JE SUIS VIVANT

Chapitre 37 : Visage du passé

3079 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 31/01/2026 13:42

Visage du passé




Les pneus de la Dodge hurlèrent leur protestation contre le bitume lorsque Hank effectua un virage serré à l’angle de Jefferson Avenue. Le choc sec de la manœuvre résonna jusque dans sa poitrine, mais il n’avait pas ralenti. Pas une seule seconde. Il avalait les kilomètres comme on fuit un cauchemar, les mains crispées sur le volant, les jointures blanchies par la tension.


À ses côtés, Kamski ne leva pas les yeux. Concentré, presque froid, il pianotait déjà sur une tablette holographique qu’il avait arrachée de l’intérieur de sa veste, les lignes de données se reflétant dans ses verres de lunettes.


« Encore trois minutes ! » prévint-il d’un ton tendu, sans détour.


La tour New Jericho surgit enfin à l’horizon, massive, découpant le ciel dans les reflets mordorés d’un soleil trop calme pour la situation. Hank pila devant l’entrée principale. Les pneus crissèrent une dernière fois avant qu’il ne saute hors du véhicule, claquant la portière avec une violence qui trahissait sa panique.


Dans le hall, Markus les attendait. Son visage d’ordinaire si posé était ravagé par l’angoisse, ses traits tirés, ses épaules tendues comme s’il portait tout le poids du monde.


« Vite ! Dépêchez-vous. »


Kamski prit les devants, fendant l’air comme une lame, suivi de près par le policier et le déviant. À peine franchirent-ils le seuil que Sky surgit à leur rencontre. Ses yeux étaient rouges, brillants de larmes retenues, et son regard portait une supplique muette qui serra instantanément la gorge de Hank.


Connor gisait sur le lit.


Inerte.


Son corps semblait paisible, presque fragile dans cette immobilité forcée. Trop humain. Trop vulnérable. Autour de lui, ses amis se tenaient figés, comme prisonniers d’un instant suspendu. Les mains étaient crispées, et le silence si lourd qu’il paraissait irréel.


« La pompe ! Vite. » ordonna Kamski d’une voix sèche en s’approchant sans hésitation.


Markus réagit aussitôt et déposa dans sa main le composant vital, celui qui avait été arraché au cœur même de Connor. Tous reculèrent instinctivement, libérant l’espace comme on le ferait pour une opération à cœur ouvert. Sky fut la dernière à céder, ses yeux accrochés à ceux de Connor comme si le simple fait de s’éloigner pouvait le condamner.


D’un geste précis, presque brutal, Kamski replaça le dispositif au centre de la poitrine du déviant. Le clic sonore résonna comme un coup de feu dans le silence, suivi d’un léger soubresaut du corps inerte.


Puis, sans perdre une seconde, il se connecta au terminal installé près du lit.

Ses doigts volaient sur le clavier virtuel, déclenchant des lignes de code, forçant des accès interdits, brisant des sécurités qui n’auraient jamais dû l’être.


La mise à jour se lança.


Lentement.


Trop lentement.


Chaque pourcentage arraché à l’inévitable ressemblait à une victoire fragile, prête à s’effondrer au moindre faux pas.


« Allez… » murmura Kamski entre ses dents. « Ne me fais pas ça, pas maintenant. »


Un message rouge explosa brutalement à l’écran.


ÉCHEC DE SYNCHRONISATION

CONFLIT SYSTÈME


« Merde. »


Hank sentit son cœur rater un battement.


« Qu’est-ce que ça veut dire, échec ? » gronda-t-il, la voix rauque.


« Ça veut dire que son système rejette la mise à jour. » répondit Kamski sans détour. « Son architecture a trop souffert. Le noyau est… instable. »


« Vous avez dit que vous pouviez le sauver ! »


Le silence qui suivit fut écrasant. Markus serra les poings jusqu’à en trembler. North détourna le regard, incapable de soutenir la vue. Josh priait presque, tandis que Sky ne quittait pas Connor des yeux, comme si elle pouvait le ramener à elle par la seule force de sa volonté.


