Aventures : La Fanfiction - Saison 2

Chapitre 16 : Réflexion

3663 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 01/01/2026 13:08

Épisode 16 : Réflexion

Par Azarith


Tournant le dos aux Aventuriers, l'échine courbée et tous crocs dehors, Eden poussa un rugissement sans la moindre retenue, comme une forme pure de violence bestiale. Même les créatures indéterminées face aux héros parurent pris d'un frisson de terreur. Toutefois prêt à se défendre, Grunlek posa une main sur l'arrière-train de la louve, dans une tentative lancée à vau le vent de l'apaiser. Objectif que, visiblement, Théo ne comprit pas puisqu'il hurla, à moins d'un mètre de l'oreille de l'animal :


— AH, PUTAIN C'EST QUOI CETTE BESTIOLE ?


Il se calma cependant très vite et, une fois la montée d'adrénaline due à l'arrivée de la louve retombée, il se fit la réflexion qu'étant un familier de druide, Eden avait naturellement une tendance à la protection. Cependant, ce fut autre chose qui inquiéta le paladin. Difficile, effectivement, de ne pas remarquer que malgré leur mort apparente, les créatures qui avaient saisi les poignets de Grunlek et de Theodore lui-même n'avaient nullement relâché la pression de leurs morsures. Tandis que tous deux secouaient frénétiquement leurs avant-bras pour se débarrasser des cadavres, Shinddha constatait depuis son promontoire que le cri d'Eden avait eu son effet intimidant sur les ennemis, puisque ceux-ci battaient en retraite. Par mesure de sécurité, il décida de les laisser fuir sans chercher vengeance.


Il s'appliqua donc tout particulièrement à la désescalade de son arbre. Balthazar, lui, dans ses habituels élans d'initiatives, tourna immédiatement le dos au combat pour aller s'assurer de l'état de Bragg et des deux femmes qui l'accompagnaient ainsi que pour prévoir un départ le plus rapide possible.


Suivant vraisemblablement la louve, Lumière, le destrier de Théo arriva au galop vers son maître qui luttait toujours contre la mâchoire mortifiée de l'adversaire. Il finit par s'en débarrasser, non sans l'aide de son ami nain.


— Bragg ! On les a mis en déroute. La victoire est à nous, mais ça ne va pas durer longtemps, s'exclama Bob. Il faut absolument seller le cheval. Mesdemoiselles, venez avec nous, vous serez plus en sécurité.


— Vous avez raison… Nous ne devons pas rester ici, nous devons vite quitter les lieux, répondit l'ex-intendant de sa voix suave.


Le groupe organisa du mieux possible son départ, s'assurant de l'état de chaque membre et des paquetages transportés par la charrette. Shin éteignit le feu et Bragg attela le cheval à la carriole avant de partir dans la précipitation générale.


Ils s'installèrent plus en sécurité, dans une zone moins végétalisée et surplombant un large panorama. Ils installèrent un nouveau camp, mais l'agitation de la nuit ne leur permit pas réellement de se poser avant que le soleil ne fasse filtrer ses premiers rayons à travers l'horizon.


La teinture orangée du ciel, le retour d'Eden et leur dernière victoire donnèrent à repenser aux aventuriers. Bob se surprit même à sourire bêtement, assis sur sa couche. Sourire qui disparut vite lorsqu'il croisa le regard toujours aussi fermé d'Arcana et l'attention toute particulière qu'elle portait à Bragg et à l'environnement tout autour d'elle. Balthazar se demandait vraiment comme une femme comme elle pouvait en venir à vouer sa vie entière pour celle de l'intendant. Comme d'autres nombreuses particularités de l'Église des Ténèbres, il détourna le regard, certain de ne jamais le comprendre.


Bragg, lui-même, semblait vouloir prendre la parole, le regard en biais. Il se posait sans doute la même question que le demi-démon. « et maintenant ? ».


Le vieil inquisiteur qu'était Victor prit pour la première fois le temps de se concentrer sur Théo. Une quantité indicible de questionnements tourmentaient l'esprit du magister, mais la hiérarchie de l'Église de la Lumière lui avait appris à garder ses questions pour lui, même quand ses valeurs étaient mises en doute. Alors, complètement stoïque, il regardait fixement celui qu'il estimait comme son fils espérant secrètement que ce serait lui ouvrirait la discussion à ce sujet.


