de Julian qui répondit simplement par un signe de tête, l’air décidé mais les jambes tremblantes.

 

-Mon chou, je t’emprunte encore un peu de pouvoir, lui dit Anna en tentant une nouvelle approche, à savoir le baiser sur le front. Le contact fut rapide mais Julian ne sentit quasiment pas l’étourdissement habituel, trop occupé à rougir allègrement.

 

-Il y en a qui ont de la chance, lâcha avec un petit sourire moqueur Rémy tout en promenant son regard de droite à gauche, comme s’il cherchait quelque chose.

 

-Vous avez perdu quelque chose ? lui demanda une des petites vieilles.

 

-Et bien, je cherche des choses de petites tailles que je peux projeter, peut-être des cailloux ou des stylos…

 

-On a un jeu de cartes, nous jouions au bridge quand ce jeune punk a mis le souk, fit l’autre en tendant à Rémy un paquet de cartes à jouer.

 

Pas vraiment sûr que cela fasse l’affaire, Rémy n’avait pas le temps de chipoter et empoigna les cartes en les remerciant avant de rejoindre les deux autres. Une fois entre Julian et Anna il leur fit signe de débuter. Tous deux, usant de la télékinésie de l’étudiant, soulevèrent à grand peine un bloc de pierre d’un mètre sur un. Rémy s’avança entre eux et tendit ses mains pour avoir un contact avec la roche et la charger avec son pouvoir. L’excitation du combat, l’adrénaline qui s’écoulait au maximum était un formidable catalyseur pour leurs dons. Même si utiliser le mot de contrôle était encore prématuré, ils arrivaient à extraire suffisamment de matière pour être un minimum efficace.

 

-Allez-y, leur hurla Rémy après en avoir terminé.

 

Et aussitôt les deux réunirent leurs forces et projetèrent devant eux leurs blocs respectifs. John s’avançait tranquillement vers ses cibles quand il vit les projectiles lui foncer dessus. Cela ne provoqua qu’un sourire narquois sur son visage et il se prépara simplement à sauter sur le côté pour éviter les blocs qui volaient vers lui à une vitesse bien trop lente pour faire quoi que ce soit. Mais quand ils arrivèrent à deux bons mètres devant lui, une lueur orangée prit le pas sur le blanc crème de la pierre et dans un grondement redoutable la roche explosa. Totalement pris au dépourvu par cela, John se retrouva au sol, se protégeant des éclats de pierre avec les bras, toussant à tout rompre alors que la poussière minérale lui brulait les poumons.

 

-Vous croyez vraiment m’avoir avec si peu, cria-t-il entre deux quintes de toux, tout en se relevant pour montrer à ses adversaires que cela n’avait été que vaine tentative de le mettre à terre. Mais pour toute réponse, il n’eut que la surprise de voir sortir de la fumée blanche le corps de l’un de ses opposants. Rémy s’était projeté en avant dans le sillage des morceaux de roche, et avait utilisé les sédiments soulevés pour se cacher à la vue de John. Il tenait en main le jeu de carte qu’il avait chargé et le lança droit devant lui une fois à la bonne distance. Les morceaux de papiers plastifiés  s’envolèrent en tous sens et explosèrent en une nuée de petits feux d’artifices. Totalement aveuglé par cette action, sentant d’innombrables petites brulures sur son visage et toutes les parties non protégées, John perdit pied et fit plusieurs pas en arrière pour tenter de se protéger. C’est ainsi qu’il ne comprit pas ce qui lui arriva encore quand quelque chose vint lui briser quelques côtes et le projeter en arrière.

 

Rémy, utilisant toujours l’effet de surprise, s’était rué sur lui pour ne pas lui laisser le temps de réagir. Roulant tous deux à terre, le cajun le bombarda de coups de poing pour ne pas lui laisser le temps de reprendre ses esprits. Mais John, par un sursaut d’orgueil, utilisa son genou pour faire basculer Rémy au-dessus de lui, et se retourner sur ses avants bras pour ramper au sol. Le visage en sang, l’œil gauche fermé par une brulure le faisant horriblement souffrir, il n’avait rien compris à ce qui était arrivé, tout juste avait-il la pensée de devoir fuir à tout prix pour échapper à la douleur. Mais non, il ne pouvait pas. Il était censé devenir un dieu, et il se retrouvait à se faire malmener par une bande de mortels sorti de nulle part, il ne pouvait les laisser faire. Toujours à genoux, appuyé sur son bras gauche, il frappa avec férocité le sol, se faisant exploser les os.

 

-Bande de larves ! hurla-t-il à la cantonade alors que toutes les flammes à proximité redoublèrent soudainement d’intensité.

 

-Vous allez tous brûler ! cracha-t-il, la bave aux lèvres, alors que le feu reprenait ses droits sur tout ce qui se trouvait. S’il devait échouer, tous ceux présents, la ville elle-même le suivrait. 

