L'Éclipse des Égarés - Tome 1 : L'Aube

Chapitre 11

4180 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 06/02/2026 23:59

Elle poussa l’immense grille métallique surplombée de deux immenses clés croisées. Il faisait nuit à présent, et la lumière crue provenant du manoir effaçait le doux murmure des étoiles. Le vent frais faisant danser les feuilles des arbres caressait les joues d’Irys, alors qu’elle hésitait à frapper à la porte. Elle glissa sa main dans sa poche, espérant y consulter l’heure. Mais en vain : un vieux réflexe dont elle allait devoir s’affranchir… De toute évidence, même sans montre, elle savait qu’elle était en retard.

Irys se décida enfin à toquer. La porte s’ouvrit, laissant entrevoir la grande silhouette d’Alric.

-       Vous êtes en retard, Mademoiselle. Le dîner a déjà commencé.

-       Je sais, grinça-t-elle.

Alric dirigea son regard vers les bottes crasseuses de la jeune femme.

-       Vous y êtes encore retournée, n’est-ce pas ?

Elle eut un petit mouvement de recul. 

-       Ça ne vous regarde pas, Alric.

Elle regretta aussitôt d’avoir été aussi sèche. Mais elle n’avait pas le temps de parler de cela maintenant. Elle était déjà bien en retard, il ne fallait pas qu’elle perde davantage de temps.

Elle traversa les couloirs d’un pas pressé pour enfin arriver dans la salle du dîner. La porte était ouverte, et elle pouvait sentir la chaleur tendre de la cheminée lui parvenir. L’odeur des légumes chauds et de la viande rôtie réveilla son estomac serré. Une grande table en bois trônait au centre de la pièce, sous un lustre brillant, dont les ombres flottaient sur le service en porcelaine. Au bout, Liora Kiramman présidait le repas, avec près d’elle sa fille aînée. Face à cette dernière : une chaise vide, à côté de laquelle Tobias bataillait pour faire manger les légumes à sa fille.

-       Bonsoir. Pardonnez mon retard.

Tous les regards se tournèrent vers Irys, alors qu’elle se dirigeait tête baissée vers sa place. Elle évita à tout prix de croiser celui de sa mère qui restait étrangement silencieuse.

-       Oh, c’est tante Irys ! Vous voyez, j’avais dit qu’elle viendrait ! s’exclama Caitlyn.

L’enthousiasme de sa nièce décrocha un petit sourire à Irys.

-       Oui ma chérie, tu avais raison, dit doucement Cassandra. Ta tante nous fait l’honneur de sa présence ce soir, et de sa ponctualité semblerait-il.

-       Tu peux parler de ponc-

-       Assez, trancha Liora d’un ton sec. Nous sommes à table.

Irys prit place dans son fauteuil en velours ocre et vert, sa mère à sa droite. Elle passa rapidement ses doigts autour des boulons dans sa poche, la froideur du métal contrastant avec ses joues encore chaudes. Elle croisa ses jambes, relava son menton et jeta un regard à sa sœur qui sirotait son vin, droite et impeccable. Irys remarqua les petits traits noirs sous ses yeux : elle travaillait beaucoup ces derniers temps.

Les crissements des couverts et les petits bruits d’agitation de Caitlyn vinrent combler un moment le vide de l’échange.

-       Je vois que tu ne t’es pas changée pour dîner, releva la matriarche Kiramman.

-       Je ne voulais pas vous faire attendre davantage.

-       Cela démontre surtout que tu ne prends même plus la peine de le cacher.

-       Pardon ?

-       Ne te joue pas de moi, Irys Kiramman ! Me prendrais-tu pour une imbécile ? Tu crois que je ne suis pas au courant de tes petites « escapades » dans les bas-fonds (elle prononça ces deux derniers mots avec le dégoût que l’on réserve aux pires immondices) ?

-       M’avez-vous fait suivre ? demanda Irys, essayant tant bien que mal de garder son calme.

