Marcheuse de rêve
Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) :
https://forum.fanfictions.fr/t/ff-avatar-marcheuse-de-reve-illustrations/7399
Cher journal : Je suis heureuse. Tout se passe bien pour moi. Et j’ai pu enfin me confier auprès d’une oreille compréhensive et ça fait vraiment du bien. Pourvu que ça dure…
Nouvel essai
Je comptais les jours.
65 jours depuis mon amputation et 125 depuis mon arrivée sur Pandora. Et aussi 70 jours du début supposé de ma grossesse. D’ailleurs un évènement était survenu. Je ne sentais au départ qu’une boule dans mon ventre, une petite boule chaude et agréable. A un moment j’ai perçu qu’elle s’est mise à bouger. Elle se déplaçait dans mon ventre et je sentais à un intervalle régulier qu’elle venait me chatouiller.
« L’œuf à éclos. Le petit est vif et se nourris au sein de ton ventre. Tout semble normal. » Ce furent les conclusions laconiques de la Tsahik. Mais « normal » était un mot qui plaisait à tous. Alors j’étais rassurée.
Il faut savoir que les bébés Na’vi naissent dans le ventre de leur mère et se nourrissent à une glande interne. Mais ils ne sortent pas du ventre pour aller dans une poche externe comme les marsupiaux terrestre. C’est plus proche de la gestation de certains requins. Oui j’avais interrogé Internet pour obtenir ces précisions, la peur de pondre un xénomorphe peut être.
Et maintenant j’étais de nouveau prête à dompter un Ikran, ma main droite ayant complètement repoussée, mais toujours avec ses cinq doigts. J’essayais de la cacher en permanence, c’était devenu un reflex. Mais ce n’est pas facile quand on n’a pas ni poche ni manche !
Le matin je suivi de nouveau Xurtu dans un nouveau périple vers les montagnes flottantes. 5 jours à crapahuter dans la forêt en faisant bien attention de ne pas croiser de vilaines bestioles.
Je repris les airs avec une liane flottante qui m’éleva cette fois à l’écart d’une montagne flottante. Pas de chance !
L’une d’elle finit toutefois par passer en dessous de moi. Elle était énorme et comportait en son centre un lac.
« Saute et dirige toi au milieu du lac ! » me cria Xurtu qui me tournait autour sur sa monture.
Sauter !? J’avais appris à sauter, à me diriger dans les airs et à me freiner dans le feuillage un peu comme dans les films. Mais je peux dire que ça faisait quand même un peu mal et c’était risqué. Par contre se recevoir dans l’eau était plus sûr et ce quelques soit la hauteur. Encore faillait il que l’eau soit assez profonde ! Ce n’était pas facile à estimer mais j’ai décidé de faire confiance à Xurtu.
Pendant la chute j’ai de nouveau ressenti le ralentissement du temps. J’ai pu ainsi prendre la bonne position, à plein ventre, les jambes et les bras écartés. Et ensuite au dernier moment il fallait se retourner, les pieds en avant. Encore une fois mouvement parfaitement exécuté suivi d’une entrée brutale dans l’eau. Le lac était assez profond et je suis remontée rapidement à la surface. Voilà j’étais enfin arrivée à pied d’œuvre !
Un nouvel ami
Je suis sorti du lac. D’ici cette île volante avait l’aspect d’un cratère. J’étais au creux d’une cuvette couverte des petits arbres dont le lac occupait le dixième de la surface au centre.
Les Ikrans étaient sur la lisière. Il fallait donc marcher jusque là. Le sous bois était clair et habité par de petits animaux qui se cachaient quand ils me voyaient. Je faisais bien attention de ne pas retomber sur la bestiole venimeuse de la dernière fois.
A un moment je suis arrivée sur un très large trou. Curieuse de voir sa profondeur j’ai regardé au fond. Et bien il n’y avait pas de fond ! Le trou ou plutôt le gouffre traversait l’île et on voyait la forêt en dessous. Vertigineux !
Je suis arrivée à la lisière de l’île qui se finissait par une falaise verticale d’ou poussait quelques arbres. Les Ikrans étaient là, « assis » sur le sommet de la falaise, tous prêts à s’élancer dans le vide.
Tous avaient une aura, l’île aussi avait son aura. Je les sentais vibrer et s’exciter depuis mon arrivée. Je devais me concentrer. Les Ikrans étaient intelligents, ils savaient pourquoi j’étais là. Ils savaient que l’un d’eux finirait, probablement, avec moi et devrait quitter son habitat. Il fallait viser un jeune célibataire, le lien avec un Na’vi devant remplacer le lien avec un congénère. Je devais devenir son épouse, spirituellement j’entends.