Les deux femmes qui avaient dernièrement rejoint le groupe, elles, regardaient l'air ébahi et sans trop comprendre toutes les tensions qui régnaient dans l'air. Balthazar s'en voulait de les avoir entraînés là-dedans, mais, maintenant que c'était fait, il ne pourrait plus que faire de son mieux pour les mettre en sécurité.


Grunlek, lui, ne parvenait pas vraiment à garder son calme. Si, d'extérieur, il semblait plutôt serein, il n'en était pas moins très affecté par les événements récents.


Shinddha aussi était tourmenté par le retour de Théo, mais le tout était embourbé dans de nombreux doutes propres au semi-élémentaire.


Théo lui-même ne savait pas tellement où se mettre. Il savait que toutes les attentions étaient focalisées sur lui et que des mises au point allaient avoir lieu. Ces mises au point, certains les craignaient, certains les appréhendaient ou brûlaient de se les voir révéler, mais tous sentaient leurs cœurs se serrer à leur approche.


— Euh… commença Bob pour briser le silence oppressant. Je peux avoir du ragondin ?


Grunlek servit donc son ami et tout le reste du groupe, dans un semblant d'agitation.


— Et maintenant ? Vous comptez contrer la guilde des intendants de quelle manière ?


Tous les regards se braquèrent sur Bragg. Voilà. Les vraies discussions aller commencer. Étonnement, Théo fut le premier à répondre.


— Il nous faut des renseignements. Il faut savoir exactement à quoi s'attendre, à quoi ressemble l'endroit où sont détenus les parchemins, comment est-ce qu'on peut s'infiltrer dans la guilde des intendants, est-ce que c'est lourdement gardé, est-ce que c'est dans la ville, à l'extérieur, toutes les informations nécessaires qui nous permettraient de rentrer là-dedans.


— Avant tout ça, interrompit soudainement Grunlek, tiré de ses tourments. Il y a quand même une question à laquelle il va falloir répondre parce que je ne vois pas en quoi on peut vous faire confiance et qu'est-ce qui nous prouve que la guilde des intendants a les intentions que vous lui donnez ? On a juste votre parole. On a juste la parole de quelqu'un qui nous a trahis par le passé, donc oui, vous avez libéré Théo, mais à moins que la guilde des intendants soit venue dans la prison de Théo en lui disant « Voilà mon plan démoniaque, ce qu'il va se passer… », je ne vois pas comment Théo pourrait connaître le plan de la guilde des intendants autrement que par les dires de Bragg. Donc, si ça se trouve, Bragg nous manipule et c'est peut-être vous qui avez des intentions que vous ne communiquez pas. Je ne vois pas pourquoi on devrait risquer nos vies pour quelque chose qui, si ça se trouve, n'est pas vrai.


— Je suis d'accord avec toi, Grunlek, répondit Balthazar. Cependant, je tiens à préciser que nous avons été pris pour cible. Peut-être parce que nous étions avec Bragg, mais on peut aussi avoir été des cibles indépendantes parce que c'est vrai qu'on est un groupe assez… particulier. Quoiqu'il arrive, ce sont nos ennemis.


— Pourquoi est-ce que vous devriez me faire confiance ? fit songeusement Bragg. C'est pas tant la question de savoir si vous devriez me faire confiance… Non, c'est plus savoir dans quelle mesure ce Codex, entre les mains de personnes malintentionnées, peut être dangereux. On a vu le danger que cela représentait en faisant revenir Théo. Il est revenu, mais de plus grandes choses peuvent être accomplies avec ce Codex.


— Ce que vous êtes en train de me dire, c'est que, dans le doute, il vaut mieux que le codex, on l'ait pour nous. Tout de suite, c'est quand même une vision des choses un petit peu égoïste, un peu centrée sur « le pouvoir serait meilleur entre nos mains ».


— Je ne le veux pas entre mes mains. Je vais probablement mourir dans les jours qui viennent, Théo n'a fait que repousser l'inévitable. Qu'est-ce que j'ai à faire d'un objet que je ne pourrais pas emporter dans l'au-delà ?


— Encore une fois, c'est juste des dires, s'entêta le nain. Qu'est-ce que j'en sais que vous allez mourir dans quelques jours ? Tout est basé sur ce que vous nous dites depuis le début. Une seule chose, la seule…


— Eh bien, coupa l'ex-intendant lassé, demandez à Théo, c'est lui qui m'a soigné. Demandez mon état.


