La démone, le papillon et le chieur

Chapitre 14 : Ennemie d'enfance

5392 mots, Catégorie: K+

Dernière mise à jour 10/11/2016 07:40

Chapitre 14

Ennemie d’enfance

 

            Je trépigne de joie. Incapable de me contrôler, je sautille sur moi-même ou bien tourne en rond dans la grande salle de ma division.

            - Calme-toi Anko, tu me donnes le tournis, sort mon Capitaine qui me sert également de figure paternel.

            - Je crois que tu es mal placé pour me dire cela, papa.

            - Je t’ai dit de ne pas m’appeler comme ça, finit par s’agacer Kenpachi.

            - Et après tu me dis de me calmer, je ricane. Non mais sérieux, zen, on est que tous les deux. D’ailleurs c’est chiant, ils sont où les deux guignols ?

            Les deux guignols en question sont en réalité le Chauve et Yumi-chan qui viennent en mission avec moi.

            Et ils sont en retards !

            « C’est la première fois que je te vois autant pressée. »

            « Tu vas pas me dire que cela ne te fait rien ? »

            « Bien sûr que si mais je n’ai pas vraiment la place pour sauter de joie. »

            « Tu plaisantes ? T’es dans un désert. »

            « Certes. Mais tu ne  trouves pas ça particulièrement ridicule un chat géant qui saute dans le sable ? En plus je m’enfonce donc ça ne m’arrange pas. »

            Je ne peux pas m’en empêcher. J’éclate de rire sous le regard surpris de mon capitaine.

            - Elle a pétée un plombage ou quoi ?

            Je me tourne brusquement vers le Chauve avant de lui envoyer violemment mon pied dans le visage, manquant de casser son nez. Yumi-chan pousse d’ailleurs un long soupire. Pourtant, depuis le temps il devrait avoir l’habitude. Je me sers de Boule de Billard comme d’un punchingball. Et qu’est-ce que ça fait du bien. C’est comme avoir un frère.

            « Comment tu peux savoir ça ? A la base t’es fille unique à ce que je sache, non ? »

            « Et alors ? Je peux toujours imaginer ce que c’est d’avoir un frère ou une sœur. Il suffit de regarder Yachiru. »

            D’ailleurs celle-ci sautille dans ma direction, les babouches pleines de gâteaux.

            - T’aurais pu m’en laisser quand même, je fais, boudeuse.

            - Désolée.

            Enfin elle dit ça mais elle n’a pas l’air désolée du tout.

            - Bon on peut parti ou ses messieurs ou encore des choses à régler ?

            Je place mes poings sur mes hanches et me penche en avant ce qui ne semble nullement déranger mes frères d’armes.

            - C’est quand tu veux.

            - Et bah alors on peut partir, je déclare, tout sourire.

            Ma première mission. Tandis que je m’avance d’un pas digne vers la porte de transfert je ne peux pas m’empêcher d’essayer d’imaginer ce qui va arriver une fois rentré chez les vivants.

            Combattrais-je de dangereux Hollows au côté de mon fidèle serviteur…

            « J’espère que tu ne parles pas de moi quand tu dis « mon fidèle serviteur »… »

            « Bien sûr que non. Je parlais du Chauve, tu le penses bien. »

            « Et tu crois que je vais te croire ? »

            « Non. Mais ça m’arrangerais que tu le fasses. »

            « Je pas ton serviteur. »

            « Ok, ok. Ça va si je dis « mon preux et vaillant tigre à dents de sabre » ? »

            « Franchement, t’as déjà vu un tigre à dents de sabre au près d’un chevalier, toi ? »

            « Yamaneko ? »

            « Ouais quoi ? »

            « Tu fais chier. T’es jamais content. »

            « Je veux qu’on m’appelle D’Artagnan. »

            …

            « Attends, d’Artagnan comme dans les trois mousquetaires ? »

            « T’en connais beaucoup de d’Artagnan peut-être ? »

            « Non mais ça m’étonne c’est tout. »

            « Si ça peut te faire plaisir tu peux jouer avec les deux cons avec toi aux trois autres mousquetaires. »

            « Ceux dont personne ne se souvient le nom ? »

            « Yep. »

            « Pourquoi c’est toujours toi qui as les bons rôles ? »

            « Je te rappelle que je suis un chat coincé dans un désert lui-même coincé dans une épée alors ne te plains pas parce que ça serait avec plaisir que j’échangerais nos places. »

            « Non merci c’est… »

            - Mais aie !