-      Tu es constamment absente ! continua sa mère, éludant sa question. À la maison, tu ne viens plus que pour dîner. Cette année, tu n’es même pas restée à nos côtés au pavillon familial. Hier encore, tu ne t’es pas présentée au concours de tir de Caitlyn.

-       Oui, t’es même pas venue ! râla l’intéressée. En plus j’ai gagné !

-       Ça va Caitlyn, n’en rajoute pas, lui lança sa mère.

-       Et quand nous avons la chance de t’avoir parmi nous, c’est à peine si tu es véritablement là, perdue dans tes pensées. Mais bon sang Irys, qu’est-ce qui te passe par la tête ?!

La mâchoire tendue et les épaules crispées, Liora avait posé ses couverts si fort que le bruit métallique résonnait dans toute la pièce. Irys soupira profondément, l’air faisant gonfler ses narines. Elle ne savait que répondre : elle voulait se défendre, mais elle savait que ça ne ferait qu’envenimer la situation déjà bien conflictuelle.

-       J’ai…j’ai rencontré des gens là-bas. Ce n’est pas ce que vous pensez, ils sont différents, tenta-t-elle, pesant chaque syllabe.

-       Ne te fais pas d’illusion : ce sont tous les mêmes, rétorqua sèchement Liora.

-        Mère, je ne fais rien d’illégal là-bas ! Je ne me fais pas remarquer, et je travaille même mes cours. Cela ne change rien, ils ne m’influencent en aucun cas et la qualité de mes devoirs reste la même, je vous l’assure.

-       Nous savons tous que tu excelles à l’Académie, Irys. Mais tes examens de fin d’année approchent, ta validation de fin de cycle n’est que dans quelques semaines. Au lieu de vagabonder dans des ruelles crasseuses, je préfèrerais que tu uses de tes heures libres de manière plus fructueuse. Avant, tu aurais approfondi tes recherches, fait un travail complémentaire. Aujourd’hui, tu pars là-bas pour y faire je ne sais quoi. Ce n’est pas un endroit pour une Kiramman ! Tu y perds ton temps, Irys.

-       Si je peux me permettre, intervint Tobias, les bas quartiers n’offrent ni profit, ni sécurité. Et encore moins de compagnie recommandable, d’autant plus pour des gens de notre rang.

-       Vous vous y mettez aussi, Tobias ? s’impatienta Irys. Est-ce un dîner, ou une audience ? Je viens vraiment à me le demander. Je ne m’attendais pas à ce que vous soyez enchantés de mes fréquentations, mais j’attendais au moins de vous un peu plus de compassion.  Pour une fois que je parviens à trouver des personnes qui ne m’inondent pas de déférences intéressées, ou à l’inverse ne me rabaissent pas à la réalité de mon sang impur, je pensais que vous seriez, je ne sais pas… heureux pour moi ? Serait-ce trop en demander ? Mais j’imagine que c’était prévisible. J’ai été stupide d’espérer autant de votre part.

La main droite d’Irys tremblait sous sa colère, tout autant que son cœur.

-       De la compassion ?! rugit Liora, ne contenant plus sa fureur. Tu crois qu’eux en ont ?

-       Monte te coucher, ma puce, demanda doucement Tobias à sa fille, effrayée.

Caitlyn quitta la pièce en silence, suivie de son père. Cassandra, encore plus droite qu’à son habitude, n’osait prononcer un mot. La cheffe de famille continua :

-       Ces gens sont des animaux !  Ils passent leur temps à protester, à voler. Ils crient, ils frappent…ils violent ! Ils sont dangereux, on ne peut pas se permettre de leur accorder notre confiance !

-       Mais avez-vous essayé d’écouter, ne serait-ce qu’une seule fois, leurs protestations ? Avez-vous essayé de comprendre pourquoi ils en sont réduits au vol ? Toute la journée, ils travaillent à n’en plus pouvoir dans des usines pour espérer obtenir le maigre salaire que leur accorde Piltover. Toute la journée, Piltover les exploite dans le but de s’enrichir, pour ériger des gratte-ciels, pour bâtir des ponts. Et eux n’arrivent à peine à nourrir convenablement leurs enfants, élevés dans des rues insalubres que Piltover ne prend même pas la peine d’entretenir ! Des rues inondées par la pollution de nos industries qui, dès le premier jour, m’a pris à la gorge. Un brouillard infect, déchet toxique de notre propre opulence. Étiez-vous seulement au courant ? Y avez-vous déjà mis les pieds ?

