Marcheuse de rêve

Chapitre 24 : Le clan du Dragon Rouge

2051 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 25/01/2026 21:25

Illustrations liées à l’histoire, à découvrir sur le Forum (Attention Spoilers !) :

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Cher journal : Je ne sais pas quoi pensez d’eux. Sont ils aussi méchants qu’ils en ont l’air ?


Les visiteurs

 

Ce matin on était parti à la cueillette sur le glacis boisé qui ceinturait notre ile. On pouvait y trouver des fruits mais aussi des petits animaux qui agrémenteraient les repas des jours à venir.

 

J’étais avec Xurtu comme toujours lors de ces excursions possiblement risquées. Ange était resté dans notre maison, creusée dans le sommet de la falaise qui nous dominait d’au moins 100 mètres.

 

La base de l’ile abritait de petites bestioles marines qui venaient se reposer au sec. Elles ressemblaient plus ou moins à des homards et étaient succulentes. Mais il faillait bien chercher car elles se cachaient dans tous les creux possibles. Et elles pinçaient fort !

 

 

« Iiiik Iiiik Iiiik »

 

 

C’était un de nos Ikrans qui se s’était envolé en criant. C’était un signal d’alerte ! Un danger potentiel était en vu !

 

Avec Xurtu, on avait préparé ce type de scénario. Il fallait se cacher et identifier la menace. Nos montures étaient dépourvues de selles et l’ile ne montrait aucune trace de notre présence. Avec un peu de chance, on pourrait passer inaperçu.

 

Rapidement nos Ikrans avaient identifiés la menace. Ils transmirent l’information discrètement à Xurtu :

 

- Ce sont quatre Na’vis sur leur monture qui arrivent droits du nord vers l’ile. Il va falloir jouer serré, en cas d’affrontement, on n’aura pas l’avantage.

 

- Ange est seul à la maison !

 

- Oui ma femme, mais remonter la falaise nous prendrait trop de temps. Ils seront sur nous bien avant. Il faut rester cacher.

 

 

Xurtu avait raison, alors on s’est caché dans un arbre creux et on a éteint nos auras. Mais nos Ikans continuaient à nous renseigner.

 

 

Les étrangers se sont posés au sommet après avoir fait un tour de l’ile. Notre maison troglodyte était bien cachée mais serait découverte inévitablement s’ils cherchaient méthodiquement.

 

- Que sont ils venus faire ici demandais je à Xurtu ?

 

- Peut être des éclaireurs des clans du continent qui sont à notre recherche pour nous tuer. Ou alors un des clans sauvages de l’archipel qui vient piller.

 

- Mais on n’a rien ?

 

- Si on a un jeune enfant. Il pourrait nous le prendre pour en faire un esclave.

 

- Oh non !!!


Un plan qui tourne court

 

Le temps passait. Les étrangers étaient toujours au sommet de l’ile. Ils devaient chercher et forcément ils finiraient par trouver. Je n’en pouvais plus d’attendre. La simple perspective de voir Ange enlevé et maltraité me rendait malade.

 

Alors j’ai figé le temps pour imaginer un plan. Il fallait les attirer ici, en bas de l’ile. Les piéger, les affronter et les tuer. En fait en tuer deux suffirait, les deux autres fuiraient probablement.

 

Je fis part de mon plan à Xurtu qui le trouva très risqué mais accepta. Il allait enfourcher son Ikran et attirer les étrangers derrière lui. Le but était de les ramener vers moi et je me chargerais de les affronter.

 

 

Xurtu appela le plus discrètement possible son Ikran et monta dessus. Puis il prit le large avant de remonter en spirale vers le sommet de l’ile… Et après quelques tours, je le vis se poser sur le sommet ?! Ce n’était pas le plan !

 

J’étais toujours cachée dans le tronc et il ne passa rien pendant un moment. Puis Xurtu se manifesta depuis le sommet et me fit signe de venir. Le plan avait été changé ? Etait ce un piège ? Les étrangers étaient ils amicaux finalement ? Xurtu m’avait il trahi ? Non ça ce n’était pas possible !

 

 

Alors je décidais d’obtempérer. J’appelais mon Ikran pour l’enfourcher et remonter vers le sommet de l’ile. Et là je pu voir les étrangers qui étaient avec Xurtu dans des postures et des auras amicales. Mais ils avaient des peintures corporelles rouge, blanche et noire qui faisaient penser aux méchants Na’vis d’Avatar 3.

 

J’avais une certaine appréhension mais après tout Xurtu avait du sonder leurs intentions. Alors je me suis posée et je suis allé vers eux.


Des Bonnes Personnes

 

Les étrangers étaient trois males et une femelle. Et pour une fois ils étaient souriants. J’avançais avec hésitation, cachant ma main à cinq doits. Xurtu fit les présentations :

 

- C’est le clan du Dragon Rouge. Ils sont autour de 150 et cherchent de nouveaux membres. Nous serions les bienvenus chez eux.

 

- Tu es certains de leurs intentions ?

 

 

Les Na’vis ne pouvaient pas lire directement les pensées profondes des autres mais pouvaient détecter les mensonges car ils créaient un décalage émotionnel. Lorsque les intentions affichés et les sentiments n’étaient pas synchronisés cela déclenchait la méfiance. J’arrivais maintenant à voir un peu près en eux mais je ne leurs faisais pas confiance pour autant, réagissant comme l’humaine cachée dans un corps alien que j’étais. Et les Na’vis avaient encore plus de mal à lire en moi ce qui les perturbaient.