            Le Chauve vient tout juste de me frapper sur l’arrière de la tête.

            - Tu divaguais.

            - Je ne divaguais pas ! je m’écrie. Je parlais à Yamaneko !

            - Encore ? s’étonne les deux garçons.

            - Comment ça « encore » ? On dirait que dans votre bouche, je ne fais que ça.

            - En même temps c’est le cas.

            - Pas vrai.

            - Ikkaku n’a pas tords, rétorque Yumi-chan/

            - Tu es dans quel camp toi ?

            - Celle de la vérité.

            - Et mon poing dans ta gueule ? je grogne.

            L’androgyne écarquille les yeux.

            - Bah quoi ?

            - Rien. Ce n’est pas ton genre de me menacer.

            - Tu préfères que je te viole sur place ?

            Il grimace mais ne rajoute rien. On reprend notre route sans un mot. Ce qui ne m’empêche pas de sautiller sur place sous le regard amusé de mes deux compagnons ainsi que des autres Shinigamis que nous croisons.

            - Alors ça fait quoi ? me demande Yumi-chan.

            - De quoi ?

            - De retourner dans son ancien monde ?

            - Franchement ? Rien du tout. La seule chose que je désire c’est de trucider un tas de Hollows.

            - Ce n’est pas notre mission.

            …

            - Je te demande pardon ?

            - Il y a eu un incident dans ton ancienne ville. Plusieurs morts à ce qu’il parait. Et notre boulot c’est de les empêcher de se faire manger par des Hollows mais également de les purifier.

            - Super, je lâche, tout de suite moins motivée.

            On est arrivés devant la porte de transfert. Je déglutis brusquement et me prépare mentalement à courir comme une détraquée pour éviter la boule géante qui va nous foncer dessus dans quelques secondes.

            Cinq.

            Les portes s’ouvrent.

            Quatre.

            Le Chauve me pousse à l’intérieur tandis que Yumi-chan marche calmement à mes côtés.

            Trois.

            Je commence à sprinter tandis qu’on est pourchassé, tel une souris fuyant un chat.

            Deux.

            Yamaneko se moque d’ailleurs de ma comparaison. Soit disant que je ne ressemble pas tellement à une souris mais plus à un rat. Propos que je préfère ignorer.

            Un.

            Cette fois-ci je suis prête et je retombe donc sur mes pattes quand nous nous écrasons sur le sol.

            Zéro.

            - Akuma ?

            Je lève la tête et voit mon ancien village. L’endroit où je pose les pieds devrait être une usine abandonné ou trainait des gangs de rue mais voici qu’à la place se trouve un désordre pas possible. A tel point que je me demande vraiment s’il s’agit de l’endroit où je boxais des gens il y a de cela quelques années. Mais mettons cela de côté et concentrons-nous sur la fille qui vient de m’appeler par mon nom de famille. Elle est dans un sale état soit dit en passant. Ses vêtements qui devaient à la base être assez cours étaient en lambeaux, laissant entrevoir un soutien-gorge en dentelle rose. Des blessures se sont ouvertes au niveau de son ventre. Comme si on avait cherché à la broyer. Ses cheveux blonds courts sont dans un sacré état. Voire carrément brûlés sur les pointes. Son visage est couverts de bobards mais je peux apercevoir deux yeux bleu nuit, se distinguant parfaitement de sa peau bronzée. Soudain, plusieurs donnés s’affichèrent dans mon crâne. Usine. Blonde. Vêtements de p***. Akuma.

            - Putain, c’est vraiment toi Anju ? je m’étonne.

            Visiblement oui parce qu’en se reconnaissant, on se saute littéralement dessus, griffes sorties sous les yeux ronds du Chauve et Yumi-chan.

            - Qu’est-ce qu’on fait ? demande Boule de Billard à l’autre. On les sépare ?

            - Il faudrait mieux. Elles vont s’entretuer sinon.

