Entre Vengeance et Chaos

Chapitre 7 : Les Lames du Destin

3282 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 10/12/2025 09:02

La neige tombait en silence sur les hauteurs de Nanda Parbat. Un silence trompeur, trop pur, trop parfait pour être vrai. Derrière les remparts du sanctuaire, le chaos grondait. Pas un chaos bruyant. Un chaos contenu, étouffé, presque sacré, comme si la montagne elle-même retenait son souffle. Les torches du passage principal s’étaient éteintes les unes après les autres, leurs dernières flammes agonisant en d’infimes spirales de fumée noire. Les ombres s’étiraient sur les murs ancestraux, avalant les fresques millénaires gravées par les premiers Marcheurs du Démon. Ce soir, Nanda Parbat n’était plus un refuge. C’était un tombeau qui attendait un nom. Au centre de la cour sacrée, là où tant de serments avaient été jurés, deux silhouettes tournaient l’une autour de l’autre. Deux ombres tranchées par la lueur blafarde de la lune. Deux héritages irréconciliables. Ra’s al Ghul se tenait droit comme le pic d’une montagne, drapé de noir et d’or, l’aura d’un empire autour de lui. Sa lame, levée avec une précision parfaite, captait la lumière comme une étincelle de mort. Son visage restait impassible. Mais ses yeux, d’un vert antique, brûlaient d’une colère glaciale. Face à lui, Ethan Hunt avançait lentement. Manteau sombre. Silhouette tendue. Chaque mouvement était calculé, presque mécanique. Aucune émotion n’effleurait ses traits. L’ancien disciple affrontait son maître. Un assassin de la Ligue. Un renégat. Un héritier que nul n’avait vu venir. Le premier choc des lames fendit l’air comme un coup de tonnerre. Les pierres millénaires vibrèrent sous l’impact.

« Tu n’aurais jamais dû revenir ici, Ethan. »


La voix de Ra’s n’était qu’un grondement. Un volcan prêt à s’effondrer sur celui qui l’avait trahi. Face à lui, Ethan Hunt esquissa un sourire lent. Un sourire coupant, presque inhumain.

« Je reviens réclamer ce qui m’appartient depuis toujours. Ce que vous m’avez refusé. Le trône. »


Ra’s resserra sa prise sur sa lame. La neige tourbillonna autour d’eux comme une nuée d’aiguilles. Hunt continua, un éclat sauvage dans les yeux :

« Pendant que vous protégiez votre ordre, j’en bâtissais un meilleur. Plus fort. Plus pur. Une Ligue qui n’a pas peur de brûler les faibles pour forger les forts. »


La trahison prenait enfin forme. Ce qu’il avait construit dans l’ombre… prenait racine ici, dans cette cour sacrée. Ra’s attaqua, fulgurant. La neige éclata sous la vitesse de son mouvement. Hunt para, pivota, recula d’un geste fluide. Trop fluide, trop sûr de lui. L’acier cria. L’écho résonna dans les montagnes comme un présage. Les deux hommes se séparèrent, soufflant des nuées blanches, deux bêtes prêtes à mordre.

« Tu étais promis à de grandes choses, » gronda Ra’s, la voix vibrante d’une fierté blessée. « Je t’ai offert un nom. Une famille. Une cause. »


Hunt éclata d’un rire sans chaleur.

« Une cause ? Vous m’avez offert une laisse. Une vie où mes choix n’existaient pas. »


Puis son regard se durcit. Un regard que Ra’s connaissait. Celui d’un monstre qui se croit prophète.

« J’ai vu ce que vous avez fait aux parents de Samantha… »


Son sourire se creusa, cruel.

« Et ce que vous auriez fait d’elle, si je ne l’avais pas prise en main. »


Les yeux de Ra’s tressaillirent. Un choc, une fêlure. Minuscule, mais réelle.

« Tu mens. »

« Je révèle. »


Hunt avança d’un pas.

« Je les ai tués parce qu’ils voulaient fuir votre tyrannie. Ils étaient prêts à vous trahir. J’ai fait ce que vous aviez peur d’assumer. »


Le sang de Ra’s ne battit plus qu’une fois dans ses tempes.