 

Rémy se releva et comprit que l’enfer s’était déchainé sur terre. Il regarda rapidement autour de lui, et vit des tuyaux de métal éparpillés sur le sol, il s’en saisit d’un, et d’un geste de golfeur vint fracasser le menton de John avant que celui-ci ne puisse le voir. L’homme sombra immédiatement dans l’inconscience, mais cela n’arrêta pas le feu pour autant qui n’avait plus de maitre.

 

A quelques mètres de là, Anna et Julian ne voyaient plus Rémy, barrés qu’ils l’étaient par l’incendie qui se propageait dans l’espace, l’envahissant comme un virus.

 

-Tu peux nous mener à lui en passant à travers les flammes comme tout à l’heure ? demanda Anna à Julian qui avait utilisé une sorte de bouclier pour rejoindre la ville au tout début.

 

-Je veux bien, mais j’arrive pas à me repérer, et la chaleur devient intenable, lui répondit-il en ouvrant le col de son uniforme. Déjà qu’il le trouvait totalement inconfortable, et le gênant dans ses mouvements, maintenant il le faisait cuire de l’intérieur.

 

Une voix parvint alors aux deux jeunes gens, ils ne savaient pas d’où elle provenait, mais elle résonnait dans leurs têtes par écho. Julian regarda derrière eux, mais les deux vieilles femmes n’étaient plus là, fort heureusement elles avaient enfin accepté d’évacuer juste avant que le désastre soit déclenché.

 

-Je crois que ça vient de par-là, lança Julian en s’enfonçant à l’ouest de leur position.

 

Quasiment sans y réfléchir, il dressa des boucliers invisibles entre eux et les flammes et passa à travers en ne ressentant qu’une sensation de chaleur intense, mais aucun contact physique ne s’opérait. Après avoir parcouru quelques mètres, ils trouvèrent une rescapée. Une jeune femme rousse était étendue sur le sol, une caméra à ses côtés. Il l’a pris dans ses bras et Anna lui donna de petites tapes sur le visage de sa main gantée pour voir si elle était toujours vivante. Avec difficulté, la rousse ouvrit les yeux brièvement.

 

-Il faut trouver Rémy, lança la brunette en essayant de localiser la dernière position visible qu’avait pris leur chef de fil improvisé.

 

 

A l’extérieur du brasier, les militaires attendaient pour savoir que faire. Les pompiers des villes environnantes étaient enfin arrivés et débutaient leurs opérations pour sauver ce qui pouvait l’être. Les groupes de civils qui avaient évacués la ville au début de la menace, étaient amenés vers des tentes de premiers secours. Summers supervisait les opérations mais ne voyait pas de moyens d’entrer dans la ville tant que les soldats du feu n’auraient pas fait leur office. Au-dessus d’eux, les hélicoptères de chaines de télévisions se reliaient pour tout filmer.

 

-Nous aurons du mal à cacher cela, lança Cooper en regardant les reporters amassaient les images sensationnelles. Scott ne lui répondit pas, trop occupé à regarder le désastre sous ses pieds. Qu’importe ce que les caméras avaient filmés, les témoignages des citadins étaient nombreux et on ne pouvait faire taire près de cent cinquante mille habitants.

 

Un caporal vint à Summers pour lui faire un dernier rapport. Deux vieilles femmes avaient été récupérées et avaient données beaucoup de détails sur ce qui s’était passé dans les cercles de flammes. D’après elle, un homme se prenant pour le dieu Pyro était le responsable de tout, et il avait été combattu par des Hell’s Angels avec à leur tête un dénommé Hellion. Cooper resta plutôt sceptique quant à cette version des faits.

 

 

Amara était toujours figée sur place. Depuis le début elle n’avait été qu’une spectatrice perdue au milieu du tumulte. Elle qui pensait repartir de zéro, se construire une nouvelle vie, voilà qu’elle avait été la cible d’un fou dangereux mégalomane et s’était retrouvée au milieu d’un combat entre des personnes dotées de pouvoirs défiant l’imagination. Visiblement le combat s’était soldé par une défaite du maniaque, point positif, mais aussi par la perspective de connaitre le même sort que Jeanne d’Arc, point négatif. Elle sursauta en poussant un petit cri quand quelque chose vint la percuter. C’était celui qui venait d’abattre son tortionnaire qui s’était rapproché d’elle, seule voie de passage dans ce labyrinthe de flammes.

 

-Vous allez bien ? lui demanda Rémy en s’agenouillant à côté d’elle, essayant de trouver une échappatoire au funeste destin qui les attendait.

 

-Je crois oui, répondit-elle un peu hébétée.

 

-Ne vous inquiétez pas, nous allons vous sauvez de là, essaya-t-il de la rassurer.

 

-Ha…merci.

 

Légèrement surprit de la réaction de la jeune femme, Rémy comprit rapidement qu’elle était en léger état de choc après tout ce qu’elle venait de subir. Et étant donné que leur avenir semblait compromis, il ne pouvait la blâmer de n’être pas plus réactive. Mais, alors que le feu semblait se rapprocher d’eux, il commença à diminuer rapidement jusqu’à totalement disparaitre. S’essuyant les yeux irrités, Lebeau vit que ses compagnons avaient bien menés leur barque. Anna était debout, l’air triomphant sur le visage, à côté de John. Elle avait volée son pouvoir et s’en était servi pour stopper l’invasion des flammes. Derrière elle, Julian portait dans ses bras une jeune femme rousse inconsciente.

