Starventures

Chapitre 5 : Premier contact

1776 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 21/12/2025 13:28

Le Wookie sortit en trombe par un trou dans la carlingue du vaisseau. Une fois au-dehors, il constata avec horreur que ce dernier se trouvait en équilibre précaire au bord d'un précipice.


— Roooarrgh !


Alors que Gaarkkata venait de pousser son cri d'alarme, Apple émergea de l'épave à son tour. Derrière elle se trouvait Tyzen, qui voulut la suivre, mais trébucha lourdement. Un des tentacules du Rahtar venait de s'enrouler autour de son pied.


— Elle n'était pas morte, la bestiole ? demanda Tyzen, quelque peu inquiet.


En guise de réponse, 808, qui avait vu la scène, sortit spontanément un blaster de sa cuisse gauche pour tirer sur le tentacule. Le tir manqua de peu le Zabrak qui, de surprise, regardait successivement son pied miraculeusement intact et le robot penché au-dessus de lui. Avec un peu de recul, ceux-ci comprirent que ce mouvement, au premier abord hostile, n'était en fait qu'un spasme de la créature, un dernier soubresaut d'une vie déjà éteinte. Pourtant, le tentacule ne lâchait pas prise, et se resserrait même de plus en plus. Après avoir un peu plus chauffé, le neuro-processeur de 808 fit remarquer à celui-ci qu'il tenait dans son autre main la machette du Wookie. Aussi décida-t-il de s'en servir pour trancher d'un coup sec l'entrave de son maître, comme il aurait dû le faire plus tôt. In extremis, ils se précipitèrent tous au-dehors pour finalement contempler avec un certain soulagement la chute du vaisseau qui, non sans avoir failli causer leur perte, s'écrasa quelques dizaines de mètres plus bas dans un fracas métallique.


Les mercenaires reprenaient leur souffle, ils étaient enfin en sécurité… du moins, pour le moment.


— Bon… déjà, est-ce qu'on peut identifier où on est ? demanda Tyzen, tout en scrutant la luxuriante végétation alentour. Question à laquelle seuls les bruits de la forêt répondirent.


Le groupe s'éloigna du précipice pour marcher pensivement un peu plus avant dans la forêt. Chacun se remémorait le chemin parcouru jusqu'alors. Ensemble, ils s'étaient retrouvés par l'entremise de leur contact commun, Han Solo, un allié de l'alliance rebelle. Leur mission était la récupération d'un holodisque présent sur l'Étoile de la Mort, mission qu'ils ont jusque-là menée à bien. Aucun d'entre eux ne connaissait le contenu de l'objet convoité par le chasseur de primes, et ils devaient, d'après les directives de ce dernier le garder sur eux jusqu'à nouvel ordre. En échange de ce service rendu, le groupe avait reçu une carte inestimable sensée mener à un trésor galactique, une légende recherchée par bien des gens dans la Galaxie pour de bien diverses raisons, une source d'énergie alternative… la Métanova.


Après quelques minutes, 808 s'adressa à son propriétaire :


— Maître Tyzen. Maintenant que votre intégrité biologique est confirmée et conforme à votre propre fonctionnement correct, pourriez-vous m'indiquer si nous sommes toujours en possession de l'holodisque, objet de notre mission de récupération ?


Le Zabrak fouilla sur lui, et trouva quelques instants plus tard l'holodisque en question.


— Ouf, oui, c'est bon, il est là… dit-il, rassuré.


— Vous m'en voyez soulagé. Voudriez-vous me confier l'holodisque ? répondit le robot.


— Tiens, prends.


808 inséra l'holodisque dans son torse pour en vérifier l'intégrité.


— À combien on doit évaluer ce truc ? lança Gaarkkata, irrité. On a failli y passer, alors il faudrait rehausser la récompense par rapport à ça, parce que ma vie ne vaut pas… voilà.


— Pour une carte au trésor achetée au bazar du coin, on en a vu, il y en a dix comme celles-là… donc bon, ajouta Tyzen.


Le robot termina son analyse et ne ressentit aucune anomalie malgré le cryptage des données. Il tendit le disque à son maître qui le rangea.


— Et c'était quoi tout ce bordel autour de l'Étoile de la Mort !? Je suis désolé, mais on nous confie une mission comme ça pour récupérer une babiole au milieu du bordel… on a failli y passer ! On était pas dans la confidence, Solo ne nous a pas tout dit. On s'est juste vu confier cette mission, et je ne suis pas prêt à rentrer dans un conflit de cette envergure… enfin, je ne veux pas rentrer dans l'Alliance Rebelle. À chaque fois j'ai refoulé l'invitation, donc ce n'est pas maintenant que je vais commencer. Envoyez le pognon et réévaluez la situation !


Énervé, le Wookie s'était exclamé d'une voix forte et s'était montré étonnamment bavard.


— Malheureusement, intervint pragmatiquement 808, ils ne sont pas en capacité d'envoyer le pognon, comme vous dîtes maître Gaar, pour la simple et unique raison que nous sommes perdus sur la planète…


Sans prendre la peine de terminer sa phrase, le droïde se mit à scanner les lieux pour définir leur localisation. Le Zabrak en profita pour poursuivre sa conversation avec le Wookie.


— Une fois que tu acceptes un contrat, si tu changes les termes de ce contrat, tu n'auras peut-être pas de nouveau contrat derrière.