« Tu ne sais rien, » murmura-t-il, la voix soudain plus grave. « Tu ne sais que détruire. »


Hunt sourit, un sourire de fin du monde.

« Je sais bâtir sur les cendres. »


Ra’s chargea. Pas avec la maîtrise froide qu’on lui connaissait… Mais avec une rage profonde, presque humaine. Hunt bloqua. Détourna. Puis frappa. Un genou enfoncé dans les côtes du Démon. Ra’s tomba à genoux. Le monde sembla vaciller. Son souffle souleva une brume rouge. Son sang. Hunt s’accroupit devant lui, la pointe de sa lame glissant sous sa gorge.

« Depuis le premier jour, Ra’s… vous saviez que j’étais destiné à vous remplacer. Vous avez simplement refusé de voir ce qui était inévitable. »


Les yeux de Ra’s brûlèrent d’une lucidité terrible.

« Tu n’es qu’un chien qui a confondu sa laisse avec une couronne. »


Hunt sourit. Un sourire victorieux, presque tendre dans sa cruauté. Et il frappa. La lame s’enfonça entre les côtes du Démon. Un son sourd, profond, final. Ra’s al Ghul s’effondra sur les pierres glacées. La neige se teinta instantanément de rouge. Un rouge vif. Un rouge définitif. Hunt se redressa lentement. Il observa le corps de son ancien maître avec le calme d’un chirurgien achevant une opération réussie.

« Et les loups, Ra’s, » murmura-t-il, rengainant sa lame, « finissent toujours par dévorer ceux qui refusent de les comprendre. »


Il tourna les talons, disparaissant dans la tempête. Une silhouette noire avalée par la neige et par la nuit. Derrière lui, le corps du Démon refroidissait sur la pierre sacrée. Et sur la cour silencieuse, seule la neige continua de tomber. Sur le sang. Sur la légende. Sur la fin d’un règne. Et sur le mensonge fondateur d’une guerre dont Ethan Hunt venait d’écrire le premier chapitre.




La nuit était encore lourde au-dessus de Starling City quand Sam se réveilla en sursaut. Le plafond du bunker se découpa dans l’obscurité, strié de lignes de lumière bleutée provenant des écrans encore allumés. Ses muscles se contractèrent, son cœur battait trop vite, trop fort, comme un tambour de guerre frappé au milieu de sa poitrine. Sa respiration saccadée lui déchirait la gorge. Pendant un instant, elle ne distingua plus la réalité du souvenir : l’embuscade, la lame qui s’enfonçait, le sol qui s’effondrait sous elle… puis Oliver. La pluie, son bras autour d’elle, son souffle contre son front. Les mots qu’il avait murmurés pour la garder éveillée. Non. Elle chassa cette image d’un geste brusque, comme on chasse un spectre. Les émotions étaient des armes. Et elle saignait déjà trop. Elle se redressa lentement, le froid du métal sous elle remontant dans ses os. Les pansements tiraillaient, douloureux, mais elle refusa d’y prêter attention. Un frisson parcourut l’air du bunker, un murmure presque imperceptible, comme une vibration dans les ombres. Quelque chose approchait. Ou quelqu’un. Sam attrapa son katana, encore glissé dans son fourreau noir posé à portée de main. Sa paume se referma autour du cuir usé, familière, solide. Son souffle se calma. Sa silhouette se crispa, prête. Un bruissement, à peine une respiration, monta du fond du couloir. Elle pivota. Lame en main. Silence.

« Tu es encore trop lente. »


Cette voix. Ce ton froid, sculpté dans la pierre. Nyssa al Ghul sortit de l’obscurité comme si elle s’en était détachée, un fragment de Nanda Parbat arraché à la montagne sacrée. Sa tenue noire épousait sa silhouette stricte, ses cheveux tirés en une queue impeccable. Une odeur subtile d’encens et de neige froide la précédait. Un parfum de discipline et de mort. Rien en elle n’avait changé. Sam, elle, sentit son ventre se contracter.