 

Xurtu poursuivi :

 

« Je leur ai dit que tu étais bizarre. Mais ça ne les gènes pas, ils ont chez eux quelques Na’vis à cinq doigts. Ce sont de bonnes personnes comme toi. »

 

 

Cette révélation me perturba. Je me rappelais alors des mots des agents. Ils me disaient de retrouver les « Were Jaguar » du Dr Szell qui avaient cinq doigts. En même temps Xurtu les qualifiait de « bonnes personnes ». Bonnes personnes… J’étais aussi une bonne personne alors que j’avais trois meurtres sur la conscience… Comme on dit, tout est relatif…

Toutefois mon mari était la personne en qui je faisais le plus confiance, alors je décidais de le suivre.


L’ile Croissant

 

Il a fallu rassembler nos affaires en vitesse. Le voyage allant durer plusieurs heures, il ne fallait pas trop se charger. De toutes façons, notre maison et le gros de son « mobilier » étant taillés dans la roche, on ne pouvait pas emporter grands choses. Sur place on nous promettait d’ailleurs une maison.

 

Ange était très heureux de sortir et de s’aventurer à l’extérieur. Nos hôtes nous précisèrent qu’il aurait des petits camarades chez eux. Tant mieux. Il volera avec moi, sur mon Ikran.

 

 

On fit un rapide adieu à notre ile avec la quasi certitude qu’on ne pourrait pas la retrouver étant donné qu’elle se déplaçait sans cesse. Même si on allait retrouver la protection d’un clan, je m’étais attaché à cet endroit et c’est avec un pincement au cœur que je la vis disparaitre à l’horizon.

 

 

Le vol dura tout le reste de la journée puis le Soleil se coucha. Pendant tout ce temps je ne pouvais m’empêcher de gamberger. Qui étaient les Cinq Doigts de ce clan ? De « Bonnes Personnes », c’est tout ce que je savais ? Si c’était les sbires du Dr Szell, qu’est ce que je devais faire ? Me joindre à eux ? Les espionner ? Et si j’étais découverte ? Ou alors si les Agents m’avaient racontés n’importe quoi ? Et si les Cinq Doigts venaient du Monde du Dessous ? Tout cela m’agaçait, moi ce que je voulais c’était vivre tranquillement.

 

 

La planète mère était basse sur l’horizon qui la masquait en partie. Elle projetait une lumière rasante sur l’océan qui faisait paraitre les vagues plus grosses. L’ile Croissant apparue en contre jour. Sa forme justifiait son nom. C’était un grand plateau boisé, bordé de très hautes falaises, qui formait un croissant vu de haut. Son coté convexe était bordé par un glacis et un récif assez étroit. A l’opposé son coté concave formait une baie assez ouverte mais avec un glacis et un récif bien plus large. Il y avait de belles plages et un lagon assez vaste.

 

Le village était établi sur le glacis, un peu près au milieu de la baie. Les maisons, j’en dénombrais une petite trentaine, étaient creusées dans la falaise. Devant, sur le glacis et jusqu’à la plage, il y avait des jardins potagers bien entretenus. Ca avait l’air plutôt sympa.

 

 

Par contre ce qui était moins sympa, c’était l’espèce d’énorme totem qui surplombait le village. Constitué d’os colossaux peint en rouge et fixés sur la falaise, il formait un énorme dragon menaçant. Il y avait même des cranes de Na’vis insérés dans cette œuvre sinistre ! Instinctivement j’éprouvais un frisson d’horreur.

 

Xurtu du ressentir mon malaise et me précisa :

« Ici, dans les archipels, il faut être féroce pour survivre. Afficher ses trophées de chasse et de guerre suffit à repousser bien des agresseurs. »

 

En fait moi-même je portais autour du cou les symboles de mes trophées : les trois gros volatils, le Na’vi et les deux humains que j’avais tués. Xurtu avait tenus à ce que je les affiche, ainsi tous ceux qui m’approchaient étaient avertis : « Attention tueuse respectable ! » Une Bonne Personne en somme…


La maison des invités

 

On s’est posé devant la maison des invités. Elle se tenait un peu à l’écart du village. Comme la nuit était déjà bien avancée, on allait attendre le lendemain pour faire les présentations.

 

Comme la maison que nous venions de quitter, c’était un habitat troglodyte qui privilégiait la défense au confort. Derrière une pièce en bois construite devant la falaise et largement ouverte sur l’extérieur, on accédait à la maison par une entrée étroite et coudée. L’intérieur était plutôt spacieux et la roche avait été sculptée avec une rigueur décorative. La pièce principale qui faisait bien sept pas de coté était strictement carrée et couverte d’une voute d’arrête. Sur chacune des faces, une porte couverte en plein cintre donnait sur une chambre plus petite et couverte en berceau. Des bandeaux horizontaux sculptés dans la roche soulignaient les raccords entre les surfaces. Sans le mobilier, beaucoup plus rustique, on aurait pu se croire dans un tombeau Antique.

 

 

- Je n’ai jamais vu une maison pareil me dit Xurtu.

 

- Moi ça me rappelle un peu la Terre. Si tu veux je t’emmènerai visiter le cimetière d’Anaonbourg. Y a des tombes qui y ressemblent.

 

- C’est cette détestable tradition vous avez sur Terre de laisser pourrir vos morts. Nous on les mange pour ne pas laisser perdre leur énergie vitale.

 

- Mmmm… Je sais. Jamais je ne pourrais faire ça !

 

- Il faut bien préparer le corps.

 

- Pitié…

 

 

Mais il fallait se coucher et se reposer. Car demain, on allait avoir une journée chargée.

 

« Ma femme, il va falloir se donner à fond demain. Car on va nous mettre à l’épreuve. Ce clan a une vie dure et il demande des membres forts. Nous le sommes mais il faudra encore le montrer. »

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