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Chapitre 6 : L’ombre derrière la perfection

679 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 14/01/2026 21:08

15h27

Après quelques minutes, le trajet s’achève et le véhicule s’arrête devant l’entreprise Aureon Systems.


La porte s’ouvre et, face à elle, sur une grande place au sol de granite, trône une statue de métal poli reflétant le ciel. Sa posture, fière et immobile, pourrait faire croire qu’elle défie la gravité. Akira fronce légèrement les sourcils : « On dirait un Iron Man géant… Luki aurait adoré. Sauf que là, c’est censé être sérieux, hein. »

Derrière, une tour de verre massive s’élève : 180 étages, véritable pilier d’innovation au cœur du District 7. Akira jauge l’édifice d’un œil critique, peu impressionnée par l’architecture futuriste, mais consciente de l’aura que dégage le lieu.


Sans perdre de temps, elle se dirige vers l’entrée. Les portes coulissent sans effort. L’intérieur dévoile un bâtiment vaste et haut, ponctué de multiples étages. Dans un coin, une statue de métal poli reprend le style de celle de l’extérieur, mais en version plus petite. Le sol est carrelé d’un marbre bleu fantastique et les murs blancs laqués arborent des motifs étranges.

Au centre de la pièce, une silhouette grande et mince se détache du reste du décor. Probablement la personne chargée de l’accompagner sur le terrain. Sobrement vêtu d’une blouse blanche, chemise à carreaux, jean bleu et baskets blanches, il arbore une tenue simple et modeste, pour une entreprise qui ne paye pas de mine.

— Lieutenant Tsukino ? demande-t-il.

— En personne, répond-elle, un brin ironique.


Akira lui tend la main.

— Bonjour, je suis Matsuo, pour Aureon Systems, dit-il avec un léger sourire.

— Enchantée, lâche-t-elle rapidement.

— Hum… je suis chargé de vous accompagner pour la visite de la scène de crime et de vous briefer sur ce qui s’est passé, balbutie-t-il.


Matsuo tient sa tablette dans une main, un dossier électronique glissé juste en dessous, prêt à l’usage. D’un geste sûr, il le tend à Akira en l’invitant à le suivre :

— Tenez. Les premiers éléments de l'enquête sont catalogués et horodatés. Si vous voulez vérifier un élément, tout est disponible ici.


Akira prend le dossier électronique, l’examine d’un œil critique, ne quittant pas du regard le technicien qui se dirige vers l’ascenseur.

— Merci. Dites-moi, à quelle heure remonte le décès ? demande-t-elle sans détour.

— Vers 3 h 02 du matin. Une alarme silencieuse déclenchée par le système d’urgence a alerté les secours. Quand ils sont arrivés, le Dr Hiroshi Tanaka était déjà…


Akira s’arrête net et le fixe.

— Mort, je suppose, coupe-t-elle sèchement.


Elle scrute son visage, guettant la moindre micro-expression qui trahirait ses intentions. Rien ne transparaît. Pas de peur, pas de colère, pas la moindre ombre de criminel.


Puis, d’un ton sec :

— Et les caméras ?

— Elles ont capturé les allées et venues. Aucun bruit suspect à l’extérieur, aucune entrée forcée, pas de témoin direct. L’androïde semblait être le seul à quitter la pièce, répond Matsuo, en appuyant sur le bouton de l’ascenseur.


L’ascenseur arrive enfin, les portes s’ouvrent. Akira pénètre à l’intérieur et remarque immédiatement que, comme le reste du bâtiment, il a eu droit au traitement VIP : panneaux de quartz bleu poli et pièces métalliques chromées… à croire que Monsieur Propre y tient ses réunions.

— Très bien. Dites-moi comment fonctionne ce… machin, dit-elle en manipulant le dossier.


Matsuo range sa tablette sous son bras et prend le dossier :

— C’est très simple, vous allez voir. Il suffit de faire cette manipulation, et ça s’ouvre tout seul.


Tandis que les deux discutent, la porte se referme et l’ascenseur les propulse au niveau L-47, accès restreint réservé aux expériences confidentielles.



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