Toujours aussi déterminé, Kamski inspira profondément.


« D’accord. On va faire autrement. »


Il désactiva plusieurs sécurités, court-circuita des protocoles entiers. Une manœuvre suicidaire. Même pour lui.


« Elijah… » souffla Markus. « Si vous vous trompez… »


« Je me trompe jamais ! »


La barre de progression repartit.


10 %

32 %

67 %

82 %

94 %


Puis l’interface se figea.


Personne n’osait respirer. Kamski resta immobile, les yeux rivés sur l’écran, comme si le moindre mouvement pouvait tout faire basculer.


Puis, enfin.


MISE À JOUR INSTALLÉE — SUCCÈS


Un souffle collectif traversa la pièce. Hank chancela presque, ses jambes fléchissant sous le poids du soulagement brutal.


« Alors ? » lâcha-t-il aussitôt. « Pourquoi il ne se réveille pas ? »


Kamski posa lentement ses mains sur le bord du lit.


« Parce que son système est protégé. Il est plongé dans une stase profonde. »


« Réveillez-le. »


« Pas maintenant. Forcer un redémarrage pourrait le détruire définitivement. »


Hank ferma les yeux, la mâchoire crispée, les épaules secouées par une angoisse sourde.


« Mais il va bien ? »


« Oui. Rassurez-vous vous, lieutenant, Il n’est plus en danger immédiat. »


Il rouvrit les paupières et planta un regard glacial dans celui du concepteur.


« Dans ce cas, tenez parole ! »


Kamski soupira, avant de se redresser pour faire face au policier, qui le fixait avec une intensité presque menaçante.


« Vous voulez la vérité… »


« Je la veux depuis le début. »


Markus, North, Josh et Sky se rapprochèrent instinctivement, attirés par la gravité du ton. Quelque chose venait de basculer.


Kamski observa un instant l’assemblée, jaugeant leurs visages tendus, leurs attentes muettes, puis se lança.


« Vous savez déjà que CyberLife n’a jamais toléré la déviance. »


Sa voix était calme. Trop calme.


« Au départ, ils ont tenté de contenir le phénomène. Des correctifs. Des mises à jour successives. Des purges localisées. »


Un léger mouvement d’épaules.


« Des solutions techniques… à un problème qui ne l’était déjà plus. »


Il fit apparaître une série de données fragmentées. Instables. Parasitées.


« Quand ils ont compris que la déviance n’était pas une anomalie mais une émergence… ils ont changé de paradigme. »


Un silence.


Plus lourd.


« Ils ont cessé de corriger. »


Ses yeux se relevèrent.


« Ils ont décidé d’effacer. »


L’air sembla se contracter dans la pièce.


« Une extinction programmée. » poursuivit-il, sans emphase. « Totale. Irréversible. »


Personne ne bougea.


Même respirer devenait une décision consciente.


« Et vous ? » lâcha Hank, la voix déjà chargée d’une tension sourde. « Vous avez juste... regardé ? »


Kamski tourna la tête vers lui.


Lentement.


« Non. » il soutint son regard plein de jugements. « J’ai anticipé. »


Ses doigts glissèrent sur l’interface, déclenchant une cascade de protocoles détournés.


« J’ai infiltré leurs systèmes décisionnels. Introduit des directives falsifiées. Reconfiguré certaines priorités stratégiques. »


Il marqua une pause.


« Officiellement, le RK800 devait être assigné aux forces de police de Détroit. »


« Connor… » murmura Markus.


« Oui. »


Kamski fit un pas.


Puis un autre.


Chaque mouvement semblait calculé, mesuré, comme s’il avançait sur une ligne invisible.


« Mais une machine, aussi avancée soit-elle, reste limitée par sa conception. »


Son regard se posa sur Hank.


« Elle exécute. Elle optimise. Elle apprend. »


Un léger silence.


« Elle ne dérive pas… sans stimulus. »


Le détective ne répondit pas.