— ILS les ont changés ! s'écria Gaarkkata. Je suis désolé, mais on ne participait pas à ce raid sur l'Étoile de la Mort. On était là pour récupérer ce foutu holodisque…


Apple, qui n'avait pas pris part à la conversation, progressait un peu plus vite dans la forêt. Au même moment, 808 venait de terminer ses calculs sur les données atmosphériques, terrestres et les alignements planétaires. La planète sur laquelle ils se trouvaient était donc Jabiim.


— Nous sommes sur Jabiim, alias Jabim, alias Polires Minor, qui était une planète utilisée lors de la Guerre des Clones pour ravitailler les troupes, et dont de nombreux affrontements…


Tyzen vint couper le monologue de son serviteur.


— D'ac… OK, OK, 808. Mais la vraie question c'est : est-ce qu'il y a de la vie quelque part ? Est-ce qu'il y a une ville ou quelque chose qu'on peut rejoindre ?


— Il nous faut retrouver un vaiss… commença Gaarkkata, coupé par la réponse spontanée de 808.


— Il y a effectivement des civilisations avancées et primitives sur la planète, malheureusement, je suis dans l'incapacité de vous donner leur localisation exacte, puisque je ne connais pas notre position actuelle.


— Il nous faudrait essayer d'atteindre un… peut-être une position un petit peu plus haute, suggéra Tyzen. Gaar ?


— Écoutez, laissez-moi faire, clama le Wookie. Je vais essayer de m'élever de quelques mètres dans les airs, et voir s'il n'y a pas de ville aux alentours.


— Votre matériel n'a pas été vérifié après l'accident, fit remarquer le droïde. On ne sait pas s'il fonctionne correctement.


— C'est pas grave, grommela Gaar en le coupant à son tour. J'ai la moitié des poils cramés, donc un peu plus un peu moins, écoute…


Le Wookie prit comme point de repère le plus grand arbre à proximité, puis, à l'aide de son jet-pack, s'éleva dans les airs comme si sa masse ne faisait pas plus de celle d'un Ewok. Il put ainsi apercevoir la dense végétation de l'autre côté du précipice où se trouve le vaisseau, avec dans celles-ci des mouvements assez hostiles. La vision qui s'offrait à lui de l'autre côté était, quant à elle, diamétralement opposée à celle qu'il venait de voir. Quelques kilomètres, voire une dizaine de kilomètres plus loin, se trouvait un désert mi-boueux mi-sablonneux. Il remarqua néanmoins que, plus proche de là, il y avait de légers mouvements furtifs dans la végétation et les arbres. Des silhouettes de petite taille en étaient à l'origine, des silhouettes qui observaient les intrus entrés dans la forêt…


Gaarkkata s'empressa de transmettre les informations à ses coéquipiers.


— 8, quelle est la faune particulière qu'on peut croiser sur ce genre de planète ? questionna-t-il. Enfin, sur cette planète en particulier d'ailleurs.


808 chercha brièvement dans ses données avant de répondre.


— Nous sommes entourés de Cannoks, de petites créatures canidés domestiquées, d'origine sauvage d'une autre planète. Ce qui implique une colonisation forcée par d'autres races existantes sur cette planète. Si nous suivons le cours d'eau, nous devrions tomber sur un campement, ou une ville, qu'elle soit primitive ou avancée.


Suite à cette révélation, tout le monde y alla de son commentaire. Tout ce qui ressortit concrètement de ce brouhaha fut la question de la possible hostilité de ces créatures, de l'impossibilité de communiquer avec ceux-ci et de leur taille, vraisemblablement inférieure à celle des mercenaires. Le Wookie s'imposa en réindiquant à ses compagnons la provenance et la nature du mouvement. Il se serait agi d'êtres humanoïdes, ou du moins d'êtres intelligents, mais pas de Cannoks.


— Si une forme de vie intelligente existe sur cette planète, elle a sans doute dû être attirée par le crash de notre vaisseau, avec la secousse qu'il a générée, indiqua 808.


— Merci du scoop, 808, ironisa Gaarkkata.


— De rien, maître Gaar, répondit le droïde, ne comprenant pas la moquerie. Un plaisir de pouvoir vous rendre service.


— Grr… et rends-moi ma machette ! se plaignit le mercenaire poilu.


Apple, arrivée à la lisière de la forêt, interpella le groupe.


— Prenez cinq minutes pour réparer vos comlink ! Le mien est intact, vu que je n'ai pas explosé dans une grenade. Est-ce que vous pouvez réparer vos trucs ? Pendant ce temps-là, je vais partir en éclaireur pour voir ce qu'il se passe.


Les comlink en question n'étaient pas détruits, mais seulement un peu disloqués. 808 tenta, avec l'aide de Tyzen, de réparer l'un d'entre eux. Sans succès apparent.


— Il semblerait que mes servomoteurs aient été endommagés, je ne peux pas manipuler avec précaution le matériel, excusa le robot.


Et pourtant, le comlink finit par s'allumer, sous les yeux circonspects des mercenaires.


Toujours à l'écart, Apple, bilame à la cuisse et blaster à la main, se sentit légèrement épiée après avoir pénétré dans la forêt. Çà et là, de fins murmures accompagnés de leurs échos retentirent, comme si des créatures communiquaient entre elles. Rien de bien humain là-dedans. Pour en avoir le cœur net, la Twi'lek décida de grimper à l'arbre le plus proche. Soudain, alors qu'elle s'apprêtait à s'accrocher aux branches, une pierre fendit l'air pour atterrir en plein dans son front. Apple… tomba dans les pommes.


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