— Effectivement. Il va bientôt mourir, confirma nonchalamment le paladin.


— Quand bien même ce serait vrai et vous mourriez dans quelques jours, proposa Bob, le Codex pourrait vous sauver, tout comme il a ramené Théo. Peut-être que c'est pour ça que vous voulez son pouvoir.


— J'ai envie de croire que vous saurez mieux que moi quoi faire de ce Codex, grogna le vampire. Vous êtes des aventuriers. Vous étiez là pour contrer le chevalier Vlad et vous l'avez fait au péril de votre vie. Je pense que vous êtes les personnes qu'il faut pour…


— Et vous êtes partis avec les parchemins, fit narquoisement remarquer Grunlek.


— C'est différent, fit Bob, ignorant la remarque de son ami. Le chevalier Vlad était une menace directe. Les araignées partout, la corruption, les gens qui mourraient, les villages, les œufs et tout ce bordel, nous même on se faisait attaquer. Mais là, tout ce qu'on sait, c'est que la politique actuelle de la guilde possède une arme très puissante, mais est-ce qu'ils ont l'intention de s'en servir ?


— La guilde des intendants a très volontairement la volonté d'évincer l'assise des églises, clama lentement Bragg. Grâce aux Codex. Les églises aujourd'hui arrivent à s'imposer dans les royaumes grâce à leurs pouvoirs, grâce à leur « foi », comme le fait un inquisiteur. Si demain, la guilde des intendants arrivait à étendre leur psyché grâce aux Codex, ils pourraient valider leur assise contre les églises…


— Et on partirait tout droit vers une guerre civile qui ravagerait tout le continent en fait, termina Balthazar.


— Tel que je vois le truc, intervint enfin Théo, les Codex permettraient à une Église en particulier d'augmenter considérablement son pouvoir, puisqu'elle pourrait directement aller puiser la magie à l'intérieur de l'éther.


— C'est ce qu'il a utilisé pour te ramener ? Supposa le demi-démon, à raison, puisque Théo hocha la tête.


— La question est de savoir s’ils doivent revenir à une Église en particulier et je n'ai pas cette réponse.


— De toute façon, continua Théodore, la guilde des intendants compte l'utiliser pour eux. Pas pour une Église.


— Oui, mais si une des Églises a vent de l'existence des Codex, tenta Shinddha.


— Non, mais attendez, une seconde. Une seconde, chers amis, coupa Bob pour focaliser l'attention sur lui. Vous sentez la gravité de la situation, mais vous ne l'envisagez pas en fait. À partir du moment où on a un artefact magique qui est assez puissant pour puiser directement dans la magie de l'éther et qui est capable de ramener les morts, on est à un pas d'un asservissement national.


— Que pensez-vous que la guilde des intendants veuille ramener de l'autre monde ? interrogea Bragg, qui était décidément très volatile, comme si une entité supérieure agissait à travers lui pour guider les Aventuriers vers une bonne piste. On a essayé ça sur Théo, car le lien avec lui était évident, mais des choses encore pires peuvent être ramenées de l'éther.


— Comme ce qu'on avait affronté, qui sortait du puits… fit Balthazar, quelque peu songeur.


Les éléments commençaient à s'éclaircir dans les esprits des Aventuriers. Le plan d'étude des Codex qu'avait mené Bragg et le chevalier Vlad avaient été ordonnés par la guilde des intendants. Lorsque les deux chercheurs avaient réalisé la puissance des Codex, tous deux avaient décidé de prendre deux voix différentes : Vlad avait directement tenté de couper le monde de toute source magique, plan qui avait été déjoué par le sacrifice de Théo. Bragg, quant à lui avait tenté de cacher les Codex des intendants lorsqu'il avait réalisé les dangers qu'ils représentaient. Les Églises elles-mêmes, après l'épisode de la Cité des Merveilles, s'étaient senties mises en danger par l'existence des Codex et les potentiels plans des intendants. Aussi, l'Église des ténèbres avait trouvé, via Arcana, le moyen de reprendre contact avec Bragg et celle de la Lumière avait envoyé Victor à sa recherche, décidée à venger son paladin mort et surtout à rétablir leur image auprès de l'opinion publique.


