Marcheuse de rêve

Chapitre 19 : Les Parias

2698 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 12/01/2026 22:57

Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) :

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Cher journal : Ce n’était pas de ma faute ! Le destin nous a joué un bien vilain tour. J’ai été obligé de le faire…encore. Je n’oublierai jamais ses grands yeux vides.


Cataclysme

 

Je me réveillais sur Pandora. Il faisait encore nuit. J’étais toujours à coté de Xurtu.

 

Mais quelque chose n’allait pas ! Je sentais des vibrations dans le sol.

 

Les Na’vis ne dorment que d’un œil et Xurtu se réveilla à son tour.

 

- Qu’est ce qu’il y a ma femme ?

 

- Tu sens ?

 

- Quoi ?

 

- Le sol tremble !

 

 

Et cette fois une secousse plus forte se fit ressentir. Des oiseaux s’envolèrent. Nos Ikrans commençaient à s’agiter.

 

- Qu’est ce qui se passe !

 

- Il faut fuir immédiatement me répondit Xurtu visiblement affolé !

 

 

Le temps d’atteindre nos Ikrans, plusieurs secousses se firent sentir. L’eau du lagon se mis à bouillir à certains endroits.

 

Alors qu’on s’apprêtait à s’envoler un des îlots du lagon s’enfonça brutalement sous l’eau dans une gerbe d’écumes et des craquements sinistres.

 

On venait de s’envoler lorsque l’emplacement de l’îlot engloutit laissa la place à un trou tourbillonnant, comme un lavabo qui se vidait. Le fond du lagon et ses îlots se fragmentèrent progressivement autour de ce trou qui devenait de plus en plus grand et profond.

 

Le lagon tout entier s’effondra et s’enfonça avant d’être submergé par une immense vague. En quelques instants tous fut engloutit dans un bouillonnement d’écumes et de bois flottants.

 

- Xurtu que se passe-t-il !

 

- Cette terre avait fait son temps. Elle a maintenant sombré dans les abysses. Heureusement que c’était la nuit, les gens du village n’étaient pas dessus.

 

- C’était un si bel endroit…

 

 

Je n’étais pas sûre d’avoir tout compris mais le spectacle n’était pas fini.

 

 

Les falaises qui bordaient le lagon subissaient des effondrements secondaires. Et ce fut bientôt le grand piton qui abritait le village qui commença à glisser. Cette masse énorme bascula dans le vide laissé par le lagon dans un fracas gigantesque accompagné d’énormes nuages de poussières. Mais le pire étaient les auras affolés des habitants et tous les animaux dessus et autour.

 

Et le bloc frappa l’eau avec une force qui le désagrégea en une multitude de rocs. Certaines auras disparaissaient en éclatant comme des bulles de savon. J’assistai en direct, de la selle de mon Ikan, à la mort de dizaines de personnes.


Les secouristes

 

Lorsque l’effondrement fut terminé, on décida d’aller aider les survivants qui surnageaient autour des rochers et autres débris qui flottaient dans l’eau.

 

Il fallait se méfier car certains rochers étaient fragilisés et pouvaient se fendre et se retourner comme des icebergs.

 

 

Certains survivants étaient intacts et purent regagner la rive d’eux même. Mais beaucoup étaient plus ou moins blessés. Certaines blessures étaient vraiment moches. Ceux qui avait perdu des membres, bras ou jambes pourraient s’en sortir avec de l’assistance mais ceux avec le buste écrasé auront plus de mal. Quant à ceux qui avaient la tête broyée…

 

Xurtu pensait bien sûr à sa fille mais cela ne l’empêchait pas de secourir tous ceux qui se présentaient.

 

 

Ce fut un moment très dur et lorsque le soleil se leva on avait sorti tous les survivants. Le village comptait précisément 164 membres dont 21 enfants avant la catastrophe. Là on avait 52 survivants dont 6 enfants. Et 11 morts. Les autres avaient sans doute coulés dans les abysses ou alors avaient été mangés par des poissons charognards.

 

Mais ces survivants n’étaient pas tous sorti d’affaire. Si 18 étaient peu ou pas blessés, 12 étaient mourants et les 22 autres trop blessés pour se débrouiller seuls. En gros seul un quart du clan survivrait à la catastrophe.

 

Xurtu n’avait pas retrouvé sa fille, son gendre et son petit enfant. Il ne montrait pas son chagrin mais je voyais bien qu’il était agité et continuait à observer de temps en temps l’eau. Je n’osais rien dire.


Retourne d’ou tu viens !

 

On a travaillé d’arrache pied pour recréer un camp sur une autre falaise. Vers la fin de la journée la situation était un peu près stabilisée. Mais je sentais au delà du chagrin une sourde colère… contre moi.

 

A un moment deux survivants virent devant moi. Leur aura n’indiquait rien de bon. Xurtu intervint.

 

- Neytiri, amour… Les gens ici croient que tu es la cause de leur malheur.

 

- Quoi !?