 

-Si ça ce n’est pas du travail d’équipe, ricana la brunette en soufflant sur son index dressé tel un pistolero sur son colt.

 

-Je crois que nous avons réussi notre coup, s’auto-congratula Rémy en aidant Amara à se lever.

 

Sauf que leur joie fut de courte durée car maintenant que le paysage était dégagé, ils pouvaient se rendre compte qu’ils n’étaient pas seuls. Et ce n’était pas la foule en liesse qu’ils attendaient, mais une cohorte de militaires arme aux poings.

 

-On…on fait quoi ? balbutia Julian en contemplant la menace qui les encerclait littéralement.

 

-Ils sont venus pour nous aider, non ? demanda Amara qui n’avait pas encore eu à faire aux deux personnes qui se dressaient face au petit groupe.

 

-Je ne crois pas que la petite blonde là-bas veuille nous décerner une médaille, grinça entre ses dents Rémy en reconnaissant Cooper.

 

-Je peux encore les allumer, lança Anna, sentant toujours le pouvoir de John couler en elle.

 

-Non, pas question. Je suis désolé de vous avoir mené là-dedans, je me suis fait avoir, avoua Rémy, dépité de la tournure des évènements. Lui qui pensait utiliser cette situation comme coup médiatique, il pouvait se rendre compte que malgré la présence des télés dans les cieux, les militaires ne comptaient pas les traiter en héros.

 

-Il faut s’échapper, c’est ça ? fit Amara, qui prenait la mesure de la situation. Elle se mit alors à genoux, et posa les deux mains sur le sol. Elle inspira profondément et le petit groupe eut la sensation que le sol bougeait sous leurs pieds. Elle expira et cette fois-ci ce fut une vraie secousse qui partit de ses mains pour se répandre, avec de plus en plus de force, dans tous les alentours. Et en même temps qu’elle faisait cela, son corps se transformait, s’illuminant d’un feu doré du plus bel effet.

 

-Encore du feu, pesta Anna.

 

Mais le pouvoir d’Amara fit son effet et s’était un petit séisme qui grippa la belle mécanique des militaires qui avançaient vers eux. Ni, ni deux, les quatre personnes douées de capacités prirent leurs jambes à leur cou en s’enfonçant dans le centre-ville. Sur demande de Rémy, Julian laissa Grey sur un banc, pour ne pas la mêler à leur folle cavalcade. Mais malgré la belle diversion crée par Amara, ils n’avaient pas de voie de secours. Les forces armées s’étaient répandues dans toute la ville et à chaque ruelle qu’ils prenaient, ils se retrouvaient nez à nez avec des hommes lourdement armés. La réactivité de Rémy avec son nouveau joujou ; ses cartes, le pouvoir de Julian, ne leur donnait que de brefs instants de sursis. Au fur et à mesure qu’ils couraient, tournaient à droite, à gauche, ils sentaient bien qu’on cherchait à les amener dans une impasse et qu’ils ne pouvaient rien faire d’autre que de suivre le chemin construit pour eux. Mais alors qu’ils sentaient le piège se refermer quelque chose se passa.

 

Ils arpentaient, à bout de souffle, une ruelle pavée, et soudainement les poteaux électriques, les voitures se soulevèrent et vinrent former un barrage entre eux et leurs poursuivants. De même, un escalier métallique se décrocha de la façade sur lequel il était pour venir leur faire un pont pour passer par-dessus un mur délimitant deux rues. N’ayant pas vraiment d’autre choix, ils l’utilisèrent et se retrouvèrent face à une jeune femme tout de noir vêtu.

 

-Je vous attendais, dit-elle le plus calmement du monde.

 

Les voix des soldats se firent entendre dans leur dos, et la jeune femme, d’un geste de la main, fit tomber le pont qu’elle avait créé.

 

-Vous êtes qui vous encore, demanda Anna sur la défensive, prête à se défendre devant cette nouvelle arrivante.

 

-Je suis là pour vous aider, je peux vous sortir d’ici, répondit l’autre en plantant ses beaux yeux verts dans ceux de la combattive motarde.

 

-Et pourquoi nous vous ferions confiance ? Lui demanda Rémy, pas plus rassuré que sa comparse.

 

-Car je suis comme vous, et que je peux vous dire ce que nous sommes.

 

-Ce que nous sommes ? reprit Julian, intrigué.

 

-Oui, mais pas ici, venez avec moi, et vous rencontrerez quelqu’un qui répondra à toutes vos questions.

 

Les trois autres, plus Amara toujours aussi paumée, savaient pertinemment qu’ils ne pouvaient faire confiance à quelqu’un sortant de nulle part comme ça, même si elle venait de sacrément les aider. Mais ils étaient toujours encerclés et leurs options étaient limitées.

 

-Ok, on vous suit, mademoiselle…

 

-Pour l’instant appelez-moi Polaris. Mon père a hâte de vous rencontrer.

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