Si Théodore, Balthazar et Shinddha étaient assez convaincus par le Vampire, le plus dubitatif restait Grunlek. Il lui était très difficile de faire confiance en un homme qui l'avait déjà trahi. En même temps, le nain ne pourrait pas faire route opposée aux Églises, aux intendants et à ses amis. Il suivrait donc ces derniers, même si cela impliquait de faire confiance à Bragg, ce qui lui faisait le même effet qu'une épine profondément enfoncée dans ses délicates fesses de nain.


Bob reprit la parole, mais fit clairement comprendre que la discussion était close pour l'heure. Il intima chacun à aller se reposer en précisant que, dès que possible, ils se mettraient à la recherche d'informations concernant la ville où siégeait la guilde des intendants et sur ce qu'il s'y passait à ce moment même.


Une fois que chacun vit son attention dissipée, le demi-démon saisit Shinddha par l'épaule et lui demanda de s'écarter un peu, bien que restant à portée de voix du groupe.


— Et toi ? demanda le pyromage. Tu dis trop rien depuis tout à l'heure. Qu'est-ce que t'en penses ?


— Je porte pas beaucoup dans mon cœur les Églises. Alors, des Églises qui sont en possession de Codex hyperpuissants, d'un artefact magique qui leur donnerait une source de pouvoir illimité, je suis très contre. Donc ce que je vous propose, c'est qu'on y aille, qu'on le récupère ce Codex à la con et qu'on le détruise. »


Quelques minutes passèrent, mais Victor gardait son regard irrémédiablement planté dans les yeux de Théo. La conversation que lui désirait avoir n'avait pas eu lieu, alors il l'amorcerait lui-même, bien que ses principes en soient mis à l'épreuve.


— C'est bien beau de parler de la confiance envers Bragg, fit-il, laconique. Moi, j'aimerais bien qu'on parle un peu de la confiance qu'on peut avoir envers mon cher Théo. 


Il avait découpé les trois derniers mots au hachoir, comme s'il les voulait insultants.


— Dis-moi, Théo… « Fiston ». C'était quoi ça ? 


Sans ciller, le paladin se leva de tout son haut. L'expression neutre, il parcourut l'assemblée du regard et leva une main en l'air. La lumière du feu de camp autour de Théo sembla se resserrer, comme si elle était effrayée par les ténèbres. L'ombre de l'inquisiteur de la Lumière grandit jusqu'à faire deux fois la taille de Théo et sortit du sol pour se placer derrière son propriétaire.


— J'ai ça depuis que je suis sorti du puits, grommela Théo, devant les regards méfiants de Victor et de Grunlek, principalement.


— Bob, est-ce que t'as déjà vu ça ? demanda ce dernier. 


Le pyromage haussa les épaules, le visage interdit.


— J'vais être sincère, ça n'a rien à voir ni avec ma condition ni avec celle de Shin. Qu'est-ce qui t'est arrivé dans ce puits ? Est-ce que tu pourrais nous raconter ?


— Je sais pas, balbutia le paladin. J'y suis resté beaucoup plus longtemps que ce que vous ne l'avez vécu. Il s'est passé deux mois ici, il s'est écoulé des années pour moi. Je ne pouvais pas bouger et, un jour, j'ai vu une lumière, celle du parchemin que Bragg avait pris dans la grotte. Il m'a servi de phare et m'a permis de ressortir.


— La question, souligna Bob, c'est tu es ressorti avec quoi ?


— Après être sorti, je ne me suis réveillé qu'au bout de plusieurs jours, donc c'est un peu flou.


— Et tu t'es senti toi-même quand tu t'es réveillé ? proposa Grunlek, qui ne comprendrait de toute façon aucune des conclusions que la réponse pourrait offrir.


— Je me sens… fatigué, c'est tout ce que je peux dire, éluda Théo.


— Est-ce que t'étais conscient pendant tout ce temps dans le puits ? Tu voyais le temps passer ?


— C'est… c'est difficile parce que j'ai l'impression qu'il s'est passé des années en fait donc j'peux pas vraiment expliquer… 


Bob demanda à Théo de faire briller son armure, pour voir si la magie de la Lumière lui était toujours possible. Théo s'exécuta et, bien que la lumière émise par l'armure de plates du paladin semblât plus blafarde qu'à l'accoutumée, elle était bien présente.