« Nyssa. »


La fille du Démon croisa les bras. Son visage, lisse comme du marbre, ne laissait filtrer aucune émotion. Seuls ses yeux brûlaient, deux éclats d’obsidienne.

« Tu as quitté la Ligue sans permission. Tu as ignoré nos lois. Tu as agi seule. Et maintenant… »


Son regard glissa sur la blessure de Sam, un éclat de dédain traversant ses iris.

« Tu te fais presque tuer par un traître. Tu es en train de devenir une honte. »


Le mot frappa Sam comme une gifle. Elle redressa la tête, les mâchoires serrées.

« Je n’ai jamais trahi la Ligue. Ra’s m’a laissée partir. »


Nyssa eut un sourire bref, douloureux, comme un éclat de verre.

« Partir, oui. Te détacher de nos règles ? Jamais. Embrasser Oliver Queen ? Encore moins. »


Sam sentit le sang quitter son visage. Comment… ? Nyssa inclina la tête, presque amusée par son trouble.

« La Ligue voit tout. Elle n’oublie rien. Ce que tu fais ici finit toujours par nous revenir. »


Sam eut un bref vertige. Pas de douleur, mais de colère.

« Et qu’est-ce que tu fais là ? Tu viens me ramener en laisse ? »


Nyssa avança d’un pas. Le froid sembla tomber avec elle.

« Non. Je viens te dire que pendant que tu jouais à la justicière, tandis que tu te perdais dans les bras d’un archer dont tu ne devrais même pas prononcer le nom… »


Sa voix se fit plus basse, plus dure.

« … mon père a failli mourir par ta faute. »


Tout s’arrêta. Le monde, l’air, son propre cœur. Sam cligna des yeux.

« Ton père… quoi ? »


Nyssa sourit. Un sourire sans chaleur, sans pitié.

« Oh, tu ne savais pas ? Comme toujours, Talia t’a protégée. Elle a voulu t’épargner la vérité, pensant que tu reviendrais de toi-même. »


Elle haussa légèrement les épaules.

« Elle s’est trompée. »


Sam se redressa, malgré la douleur dans son flanc.

« Nyssa. Explique-toi. Maintenant. »


La fille du Démon fit un pas supplémentaire. Elle était toute proche, son visage tendu de colère glacée.

« Ra’s al Ghul n’est pas mort. Il vit encore. Mais il se cache. Il récupère. Il… survit. »


Sam sentit la pièce tourner autour d’elle.

« Qui ? » murmura-t-elle d’une voix étranglée. « Qui a essayé de le tuer ? »


Nyssa n’attendait que ça.

« Ethan Hunt. »


Le sol sembla se dérober sous les pieds de Sam. Hunt. Celui qui avait détruit sa maison. Tuer ses parents. Manipulé sa vie entière. Hunt avait voulu tuer Ra’s. Son maître. Son protecteur. Son père adoptif. Son souffle se brisa. Nyssa l’observait avec une satisfaction froide.

« Tu vois, Sam ? Pendant que tu te perdais dans les ombres de Starling, ton véritable ennemi frappait au cœur même de la Ligue. Et toi… tu n’étais nulle part. »

« Ferme-la. »


Le mot sortit comme un grondement, brut, animal. Nyssa arqua un sourcil.

« Touché, n’est-ce pas ? »


Elle tourna légèrement le visage.

« Talia disait que tu reviendrais vers nous un jour. Que tu avais le potentiel de prendre la tête de ceux qui nous survivraient. Mais moi… j’ai toujours su que tu n’étais pas prête. »


Sam ferma les yeux. Un instant seulement. Sous la colère, sous la douleur, sous la honte… une autre image apparut. Ra’s. Debout dans la neige. Son regard sombre. Son sourire rare. Sa voix grave :

« Tu es prête. »


Elle rouvrit les yeux. La rage avait disparu. La peur aussi. Il ne restait qu’une détermination froide, pure, tranchante.

« Je rentre à Nanda Parbat. »


Nyssa esquissa enfin un sourire. Un vrai. Un sourire de guerre.

