Marcheuse de rêve
Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) :
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Cher journal : Bon. J’ai fait une erreur d’appréciation. J’aurais du poser quelques questions avant sur les traditions locales. Me voilà engagée sérieusement, j’avais tellement peur de décevoir.
Le ciel de Pandora
Durant les nuits, enfin mes nuits sur Terre et les jours sur Pandora, j’ai essayé de mieux regarder le ciel.
Lorsque le soleil était couché, la luminosité de la planète mère était telle qu’on avait du mal à voir les étoiles. Le mieux était d’attendre l’éclipse quotidienne pour bénéficier des meilleures conditions.
J’ai reconnu sans problème les constellations qu’on voyait sur Terre. En fait le ciel était quasiment le même. Alors ça voulait dire que la Terre n’était pas si loin que ça. Quelques années lumières au plus. Car si on se déplace trop loin, la position apparente des étoiles bouge. Enfin c’était ce que disaient les livres d’astronomie terrestre.
J’ai essayé de comparer les images du film avec ce que je voyais. La planète mère n’avait pas tout à fait la même couleur, dans le film elle paraissait un peu plus bleue. Je ne retrouvais pas les nombreuses grosses lunes. A la place il y avait plusieurs astéroïdes et quatre lunes plus petites. Ces objets se déplaçaient quasiment à vu d’œil dans le ciel. Les quatre lunes s’observaient mieux vers la fin de l’année, quand la planète mère était cachée.
Dans le film, Pandora était censé se trouver dans le système Alpha du Centaure, autour de l’étoile A. C’est un système triple, donc on devrait voir l’étoile B facilement et C un peu plus difficilement car elle est loin et petite.
Ici il n’y avait qu’un soleil qui paraissait bien plus petit que celui de la Terre. D’ailleurs c’est à peine si on sentait sa chaleur. Mais en regardant à nouveau les films, j’ai constaté qu’on ne mentionnait jamais un autre soleil.
On pouvait aussi voir l’ombre des satellites sur la planète mère. J’ai cherché l’ombre de Pandora, normalement on aurait du la voir pendant la nuit. Etrangement je ne parvenais pas à la repérer. Fleur disait qu’on ne la voyait pas parce que... c’était comme ça.
Mon soudain intérêt pour le ciel l’a d’ailleurs intriguée. Je lui ai dit que je cherchais des réponses dans les cieux, sans plus. Je me demandais encore à qui je pourrais confier mon secret…
La combattante révélée
Regarder le ciel ne durait que le temps de l’éclipse. Fleur m’avait prévenue, on allait me mettre à l’épreuve.
Les exercices pratiques commençaient par le tir à l’arc. Comme une Na’vi femelle était capable de soulever son propre poids d’un bras, elle pouvait appliquer le même effort sur sa flèche. Les males, bien plus fort du haut, encore plus.
Mais sur Pandora les animaux lents étaient solidement protégés et une flèche rebondissait dessus. Les animaux plus vulnérables étaient par contre rapides. Donc il fallait être rapide aussi. Je remarquais d’ailleurs que peu d’animaux ressemblaient à ceux des films. Par exemple il n’y avait pas les sortes de chevaux qui certes auraient eu du mal à franchir les nombreuses falaises de ce continent.
Ma capacité à ralentir le temps était très efficace. Le plus dur était de tirer sur une cible en mouvement étant soi même en mouvement. Et bien j’arrivais à égaler voir à surpasser les meilleurs tireurs du clan. On s’était même livré à un concours que j’avais gagné !
Les Na’vis voulaient voir jusqu’ou j’étais capable d’aller. Alors Fleur m’a entraîné au bâton de combat. Celui là même qu’on voyait dans une scène coupée de l’affrontement entre Tsu’tey et Jake.
Le bâton de combat était uniquement destiné à des combats rituels entre Na’vis. Ni à la chasse, ni à la guerre, car oui il y avait parfois des guerres surtout pour des raisons d’honneur.
Certaines bâtons étaient émoussés et servaient à des combats d’entraînement ou pour régler des petits conflits. Mais d’autres étaient aiguisés et servaient aux combats à morts.
Encore une fois ma capacité à dilater le temps me permettait d’anticiper tous les coups et régler les miens à la perfection. Je dominais vite la pauvre Fleur que je n’osais pas taper trop durement.
Xurtu
Mes entraînements avec Fleur se passaient souvent proche du village. Et il y avait de plus en plus de spectateurs.