            « S’entretuer » ? Non, pas vraiment mais effectivement quelqu’un va mourir. Et ce ne sera certainement pas moi. Cependant, Ikkaku, qui est le plus forts des deux, m’écarte d’Anju tandis que Yumi-chan s’occupe d’elle. Celle-ci d’ailleurs se dégage brutalement de sa poigne et me demande, sèchement :

            - On pourrait savoir ce que tu fais là Akuma ? Je croyais que t’étais morte !

            - Oh mais je suis morte ma grande (ce qui est assez marrant car elle est plus petite que moi). Toi aussi d’ailleurs. Et dire que je me suis toujours promise que ce serai moi qui en terminerait avec toi !

            On se foudroie du regard. La nuit contre le sang. Sacré duel. Mais intérieurement, je jouie. Cette peste a eue enfin son compte.

            - Vous vous connaissez ? s’étonne le Chauve.

            - Oh pour ça, tu peux nous faire confiance, on se connaît, crache la blondasse.

            - Cette p****** est ma Némésis, je renchéris en feulant.

            Anju Haku. La seule femme au monde que j’ai toujours rêvée de trucider. Ma pire ennemie.

            - Tu es morte.

            - Qu’est-ce que ça peut te faire ? fit-elle, méfiante.

            - Rien du tout. Juste que cela m’amuse. Et dire que j’ai rêvée de ce jour depuis une éternité. Je vais t’envoyer directement en Enfer.

            Elle recule d’un pas tandis que je m’avance d’un pas dangereux vers elle, un sourire carnassier aux lèvres. C’est alors que Boule de Billard m’arrête brusquement.

            - Attends ! (Il s’adresse à la blondasse :) Qui t’as fait ça ?

            - Des monstres !

            On sursaute en la regardant bizarrement.

            - Des monstres ? répète incrédule le Chauve.

            - Oui ! Des bêtes monstrueuses et noires avec la tête blanche.

            - Oh ! Des Hollows quoi ? Dommage qu’il t’es raté… Il aurait été repu pour une bonne année.

            Je sais, je sais, vous allez me dire que je suis méchante. Mais après ce que cette blondasse m’a fait, je me trouve bien sympathique avec elle.

            « Tout à fait d’accord ! » renchérit Yamaneko. « Dépêche-toi de la purifier que je puisse dévorer son âme vil et diabolique. »

            - Niark, niark, niark.

            Je me renfrogne tandis que je réalise que je viens de parler à voix haute. Je parle beaucoup trop au chieur moi.

            - Enfin bref, je lâche. Et on se débarrassait d’elle les gars qu’on puisse s’occuper des autres ?

            - Quels autres ?! s’énerve Anju. Ils sont tous morts !

            - On l’a bien comprit !  je grogne. Justement c’est pour ça qu’on est là espèce d’idiote.

            - Je penses que ce qu’elle voulait dire c’était qu’ils avaient été mangés par des Hollows, me fit remarquer Yumi-chan.

            - Voilà enfin qui a compris ! Ce gars est beaucoup plus intelligent que toi Akuma.

            Je ne tiens plus, je dégaine sans ménagement Yamaneko qui se mit à ronronner de plaisir. Je suis vite fait retenir par mes deux frères d’armes.

            - Calme-toi Anko ! Cela ne sert à rien de s’énerver.

            - Ta gueule ! Je vais buter cette trônasse ensuite j’empoissonnerais ces fichus Hollows avec son sang !

            - Mais t’es quoi au juste ?!

            - Une Shinigami, je ricane.

            - Toi, une Shinigami ?

            - Serais-tu devenue sourde ou bien es-tu stupide ? Non, laisse-moi deviner. La dernière est la bonne réponse.

            Elle me fusille de son regard bleu nuit tandis que je me redresse, la regardant de haut (ce qui n’est pas bien compliqué vu ma taille).

            « Tu n’oublierais pas quelque chose ? »

            - Ah oui, je reprends. Voici mes amis Ikkaku et Yumichika.

            - Tu as des amis, toi ? Laisse-moi rire, ricane la blondasse.

            - A ta place je ne me chercherais pas sinon je risque bien de libérer Yamaneko qui serait ravir de dévorer ton âme.

