Marcheuse de rêve

Chapitre 12 : Le repère

1972 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 22/12/2025 23:11

Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) : 

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Cher journal : Séquence humiliation à l’école… Je m’en fous de toute façon, c’est tous des cons. Mais ça m’a permis de me rapprocher de Quasimodo. Un drôle de gars aussi laid que débrouillard. Il s’est ouvert à moi.


Jouer la comédie

 

Et je me réveillai une nouvelle fois à Anaonbourg. Encore une journée ennuyeuse à mourir. Evidemment je brûlais déjà de revoir Xurtu. L’amour se transmettait aussi d’un monde à l’autre.

 

J’en avais marre de jouer la comédie. Marre de me lever à la même heure le matin. Marre de voir ma gueule immonde dans le miroir. Marre de voir la triste tête de Tante Marthe et ses chats qui puaient. Marre d’avoir à sortir sous la grisaille au milieu de ces camions bruyants qui empestaient le gasoil. Marre de cette ville cadavérique coincée entre des falaises grises qui dégoulinaient d’humidité froide. Marre d’avoir à dire bonjour à tous ces crétins de l’école qui me regardaient comme une gentille neuneue. Marre de ces cours interminables dont je me foutais totalement.

 

J’aurais voulu rester dans ma chambre, me reposer. Car je ne dormais plus, c’était ça en fait. Je n’étais pas fatiguée mais j’avais besoin d’un peu de temps morts. Mais ici je devais jouer le jeu comme sur Pandora, mais un jeu sans piments. J’étais la pauvre petite orpheline sage chez sa tante misanthrope. Je me demandais si en me suicidant ici, je continuerai à exister sur Pandora. Il n’y avait qu’une façon de le savoir mais le pari était vraiment risqué.


La zoophile

 

Xurtu était si beau, si grand, si fort et si doux à la fois. Quand je le comparais aux mecs plus ou moins boutonneux de la classe, j’avais l’impression de comparer un cheval pur sang à des mulets.

 

Alors j’ai dessiné Xurtu sur mon cahier. Je pensais que ça ferait passer le temps plus vite. Mais au final ça ne faisait que renforcer mon impatience de le revoir cette nuit. Et ça avait un autre inconvénient…

 

 

Soudain je sentis mon cahier glisser violemment sous mes bras. Le prof venait de l’arracher alors que je le dissimulais en ayant la tête et les cheveux collés dessus.

 

« Voici que Mademoiselle Mégane transforme les cours de mathématique en cours de dessin ! Mais c’est une œuvre digne de Léonard de Vinci ! Les petits cœurs c’est mignon mais le maître italien ne faisait pas ça ! Oh mais il a une queue, enfin une qui se trouve derrière ! Vous voici amoureuse d’un Furry ma chère ! »

 

 

Ce prof, un grand gars sec, était réputé pour humilier les mauvais élèves. J’aurais du me méfier. Et il montra les dessins à toute la classe qui évidemment rigola stupidement. Si j’avais pu je serais allé me cacher dans ma trousse…

 

 

- Mademoiselle, expliquez nous votre œuvre. Je suis impatient de connaître les arguments de l’artiste.

 

- …

 

- Mais encore ? Je suis impatient de découvrir les sentiments d’une zoophile !

 

 

Zoophile ! Xurtu n’était pas un animal ! S’il était là, il aurait mis une méchante baffe à ce grand dadais ! Mais il n’était pas là… Alors j’ai préféré ne rien dire.

 

Le prof a déchiré les dessins et les a mis à la poubelle. Et je me suis pris comme punition de devoir recopier 10 fois, à la main, les 5 pages du manuel sur la leçon du jour. Avec l’obligation de faire signer la punition par ma tante.


Le Fan club

 

Après les cours, Eric, enfin Quasimodo, est venu vers moi.

 

- Ce prof est un con. Moi aussi j’ai eu le droit à mon humiliation devant tout le monde. Mais moi tout le monde sait déjà que je suis un bon à rien. Hé hé.

Mais c’est dommage, c’était de beaux dessins. C’est des Na’vis des films Avatars ?

 

- Ah, tu as reconnu ?

 

- Oui moi aussi je suis fan.

 

- Ah bon. Ils ne sont pas si nombreux que ça.

 

- Il faudra qu’on se fasse une projection au château. J’ai une grande TV.

 

- Au château ?

 

- Oui le château Verschuer. Je me suis aménagé mon petit repère dans une pièce secrète. On pourra y monter un fan club.


Le repère

 

J’ai rejoint Quasimodo au château après la fin des cours. Je n’aimais pas cet endroit mais si quelqu’un voulait s’ouvrir à moi, tant mieux. Et puis il pourrait peut être m’en apprendre plus sur les mystérieux dessins de Pandora que j’avais trouvé dedans.

 

Pour accéder à son repère, il ne fallait pas avoir le vertige. Sur Pandora je ne l’avais pas mais ici je me suis rendue compte que si. Et c’était très gênant car il fallait monter tout en haut d’un grand escalier à moitié défoncé. Il manquait même les dernières volées de marches qui empêchaient d’aller jusqu’en haut.

 

- Mais Quasimodo, comment on va plus haut ? Je n’ai pas envie d’escalader.

 

- C’est ça l’astuce.