J’avais remarqué un spectateur particulièrement attentif. Un grand mâle de haut rang à l’allure noble et sévère, beau comme un dieu grec mais pas comme Apollon. Il avait un visage fin, des yeux un peu plus petits que les autres et une coiffure noire et longue tressée en une multitude de petites nattes. Comme les autres Na’vis, il portait juste un pagne et quelques colliers et bracelets ainsi qu’une ceinture de torse. Mais ces accessoires étaient finement brodés. Toutefois le plus remarquable était l’énorme cicatrice faite sur son torse par les griffes d’une grosse et vilaine bête. Alors je l’ai nommé Xurtu, mot Na’vi qui voulait dire « homme fort » d’après mes recherches sur Internet.
A un moment à la fin d’un nième entraînement, il se leva et vint vers moi. Fleur me fit les présentations :
- Il voudrait combattre amicalement avec toi. Je suis bien trop faible.
- Amicalement ?
- Pas à mort. Seulement au premier qui immobilise l’autre.
Immobiliser ce colosse qui devait faire plus d’une fois et demie mon poids ! Mais je sentais que refuser serait vu comme de la lâcheté alors que je voulais gagner leur considération. Après tout je pouvais toujours rompre le combat en arrêtant de bouger.
- Ok j’accepte.
Xurtu s’avança d’un air menaçant en roulant les mécaniques. Et le combat commença. Quasiment tout le clan s’était massé sur un vaste terre plein situé à coté de l’étang et du village.
Il mania son bâton avec des mouvements amples, rapides et pleins de forces. L’air sifflait sur la trajectoire du bâton. J’imaginai que recevoir de tels coups devait faire très mal alors j’esquivais. Mais je compris sa tactique. Il évitait de trop se déplacer alors que moi je devais bouger beaucoup plus. J’allais m’épuiser plus vite ce qui lui donnerait la victoire. Je devais donc attaquer à mon tour.
Les males Na’vis sont largement plus lourds du haut et sont donc moins rapides lorsqu’ils doivent changer de direction. Donc je me suis arrangé pour le tourner et lui donner des coups dans le dos. Des coups pas bien violents mais humiliants et qui l’obligeait à se fatiguer.
On ne peut pas dire qu’il appréciait ce jeu là ! Je voyais la colère monter en lui. Il montrait ses canines bien blanches et tranchantes ! Son visage se déformait sous sa fureur croissante alors que je multipliais les bleus – les violets serait plus exact ! – sur son dos.
En fait j’avais peur de gagner, peur de l’humilier. Il pourrait devenir un véritable ennemi !
Alors j’ai ralentis mon rythme progressivement pour qu’il reprenne le dessus. J’espère que je n’allais pas trop souffrir quand même de ses coups. Et à un moment je me suis jeté au sol sur le ventre en faisant semblant de trébucher. Il me sauta dessus et me bloqua au sol en tirant sur mon Kuru. Il faut savoir que comme dans les films, tirer sur cette fausse natte est douloureux et permet de maîtriser son adversaire.
Le combat était fini. Je pensais m’en tirer à bon compte. Une défaite honorable et pas trop douloureuse. Mais je ne savais pas ou je m’étais engagée…
Après le combat je parti vers le lac pour me laver, Fleur me suivait et elle me dit
- Neytiri, tu as fait un très bon choix, c’est un bon mâle.
- Je l’ai nommé Xurtu car c’est un mâle fort.
- Xurtu, ok. Tu sais il a perdu sa compagne il y a quelques temps déjà. Tu à bien choisi. Ce sera un bon mari pour toi.
- Mais euh… Je ne voyais pas les choses comme ça Fleur.
- Bien sur que si. Tu menais le combat mais tu t’es soumise à lui. C’est évident, ne cache pas ton jeu. Il est prêt à te prendre pour tes qualités et malgré tes défauts.
Tu as l’air embêtée ?
- Ah mais je… Oui… Enfin il faut déjà que j’arrive à maîtriser un Ikran déjà.
- Je suis sûr que tu y arriveras !
Et bien voilà j’avais un fiancé… Ce n’était pas prévu… Pas évident que ce gars me plaise… Jamais parlé avec lui… Et c’était si rapide… Mais je sentais que ma situation était encore trop incertaine pour avoir véritablement le choix.
La promesse
J’avais pris l’habitude d’écrire et de dessiner dans mon journal intime mes aventures sur Pandora. Mon journal intime terrestre bien évidemment. Et j’en étais à mon 54e jour sur Pandora.
On m’avait enseigné le langage des Ikrans avec ceux que le clan avait domestiqués.
Je ne pouvais toujours pas « téléphater » avec eux mais je pouvais voir et entendre leur aura. Et j’avais appris à les décrypter. C’était un peu comme entendre une musique et accrocher ses notes sur une partition. Et moi aussi j’avais une aura et je devais la contrôler pour faire passer mon chant.