Les regards que s'échangèrent Victor et Balthazar étaient clairs. Victor considérait Théo comme une hérésie bonne pour le bûcher. En parlant de bûcher, Bob en improviserait bien un à partir du feu de camp si le magister tentait quoi que ce soit contre son ami. Théo, captant cette tension, s'empressa d'ajouter :


— Non, mais… Croyez bien que ça me fait pas plaisir d'avoir ça, hein. Maintenant, ça fait plusieurs mois, j'ai appris à contrôler ce machin, j'ai juste remarqué que quand je m'en sers, les gens ont tendance à être un peu impressionnés. Du coup, je ne m'en sers…


— Je pense, fiston, coupa un Victor un peu plus calme, que c'est la Lumière qui te met à l'épreuve et que tu t'es toi-même écarté de son chemin. 


Bob pouffa à moitié, ne croyant pas un instant au charabia ecclésiastique du vieil homme. Pendant ce temps, le nain observait l'ombre qui s'était levée derrière son ami et y voyait d'étranges mouvements, comme si plusieurs ombres de créatures humanoïdes s'étaient superposées et que des chaînes peu distinctes en sortaient.


Balthazar remarqua ce détail au même moment et ne put s'empêcher de faire le rapprochement avec les énormes chaînes que le chevalier Vlad portait accrochées à son corps même lors de leurs dernières rencontres. Pour lui, comme pour Grunlek, une piste prit alors les devants : Théo était peut-être revenu avec une partie de l'âme de celui qu'il avait entraîné avec lui dans l'abîme.


Grunlek hurla « VLAD » dans l'attente d'une réaction, mais ce ne fut pas fructueux.


Bragg proposa une théorie un peu fumeuse qui impliquerait que la guilde des intendants n'essaye d'extirper des élémentaires hors de l'éther. Or, cette guilde n'avait eu aucune action sur Théo, aussi cette théorie semblait peu probable.


— Victor, finit par demander Bob. Je sais que la guilde de la Lumière favorise la technique d'exorcisme consistant à frapper quelque chose dans la bouche jusqu'à ce qu'il meure et ça marche très bien, mais y a d'autres techniques ? Il marqua une pause devant l'hésitation de Victor, puis reprit : parce que là, vous voyez que c'est pas la faute de Théo, c'est clairement un cas de possession.


— Oui, mais… vous savez, il faut purifier l'impur et… 


Bob détourna son attention, bien convaincu que les deux aînés de l'assemblée avaient tous les deux la tête coincée dans leurs points de vue et qu'on ne les en tirerait pas de sitôt.


— De toute façon, il va falloir que j'aille rendre des comptes à l'Église de la Lumière, embraya le magister, et je lui ferais le rapport sur le retour de Théo. 


Tous les aventuriers opinèrent silencieusement, excepté Shinddha, qui demanda :


— Attendez, qu'est-ce que vous attendez par « faire votre rapport », Théo restera dans les bonnes grâces, hein ?


— Ça ne repose plus sur moi. Ça va dépendre de vous, de ce que vous allez faire. 


Victor s'en alla vers le conclave des Églises. Le reste du groupe resta quelques jours sur place et malgré l'état de Bragg, Théo participa activement au rétablissement de chaque membre du groupe, tandis que les deux civiles étaient rentrées chez elle, sous la protection du magister.


Il fut décidé qu'en cas de guerre civile, les Aventuriers prendraient symboliquement le parti des Églises sans pour autant agir pour elles. Ils auraient cependant du mal à intégrer leur conclave, car la présence de l'Église des Murmures rendrait la chose compliquée.


Lorsqu'ils discutèrent de se rendre directement à Mirage pour s'attaquer à la guilde des intendants, Bragg les informa que la structure de la ville, plutôt faite comme celle d'un bourg, rendrait l'infiltration dans la guilde très difficile. Or, ils n'avaient absolument pas la force de frappe pour passer par la force, il leur faudrait donc un outil plus puissant que ce dont ils disposaient pour l'heure.


Enfin, se rendre à La Vieille Tour était complexe, étant donné la distance à laquelle ils se trouvaient. Ceci dit, ils pourraient là-bas trouver des équipements, des outils et des données, dans le laboratoire de Bragg, qui leur serait très profitable. De plus, le temps dont ils disposeraient pour se rétablir serait mieux utilisé et ils pourraient revenir quand la ville de Mirage, et particulièrement la guilde des intendants, serait à feu et à sang.


Ce fut donc pour cette dernière option qu'optèrent les Aventuriers, faisant ainsi le pari que la guilde des intendants ne déchiffrerait pas trop vite les Codex.

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