J’ai fini par identifier mon objectif. Et il l’avait compris. Il lui suffisait de s’envoler pour m’échapper, je devais le convaincre de rester. Je devais le convaincre qu’une vie avec moi serait plus souhaitable. Il fallait lui envoyer les messages d’amour que j’avais appris.
L’animal se laissa approcher mais je savais qu’il allait me tester, c’était la phase la plus dangereuse. Et d’un coup il essaya de m’attraper avec sa grande gueule. J’esquivais l’attaque facilement tout en conservant mes messages d’amour. Il continua en tentant de m’attraper à plusieurs reprises, en vain malgré ses efforts.
Après un moment à faire cette sorte de danse nuptiale, il a conclu que j’étais digne. Alors l’Ikran s’est incliné et j’ai vu son aura signifier l’acceptation du lien.
Il n’y avait pas un instant à perdre et je montais sur son dos, approcha l’extrémité de mon Kuru du sien et fit le lien pour entremêler nos filaments. Le lien était fait pour donner de l’affection et pas de la colère, du plaisir et pas de la souffrance. Ainsi fonctionnait la relation avec son Ikran. Et lorsqu’on s’élança dans le ciel, lui et moi, le premier vol a été parfait et d’un coup j’ai oublié tous mes tracas. Il suivait mes indications visuelles et me faisait aussi des suggestions que je suivais ou pas mais qui étaient souvent judicieuse.
J’ai volé jusqu’à la tombée de la nuit zigzagant entre les Montagnes Flottantes. Il était heureux, j’étais heureuse. Il ne me jugeait pas. Je lui donnais le nom de Pégase.
Etais je mauvaise ?
C’est finalement Xurtu qui vient à mon niveau à la tombée de la nuit. En fait j’avais vu qu’il me suivait de loin mais me laissait profiter tranquillement de ce moment.
Il me félicita pour avoir réussi cette étape importante mais il fallait trouver un endroit pour la nuit avant de retourner au village. Ce fut la cime d’un grand arbre qui nous accueilli pour ce campement. Ce fut le moment pour quelques confessions :
- Neytiri, je suis heureux que tu ais réussie. Mon cœur était plein de doutes.
- Moi aussi Xurtu, j’ai eu des doutes mais j’ai essayé de ne pas les laisser m’envahir.
- Savoir se dominer et aussi important que de dominer la situation. Maintenant on pourra aller voir la Grande Tsahik. Elle te permettra de voir comme nous.
- Est ce vraiment nécessaire ? On pourrait partir tous les deux dans un coin tranquille et vivre notre vie.
En fait je redoutais que la Grande Tsahik me perce à jour. Qu’on découvre ma vraie nature. Le pire c’est que même moi, je ne la connaissais pas… Et je redoutais ce qui pourrait se passer après.
Mais Xurtu était tout à fait conscient de ça :
« Je sais que tu redoutes que l’on voit au fond de toi. Mais tu ne peux être mauvaise. C’est l’évidence. »
Non je n’étais pas mauvaise. Enfin je le pensais. Mais les Na’vis d’ici avaient ils la même notion de ce qui est mauvais… C’était la question.
Salut les cons
De retour au village, le fait d’avoir dompter un Ikran n’avait pas changé mon statut de personne bizarre à éviter. Xurtu m’avait prévenu. Seule Fleur était accueillante, comme d’habitude.
Puis j’ai passé 15 jours supplémentaires au village, notamment à fabriquer une selle pour mon Ikran. Et appris aussi à manier l’arc sur cette monture. Geste que je réussissais parfaitement en utilisant mon pouvoir de dilatation du temps.
Maintenant il était temps de partir voir la Grande Tsahik. D’elle dépendait mon avenir.
C’était un long voyage, 16 jours. On vole la journée et on passe les nuits en pleine nature. Seul Xurtu m’accompagnait dans un périple qui pouvait s’avérer dangereux. Il y avait les bêtes sauvages, des plantes vénéneuses et possiblement quelques Na’vis hostiles. De quoi bien s’amuser en somme !
Je fis mes adieux à Fleur avec de chaudes larmes. Les autres je leur fis un signe de la main auquel ils ne répondirent pas. J’avais envie de leur dire « Salut les cons ! » mais j’étais certaine que quelques un pourraient me comprendre !
Le temps de seller Pégase, de le charger d’armes, de ravitaillement, de quelques accessoires et on est parti.
