Yukina: Le souffle de la Glace
Chapitre 4 : Le brasier de soufre et le sang de la glace
772 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 22/04/2026 13:15
L’humidité du village de Kusatsu est un poison. La vapeur des sources thermales colle à mes bandages, alourdissant mes membres. C’est l’environnement idéal pour une créature des ténèbres.
Soudain, le sol se dérobe. La rue pavée se change en une gueule de chair bouillante.
— « Sixième Forme : Morsure du Sang Bouillant ! » hurle le démon.
Des lianes rouges, couvertes de ventouses crachant de l'acide, jaillissent de la brume. Tanjiro réagit à la seconde.
— « Souffle de l'Eau. Dixième Mouvement : Dragon de l’eau ! »
Son dragon d'eau tourbillonne, tranchant les premières lianes, mais l'acide du démon vaporise son attaque. Inosuke s'élance, hurlant comme un possédé, ses sabres dentelés déchirant la chair, mais les plaies du démon se referment avant même que l'acier ne soit retiré.
— « Écartez-vous ! » ma voix tonne dans la rumeur des sources.
Je fonds sur eux depuis le toit.
Souffle de la Glace. Quatrième Forme : Murmure du Blizzard.
Ma lame décrit une spirale parfaite. Ce n'est pas qu'un coup de sabre : c'est un froid à -100°C qui se libère. Les lianes d'acide se figent, deviennent grises et tombent en morceaux de verre brisé. Je me réceptionne entre Tanjiro et la créature.
La Lune Inférieure Quatre émerge enfin de la vapeur. Son corps est une masse de muscles rouges et de bouches qui ricanent.
— « Oh... une pourfendeuse qui apporte son propre hiver, » s'exclame-t-il. « Mais ici, c'est mon domaine. Pouvoir Sanguinaire : Geyser de Désespoir ! »
Il frappe le sol de ses poings. Des colonnes d'eau à plus de 200°C jaillissent sous nos pieds. Tanjiro et Inosuke sont projetés en arrière par l'onde de choc thermique.
— « C'est trop chaud ! » hurle Zenitsu, prostré, alors qu'une colonne d'eau s'apprête à l'engloutir.
Je n'ai pas le choix. Je dois geler tout le secteur, même si cela m'épuise.
Cinquième Forme : Prison des Stalactites Éternelles.
Je plante mon sabre au centre du geyser. La collision entre ma glace et son eau bouillante crée une explosion de vapeur aveuglante. Mais ma volonté est plus dure que son feu. Le gel remonte la colonne d'eau, la transformant en une lance de glace géante de dix mètres de haut.
— « Kamado ! Maintenant ! »
Tanjiro comprend instantanément. Il utilise ma lance de glace comme tremplin.
— « Danse Sacrée du Dieu du Feu : Valse ! »
Ses flammes solaires s'allient à mon froid pour créer un choc thermique dévastateur. Il tranche un bras du démon, tandis qu'Inosuke, surgissant du côté, découpe ses jambes.
Mais la Lune Inférieure hurle de rage. Son corps se met à gonfler, sa température grimpe. Il devient rouge vif.
— « Vous allez fondre avec moi ! »
Il libère une vague de chaleur si intense que ma glace commence à se liquéfier. C'est le moment. Je dois utiliser cette technique, celle qui me coûte tant.
Souffle de la Glace. Septième Forme : Le Tombeau du Lotus Blanc.
Je disparais dans un nuage de givre. Je ne cours pas, je me déplace par impulsions cristallines. Le démon ne voit plus qu'un sillage de pétales de glace qui tourbillonnent autour de lui. Je frappe huit fois, huit points vitaux. À chaque impact, j'injecte mon propre souffle directement dans ses veines.
Le démon s'arrête net. Sa peau, autrefois brûlante, se couvre de fleurs de givre qui poussent de l'intérieur de ses pores. Ses yeux éclatent sous la pression du gel.
Je réapparais derrière lui, mon sabre déjà à moitié rengainé.
— « La glace ne fond pas. Elle attend. »
Première Forme : Givre Matinal.
Dans un éclair de lumière blanche, sa tête est séparée de son buste. Le froid est tel que le démon ne se désintègre pas : il se cristallise entièrement. Son corps devient une statue de sel et de glace qui vole en éclats sous le poids de sa propre tête qui tombe.
Je vacille. Le contraste thermique a été trop violent pour mes poumons. Je crache un peu de sang, mais il est déjà froid avant de toucher le sol.
Tanjiro se précipite vers moi, son visage brûlé par la vapeur mais ses yeux pleins d'une inquiétude sincère.
— « Vous êtes blessée ! Votre respiration... elle est irrégulière ! »
Je repousse sa main. La chaleur de sa paume me fait l'effet d'un tison ardent.
— « Ne me touche pas, » dis-je, la voix rauque. « Ton feu... il va me briser. »