Un silence lourd s’installa, permettant à Irys de reprendre son souffle. Elle ne croyait pas qu’elle avait dit tout cela. C’était sorti d’un seul coup. 

D’un geste crispé et lent, Cassandra tapota ses lèvres d’une serviette en soie, alors que sa mère ne quittait plus des yeux sa cadette.

-       Irys, finit par dire Liora sur un ton plus calme, mais non moins glacial, ces gens ne cherchent pas à être compris. Ils cherchent seulement à prendre ce que nous avons. Et certains sont prêts à tout pour l’obtenir, quitte même à user de la violence.

-       Je suis au courant. Il me semble que je suis plutôt bien placée pour le savoir, répondit Irys, le regard dur.

C’en était trop pour elle. Seule sa mère pouvait comprendre ce que ces mots évoquaient. Et pour autant, elle n’avait pas pris la peine de peser ses mots, blessant profondément sa fille. 

À la façon dont Liora s’était figée, elle avait bien saisi l’allusion.

Irys se leva et sortit de table. 


 

Quatre heures plus tard, Basse-Ville


            « …notre corps tout entier se consume et pourtant, nous restons là de notre plein gré, immobile et démuni, tel un animal sans défense face à son prédateur. En dépit de cela, la seule chose que l’on vient à espérer est, non pas de s’échapper-» 

Non, se dit-il. Il ratura le mot, puis reprit :

« -est non pas de s’en sortir vivant, mais bien que nos cendres, dernières traces de notre existence, soient respirées et appréciées par cet individu capable de prendre nos pensées en otage.

Même avertis de ces risques, nous, humains, ne pouvons nous empêcher de courir vers la flamme qui nous brûlera, à la façon des phalènes perpétuellement attirés, malgré eux, vers ce qui sera à l’origine de leur perte.

L’Homme est une créature masochiste, n’est-ce pas ? Il est capable de se soumettre à tant de misères pour les simples faits de ce que l’on nomme-»

Il claqua d’un geste rapide son carnet au son de la porte qui s’ouvrait, le souffle court.

-       T’avais raison, lâcha Vander, qui traversait la salle d’un pas tendu. Ça grouille de pacifieurs partout.

-       Des nouvelles patrouilles ? demanda Silco.

Vander s’approcha du comptoir où était installé Silco. Il releva les tâches sombres imprégnées sur le t-shirt blanc de son ami. Ce dernier fit glisser au sol ses gants de métal, couverts d’un liquide grenat. Le choc résonna dans la pièce vide comme un coup de feu. Encore quelques-uns qui ont dû manger de l’acier ce soir, se dit-il.  

Silco prit ensuite la carte que lui tendait Vander.

-       Là, là et là, montra Vander. Une ici aussi, près des docks.

-       Ils ont intensifié leurs investigations… Quand il s’agissait du meurtre de l’un d’entre nous, ils manquaient d’effectifs. Mais dès que cela impacte leur petit marché, ils envahissent nos rues comme des insectes.

-       On ne peut plus faire comme si de rien n’était. Il faut qu’on revoie nos plans.

-       Hmm…, souffla Silco.

Tout cela commençait vraiment à l’agacer. Vander posa une main chaleureuse sur son épaule, avant d’ajouter :

-       Benzo et Félicia nous attendent derrière, je te propose qu’on en parle avec eux.

Les deux hommes sortirent par la porte de derrière, débouchant dans une rue sombre et vide. Félicia, comme d’habitude, riait aux éclats. Face à elle, Benzo, qui venait certainement de lui conter une autre de ses vieilles histoires, tirait une cigarette entre ses lèvres. Ils attendaient tous les deux sur de grosses caisses en bois usées, posées contre les briques âpres du sol zaunien.