Excursion
Comme nos Ikrans étaient chargés et qu’on avait un long trajet à faire, il fallait s’installer dans une position qui minimisait la prise au vent dans cet air très dense. Donc on s’allongeait sur le dos, la tête en arrière, entre les ailes de nos montures. C’était reposant et je pouvais contempler le ciel. Toutefois on restait sur nos gardes en utilisant les sens des Ikrans via le lien. On ne voyait pas directement par leurs yeux mais on pouvait percevoir sur quoi leurs regards était attirée. Et leurs vues étaient meilleures que la notre avec la paire d’œil avant qui voyait très loin devant et la paire d’œil arrière qui surveillait les alentours à quasiment 360°.
Notre parcours suivait la lisière du contient, au dessus de la forêt mais toujours en vue de la mer. Le paysage était varié et monotone en même temps. La forêt, aux arbres de toutes tailles et aux formes parfois extravagantes, était toujours présente et englobait des plateaux rocheux plus ou moins haut. Il n’y avait aucune grande rivière, seulement des ruisseaux qui disparaissaient dans les fissures du sol.
On suivait la mer pour pouvoir essentiellement nourrir nos Ikrans qui étaient particulièrement doués pour attraper des poissons. Et en plus il en prenait aussi pour nous.
Les nuits se passaient en pleine nature, très souvent sur la cime d’arbres géants qui dominaient les alentours. Les animaux type Toruk ou Thanator pouvaient nous atteindre. Il fallait faire le guet à tour de rôle et placer les Ikrans à des endroits stratégiques pour surveiller nos arrières.
Au départ les nuits étaient sombres et la bioluminescence venant du sol répondait au scintillement des étoiles du ciel. Puis on retrouva la puissante lueur de la planète mère qui s’imposait aux autres.
Confession
C’était le matin du 14e jour de voyage et Xurtu me réveilla avant le lever du soleil. On allait bientôt arriver à destination mais il voulait passer la nuit dans un village Na’vi ou vivait l’une de ses filles. Et donc il fallait être bien propre à l’arrivé. Qu’est qu’ils étaient maniaques !
Pour se pomponner sur un arbre, on récupérait une sorte de nectar dans une grosse fleur. Je trouvais l’odeur pas terrible mais visiblement on n’avait pas les mêmes goûts. Et pour certains soins il fallait faire appel à l’autre. Et quand il touchait, j’en pouvais plus…
- Tu es encore toute excitée ! Je n’ai jamais vu une telle fertilité chez une femelle. Chez un male non plus.
- Je ne sais pas pourquoi. Je suis faite ainsi.
Est ce que je devais aller plus loin ? Est ce que je pouvais lui faire confiance ? Lui confier mes secrets ? De toute façon la Grande Tsahik risquait de les découvrir dans quelques jours.
- Il faut que je te demande…
- Je t’écoute.
- Est ce que ça arrive chez vous des gens qui pendant leur sommeil rêvent une autre vie ?
- Ca peut arriver.
- Et bien moi quand je dors, je rêve que je suis une autre personne dans un autre monde. Et ça toutes les nuits.
- Et cet autre monde il ressemble à quoi ?
- Les gens sont petits et moches avec une peau claire un peu jaune ou rose. D’autres ont la peau plus sombre. Ils n’ont pas de Kuru ni de queue. Ils construisent de très grands villages en pierre. Y a tout un tas d’objets fabriqués. En fait on ne vit que dans des objets fabriqués. Les animaux, les arbres sont loin. La nourriture arrive dans des boites déjà prêtes à manger et fait par d’autres gens qui ne font que ça. Le Soleil est beaucoup plus brillant et chaud, enfin quand il n’est pas caché par des nuages. Et il n’y a qu’une Lune dans le ciel. Mais les étoiles sont pareils qu’ici.
- Et tu fais quoi dans ce monde ?
- Je suis encore jeune et je vais m’instruire dans une école, une sorte de lieu ou on réunit d’autres jeunes pour leur apprendre des choses.
- Apprendre quoi ?
- Des trucs qui servent à rien… Ou alors pour fabriquer des objets. C’est nul, c’est ennuyeux, c’est moche. Je ne peux pas m’en échapper. Je ne peux même plus rêver à autres choses !
Quand je regarde ma main à cinq doigts je me rappelle que les gens de monde ont aussi tous cinq doigts.
Xurtu afficha un air vraiment navré. Il me prit mes mains dans les siennes.
« Ce que tu me dis là est bien triste. Alors je partagerais mes rêves avec toi lorsque nous nous unirons. Et nous levrons ce maléfice. »
Et je le pris dans mes bras, blottissant ma tête sur son énorme torse. J’étais si heureuse qu’il le prenne si bien. Il ne voyait que le positif en moi. Il fallait espérer que la Grande Tsahik soit du même avis…
Mais j’étais fatiguée et j’ai du m’assoupir le temps que Xurtu aille chercher quelques vivres…