« Il était temps. »




Lorsque Sam poussa la porte métallique, la nuit l’avala d’un seul souffle. La pluie tombait en rideaux serrés, violents, comme une mer verticale. Elle s’abattait sur elle avec la force d’un baptême brutal, ruisselant le long de son visage, glissant sur les cicatrices anciennes comme pour réveiller chaque souvenir qu’elle tentait d’étouffer. Le toit du bunker vibrait sous les rafales, les néons clignotaient à moitié, peinant à repousser l’obscurité. Sam traversa la plateforme, silhouette noire ciselée par les éclairs. Sa capuche rejetée en arrière, ses cheveux trempés plaqués contre ses joues, elle ne ralentissait pas. Elle ne sentait presque plus son propre corps. Son flanc bandé tirait, mais elle ne lui accorda pas une pensée. Elle n’était plus qu’une trajectoire. Une décision. Une lame en marche. Derrière elle, un bruit sourd, une porte qui claque.

« Sam ! »


Oliver surgit dans la pluie, sa silhouette massive découpée par la lumière jaune du couloir. L’eau s’infiltrait déjà dans sa tenue, mais il avançait sans hésiter.

« Où tu vas comme ça ? Tu n’es pas remise ! »


Elle ne se retourna même pas. Une seconde de plus à le regarder… et elle savait qu’elle vacillerait.

« Peu importe. Je dois partir. »


Elle continua d’avancer. Oliver franchit la distance en trois pas et attrapa son poignet. Son étreinte était ferme, inquiète, presque désespérée.

« Tu vas te tuer. »


Sam pivota lentement. Le vent fouetta ses cheveux contre son visage. Ses yeux, d’un bleu glacé, croisaient les siens. Des yeux qui avaient connu la guerre, la mort, l’abandon. Des yeux qui venaient d’apprendre une vérité capable de détruire un monde.

« Hunt a essayé de tuer Ra’s al Ghul. »


Oliver se figea comme frappé par la foudre. L’orage, autour d’eux, sembla soudain s’éloigner.

« Ra’s… est vivant ? »

« Oui. »


Sa voix n’était qu’un souffle rauque.

« Et Hunt va retourner là-bas pour finir ce qu’il a commencé. »


Une émotion traversa brièvement les traits d’Oliver. Brutale, pure, incontrôlable. Ce n’était pas de la peur pour la Ligue. Ni pour Ra’s. C’était pour elle.

« Sam. »


Il la tira légèrement vers lui.

« Tu ne peux pas y aller seule. »


Elle sentit sa gorge se serrer, une douleur différente de toutes ses blessures.

« C’est ma famille. Ma guerre. »


Oliver se rapprocha davantage, comme poussé par quelque chose qu’il ne contrôlait plus. La pluie glissait le long de son visage, accentuant chaque ligne, chaque tension, chaque tremblement imperceptible de sa mâchoire. Sa main monta, hésita, puis effleura sa joue. Un geste instinctif, impossible à retenir.

« Et moi ? »


Sa voix se brisa tout juste.

« Je fais quoi ? Je regarde encore quelqu’un que j’aime se jeter dans le massacre ? »


Sam sentit le monde se fissurer sous ses pieds. Ces mots. Elle aurait préféré une lame. Ça aurait fait moins mal.

« Oliver, laisse-moi. »

« Non. »


Sa voix claqua dans la nuit.

« Pas cette fois. Je viens avec toi. »


Elle secoua la tête, une ombre de panique glissant dans son regard.

« Tu ne survivras pas à Nanda Parbat. Tu n’imagines pas ce que c’est. Les épreuves. Les règles. Ce que… ce que je suis là-bas. »

« Je m’en fiche. »


Il s’approcha encore. Trop près. Assez pour qu’elle sente la chaleur de son souffle malgré le froid.

« Je ne te laisserai pas affronter ce monstre seule. »


Sam recula d’un pas, comme frappée.

« Tu ne comprends pas. »


Sa voix se fissura.

