Marcheuse de rêve
Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) :
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Cher journal : On a trouvé notre nouveau chez nous. Et on y a construit notre maison. Une nouvelle routine rassurante s’est imposée mais il faut rester sans cesse sur ses gardes.
Gagner notre place
On a quitté l’arbre nuage avec Xurtu. Heureusement qu’il était là ! Car il fallait toute son expérience pour aller vers les îles boréales. On a du trouver des îlots et d’autres arbres nuages pour parvenir à l’archipel.
Il y avait des îles de toutes dimensions, certaines faisaient la taille de grandes villes, d’autres étaient de simples cailloux. Poussées par les vents et les courants contraires à cette latitude, elles flottaient comme des icebergs et parfois se percutaient. Mais heureusement les plus grandes étaient peu nombreuses et les chocs entre les petites faisaient peu de dégâts.
Selon Xurtu il fallait se méfier des grandes îles, susceptibles d’abriter des grands animaux dangereux ou des tribus Na’vis parias et agressives. Et oui comme nous…
Finalement nous avons trouvé notre île après 18 jours de voyage et d’errance. C’était un haut plateau boisé et étroit aussi élevé que long. Il était bordé de hautes falaises qui garantissaient contre les prédateurs venant de la mer. Car il y avait des sortes de crocodiles géants dangereux qui pouvaient monter sur les îles trop facilement accessibles. Ces falaises ne plongeaient pas directement dans la mer mais étaient entourées d’un glacis boisé sur le premier quart de leur hauteur. Et petit plus appréciable, la rive était ceinturée par une sorte de barrière de corail qui définissait un lagon de faible profondeur qui bien qu’assez étroit, brisait les vagues. Ainsi il y avait des plages, choses très rares sur le continent.
Mais voilà l’île était déjà occupée. Un couple de gros volatils type Toruk avec leur petit habitaient le sommet.
« Il va falloir gagner notre place ! » me dit Xurtu.
Et gagner notre place ça voulait dire tuer les occupants qui ne toléreraient pas notre présence !
Les animaux étaient deux, leur petit ne comptait pas et nous, nous étions quatre avec nos Ikrans.
Xurtu s’approcha de l’île et l’un des Toruks, le male sans doute, s’envola à sa poursuite. Mais moi j’arrivai avec le soleil dans le dos sur la femelle restée sur l’île avec le petit. La créature ne m’a vu qu’au dernier moment. Elle n’a pas pu faire grand chose quand je lui ai planté ma dague et tué d’un choc électrique bien dosé tandis que mon Ikran la distrayait. Mais il ne fallait pas tuer le petit tout de suite car le male allait essayer de le secourir. Maintenant à quatre contre un, c’était une cible facile. Et c’est encore moi qui tuais. Je laissais à Xurtu le petit, dont je ressentais parfaitement la terreur. Je n’avais plus le cœur à ça…
- On a tué toute une famille…
- Tu es une bonne chasseresse. Dans les îles c’est ainsi. Eywa n’est pas ici. C’est tuer ou être tué. Mais nous leur rendrons hommage quand même. Leur peau, leurs chairs et leurs os nous seront utiles.
- Mon mari, je me rends compte que ceci pourrait nous arriver aussi…
- Il faudra être constamment sur nos gardes. C’est le sort des parias !
Notre maison
La végétation dans les îles Boréales était différente de celle du continent équatorial. Pas de couvert forestier continu. Que de grands arbres ressemblant vaguement à des conifères qui poussaient de façon espacé. C’était plus lumineux mais on ne pouvait guère s’y cacher en cas d’attaque aérienne.
Alors il a fallu s’installer dans une cavité laissée par une grosse racine qui avait pourrie. C’était un peu étroit et on a du l’agrandir avec des os taillés. La roche poreuse et légère comme de la pierre ponce était assez facile à tailler mais très abrasive.
On a travaillé sans répits. C’était épuisant. Mais après une vingtaine de jours on avait notre maison. Elle avait une seule pièce centrale dans laquelle on pouvait se tenir débout et faire la cuisine. Une cavité creusée dans la paroi servait de lit.
De là il y avait trois sorties. Deux, opposées, donnaient dans le vide, au sommet des falaises. Une troisième donnait sur le plateau sommital. Il fallait plusieurs sorties pour pouvoir s’échapper si besoin. Ces sorties étaient dissimulées par de la végétation et coudées pour interdire un tir direct depuis l’extérieur. Enfin elles étaient barrées par de solides os qui coulissaient dans la paroi.
Les Ikrans jouaient un rôle crucial. Ils étaient nos seuls compagnons mais faisaient aussi le guet et nous permettait d’aller pécher sans risque. Il ne fallait surtout pas les perdre. Alors on leur a creusé des caches dans la falaise. Encore creuser… Bien 20 autres jours de travail… La peau des Na’vis est solide mais on saignait quand même des mains après une journée à tailler la pierre !