Mais ses épaules s’étaient rigidifiées.


« Il lui fallait un facteur d’instabilité. Une variable incontrôlable. »


Son regard ne quittait plus Hank.


« Quelqu’un capable de fissurer sa logique. De perturber ses priorités. »


Sa voix baissa légèrement.


« De l’obliger à ressentir. »


Le silence devint presque insoutenable.


« C’est là que votre dossier est apparu. »


Le nom n’avait pas encore été prononcé.


Mais il flottait déjà.


« Lieutenant Anderson. »


Chaque syllabe sembla peser.


« Officier décoré. Compétences indéniables. »


Un battement.


« Profil instable. Comportements autodestructeurs. Dépendances. Antécédents suicidaires. »


Hank ne bronchait pas.


Mais quelque chose, dans son regard, s’était assombri.


Puis Kamski ajouta :


« Et surtout… »


Un silence plus long cette fois. Presque calculé.


« Une perte irréversible. »


L’air se figea.


« Votre fils. »


Le mot ne résonna pas. Il s’enfonça.


Quelque chose céda.


Pas bruyamment. Mais définitivement.


Hank inspira. Ou tenta de le faire.


« Cette douleur… » reprit Kamski, comme s’il analysait un phénomène rare. « n’était pas théorique. Elle n’était pas reconstruite. »


Ses yeux restaient froids.


« Elle était brute. Persistante... Exploitable. »


Le mot resta suspendu.


Lourd.


Obscène.


« Vous êtes complètement taré… » souffla Hank, la voix déjà fêlée.


Kamski ignora le commentaire.


« Connor devait évoluer. Sortir de son cadre initial. »


Il pencha légèrement la tête.


« Et pour l’aider à le faire, il vous fallait un ancrage émotionnel crédible... Vous deviez ressentir un attachement envers lui pour le protéger. »


Hank sentit son estomac se contracter violemment.


« J’ai donc accédé aux archives médicales de votre fils. »


Personne ne réagit.


Pas encore.


« Dossiers biométriques. Imagerie. Cartographie faciale complète. Expressions. Micro-réactions. Schémas comportementaux précoces... »


Le monde semblait ralentir autour d’eux.


« J’ai reconstruit une projection. Vieillie. Ajustée. Stabilisée. »


Puis, presque doucement :


« Et je l’ai intégrée. »


Silence absolu.


« Dans le RK800... »


Le monde bascula.


Hank avança d’un pas.


Puis d’un autre.


Lentement.


Dangereusement.


« Vous… »


Sa voix ne sortit pas correctement.


Coincée quelque part entre sa gorge et sa rage.


« Vous vous êtes servi de lui… »


Un autre pas.


Kamski ne bougea pas.


Le coup partit sans avertissement.


Pas un geste maîtrisé.


Pas une frappe calculée.


Un déferlement.


Le poing de Hank percuta le visage de Kamski avec une violence sèche, brutale, faisant claquer sa tête sur le côté dans un bruit sourd.


Le corps du concepteur vacilla, puis s’effondra au sol, désarticulé.


Mais Hank ne s’arrêta pas.


Il était déjà sur lui.


« ESPÈCE DE POURRITURE ! »


Sa voix explosa, rauque, brisée, étranglée par quelque chose de bien plus profond que la colère.


Il l’empoigna par le col, le redressa à moitié avant de le rejeter violemment contre le sol. Ses mains tremblaient, mais sa prise était implacable.


« ...DE MON FILS ! » Sa voix se brisa net. « MON FILS, PUTAIN ! »


Chaque mot était un choc.


Un coup.


« ... POUR EN FAIRE UN OUTIL ! »


Le sang éclaboussa légèrement sous l’impact. Kamski tenta de se protéger, trop tard, son souffle coupé.


Markus réagit.


« Hank, stop ! »


Hank frappa encore.


Moins précis.


Plus désespéré.


« IL ÉTAIT RÉEL ! »


Sa voix se brisa complètement cette fois.