« Si je retourne là-bas… je redeviens ce qu’ils veulent que je sois. Une arme. Une héritière. Une al Ghul. »


Elle secoua la tête, ses yeux brillant d’une détresse qu’elle ne montrait jamais.

« Et je refuse de t’entraîner là-dedans. Je refuse de te perdre à cause de ça. »


Oliver inspira profondément, comme s’il s’apprêtait à plonger dans un abîme.

« Tu ne redeviendras rien. »


Son ton se fit plus doux, mais plus fort que la tempête.

« Parce que je serai là pour te rappeler qui tu es. »


Un souffle. Un battement. Le monde retint son souffle. Sam détourna les yeux. Le poids de sa décision la broyait.

« Je… je dois y aller. »


Elle fit un pas en arrière. Puis un autre. Sans briser son regard. Et soudain, elle disparut. Son corps plongea dans le vide du toit, avalé par la pluie et l’obscurité. Une chute silencieuse, maîtrisée, parfaitement calculée. Comme elle l’avait été toute sa vie. Oliver resta là. Sous la pluie battante. Les poings serrés. Le regard perdu dans le vide où elle avait disparu. Puis ses lèvres s’entrouvrirent, à peine un souffle, mais chargé d’une promesse qui ne se briserait pas.

« Alors je viendrai te chercher. Où que tu sois. »


Et cette fois… la tempête sembla l’écouter.




Au même moment, loin au nord, dans un royaume que même le vent semblait craindre… Les montagnes se dressaient comme des forteresses de pierre noire, leurs sommets perdus dans un blizzard qui hurlait sans relâche. Le monde entier paraissait figé, suspendu dans une respiration glacée. Aucune lumière. Aucun oiseau. Même la neige tombait en silence, sans oser toucher le sol autrement que par des murmures. Et au milieu de cette désolation, un homme marchait. Une silhouette sombre, mince, parfaite dans son contrôle. Ethan Hunt. À chaque pas, il laissait derrière lui une empreinte rouge. Son sang ou celui d’un autre. Difficile à dire. La neige l’avalait, l’étouffait en un instant, mais la ligne écarlate persistait, comme une signature que la montagne refusait d’effacer. Le vent fouettait son manteau, révélant par moment une lame encore humide, coincée dans son fourreau. Ses cheveux étaient givrés, ses lèvres fendillées par le froid. Pourtant, il souriait. Un sourire calme. Mesuré. Froid comme les sommets qui l’entouraient.

« Bientôt, Sam… »


Sa voix, à peine un murmure, fut emportée par la tempête, mais les montagnes semblaient l’avoir entendue. Le blizzard se déforma, comme si quelque chose. Ou quelqu’un avait frissonné à son approche. Hunt poursuivit sa marche jusqu’à ce qu’une silhouette de pierre apparaisse dans le mur neigeux : deux statues massives encadrant une arche. L’entrée de Nanda Parbat. Un sanctuaire que très peu de vivants avaient contemplé. Un lieu d’absolu, de mort et de renaissance. Il s’arrêta enfin. Ses doigts, déjà bleuissants par le froid, se levèrent lentement pour toucher le symbole gravé à même la pierre : Le Démon. L’emblème de Ra’s al Ghul. Le contact arracha un souffle à la montagne. Une onde se propagea dans la neige. Même les torches au loin vacillèrent, comme si le sanctuaire reconnaissait le traître qui revenait. Hunt ferma les yeux, savourant ce moment.

« Nous finirons ce que j’ai commencé. »


Pas de rage. Pas de haine. Juste une certitude absolue. La tempête rugit soudain, un hurlement immense, presque animal. Comme si les montagnes elles-mêmes tentaient de repousser l’inévitable. Des lambeaux de neige s’arrachèrent des corniches, les pics tremblèrent sous la force du vent. Ethan Hunt ne bougea pas. Il resta immobile, au centre du chaos, son sourire seul défiant la nature entière. Puis il franchit l’arche. Et partout autour de lui, Nanda Parbat sembla retenir un souffle. Un souffle chargé de présages et de mort. Les montagnes, dans leur silence glacé, se préparaient à saigner.

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