Starventures

Chapitre 10 : Fierté blessée

1480 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 11/01/2026 10:52

Épisode 10 : Fierté blessée

Par Myfanwi


Un individu venait de se présenter à eux, de manière non agressive pour la première fois depuis longtemps. Alors que les aventuriers commençaient à voir enfin une opportunité de sauvetage, Gaar, pris d'une folie, beugla comme un fou au visage de l'inconnu qui recula d'un pas, impressionné et un brin apeuré. Apple, voyant que la situation dérapait, se dirigea lentement vers lui, en boitant. La douleur, de plus en plus forte, lui arrachait une grimace à chacun de ses pas. Tyzen lui emboîta le pas, légèrement inquiet pour elle.


808, à des années-lumière de tout ça, se contenta de baisser la tête vers le chien robot désactivé par Apple quelques minutes plus tôt. Il reposait là, la tête baissée, désarticulé. Il tenta de le réactiver pour converser avec lui, mais n'y parvint pas, ce qui le rendit très, très triste.


Apple poussa le Wookie et s'approcha de l'homme.


— Bonjour, je suis Apple, médecin en chef de ce groupe de... « starventuriers ». Nous venons de faire une balade en forêt.


Oui, dire qu'ils avaient été enlevés par des Ewoks ne faisait pas très crédible comme présentation. L'homme les dévisagea un instant, puis retourna vaquer à ses occupations, se rendant compte qu'ils ne représentaient pas, de toute évidence, un danger immédiat. Son visage camouflé dans une grande cape orangée, il ne semblait pas très enclin à discuter avec eux, ce qui agaça légèrement la Twi'lek, fatiguée de cette longue journée chaotique.


— Quand une dame parle, le minimum c'est de lui accorder de l'attention, marmonna-t-elle, mauvaise.


L'homme remplit un seau d'eau dans le puits et leur apporta, toujours en silence. Contrairement à ce que pensait le médecin du groupe, il ne les snobait pas, il semblait simplement confiant, une manière de leur indiquer qu'il ne les considérait pas comme des ennemis.


— Nous venons chercher notre matériel, grogna-t-elle, agacée par son silence. Il vous a été vendu par erreur.


— C'est un petit malentendu de rien du tout, embraya Tyzen. Nous sommes désolés du dérangement. Vous seriez bien aimable de nous rendre ce qui nous appartient et nous disparaîtrons sur le champ.


— BEUWAAAAAAAAH ! hurla Gaar, plus agressif, signifiant clairement qu'il avait intérêt à s'exécuter.


— Il vous dit s'il vous plaît, reprit Apple, en lui intimant l'ordre de se taire d'un regard meurtrier.


L'homme haussa un sourcil.


— Il vous aime bien, s'excusa Apple.


— Exactement, répéta Tyzen. Plus il crie fort, plus il vous aime bien.


L'inconnu recula d'un pas, légèrement méfiant. La dernière phrase le fit se retourner vers Gaarkkata, qui le dévisageait, grognon. Le Wookie n'était pas d'humeur à plaisanter et cela stressait quelque peu leur interlocuteur. Peut-être qu'il comprenait l'étrange langue de leur ami, au fond. Et pourtant, le poilu avait raison de se méfier. En détaillant de plus près leur « hôte », il put distinguer sous ses vêtements un blaster, chargé et prêt à être utilisé. Un paralysant, à en juger par la couleur du modèle.


Tyzen perçut lui aussi cette ambiance tendue. Il fit une nouvelle tentative en ordonnant silencieusement à Gaar et Apple de se taire et le laisser faire.


— Écoutez, nous sommes vraiment désolés. Notre vaisseau s'est écrasé sur votre planète, il n'est pas très loin, et nos affaires nous ont été volées. Apparemment, c'est vous qui les détenez. Nous aimerions les récupérer.


— Je n'ai volé personne, répondit l'homme, en souriant.


Le Zabrak sentit une pointe d'agacement naître en lui. Cette affaire commençait à sentir le Wookie mouillé.


— En attendant, il y a un fait, reprit-il. Vous avez nos affaires. Et ce n'est pas nous qui vous les avons données. Nous sommes entre gens de bonne compagnie et nous aimerions trouver une solution. On veut récupérer nos affaires, vous voulez probablement quelque chose en retour : qu'est-ce qu'on peut trouver comme terrain d'entente ?


— Ouais, tout ce qu'il a dit, grogna Apple.


— Excusez mon amie. Elle a pris un mauvais coup et, comme vous pouvez le voir, son genou n'est pas dans un bon état.


