Starventures

Chapitre 9 : Changement de cap

1595 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 07/01/2026 10:34

La situation était assez catastrophique pour nos quatre compagnons. Cependant, 808 a réussi, après d'intenses efforts, à briser le câble de son propre grappin qui l'entravait. Sans hésiter, le robot sortit son arme cachée dans sa cuisse et tira sur l'ewok qui le gardait à bout pourtant. La malheureuse créature, trop occupée à regarder Tyzen, qui s'était un peu foiré, ne pût réagir ni esquiver et partit en vol plané à travers la forêt, rejoignant son camarade, tombé également par surprise.


Gaarkkata, de son côté, continuait d'intimider les ewoks qui priaient avec ferveur le bras de 808, séparé du corps de son propriétaire. Aucun n'osait réagir, de peur de voir le wookie briser comme une brindille leur objet de culte. Une sorte de statu quo avec les petites créatures s'était installé.


808 s'approcha de Tyzen, son maître, ignorant Apple toujours empêtrée dans ses liens, et commença à le libérer. Une fois libre, Tyzen joignit ses efforts à ceux de son droïde pour détacher Apple.


— 808, demanda Apple dès qu'elle fût libérée, retente de repérer nos comlinks... De les tracer...


— Bzzz... Négatif ! fit le robot. Extermination enclenchée ! Satisfaction par meurtre.exe !


— Bah... Faut qu'on retrouve notre matos avant de repartir... insista la Twi'lek. Tyzen, tu ne veux pas demander à ton robot de repérer les comlinks ?


— Non, répondit le Zabrak. J'aime bien ce qu'il fait, moi. Après, une fois qu'il n'y en aura plus, on pourra chercher nos affaires.


— Si vous me le permettez, maître Tyzen, intervint 808, j'aimerais poser une charge explosive sur cet arbre où nous sommes, dans le cadre de mon protocole d'extermination.


— Amuse-toi, 808... Par contre, fais attention de ne pas détruire nos affaires au passage. 


Du côté de Gaarkkata, le wookie continuait de faire tournoyer le bras du droïde pour effrayer les ewoks et les faire tomber de l'arbre. Malheureusement, étant en surnombre, les créatures resserrèrent les rangs autour du chasseur de primes pour tenter de le prendre en tenailles. Apple, voyant cela, avança à son tour sur le pont de cordes qui la séparait de l'arbre où se trouvait Gaarkkata.


— 808... fit Tyzen. Ne désactive ton protocole d'extermination que si tu vois qu'ils se rendent.


— Je ne possède pas leur symbole de reddition dans ma base de données, répondit le robot. 


Apple, concluant que son ami le Wookie s'en tirerait très bien tout seul, décida de le contourner en évitant au passage le bras de 808 qu'il faisait toujours tournoyer, et fouilla le tronc de l'arbre pour voir si leurs affaires ne s'y trouvaient pas.


Le droïde de Tyzen, 808, venait de finir de poser sa première charge explosive. Il décida de suivre son maître en éliminant tous les Ewoks qui s'approcheraient de trop près sans montrer les signes de reddition correspondants au système intergalactique, c'est-à-dire déposer les armes et lever les bras en l'air.


— 808, ne tire que sur ceux qui veulent se battre, ordonna Tyzen, pas ceux qui fuient.


— Ordre accepté... fit le robot, avec une nuance de contrecœur dans sa voix mécanique. 


Les Ewoks décidèrent d'attaquer Gaarkkata, mais leurs coups, mal ciblés, passèrent à côté du Wookie sans le toucher. Apparemment, ils n'osaient pas trop l'attaquer de front, car il possédait toujours le bras « sacré » du droïde.


Apple, de son côté, courait toujours après leurs affaires dans l'arbre. Ne les trouvant pas, elle décida de passer au tronc suivant. Mais de là où elle était, elle pouvait voir que l'anarchie s'était installée parmi les Ewoks. La panique s'était emparée d'eux, alors qu'ils fonctionnaient normalement en groupe.


— 808, demanda Tyzen... Demande-leur de se rendre. Envoie le message en boucle. 


Le droïde, pouvant aisément parler la langue des Ewoks, exécuta l'ordre. Leurs adversaires tentèrent d'abord de le tenir en respect, mais sans véritable résultat significatif. Alors, ils battirent en retraite. En bas des arbres, ils se rassemblèrent pour se protéger les uns les autres (notamment les enfants), et les femmes reculèrent dans un coin, histoire de se mettre à l'abri, tandis qu'Apple continuait à fouiller les troncs un par un, sans trouver leur équipement.


Les minutes passèrent et, peu à peu, l'anarchie qui s'était installée fit place à un calme respectueux... imposé par 808. Ce dernier, voyant qu'Apple revenait les mains vides, dit aux ewoks :


— Vous avez dix minutes intergalactiques standards d'unités de temps pour restituer le matériel précédemment subtilisé.


