Marcheuse de rêve

Chapitre 17 : La meilleure preuve d’Amour

2037 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 08/01/2026 22:34

Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) :

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Logique implacable

 

Xurtu me réveilla comme je l’avais anticipé.

 

« C’est pas le moment de s’endormir ! »

 

Mais il a vu ma mine un peu déconfite :

 

- Tu n’es pas bien ?

 

- J’ai fait un mauvais rêve. Je tuais des gens.

 

- Pourquoi ?

 

- Ils me voulaient du mal. Mais j’aurais pu les épargner.

 

- Si ils étaient mauvais, ils méritaient leur mort.

 

- Mais qui suis-je pour juger ?

 

- Faire le mal à d’autres volontairement c’est forcément être mauvais.

 

 

Les Na’vis ne s’embarrassaient pas d’interrogations éthiques. Mais je me disais que s’ils finissaient par me trouver mauvaise, ils pourraient aussi me tuer sans hésiter. J’étais dans une situation délicate dans les deux mondes et ce n’était pas agréable.


Le village du Lagon Bleu

 

J’étais encore préoccupée par mes divers questionnements lorsqu’on arriva à dos d’Ikrans au village ou la fille de Xurtu avait trouvé son foyer. En effet, les Na’vis ne se mariaient pas toujours dans leur tribu. Ils cherchaient sans doute à éviter la consanguinité en allant chercher des unions ailleurs.

 

Le site était très différent de ceux que j’avais visités jusque là. Souvent la cote du continent se finissait dans la mer par des falaises abruptes. Hors ici il y avait une grande baie presque fermée avec des eaux cristallines peu profondes. C’était un grand lagon parsemé d’îlots rocheux plus ou moins hauts et plantés d’arbres. Et il y avait des grandes plages, choses très rares ici.

 

Le lagon était cerné de falaises plus ou moins hautes et un plateau émergeait plus haut que les autres alors qu’il était relativement étroit. Il méritait plutôt le qualificatif de piton.

 

Le village était logé en haut de ce roc et je pouvais voir les grottes et leurs aménagements à mesure qu’on se rapprochait. Il y avait aussi des maisons au pied du piton, sur une plage du lagon.

 

 

- C’est un bel endroit dis je à Xurtu !

 

- Les fonds marins sont exceptionnels. La pèche est aussi très facile et sûre. Mais il faut rester sur ses gardes.

 

- De quoi ?

 

- Quand la mer commence à envahir la terre, elle peut couler brutalement. C’est pour ça que le village est sur une roche saine.

 

 

Pour les Na’vis, leurs îles et leur continent flottaient sur les eaux. Quant ils étaient vigoureux, ils – les roches – poussaient vers le ciel mais quand ils déclinaient, ils s’enfonçaient progressivement puis coulaient dans les abysses.

 

C’était un peu bizarre de penser ça. Je m’étais demandé si je n’avais pas fait une erreur de « traduction » mais apparemment c’était ainsi qu’ils pensaient que leur monde fonctionnait.


Les hôtes

 

On se posa au sommet du piton ou se trouvait le village. Xurtu s’était sans doute déjà signalé télépathiquement et les habitants savaient déjà à quoi s’attendre.

 

L’accueil était plutôt bon mais mes différences créaient visiblement un malaise et j’essayais perpétuellement de me cacher derrière Xurtu. Je dissimulais ma main à cinq doigts mais ils étaient déjà tous probablement au courant. Je ne pouvais pas voir en eux mais je devinais leur discussion à mon sujet.

 

Xurtu me présentait comme une sorte d’handicapée ce qui m’évitait le statut de Démon. Mais je ne recueillais que des regards hautains voire dédaigneux.

 

 

La fille de Xurtu avait 46 années pandoriennes et était marié depuis 7 ans. Elle avait eu un enfant il y a 4 ans. Elle était visiblement heureuse de voir son père mais bien que respectueuse avec moi, elle restait distante.

 

Je restais dans un coin lorsqu’on s’installa dans sa maison pour une réunion de famille assis au sol autour de panier de fruits. C’était une discussion silencieuse, je voyais juste leur aura onduler. Je comprenais certains de leur échange. Des motifs revenaient régulièrement et j’avais appris des messages simples comme les salutations. J’avais réussi à les reproduire mais le langage télépathique des Na’vis étaient bien plus complexe que celui des Ikrans. Après 160 jours ici je n’arrivais qu’à saisir que quelques pour-cents de leur conversation.

 

 

Après un moment, Xurtu m’indiqua qu’on allait rester la nuit ici et qu’on allait en profiter pour nager dans le lagon.


Baignade

 

Descendre du village vers le lagon était un jeu, un jeu périlleux mais amusant. Le premier en bas, en un seul morceau, avait gagné ! Et pas question d’utiliser l’escalier taillé dans la roche, bien trop long.

 

Alors il fallait sauter dans le vide le long de la falaise mais en ayant bien calculé son coup pour trouver un replat, une prise ou une branche pour freiner sa chute.

 

Je devais les impressionner, alors j’ai utilisé mon « truc » pour ralentir le temps et effectuer des mouvements d’une précision millimétrique. Et j’ai gagnée ! Et ça m’a valu une certaine considération. Ils me faisaient un peu moins la gueule.

 

 

Le lagon était un endroit magnifique. Dans le village de Xurtu, la falaise plongeait à pic dans les eaux sombres de la mer. Quant on allait dans l’eau il fallait rester sur ses gardes constamment car de gros prédateurs rodaient. En plus le courant était fort et les vagues puissantes. On ne plongeait jamais pour le plaisir, juste pour pécher.

