On revient toujours

Chapitre 4 : Périmètre sous tension

542 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 16/02/2026 14:20


Carlos regagna le poste en milieu d’après-midi.  Il n’avait pas pu rejoindre TK pour déjeuner. Une interpellation pour vol à l’étalage s’était transformée en arrestation musclée, puis en transport au central. Lecture des droits. Fouille. Inventaire des pièces à conviction. Déposition du commerçant.

La routine.

Il avait avalé à la hâte un taco tiède acheté à son food truck préféré, debout entre deux appels radio, avant de retourner au poste pour compléter la paperasse. Rapport d’intervention. Saisie. Mise à jour du dossier. Chaque ligne tapée au clavier exigeait la précision qu’on attend d’un officier assermenté.

Il jeta un coup d’œil à sa montre, puis à l’écran de son téléphone posé près du clavier.

Quarante-cinq minutes avant la fin de son quart.

Il se surprit à imaginer le stationnement de l’école primaire, les parents alignés le long du trottoir, les sacs à dos colorés qui déboulent par grappes.

Et Jonah.

Ses petites jambes courant à toute vitesse vers lui.

Mais dix minutes plus tard, la porte du bureau du commandant s’ouvrit brusquement.

— Tous les agents disponibles, rassemblement.

Le ton ne laissait place à aucune hésitation.

Carlos se leva aussitôt et rejoignit le groupe d’une dizaine d’officiers qui se formait près du tableau tactique.

Le commandant parla vite.

— Départ de feu signalé au 1947 Westbrook. Immeuble résidentiel. Problème majeur : une femme est retenue en otage dans son appartement par son conjoint. Les voisins rapportent une altercation après le déclenchement de l’alarme incendie… puis un coup de feu.

Un silence lourd tomba sur le groupe.

Carlos sentit l’adrénaline s’infiltrer dans ses veines, froide et méthodique.

— Votre mission : sécuriser le périmètre, évaluer la menace et confirmer que la scène est sécuritaire pour permettre le déploiement complet de la brigade incendie. On ne fait entrer personne tant que la situation n’est pas sous contrôle. Clair ?

— Oui, Capitaine.

Carlos ne réfléchit pas.

Son corps passa en mode opérationnel.

Il vérifia son arme de service. Chargeur engagé. Sécurité. Radio. Gilet pare-balles correctement ajusté. Il attrapa son carnet et quitta le poste d’un pas rapide.

Chaque seconde comptait.

Avant de monter dans sa voiture de patrouille, il s’arrêta pourtant.

Une seconde.

Juste une.

Il sortit son téléphone et composa le numéro de sa mère avec des doigts légèrement plus tendus qu’il ne l’aurait voulu.

Elle répondit à la deuxième sonnerie.

— Mijo ?

— Mama… j’ai une intervention prioritaire. Je ne pourrai probablement pas être à l’école à l’heure. Tu peux aller chercher Jonah ?

Un court silence, puis :

— Bien sûr. Fais attention à toi mi amor.

— Toujours, répondit-il.

Il raccrocha.

Puis il démarra.

Les gyrophares s’allumèrent, éclaboussant la façade du poste de bleu et de rouge.

Alors que la radio diffusait déjà les premières informations tactiques, une pensée traversa son esprit avec une netteté brutale :

Ce matin, il avait promis.

Et maintenant, il partait vers un homme armé dans un édifice en flamme. 

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