 

- Ta venue ici, ton aspect bizarre, le fait qui tu ais refusée de passer la nuit au village… Pour eux tu es un démon des abysses qui est là pour semer le chaos. Et tu dois retourner aux abysses.

 

- Mais c’est totalement absurde ! Comment je pourrais faire ça ! Je n’avais même aucune idée que ce soit possible !

 

- Je te crois amour mais eux ne le croiront pas.

 

- Alors il faut faire quoi ?

 

- On va nous attacher les mains et les jambes et nous précipiter à l’eau avec des lests.

 

- Toi aussi ? Mais on va mourir ?!

 

- Je suis lié à toi désormais. Mais oui on devrait mourir si tu n’es pas un démon.

 

 

C’était si absurde ! Mais voilà on avait conclu que j’étais un démon et mon sort était scellé. J’avais toujours eu cette vague appréhension. Mais je n’avais pas envie de quitter Pandora ! Pas maintenant ! Je pourrais tenter de m’échapper. Pégase mon Ikran n’était pas loin mais je serai sûrement poursuivie. Par contre les Na’vis n’avaient pas pour habitude de mentir, leur nature télépathe rendait leur intention transparente. Mais ce n’étais pas mon cas, je pourrais peut être en profiter.

 

 

- Je suppose qu’on n’a pas le choix. Comment on doit faire ?

 

- Ce chasseur va nous accompagner jusqu’à un endroit ou on trouve des pierres qui coulent. Et c’est lui qui s’occupera de nous attacher. Les autres sont trop occupés pour nous suivre.

 

- Et c’est endroit est loin ?

 

- Assez. On ne le voit pas d’ici.

 

 

Un seul chasseur pour nous deux… Dans un endroit isolé… Je pouvais le faire… Je l’avais déjà fait… C’était moche… Mais ça ne changerait pas mon statut désormais…


Les Parias

 

L’anatomie des Na’vis est différente des humains. Ils sont bien plus résistants. Sous leur peau il y a une sorte de tissage naturel qui agit comme une cotte de maille. Il faut une force considérable pour passer à travers. Une morsure de Thanator ne peut le percer même si les chairs en dessous sont écrasées. Comme disais Quaritch, « Les Na’vis sont durs à tuer ».

 

Ce tissage protège aussi des attaques électriques. La plupart des prédateurs de Pandora, y compris les Na’vis, peuvent créer des décharges électriques comme certains animaux sur Terre. Les dents de Thanator provoquent des décharges mortelles quand elles percent la peau protectrice. C’est ainsi qu’il arrive à chasser les gros animaux.

 

Les Na’vis récupéraient des dents de prédateurs pour en faire des dagues effilées, moyen efficace pour tuer une proie rapidement. Et j’en avais une sur moi comme tous ici.

 

 

Xurtu et moi on marchait vers notre châtiment, le chasseur était derrière nous et nous surveillait. Nos Ikrans nous suivaient fidèlement, volant au dessus de la canopée. La végétation était dense ici. Les Na’vis ont une perception arrière grâce à leur oreille. Sans doute comme la vision infrarouge des serpents terrestres. Donc je savais ou il était.

 

Il fallait être rapide et précise.

 

 

« Oups ! » « J’ai glissé sur un truc »

 

J’ai du mettre mes mains sur le sol pour retenir ma chute. Le chasseur était juste derrière moi. En me relevant j’ai agrippé ma dague qui était sur ma poitrine.

 

« Pardon… » dis je.

 

Et dans un mouvement éclair, j’ai enfoncé la fine lame dans une des oreilles du chasseur, un des seuls endroits vulnérables. Et j’ai libéré la plus forte décharge que j’ai pu.

 

J’ai pu voir dans ses yeux ses pupilles vibrer. Son aura aussi enfla avant d’éclater comme une bulle de savon.

 

Mon attaque avait été si rapide qu’il avait sans doute à peine réalisé ce qui s’était passé. Et il s’effondra sur le sol, la cervelle grillée. J’avais donné la mort les yeux dans les yeux et mon cœur s’était durcit comme de la pierre. Puis je me retournais vers Xurtu qui me regardait stupéfié.

 

 

- Mais qu’as tu fait !

 

- Je… Je l’ai tué ! C’est triste mais il le fallait.

 

- Mais… Mais pourquoi ????

 

- Je n’ai pas envie de mourir maintenant. Je n’ai pas envie de mourir du tout. J’ai envie de mettre au monde notre enfant. J’ai envie de vivre avec toi. Je n’y suis pour rien dans leur malheur, on ne mérite pas notre sort !

 

- Ce que tu as commis fait de nous des parjures ! Et des meurtriers ! Plus jamais nous serons honorés. Nous serons maudits à jamais ! Des Parias !

 

- Et c’est plus important que d’être morts !?

 

- Oui ça l’est. Nous ne trouverons jamais le repos.