L'étranger, apaisé après le monologue de Tyzen, baissa un peu sa garde, ainsi que son blaster. 808 s'approcha de la scène, toujours préoccupé quant au sort de ce pauvre chien robot inanimé.


— Bonjour, je suis l'unité 808. Votre compagnon canin robotique a besoin d'un changement d'huile. Malheureusement, je ne suis pas en état de lui procurer ce genre de soins rudimentaires. Disposeriez-vous d'un atelier où je puisse reconnecter mon bras afin de lui venir en aide plus efficacement ?


— Bien... Bien sûr. Venez avec moi, suivez-moi, répondit l'homme, finalement apte à réagir maintenant la situation calmée.


Il avança, les aventuriers sur les talons, tout en continuant à parler.


— Pour la question du matériel, déjà, sachez que je n'ai volé personne. Bien au contraire, j'ai été délesté de plusieurs choses pour l'obtenir. En l'occurrence, ce matériel m'appartient, je l'ai acheté, étranger.


— C'est pour cela que nous pouvons trouver un terrain d'entente, répondit Tyzen. J'ai même une idée qui peut peut-être vous intéresser. Nous nous sommes écrasés, il reste une épave, où vous pouvez, si vous le souhaitez, récupérer des pièces détachées. On vous la laisse entièrement et on vous en donne la localisation, si, en échange, on peut se servir de votre atelier, emprunter possiblement un moyen de transport et récupérer nos affaires. Je pense que la valeur de notre épave comble largement les dépenses que vous avez effectuées pour notre matériel.


Alors qu'il réfléchissait, il fit asseoir Apple sur un grand canapé et partit chercher quelques ustensiles pour lui soigner la jambe. Le médecin lui indiqua son propre sac de la tête, où se trouvait tout le nécessaire pour le faire sans risque bactériologique mortel. Il se mit au travail, tout en reprenant la discussion, en changeant de sujet.


— Dites-moi, pourquoi êtes-vous là ?


— Mission secrète, répondit Apple au tac au tac. Et parce que le pilote est nul.


— Eh ! s'outra Tyzen. Le pilote, il vous a sauvé la vie.


Après un instant d'hésitation, Tyzen jeta un regard sur la carte récupérée plus tôt. C'était un cadeau de Solo, un sympathisant de la cause rebelle, qui leur avait offert cette carte au trésor après un service rendu. Il s'agissait d'une rumeur de source d'énergie, capable d'alimenter des choses folles : la Metanova. Ils avaient décidé de s'y rendre, puisqu'eux-mêmes en avaient autrefois entendu parler. Ils avaient accepté non pas en preuve de soutien à l'un des deux partis, à savoir l'Empire ou les Rebelles, ils avaient accepté parce que cela les intéressait vraiment.


Trouvant le temps long, Apple arracha son sac des mains de ce docteur incompétent pour se soigner elle-même. 808 se dirigea lui vers la table de travail, mécaniquement, et commença à agiter des objets dans un vacarme assourdissant, dans le but de remettre enfin son bras à sa place d'origine. Tyzen, s'impatientant, ramena son marché sur la table.


— Que pensez-vous de notre marché ? Même si ça va être difficile à récupérer, vous voyez bien que vous serez gagnant. Nous pouvons même vous aider si vous le désirez. C'est dans votre intérêt de marchand de récupérer ces biens-là.


— Justement, j'ai une question, répondit l'intéressé.


Il n'eut pas le temps de la poser. Le cri de douleur d'Apple les surprit tous. La Twi'lek, scalpel à la main, avait totalement raté son coup. Elle s'écroula au sol, inconsciente, foudroyée par la douleur.


— Eh, eh, rit Tyzen. Apple est tombée dans les pommes.


Un « badum tss » aurait été de circonstance. Blasé, Gaar se dirigea vers Tyzen, le gratifiant d'un grognement signifiant poliment « je crève la dalle ». Il fit la transmission, de manière plus gentille. L'étranger jeta un coup d'œil à Apple et soupira. Il ne serait pas débarrassé d'eux avant un moment.


— Très bien, je vous offre l'hospitalité... Vous êtes ici chez moi, vous pouvez rester ici le temps qu'il faut, il n'y a aucun problème. Je peux même vous prêter des affaires, vous restaurer le temps qu'il faut. Néanmoins, sachez que je suis aussi un homme d'affaires et le matériel que j'ai acquis, je l'ai acquis en dépensant beaucoup. Je pense que vous n'allez pas tarder à accepter tout ce que je vous demanderai.


Il sourit largement et se dirigea vers Apple, en sautillant.


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