 

Il sortit une petite télécommande et le bruit d’un moteur électrique se fit entendre. Une échelle descendit par un trou dans le plafond et vint à notre niveau.

 

- Et voilà !

 

- Ingénieux !

 

 

Monter sur cette échelle n’était quand même pas très rassurant mais j’ai fait l’effort nécessaire. Et on est arrivé dans son repère.

 

C’était une grande pièce digne d’un manoir gothique. Elle est couverte d’un haut plafond mouluré avec les traces de peintures de scènes de chevalerie. Les murs étaient lambrissés avec de belles moulures sculptés dans un bois sombre. Le sol en parquet qui grinçait était recouvert de grands tapis. Les fenêtres avaient de beaux vitraux avec des blasons médiévaux. Si on regardait plus attentivement on voyait des traces d’humidité, des enduits fissurés et des vitres cassées rebouchées avec du plastique.

 

La pièce était remplie de tout un bric à brac digne d’un antiquaire. Il y avait bien la TV, une console de jeu et un grand canapé avec un énorme tas de coussins.

 

Le plus surprenant, c’était que la pièce était chauffée confortablement. Il y avait de l’électricité.

 

« Branchement électrique pirate. Elec gratos ! Fait par un pote manouche ! »


Les secrets du château

 

Quasimodo avait un bar rempli de tout un tas de bouteilles.

 

- Tu veux quoi ? J’ai de la bière, du vin, de la vodka, du prosecco.

 

-Euh.. Un truc pas trop fort.

 

- Prosecco alors.

 

Et il me servit un premier verre.

 

 

Dans tout ce bazar, une chose attira mon attention. Un uniforme de Nazi ou un truc du genre pendait au mur.

 

« Je l’ai trouvé dans une vieille malle cachée dans les combles. Il est un peu mité et trop grand pour moi. Il appartenait peut être au Dr Szell. Tu sais le médecin nazi fou. Son supérieur, Otmar von Verschuer a donné son surnom au château. On raconte qu’il faisait des expériences bizarres aussi ici. »

 

Quasimodo ouvrit ensuite le tiroir d’un bureau et en sorti un pistolet. Ce qui me fit froid dans le dos. S’il m’abattait ici, qui le saurait ?!

 

« C’est un Luger Parabellum. Le pistolet favori des officiers SS. Il était dans la malle avec l’uniforme. Il marche encore. T’inquiète, j’ai tué personne avec. »

 

 

Il remit le pistolet dans le tiroir et on s’assit dans le canapé face à la TV.

 

- J’ai des centaines de films dans la carte mémoire de la console. Tu veux revoir quel film Avatar ?

 

- J’aimerai bien mais ils sont très longs. Et j’ai ma punition à faire. Et si je rentre trop tard ma tante sera mécontente. Mais… euh…

 

 

Est ce que je pouvais me confier à lui. Ce n’était pas quelqu’un de très honnête… enfin il trafiquait des trucs… Mais il connaissait bien ce lieu en même temps.

 

- J’ai trouvé ici, enfin dans une salle en bas, totalement par hasard – là je mentais un peu - , un bocal caché sous un plancher. Il y avait des dessins et des textes bizarres écrits sur des vieux papiers qui dataient de la guerre. Le plus étonnant c’était qu’il y avait des dessins de Pandora dessus. J’ai pensé que c’était un jeu d’urbexeurs ou un truc du genre.

 

- Y a pas mal de gens qui visitent le château. Des gamins aussi et d’autres qui tiennent des messes sataniques. Comme ta cousine apparemment. Dans les caves il y a des accès à d’anciennes carrières et à des grottes. Des bunkers y avaient été aménagés mais l’eau a envahie une grande partie des galeries. Un jour deux gamins se sont aventurés dedans. On ne les a jamais revus. Ils sont tombés dans un puit sans doute. Moi je n’ai pas osé aller trop loin, ça fout trop les jetons.

Mais j’ai trouvé d’autres trucs bizarres dans le grenier.

 

 

Quasimodo reparti vers une vieille valise à moitié aplatie. Et il en sorti un long tissu blanc. En fait non c’était plutôt un vêtement avec de très belles broderies qui faisait comme des plumes attachées sur de la dentelle.

 

« Et j’ai les chaussures qui vont avec ! »

 

Et il sorti les chaussures, des escarpins à talons de femmes visiblement.

 

« Tu as vu la taille des chaussures ! Ce devait être une géante ! La robe est aussi très grande. Et il y a un trou bizarre ici. »

 

Quasimodo désignait un trou circulaire de 5 cm de diamètre a vue d’œil situé ce qui semblait être l’arrière de la robe.

 

 

J’ai réalisé aussitôt ! Le trou c’était pour la queue ! C’était une robe pour une Na’vi ! Ici !

 

« Il y a un nom sur la robe : Bastet » précisa Quasimodo.

 

C’était le nom sur les dessins ! Ainsi donc c’était une Na’vi qui les avait fait ! Ici sur Terre ! C’était dingue ! Mais non ce n’est pas possible… Et pourtant… Quasimodo n’en savait pas plus visiblement. Et puis il fallait que je rentre pour faire ma punition. Donc j’ai demandé à repartir et il m’a aidé à redescendre en lui promettant de revenir plus tard.

 

 

De retour à la maison, j’ai commencé à faire ma punition. J’étais fatiguée et je crois que je me suis endormie…

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