Vie de couple
Quand nos travaux d’installation furent terminés, on est passé a un rythme plus reposant. Je menais une cohabitation étroite avec Xurtu. Aucune sortie solitaire juste un peu lointaine n’était possible en raison des risques.
On était seul mais Xurtu tenait toutefois à suivre ses coutumes de la façon la plus stricte. Et il avait parfois des réactions bizarres qui me rappelaient qu’il n’était pas humain. Etant donné tous les sacrifices qu’il avait fait pour moi, je me conformais à ses habitudes la plupart du temps. Si je manifestais quelques réticences, il était toutefois à l’écoute.
Lever aux aurores. Petite collation. Toilette, coiffure, parures, tout devait être impeccable. Ensuite la matinée était consacrée à la quête de nourriture. Du poisson et d’autres trucs de la mer principalement. Quelques oiseaux et bestioles diverses y compris ce qui tenait lieu d’insectes. Et rarement des fruits car l’île était petite et en comportait peu. L’après midi on préparait la nourriture en grignotant, bricolant nos outils et d’autres trucs. Et le soir repas au couché de Soleil.
On passait un temps considérable à préparer des repas originaux chaque jour, Xurtu connaissait énormément de recettes. Des centaines, des milliers peut-être ! Sa mémoire et ses compétences étaient très vastes, bien plus qu’un humain.
Et enfin après le repas j’avais le droit à mon gros câlin. Enfin à la mode Na’vi c’est à dire avec à chaque fois un feu d’artifice de sensations. Et aussi des plongées dans des mondes oniriques certaines fois vraiment bizarres mais toujours agréables. Cela valait bien le film du soir. Il faisait un gros effort pour me surprendre. Je commençais aussi à maîtriser les subtilités du lien mais il me faudrait du temps pour atteindre son niveau. J’améliorai ma lecture des auras et je commençais à pouvoir communiquer vraiment sans la parole.
Toutefois je préférais encore l’utiliser :
« Xurtu, Amour, es tu heureux ? »
Je voyais clairement ses émotions et son humeur maintenant. Il n’était pas déprimé mais pas exalté non plus. J’aurais tant voulu qu’il fut plus enjoué.
« Je suis ton reflet ma femme. Ton anxiété m’affecte et s’ajoute à la mienne. La vie que tu mènes dans l’autre monde te pèse en plus de celle ici. »
C’était vrai. Sur Terre, Quasimodo avait finit par sortir de l’hôpital. La police avait arrêté de lui tourner autour tout comme moi. J’avais repris contact avec lui mais j’évitais de revenir dans son repère au château. L’endroit me répugnait désormais.
En plus je devais constamment faire mon rapport aux deux agents. Ils me mettaient la pression pour rechercher leur docteur nazi fou et ses sbires, me laissant entendre que la police pourrait de nouveau s’intéresser à moi. C’était du chantage ! Je racontais tous à Xurtu qui était agacé :
- Ils ne se rendent pas compte qu’il y a des milliers d’îles. Les visiter une à une prendrait un temps énorme doublé d’un risque considérable. Tu es une bonne tueuse mais tu n’es pas immortelle.
- Mais je leur dis ! Ici il n’y a pas de cartes, pas d’annuaire et en plus les îles bougent ! Et chaque île est peuplée de monstres ! En plus les gens de Szell doivent aussi se cacher vu qu’on ne les a pas accueillis à bras ouverts. Ils sont peut être morts d’ailleurs. En plus je suis enceinte.
- Ces gens sont méchants ! Ils exploitent ta détresse. C’est mal. Si je pouvais aller dans ce monde, j’irai les tuer.
- On pourrait essayer quelques choses…
Expérience
Xurtu voulait m’aider sur Terre. Je lui avais déjà montré des images mentales de ce monde. Il trouvait Anaonbourg horrible et la vie des humains misérables. Ces créatures décrépissaient avec le temps pour devenir laides et faibles avant de mourir. Elles passaient leur courte vie à faire des taches répétitives, ennuyeuses et absurdes pour des chefs ingrats. Elles étaient souvent mauvaises et mentaient. Beaucoup abandonnaient leur couple et leurs enfants. C’était l’abomination ultime pour des Na’vis.
Et j’avais fini par admettre le point de vue de Xurtu. Mais voilà je devais y vivre quand même. Tenter le suicide sur Terre risquerait de me faire perdre aussi Pandora. Mais un jour je serai vieille sur Terre et je devrais bien finir mon existence là-bas…
Sur les conseils de Xurtu, on avait monté une expérience. Normalement quand on maintenait le lien, il était impossible de s’endormir. Mais en prenant certains venins, il était possible d’endormir temporairement le kuru tout en maintenant le lien.
Alors on s’allongea cote à cote et on tenta l’expérience. Et effectivement malgré le maintient du lien, je pu m’endormir…