— Pitié, non... répondit un des Ewoks (sachant que 808 répétait son message en boucle et était le seul à comprendre leur langage). Laissez nos femmes et nos enfants. On l'a amené au marchandeur. Il n'est plus ici.


— Incompatible, reprit le droïde. Veuillez obéir à la précédente demande, et ainsi, nous pourrons discuter de la survie potentielle des victimes futures civiles. 


Tyzen ordonna à son robot de traduire l'échange entre lui et les Ewoks, ce qu'il fit, révélant également la direction que les créatures lui ont indiquée, en parlant du marchandeur. Le Zabrak lui intima alors de cesser de poursuivre son protocole d'extermination et de leur demander une escorte pour les conduire à ce fameux personnage. Les Ewoks commencèrent par mettre leurs femmes et leurs enfants à l'abri, puis désignèrent quelques-uns d'entre eux pour les escorter. Gaarkkata marchait en tête, brandissant toujours le bras détaché de 808, que les Ewoks suivaient comme un symbole divin.


Une heure plus tard, ils arrivèrent à la lisière de la forêt. Les Ewoks firent comprendre à 808 qu'ils ne comptaient pas aller plus loin, sachant qu'ils ne connaissaient pas les terres qui s'étendaient au-delà de la forêt. Ils lui indiquèrent la direction à suivre pour trouver le marchandeur et ainsi récupérer leur matériel, lui précisèrent que, comme il connaissait bien la région, il pourrait sans doute les aider à atteindre leur objectif, et qu'il pourrait aussi les aider à leur lâcher la grappe. Tyzen remit un boulon du bras de 808 à un guerrier Ewok en disant, grâce à son traducteur, le mot « ami ». Le guerrier hésita d'abord, craignant sans doute une menace supplémentaire, puis referma sa main sur le boulon, échangea quelques mots avec ses camarades qui se montrèrent assez agacés, au premier abord, mais la tension retomba malgré tout de quelques degrés. Les tensions ne disparaîtront jamais complètement, à cause de deux décès dans la tribu Ewok, mais au moins, le souffle a pu retomber légèrement.


En quittant cette ambiance plutôt mitigée, les quatre compagnons se retrouvèrent sur une surface plutôt sablonneuse et entreprirent de suivre la direction indiquée par leurs anciens agresseurs vers ce qu'ils appelaient le marchandeur.


Après une nouvelle heure de marche, ils arrivèrent à l'endroit indiqué par les Ewoks. Une sorte de grande cuvette s'enfonçait dans le sol. Et au plus profond de cette cuvette, une structure s'érigeait. Une grande structure avec un toit en métal. Apparemment, il n'y avait pas âme qui vive.


Apple marchait en tête, et s'avançait vers l'habitation. Le genou de la Twi'lek lui causait une souffrance de plus en plus cuisante, et il lui tardait de retrouver au plus vite ses affaires, afin de pouvoir se prodiguer des soins dignes de ce nom. L'entrée n'était pas visible, ce qui laissait supposer qu'ils devaient se trouver à l'arrière de l'édifice. Devant eux, un générateur relativement classique se tenait contre le mur, et à leur droite, un peu à l'écart, une sorte d'abri en bois duquel Tyzen remarqua un véhicule qui dépassait, probablement un land-speeder à quatre places. La Twi'lek contourna la maison, passa devant l'abri, vit devant elle des établis avec de la nourriture, du matériel bien rangé... Visiblement, il s'agissait bien plus d'un campement, il s'agissait d'un lieu de vie. Mais Apple n'eut pas le temps de pousser ses réflexions plus loin, car au moment où elle passa devant les établis, elle vit une sorte de chien mécanique qui lui fonça droit dessus. Ce chien, rafistolé un nombre incalculable de fois avec du matériel assez classique, jappa, grinça, fit remuer sa queue à ressort, tourna autour d'Apple... manifestement ravi d'avoir de la compagnie.


L'animal se cassa la gueule, puis revint à lui et se remit à faire la fête à la Twi'lek. Cette dernière, agacée, activa le brouilleur qu'elle cachait dans sa tiare, et le chien mécanique tomba au sol.


Gaarkkata, de son côté, qui avait eu la bonne idée de contourner l'habitation par l'autre côté, arriva devant une porte d'entrée. Mais alors qu'il allait pénétrer dans la maison, le wookie sentit une présence derrière lui. Il se retourna en tenant le bras de 808 comme une arme de frappe... et vit un homme qui s'appuyait sur un bâton, habillé de façon très simple avec des vêtements de toile épaisse qui retombaient sur ses épaules, avec deux doigts de la main droite (l'annulaire et l'auriculaire) remplacés par des doigts robots.


Le nouveau venu regarda Gaarkkata d'un regard profond et dit d'une voix grave :


— Vous êtes chez moi... Qu'est-ce que je peux faire pour vous, étranger ? 


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