Marcheuse de rêve
Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) :
https://forum.fanfictions.fr/t/ff-avatar-marcheuse-de-reve-illustrations/7399
Cher journal : A sa naissance, j’ai été un peu surprise. Il avait vraiment une drôle de tête. Mais heureusement il a rapidement changé et il est si mignon maintenant.
Les jours paisibles
Les jours passaient tranquillement sur notre petite île. La routine aurait pu paraître ennuyeuse mais ce n’était que du bonheur avec Xurtu.
Tous les soirs on se faisait une petite séance de rêve partagé. Nos deux esprits reliés faisaient vivre des expériences si sensationnelles. Les Na’vis ici cultivaient l’art de l’onirisme qui dépassait ce que pouvait procurer tous les divertissements humains, même après avoir avalé des tonnes de drogues.
Cela renforçait bien évidemment le lien entre nous. Et je comprenais parfaitement que si un couple était séparé, on pouvait sombrer dans une tristesse profonde.
Alors je veillais sur lui comme lui veillait sur moi. Car il y avait parfois des alertes.
Une île comme la notre était recherchée par les grands volatils. Et il fallait régulièrement les chasser pour ne pas qu’ils s’installent.
L’angoisse montait aussi lorsqu’une grande île se rapprochait. On pouvait la percuter, un choc trop violent risquant de briser notre rocher. Heureusement les chocs se faisaient souvent à petite vitesse. Mais surtout il pouvait y avoir sur ces grandes îles des prédateurs dangereux ou plus rarement des Na’vis hostiles. Et une fois c’est un couple d’une sorte de Thanator qui s’est invité sur notre île. Leur grande queue plate en faisait des bons nageurs et leurs 6 pattes préhensiles des bons grimpeurs. On ne s’est pas laissé surprendre, on n’a manifesté notre détermination et voyant qu’ils ne pourraient pas nous attraper sur nos Ikrans, ils sont repartis chez eux.
Finalement ces péripéties mettaient du piment dans le quotidien.
Sur Terre
Sur Terre, j’essayais d’éviter le plus les ennuis.
Pour satisfaire les agents qui me demandaient sans cesse des nouvelles, je prétendais qu’on explorait toutes les îles qui passaient à proximité. Ce qu’on ne faisait évidemment pas vu les risques encourus. Xurtu m’aidait en inventant des péripéties.
Quasimodo était revenu à l’école. Il boitait encore un peu ce qui lui faisait encore plus mériter son surnom. L’enquête sur nos deux agresseurs que j’avais fait disparaître n’avançait apparemment pas. Les flics avaient trouvés le repaire de Quasimodo au château mais rien de compromettants n’étaient apparus. L’argent, le flingue et les produits étaient bien cachés. Il s’était juste fait réprimandé pour le branchement électrique pirate. Qu’il avait rétabli peu après…
On essayait de s’éviter pour ne trop attirer l’attention mais j’allais dans son repère de temps en temps. Il avait pris des mesures pour éviter qu’on se fasse de nouveau surprendre.
Par contre j’avais eu du mal à lui expliquer comment le pistolet, lors de « l’évènement », s’était retrouvé dans ma poche. Je ne pouvais pas lui dire qu’un « fantôme » l’y avait mis. Alors je lui avais dit que j’avais eu un « pressentiment ». Je ne lui ai toujours pas parlé de ma vie sur Pandora.
Xurtu est venu plusieurs fois « sur » Terre. Les venins utilisés pour maintenir le lien pendant ce voyage onirique ne pouvaient être utilisés trop souvent. Donc il faisait des apparitions une fois tout les 10 à 15 jours environ.
C’était un bonheur de le voir à Anaonbourg. Il ne pouvait toujours qu’interagir avec sa bio-électricité. Alors ce grand gaillard bleu aimait me faire rire en semant le bazar chez les pauvres humains qui ne pouvaient le voir, distribuant ses châtaignes sur les profs chiants et les idiots de l’école. Ou perturber le fonctionnement des appareils électriques et griller des ampoules. Mais à un moment je lui ai dit de limiter ses interventions car il commençait à semer la psychose. Des gens avaient même fait appel à un médium.
Il avait vu Quasimodo qu’il trouvait honorable malgré sa laideur. Mais il n’avait pas pu entrer dans le château, à chaque fois qu’on avait essayé, le lien s’était rompu et il avait disparu. Il pensait qu’un esprit puissant et potentiellement maléfique habitait le lieu.
Xurtu et moi on avait aussi imaginé des scénarios ou ils viendraient à mon aide sur Terre. D’un choc électrique il pouvait neutraliser quelqu’un qui me voudrait du mal.
Ange
Il y avait aussi quelques choses de très important, ma grossesse.
L’enfant que je portais en moi se développait. Je pouvais le sentir « nager » dans mon ventre et téter mon sorte de sein intérieur. Et puis un jour j’ai sentis son aura. Sa conscience était née.
On pouvait déjà communiquer avec l’enfant. Au début la communication était limitée mais elle s’est complexifiée avec le temps. Pour moi son aura était un chant que j’avais toujours autant de mal à interpréter mais pour Xurtu c’était bien plus. Il pouvait déjà lui apprendre la vie par des images, certes encore grossières. Et il pouvait lui donner des instructions qu’il reproduisait comme bouger un bras ou compter sur ses doigts.