-       Salut les gars ! s’exclama Félicia. Alors, il parait qu’on a des ennuis ?

-       On a les pacifieurs au cul, dit Vander. Ils sont au courant.

-       Merde, souffla la jeune femme.

-       T’es sûr de ce que tu dis ? répondit Benzo, qui s’était aussitôt redressé.

-       De toute évidence, ils sont au courant de nos affaires, répondit Silco en s’asseyant aux côtés de Vander. Peut-être même de qui nous sommes. Mais ils n’ont encore rien contre nous. Autrement, on ne serait pas là en train de discuter.

-       Qu’est-ce qu’on fait alors ? On arrête tout ? demanda Félicia.

Silco sentit ses muscles se tendre : comme s’ils n’avaient déjà pas assez d’ennuis…

Ils avaient besoin de la contrebande. Sans elle, les factures ne pourraient rester qu’impayées. Il attrapa une cigarette dans sa veste qu’il alluma et plaça entre ses lèvres. Il aspira à pleins poumons, sentant la fumée douce et chaude envahir son corps. Ses épaules se détendirent légèrement.

-       On ne va pas les laisser faire, il faut simplement qu’on soit plus prudent, reprit Vander. Silco a réorganisé nos stocks de bouteilles dans les tunnels, et on a changé tout à l’heure quelques lieux de rendez-vous.

-       Mais le problème, c’est qu’ils sont partout ! Y’en avait même à la boutique l’autre jour, s’inquiéta Benzo. Si ça continue, les acheteurs prendront peur.

-       Sans parler du fait que leur enquête sera prétexte à encore plus de violence et d’arrestation que d’habitude, ajouta Félicia.

-       Je sais bien, dit Vander. 

Ce dernier soupira, faisant trembler sa grande carrure, comme s’il était en proie à un profond dilemme. Vander avait ce défaut tenace de chercher l’équilibre là où il n’y en avait plus, de tenter de concilier l’inconciliable, de lisser les angles pour satisfaire tout le monde. Mais le véritable problème ici ne faisait pas débat pour Silco : c’était la Surface. Voilà le seul problème à régler. 

Les sourcils froncés, il posa un regard préoccupé sur Silco.

-       Sinon, on peut diminuer nos activités le temps que les choses se tassent, finit par proposer Vander, hésitant.

-       Quoi ? s’indigna Silco, un zeste de déception dans la voix. On a besoin de ces ventes, tu le sais autant que moi. Et les gens croient en nous ! Ils ont espoir, Vander. Baisser les bras serait un énième signe de faiblesse face à la Haute-Ville.

-       Si c’est pour finir derrière les barreaux, non merci ! protesta Benzo.

-       Je suis d’accord avec Silco, finit par dire la seule femme du groupe, faisant danser sa tresse sombre entre ses doigts. J’avais enfin l’impression que les gens commençaient à comprendre, que les gens se ralliaient à notre cause, qu’ils nous faisaient confiance. Mais maintenant, j’ai les filles, je peux plus prendre de risque. Je suis d’accord pour continuer. On maintient. Mais si les choses dégénèrent, Silco, promets-moi qu’on se retire.

Le jeune homme inspira profondément. C’était un pari risqué. Mais ils ne pouvaient pas tout abandonner maintenant, pas après tout ce qu’ils avaient accompli.

-       Marché conclu.

Un fin sourire se peint sur le visage de Félicia.

-       Je propose qu’on en reparle vendredi soir, pour juger de l’évolution de la situation, dit Vander.

-       Ça me va, acquiesca Benzo.

-       Vous me direz, ajouta Félicia. Je ne serai pas là : je suis de nuit vendredi.

-       Dommage… Kiramman sera aussi présente, lâcha Silco, l’air las, comme s’il s’agissait de l’information la plus banale de la journée.

-       Quoi ?! répondirent en chœur ses amis.

À présent, trois visages lui faisaient face : celui de Benzo, les yeux écarquillés ; celui de Vander, sourcil arqué ; et finalement, celui de Félicia, qui avait conservé son sourire mystérieux, les yeux brillants d’une légère couleur de fierté. Un petit rire moqueur s’échappa de la gorge de Silco : il savait l’effet que cela allait provoquer. C’était assez amusant.