 

Ici non seulement l’eau était claire, calme, mais le peu de profondeur interdisait la baie aux poissons les plus dangereux.

 

Là je me croyais vraiment dans le film Avatar 2 avec tous ces poissons bizarres dans une eau cristalline. En plus on pouvait rester longtemps sous l’eau. Xurtu m’avait appris qu’on pouvait nager des heures sans respirer en utilisant notre « énergie corporelle ». Mais il ne fallait pas trop en abuser car cette énergie mettait aussi des heures à se reconstituer.

 

 

La nuit vint bientôt, trop tôt. Mais heureusement beaucoup de bestioles étaient bioluminescentes. J’aurais bien continué à explorer et à jouer sous l’eau comme ça toute la nuit mais Xurtu me rappela qu’il fallait se reposer car demain il allait falloir partir tôt.

 

Alors je lui demandais une faveur :

 

- Est ce qu’on pourrait passer la nuit sur un îlot ? Tout les deux ?

 

- Il y a une maison d’invité au village qui nous attend.

 

- J’ai vu aussi qu’il y avait une cabane sur un îlot qui sert aux pêcheurs. Juste toi et moi, au village tout le monde me regarde de travers. Aller ! Juste une nuit !

 

Et Xurtu céda et accepta qu’on se rende sur cet îlot.


La meilleure preuve d’Amour

 

L’îlot en question était en fait une sorte de gros arbre trapu, un peu comme un baobab, qui poussait dans l’eau. Il était entouré d’un banc de sable blanc. La cabane, sphérique comme un nid de frelons, était posée sur une des branches. Elle était juste assez grande pour coucher à deux. Nos deux Ikrans nous avaient suivis et se reposaient sur le banc de sable.

 

J’aurais bien voulu que ce jour ne s’arrête pas. Je redoutais qu’à mon réveil sur Terre la police vienne m’arrêter. Ou alors que dans quelques jours la Grande Tsahik me bannisse ou pire. Alors il fallait en profiter un maximum.

 

- Xurtu, mon futur mari… C’est compliqué… Comment dire… Lorsqu’on s’est… accouplé. Tu semblais surpris par la force de mes émotions. Tes émotions étaient moins fortes ?

 

- Oui. Sans le lien, s’accoupler c’est faire un effort un peu pénible comme porter une lourde charge.

 

- Ce n’était pas agréable ou excitant ?

 

- La seule perspective était de ne pas laisser passer ta période fertile. Ca aurait été un pur gâchis.

 

- Le cadeau d’Eywa…

 

….

 

- Et si on faisait le lien maintenant !

 

- Mais non, c’est impossible ! La Grande Tsahik doit te voir avant !

 

- Justement si on fait un bon lien entre nous, ce sera un plus pour moi. En faisant ça tu me renforceras.

 

 

J’avais du toucher une corde sensible car Xurtu sembla troublé un moment. C’était le moment d’enfoncer le clou.

 

« Fait le pour moi, pour notre enfant et pour toi ! »

 

Alors il me prit dans ses bras et me pressa contre lui.

 

« Tu as raison, faisons le maintenant. Si la Grande Tsahik te rejette, je ne pourrais pas me pardonner de ne pas avoir tout essayé. »

 

Xurtu savait le risque qu’il prenait. S’il se liait à moi, il tomberait en même temps que moi. Peut-on donner meilleur preuve d’amour ?!

 

 

Alors j’approchais l’extrémité de mon Kuru du sien et les deux grappes de filaments furent attirés l’une vers l’autre. Puis elles s’entremêlèrent.

 

 

C’était bizarre…Différent d’un Ikran… Plus profond… Je pouvais ressentir le corps de Xurtu comme si j’étais lui… Et je pouvais ressentir ses émotions qui brillaient dans son aura mais comme si elle venait de l’intérieur de son corps transparent… Je percevais son appréhension disparaître… Maintenant il était heureux…

 

Et soudain je sentis mon corps devenir léger, léger comme une plume et Xurtu s’envola m’entraînant par la main. Surprise j’eu un moment un peu peur mais Xurtu m’envoya un souffle d’apaisement. On volait maintenant dans les airs sans efforts. J’étais Superman ?! Mais je réalisais assez vite que ce n’était qu’une sorte de rêve commun. Je devais m’abandonner et me laisser guider par Xurtu qui avait sûrement plus d’expérience que moi.

 

C’était une expérience tellement nouvelle et étrange pour moi que je ne savais plus vraiment ce que je voyais… enfin ressentais parce que ça arrivait de tous mes sens y compris de l’intérieur. C’était comme si j’étais au cœur d’un énorme feu d’artifice de sensations qui éclatait de partout. Des sensations spectaculaires et si agréables qu’elles auraient pu apparaître terrifiantes tant elles étaient étranges. Mais je sentais que l’esprit de Xurtu était tout autour plein de bienveillance et veillait à ne pas m’effrayer.

 

J’ai fini par émerger de ce shaker à plaisir et constaté que j’étais enlacé avec Xurtu dans la cabane. Nos corps étaient brûlants et notre respiration rapide comme si on avait couru un marathon.

 

Le lien était toujours fait et il me parlait dans ma tête :

 

- Ma femme, nous sommes si heureux.

 

- Je le sens, oui. Moi aussi. C’était stupéfiant !

 

- Tu es encore jeune, tu verras toi aussi tu pourras faire pareil avec de l’expérience.

 

- Je ne sais pas si j’y arriverai…

 

- Peu importe, ce que je te donne, tu me le renvoies en miroir. Ce que tu ressens je le ressens aussi.

 

 

Cette activité m’avais totalement épuisée et sans même m’en rendre compte j’ai du m’endormir…

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