Xurtu était très heureux. Notre enfant semblait normal et cela l’a beaucoup rassuré. Moi aussi car j’avais vraiment peur de mettre au monde un truc bizarre, peut être encore plus que moi.
A la fin mon ventre a commencé à beaucoup grossir ce qui a restreint mes mouvements. Mais Xurtu était là pour s’occuper de l’intendance. On avait eu le temps de bien agrandir notre maison alors qu’on était sur l’île depuis plus de 200 jours. Plusieurs pièces, de la décoration, du mobilier. Le nid était près.
Et l’enfant est venu au monde. La tradition locale voulait que seule la mère gère l’accouchement avec la Tsahik. Le père restant à l’écart. Mais là pas de Tsahik et il fallait que le père surveille aussi les alentours. Donc j’ai du me débrouiller quasiment seule.
Mais c’était pas bien compliqué. Si les femmes humaines souffraient terriblement et pouvaient risquer la mort, là ce n’était pas trop le cas. Et l’enfant est sorti facilement, s’aidant même de ses bras pour se frayer un passage.
Son aspect pouvait surprendre. Il ressemblait plus à un triton qu’à un Na’vi à ce stade avec sa queue massive dans le prolongement de son corps et l’absence de poils. Il pouvait déjà se déplacer à quatre pattes et manger toutes les nourritures d’un adulte, même si mes seins pouvaient aussi le nourrir. Il pouvait aussi communiquer. Enfin et ce n’est pas négligeable, il était déjà propre, pas besoin de couches ! En fait il avait déjà l’avancement d’un enfant humain d’un an au moins.
L’enfant monta sur moi puis s’agrippa sur mon buste. J’avais du mal à le trouver mignon avec sa gueule bizarre mais je suis certaine qu’avec le temps j’allais l’aimer. En tous cas j’étais déterminée à tout faire pour lui assurer le meilleur des avenirs.
Son père l’aimait déjà. Et surtout il semblait absolument normal.
Il fallait lui donner un nom mais il y avait une subtilité. Jusqu’à l’équivalent de l’adolescence, les enfants Na’vis restaient asexués. En fonction de l’environnement, en général pour respecter un équilibre male/femelle, ils évoluaient vers l’un ou l’autre des deux genres définitivement. Pour eux c’était un évènement aussi important que la naissance qui allait impacter toute leur vie future. Et parfois cela ne correspondait pas à leur souhait, d’ou des récits dignes des plus grandes tragédies humaines.
Donc je lui ai donné le prénom d’Ange même si je l’avoue, j’avais pensé à Têtard.
Education
L’arrivé d’Ange n’a pas fondamentalement changée notre vie de tous les jours. J’ai assez vite repris de mon agilité et mon quotidien. L’enfant restait quasiment toujours bien à l’abri dans la maison.
Le matin, on sortait quasiment toujours à deux et on l’enfermait dans une cage pour ne pas qu’il s’échappe et aussi pour éviter que des petits prédateurs vicieux, sorte de gros rats-poissons locaux, ne viennent l’attaquer.
L’après midi, on le laissait vivre avec nous mais en surveillant ses gestes pour éviter qu’il ne se brûle avec le feu de la cuisine ou se blesse avec un couteau. La peau des enfants était bien moins épaisse et résistante que la notre.
Quand il faisait une bêtise et parfois il le faisait volontairement, c’est son père qui le grondait. Il ne le tapait pas mais lui envoyait des « ondes négatives » qui apparemment étaient très effrayantes. Il poussait alors de sortes de couinement qui pourraient passer pour des pleurs. Je ne m’occupais pas de cela car je n’étais pas vraiment capable d’envoyer des « ondes négatives » et je ne connaissais pas l’éducation locale. Et puis lui donner une éducation humaine aurait été sûrement inadapté.
Ce que je faisais par contre c’est de lui procurer des « câlins » oniriques en faisant le lien avec lui. Ainsi je pouvais le projeter dans un rêve éveillé qui était une sorte de super salle de jeu pour lui. Et c’était aussi l’occasion de lui faire des jeux éducatifs. J’essayais de ne pas lui montrer des images de la Terre. Il aurait bien le temps plus tard pour le découvrir, si besoin.
Il s’est écoulé ainsi une année pandorienne, autour de 250 jours. Ange a grandi rapidement et perdu ses caractéristiques de têtard pour prendre celles d’un Na’vi avec une queue fine, des jambes longues, une face plate et des cheveux. Il était bien plus beau ainsi. Et il pouvait marcher sur ses deux jambes.
- Maman. Veux sortir avec vous.
- Ce matin on va chercher des poissons avec ton père. Demain on ira dans le bois chercher des fruits. Alors tu pourras venir.
- Veux sortir aujourd’hui.
- Si on pèche pas aujourd’hui, tu n’auras rien à manger. A moins que tu veuilles servir d’appât pour les poissons ?
- Non…
Et il pouvait parler aussi. Je lui avais appris le langage des humains car c’est encore la meilleure façon que j’avais de communiquer. Même si j’arrivai à mieux utiliser mon aura désormais pour cela.