-       Ne faites pas cette tête, elle n’est pas pacifieuse.

-       Oui, mais j’ai beau l’apprécier, Silco, dit Vander de sa voix rauque, on ne peut pas se permettre qu’elle soit mise au courant pour la contrebande.

-       Elle est déjà au courant.

À nouveau, les trois visages.

-       Tu lui as dit ?! s’insurgea Benzo.

-       Bien sûr que non, continua Silco, d’une voix calme et posée. Elle l’a devinée toute seule.

-       Irys est bien plus perspicace que la plupart d’entre nous, souligna Félicia.

-       Hmm…, grogna Vander, pensif.

-       Sérieux les gars ? râla encore Benzo. Pas que je lui fasse pas confiance, mais je suis pas sûr que ça soit une bonne idée qu’elle vienne vendredi. Elle reste une Pilto et…

La mâchoire de Silco se crispa. Qu’insinuait-il ?

-       Elle n’est pas comme eux. Je… je lui fais confiance, et tu devrais aussi, Benzo, déclara Silco, à la limite de la menace.

-       Silco, je ne sais pas ce qu’il t’arrive, lança l’intéressé, mais avant t’aurais jamais traîné avec des gens comme elle.

Il sentit son estomac se tendre, et ses oreilles se réchauffer légèrement. Préservant son apparence calme et maîtrisée, Silco se leva lentement pour faire face à l’homme aux favoris imposants. Du coin de l’œil, il pouvait voir le front de Vander se plier.  Le sourcil arqué, Silco regardait Benzo d’un air de défi :

-       Comme elle ?

Une main délicate vint se poser sur l’épaule de Silco, l’appelant à se rassoir.

-       Benzo, sais-tu pourquoi je considère Irys comme mon amie ? demanda Félicia, sincère, en prenant le relais. D’abord, tu le sais, elle m’a sauvé la mise. Elle s’est battue à mes côtés alors qu’on se connaissait même pas. Mais surtout, j’ai vu ce truc en elle. Quand j’ai vu son gant, quand j’ai vu la façon dont elle cognait, j’me suis dit : elle a quelque chose de différent. Oui, elle a cette façon coincée de parler, comme eux. Oui, elle porte l’uniforme de leur école de richosse. Oui, elle appartient au clan d’une des plus grandes familles de la Surface. Mais elle ne nous traite pas comme de la merde, comme tous ces crétins. Et tu sais quoi, je ne pensais pas dire ça un jour de l’un d’entre eux, mais je l’aime bien. 

Elle fit une pause, puis reprit :

-       Et comme Silco, je lui fais confiance.

Le cœur de Silco frappait un peu plus fort dans sa poitrine suite aux mots de Félicia. À côté, Vander hochait la tête en signe d’approbation.

-       D’accord, finit par dire Benzo en se rongeant le bout du pouce. J’espère que vous avez raison.

-       Par contre, reprit Félicia, son regard ayant pris une teinte espiègle, j’accepte sa venue vendredi à une seule condition, Silco.

-       Je t’écoute.

Qu’allait-elle lui demander ? De prendre son jour de garde aux tunnels ? De danser avec elle à la prochaine fête ? Oh non… Il espérait qu’elle ne lui demanderait pas de porter une des dernières vestes qu’elle avait confectionnées.

Félicia marqua une pause, prenant son air le plus sérieux.

-       Raconte-nous ce qu’il se passe entre vous !

-       Pardon ? répondit Silco, surpris.

-       Entre toi et Irys ! Alors, dis-nous tout !

-       Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, tenta Silco, qui sentait ses joues chauffer malgré la froideur de la nuit.

-       Ah non, pas à nous ! rouspéta gentiment son amie.

-       Bonne chance, Félicia ! lâcha Vander dans un éclat de rire, la main sur le ventre. J’ai déjà essayé de lui soutirer des informations, il reste muet comme une tombe !


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