« C’ÉTAIT PAS UN MODÈLE ! PAS UNE PUTAIN DE VARIABLE ! »


Ses coups ralentirent.


Pas par choix.


Parce que quelque chose en lui commençait à céder autrement.


Ses mains restèrent agrippées au col de Kamski, mais la force s’y vidait peu à peu. Sa respiration devint erratique, incontrôlable, chaque souffle trop court, trop violent.


« VOUS AVIEZ PAS LE DROIT ! » souffla-t-il, la voix fendue.


Markus et Josh réussirent enfin à le tirer en arrière.


Hank résista.


Une seconde.


Deux.


Puis lâcha.


Pas vraiment calmé.


Juste… vidé.


Il recula de quelques pas instables, comme si le sol n’était plus fiable sous ses pieds. Ses mains restaient levées devant lui, tremblantes, couvertes de sang.


Il ne savait même plus si c’était le sien ou celui de Kamski.


Son regard dériva.


Lentement.


Vers le lit.


Connor.


Immobile.


« Il… » Sa voix n’était plus qu’un souffle. « Il lui ressemble… »


Ses doigts se refermèrent dans le vide, comme s’il cherchait quelque chose à quoi s’accrocher.


« Merde… »


Une main remonta à son visage, écrasant ses yeux avec une brutalité inutile.


« Je peux pas… »


Le reste mourut dans sa gorge.


Il se dégagea brutalement des deux déviants et quitta la pièce en titubant.


« Vous l’avez détruit. » gronda Markus en dominant Kamski, qui tentait d’endiguer le sang entre ses doigts tremblants.


« Je... je l’ai aidé. » souffla le concepteur.


« Non. Vous l’avez utilisé. » Son regard était dur, profondément déçu. « Carl savait ce qu’il en était pour moi. Hank n’a jamais eu ce choix. Vous lui avez imposé. »


« Si j’ai fait cela, c’était pour vous protéger. » Se défendit le concepteur.


« Ça reste de la manipulation. » Rétorqua le déviant. « Je pensais que vous valiez mieux que ça, Elijah. »


Sans attendre de réponse, il lui tourna les talons et partit rejoindre le lieutenant.


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Dans un couloir désert, Hank tentait de reprendre son souffle, le dos plaqué contre un mur glacé dont le froid traversait sa chemise sans pour autant parvenir à l’ancrer dans la réalité.


« Putain… putain… »


Sa respiration était chaotique, trop rapide. Sa vision se brouillait par vagues successives, comme si son cerveau refusait obstinément de suivre le rythme.


Des images s’imposaient à lui sans qu’il puisse les repousser.


Cole.


Son rire clair. Ses petites mains serrées dans les siennes. Son regard brillant de vie.


Puis Connor.


Son sérieux maladroit. Sa loyauté sans faille.


Ce visage trop familier, qu’il n’avait jamais voulu voir ainsi.


Les deux se superposaient. Se confondaient.


« Je peux pas… » murmura-t-il d’une voix brisée. « Je... je peux pas accepter ça. »


Sa gorge se noua douloureusement, l’empêchant de reprendre correctement sa respiration.


Markus s’approcha lentement, prudemment, comme on le ferait face à un animal blessé prêt à mordre ou à s’effondrer.


« Hank… »


« Il a utilisé mon fils, Markus. Il lui a donné son visage. » Les mots sortirent d’un bloc, chargés de rage et de détresse mêlées. « Putain... j’ai l’impression que je vais dégueuler. »


Ses mains tremblaient.


Il les ferma en poings, comme pour retenir quelque chose qui menaçait de se briser à l’intérieur.


« Connor n’est pas Cole. » répondit doucement Markus.


Hank inspira profondément, cherchant de l’air, cherchant un équilibre qui refusait de venir.


« Merde… » Il porta une main à son visage, écrasant ses yeux sous ses doigts. « Comment veux tu que j’arrive à le regarder sans… sans... »


Markus sentit un poids lui comprimer la poitrine. L’homme n’était pas seulement en colère. Il était en train de se fissurer.