 

 

Après un moment de silence je repris :

 

- Ce qui est fait, est fait. On ne peut revenir en arrière. Ce monde me rejette. De toute façon ta Grande Tsahik aurait sans doute eue la même conclusion que ce peuple. Bonne à nous précipiter dans les abysses ! Partons vers les archipels !

 

- Je te comprends… Mon sort est lié à toi... Je suis stupide, je me suis laissé prendre à mon désir d’enfant. Et me voilà maudit. C’est de ma faute. Tu es si étrange…

 

- Je voudrais être normale crois moi. Mais je suis ce que je suis. Je n’y peux rien. Partons, faisons notre propre destin ! Faisons notre propre peuple !

 

- … Je te suivrais… Mais la voie qu’on va prendre sera difficile.

 

- Merci ! Merci mon mari ! Je préfère la difficulté à la mort !

 

Et je le pris dans mes bras, le serrant bien fort. C’était vraiment le Prince Charmant ! Jamais il ne me lâcherait ! Mais il gardait la tête froide.

 

« Il faut partir rapidement avant que les amis du chasseur se mettent à notre recherche. »


Exil

 

On a jeté le corps du chasseur dans un trou profond sans omettre de lui rendre un court hommage. Après tout il avait ses raisons qui valaient bien les miennes. C’est comme à la guerre, tuer ou être tué.

 

Puis on est remonté sur nos Ikrans et on s’est éloigné du village en essayant de voler le plus bas possible. Ils étaient bien trop occupés à pleurer leurs morts pour s’inquiéter de nous. Les cérémonies funéraires étaient longues et complexes. Et la fin ils mangeaient leurs défunts pour récupérer leur énergie vitale et leurs éviter le triste spectacle du pourrissement. Mais bientôt d’autres clans allaient venir les aider car dans cette forêt tous se sait. Et mon crime aussi finira par se savoir partout. Donc il fallait partir loin de la forêt et d’Eywa.

 

L’archipel du nord était à 10 jours de vol, sachant qu’il allait falloir trouver des endroits pour se poser dans l’intervalle. Le vol au dessus de la mer était fatiguant pour nos montures. Très peu de courants ascendants contrairement aux falaises littorales. Comme les îles flottaient et dérivaient, ils étaient impossibles de savoir ou aller pour les trouver.

 

 

La nuit était tombée depuis un moment lorsqu’on vit haut dans le ciel un gros « arbre nuage » qui allait vers le nord. On en voyait assez régulièrement. On aurait dit une sorte de montgolfière en pierre sur laquelle auraient poussé des arbres. Mais de fait c’était un végétal flottant dans les airs à la recherche de lumière. Il pouvait contrôler son altitude pour choisir les vents qui lui convenaient.

 

L’arbre nuage était très haut et il fallut un effort considérable à nos Ikrans pour l’atteindre. L’air était froid maintenant. Cet arbre nuage était énorme, on aurait pu mettre un terrain de foot sur son sommet arrondi !

 

Mais on ne se posait comme ça sur cet arbre volant ! Il commandait à pleins de petites bestioles désagréables qui pouvaient nous rendre le séjour impossible. Xurtu du donc obtenir l’autorisation en proposant des offrandes, des poissons fraîchement péchés. Je voyais leurs auras respectives vibrer mais j’avais toujours autant de mal à les comprendre. Toutefois Xurtu parvint après un moment à obtenir l’autorisation.

 

Les branchages sur le sommet de l’arbre nuage étaient denses et il n’y avait qu’un espace dégagé au centre ou se tenait un petit lac. Il y avait juste la place pour se poser. On se posa alors dans l’eau qui était peu profonde. Il était temps nos Ikrans étaient épuisés. Et moi j’avais froid.

 

 

Xurtu mis les poissons promis dans le lac. L’arbre nuage allait les « digérer » comme une plante carnivore.

 

- L’arbre nuage va vers le nord, il suffira de rester dessus pour finir le voyage dis je à Xurtu.

 

- Non on ne pourra pas rester longtemps. On est autorisé que jusqu’à demain midi. Mais le séjour sera sûr, l’arbre nuage nous défendra. Par contre impossible de faire du feu. On va avoir un peu froid et il faudra manger cru.

 

- Et va t’il prévenir Eywa ?

 

- L’arbre nuage est libre, il n’appartient pas à Eywa, tout comme les îles et animaux boréales.

 

 

Les Na’vis pouvaient avaler des proies entières un peu comme les oiseaux terrestre. J’ai trouvé ça un peu dégoûtant au début mais au moins il n’y avait aucune cuisine à faire !

 

On a donc avalé quelques poissons et on s’est installé sous les feuillages de l’arbre nuage. Le sol était couvert d’une sorte de mousse humide confortable mais qui grouillait de petites bestioles un peu dégoûtantes. J ‘essayais de ne pas y penser et je me blotti contre Xurtu. Et nos Ikrans se mirent autour de nous pour former un îlot de chaleur et lutter contre le froid. J’étais épuisée, à la fois mentalement et physiquement et je m’endormie bien vite.

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