            - Yamaneko ? C’est qui encore celui-là ?

            - C’est lui.

            Je tire de son fourreau le chieur tout en positionnant sa lame sous le coup de ma pire ennemie qui blêmit a vu d’œil.

            - Les filles ont à un problème.

            - Tu  ne vois pas qu’on est occupé là ? grogne la blondasse.

            - A ta place je me retournerais, je lui fais, ayant enfin remarqué le « problème » ou plutôt les problèmes.

            Je l’entends pousser un cri d’effroi tandis que le chieur ronronne de plaisir.

            « Enfin un peu de castagne. Je m’ennuyais dans mon désert, moi. »

            « Oh, pauvre chou. »

            « Ta gueule et libère moi sinon je m’occupe de ton cas ma belle. »

            « C’est une menace ? »

            « Non. Une promesse. »

            « Et bien soit alors… »

            Je regarde en souriant les Hollows qui nous font face. Sourire avec qui je partage avec mes deux compagnons.

            - Tu es prête Anko ?

            - Tu plaisantes ? Je suis toujours prête, je chantonne.

            Sans prévenir, je bondis sur mes jambes, empoignant de toutes mes forces le chieur et en hurlant :

            - Feule, Yamaneko !

            Je repasse en mode Wolverine. D’ailleurs, j’avais oublié à la longue ce que cela faisait de se sentir incroyablement forte. De sentir sa rapidité augmenté. Comme si personne ne pouvait plus me battre.

            Bien entendu, tout cela est faux. Je ne suis pas aussi forte que mon Capitaine ou bien que tous les autres Capitaines de la Soul Society.

            « Ou bien que la fraise tagada. »

            « Aussi. »

            En même temps ce gars possède un quart de sang de Hollow. Enfin en quelque sorte, je n’ai pas tout compris à ce que m’ont raconté Renji et Rukia. En attendant, les Hollows nous attaquent. Mais finissent rapidement par disparaître comme ils sont apparus jusqu’à que j’entende quelqu’un crier dans mon dos. Je me tourne vers ma Némésis, prise dans l’étau d’un Hollow. Et brusquement, par je ne sais quelle supercherie, je lui ai sauvée la vie. J’ai bondis, comme ça, d’un seul coup, coupant net la main du monstre et rattrapant au passage la blondasse qui me fixe, les yeux ronds.

            - Akuma… Tu m’as…

            - Sauvée la vie ? Evite de me rappeler. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris.

            - Merci.

            - Oh ça va, pas besoin de… PARDON ?!

            - Tu m’as très bien entendue !

            - T’es folle.

            - C’est toi qui es cinglée !

            Je m’apprête à lui répondre quand soudain le Chauve, agacé par nos disputes, nous assomma elle et moi. Ce fut donc ainsi qu’on dû emmener – non pas à la Soul Society – Anju avec nous à la recherche des Hollows.

            - Mais pourquoi je dois venir avec vous, moi ? gémit ma Némésis.

            - Parce que les Hollows adorent manger les âmes errantes, je la nargue.

            Elle ne parla plus de tout le chemin. Enfin jusqu’à que le dernier Hollow soit éliminer et qu’il soit tant de la purifier.

            J’aime bien ce mot « purifier » pas vous ?

            Enfin bref.

            - Bon on commence ?

            - Et tu comptes faire quoi ?

            - Te purifier je te l’ai déjà dit !

            - Et ça consiste à quoi ?

            - Je vais faire simple pour que tu comprennes. Il suffit que je plante Yamaneko dans ton ventre et voilà.

            - Hey mais ça va pas la tête !

            Trop tard. C’est déjà fait et tandis qu’elle disparait doucement de ma vue, je lui murmure à l’oreille :

            - Je t’avais bien dit qu’un jour tu me le payerais blondasse.

 

            Quelques heures plus tard, alors que j’étais dans ma chambre, à la onzième division j’entendis la voix du chieur me faire remarquer :

            « Quand même ma belle… Vouloir sa mort juste parce qu’elle t’a volé tes bonbons préférés quand vous aviez six ans ce n’est pas vraiment sérieux. »

 

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