Je ne sais pas pourquoi c’était aussi compliqué pour moi. Mais au bout d’une vingtaine de jours j’ai réussi à communiquer avec eux. Ce n’était pas des conversations très complexes, un peu comme échanger avec un chien. Un chien intelligent, pas un stupide roquet.
Normalement j’avais atteint le niveau suffisant pour dompter mon propre Ikran. Après je devrais plus ou moins me marier avec Xurtu si j’avais bien compris les traditions locales. Il fallait que je réussisse, il fallait que je m’intègre a ce clan, je voulais vivre ici, je sentais que c’était important.
Ce matin Xurtu se présenta devant moi. Depuis notre combat amical je l’avais croisé de nombreuses fois. Je lui souriais tandis que lui restait impassible. Mais il me regardait souvent.
Ce matin sa bouche s’anima : « Je te vois, Neytiri ! »
Il parlait d’une voix assurée et profonde ! J’étais stupéfaite !
- Mais vous parlez ?
- Oui je parle. C’est Fleur qui m’a appris.
Fleur s’absentait de plus en plus et je la voyais aller souvent dans la maison de la Tsahik. Je me doutais bien qu’elle faisait des rapports mais de là à donner des cours de langue !
Xurtu repris :
- Tu t’es promise à moi. Bientôt on partira pour dompter un Ikran, tu réussiras, j’en suis certain. Ensuite nous irons voir la Grande Tsahik qui trouvera un remède pour que tu puisses voir comme nous. Enfin nous pourrons nous unir. Mais avant il faut profiter de ce don de… d’Eywa comme tu dis.
- Heu… Es tu bien certain de faire le bon choix ?
J’hésitais à lui dire que moi je n’étais pas certaine de ce choix. Et qu’il y avait eu comme un malentendu. Mais j’avais peur de sa réaction et de celles des autres aussi. Et il me répondit :
« Le don d’Eywa ne peut être gaspillé, il nous assurera le plus grand des bonheurs. »
Je ne comprenais pas tout à fait ce qu’il avait dit. Mais j’acceptai de le suivre dans un endroit un peu excentré du village. On arriva dans une sorte de cuvette tapissée de mousses moelleuses entourées de fleurs colorées. Soudain je commençais à réaliser ce qu’il allait se passer. Et c’était un peu stressant, je n’avais jamais connu d’homme sur Terre.
Xurtu m’intimidait. Il était très âgé en regard d’un humain. 105 années pandoriennes, ses cicatrices le montraient tout comme ses parures. Mais rien d’autre ne trahissait son âge.
Il avait été uni pendant 58 années à sa femme qui était morte il y a 12 ans, empoissonnée par une créature. Il avait eu 3 enfants qui depuis avaient atteint l’âge adulte.
N’était-il pas un peu trop vieux pour moi ? Mais selon les critères locaux j’étais adulte.
Mais il savait y faire et se montrait très doux et habile. Des décennies d’expériences sans doute ! Je ne faisais rien et je me laissai dévêtir avec lenteur tout en me laissant caresser les parties les plus sensibles de mon corps. De mes oreilles pointues, à mes lèvres, puis à la pointe de mes seins, sur mon ventre palpitant jusqu’à la pointe de ma queue en passant sur mes cuisses brûlantes.
Je remarquais qu’il ne faisait pas le lien. Sans doute était ce réservé à une union définitive. Ou il avait peur que je lui grille la cervelle lors d’une pointe de plaisir ?
Apparemment il savait déjà tout de moi et ne fut pas surpris par ma « fleur ». Je ne pensais pas qu’il irait si loin mais il entra en moi. Là c’était une sensation nouvelle qui me propulsa bien au delà de tous les délices que j’avais pu expérimenter. Et je sentis sa semence se rependre en moi comme un torrent de douceur.
Ca dura un certain temps mais ce fut bien trop court quand même. Toujours trop court quand c’est fini. Mais rien que pour ce moment, ce voyage sur Pandora valait le détour. Je l’avais prénommé Xurtu mais Eros serait aussi bien pour ce vigoureux et habile chasseur.
Après cette longue séance au paradis, j’eu du mal à reprendre mes esprits au point que Xurtu s’en inquiéta :
- Ca va ? Tu ressens de puissantes émotions sans même qu’on ait fait le lien ?
- C’était très bien ! Si c’est encore mieux avec le lien, j’ai hâte d’y être !
Car évidemment après une telle séance, on avait envi de recommencer très vite et toute la vie si possible !