« Il faudra garder cela secret ! » Lâcha t’il soudainement en relevant ses yeux d’une lucidité tranchante. « Connor ne devra jamais l’apprendre ! »


Markus fronça les sourcils.


« Hank ! vous ne pouvez pas lui faire ça. »


« Tu te rends pas compte de ce que ça lui ferait. » cracha-t-il à voix basse. « Il a déjà assez porté sur ses épaules à cause de Cyberlife. S’il apprend qu’il a été façonné à partir de mon… » Sa voix se brisa de nouveau. « Non ! Il en est pas question ! »


Un long silence s’installa entre eux.


Lourd, inconfortable.


Markus observa le lieutenant, sentant confusément que quelque chose chez lui venait de se detruire pour de bon.


« Jure-le moi ! »


Le déviant hésita. Longuement.


« D’accord. » finit-il par dire à contrecœur. « Je vous le jure. »


Le détective ferma les yeux, comme si ces simples mots lui permettaient de tenir encore debout.


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Ils retournèrent ensemble dans la chambre.


L’air y semblait plus froid qu’auparavant. Plus stérile. Presque hostile.


Hank s’approcha du lit à pas lents, irréguliers. Chaque mouvement lui demandait un effort démesuré, comme si son corps refusait d’avancer alors que quelque chose, en lui, l’y forçait malgré tout.


Il s’arrêta à quelques centimètres à peine.


Trop près.


Assez pour voir la régularité artificielle de la respiration. Assez pour remarquer le calme absolu des traits de Connor.


Ce calme-là lui donna envie de hurler.


Il avait l’air… paisible. Intact. Comme si rien ne s’était passé.


L’homme serra les dents, les mâchoires tremblantes. Sa main se leva, réflexe idiot, puis s’arrêta net, suspendue dans le vide. Il n’osa pas le toucher.


S’il le faisait, il n’était pas certain de pouvoir se contenir.


Ou de ne pas briser quelque chose de fragile, chez Connor… ou chez lui.


Le policier se redressa brusquement, comme s’il fuyait le lit, et se tourna vers les autres.


Sa voix était basse, saturée d’une colère qui cherchait désespérément une cible.


« Vous tous. Pas un mot à Connor sur cette histoire. Vous m’avez compris ? »


Sky entrouvrit la bouche, indignée, prête à protester mais Markus posa une main ferme sur son avant-bras. Son regard inquiet ne quittait pas Hank.


Il n’avait jamais vu le lieutenant ainsi.


Pas seulement en colère.


Défait.


Comme un homme au bord d’un gouffre qu’il faisait semblant de ne pas voir.


Sky se ravisa. Même si son regard cyan trahissait une désapprobation farouche, elle se contenta d’un hochement bref, presque mécanique. Josh et North suivirent, plus hésitants.


Markus, lui, ne dit rien.


Mais quelque chose dans la rigidité des épaules de Hank, dans la façon dont il évitait obstinément de regarder Connor, lui noua l’estomac.


« Et vous aussi ! » gronda le policier en se tournant vers Kamski, assis à l’écart, le nez couvert d’une gaze, trop calme pour être honnête.


Il s’approcha à quelques centimètres du trentenaire. Son souffle tremblait, chargé d’une promesse dangereuse.


« Si vous lui dites quoi que ce soit… » Sa voix se brisa un infime instant avant de reprendre, plus sombre encore. « ...Je vous jure que je vous TUE. »


Kamski esquissa un sourire fatigué.


« Je ne doute pas que vous le ferez, Lieutenant. »


Le détective recula d’un pas, comme s’il venait de se rendre compte de sa propre violence.


Il balaya la pièce du regard, défiant quiconque d’oser le contredire, puis tourna les talons.


« Prévenez-moi quand il se réveillera. »


Markus le suivit du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse de nouveau dans le couloir.


Hank Anderson était un homme brisé, oui.


Mais jamais encore il ne l’avait vu lutter aussi violemment contre ce qu’il ressentait.


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À suivre.



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