Tevinter Slave
Le soleil peinait à atteindre le sol, filtré par des passerelles de métal, des balcons branlants et des étages construits trop près les uns des autres. La lumière se fragmentait en plaques dorées sales, révélant chaque imperfection : pavés fissurés, flaques d’eau huileuse, éclats de lyrium incrustés dans la pierre comme des cicatrices anciennes que personne ne prenait la peine de guérir.
Neve Gallus avançait dans cette clarté imparfaite, parfaitement consciente du contraste. Dock Town se donnait des airs de quartier actif, presque honnête, à cette heure-là. Les cris des marchands couvraient à peine les murmures plus dangereux. Les cargaisons entraient et sortaient. Les bourses changeaient de mains. Les regards se jaugeaient. Tout le monde travaillait. Tout le monde mentait.
Des étals débordaient de poissons à l’odeur âcre, encore frémissants dans la glace fondante. Des tissus teints de couleurs criardes pendaient entre deux bâtiments, claquant au vent comme des drapeaux de fortune. Un apprenti mage faisait léviter des caisses sous l’œil méfiant d’un contremaître qui connaissait le prix d’un accident magique et celui d’un silence bien payé. Elle connaissait ce quartier comme on connaît une vieille blessure. Chaque coin de rue avait une mémoire. Chaque passage étroit dissimulait une échappatoire… ou un piège.
Sa jambe artificielle produisait un son légèrement différent sur les pavés; un rythme qu’elle avait cessé d’entendre, mais que Dock Town, lui, n’oubliait jamais. Quelques têtes se tournaient. Pas longtemps. Pas assez pour paraître suspectes. Juste ce qu’il fallait pour confirmer qu’on l’avait vue. Une détective en mission. Une mage redoutable. Et surtout pas quelqu’un d’achetable. C’était un luxe rare.
L’odeur du lyrium, celui qui était légal, semi-raffiné, parfaitement contrôlé, se mêlait à une autre, plus subtile. Celle qu’elle reconnaissait immédiatement. Le lyrium rouge ne laissait jamais de trace franche. Il s’insinuait, discret, malsain, comme une promesse de catastrophe chuchotée trop près de l’oreille. Un rappel cruel qu’elle n’avait pas réussi à arrêter l’échange de la veille.
- Tu ne restera pas caché longtemps, murmura-t-elle pour elle-même.
Neve s’arrêta un instant, observant les Docks vivre. Un enfant courait entre les jambes des adultes, poursuivi par un chien famélique. Un vieil homme fermait précipitamment ses volets en voyant passer un groupe de soldats. Une femme riait trop fort, un rire appris, travaillé, qui masquait autre chose. Les Docks survivait par habitude, pas par espoir.
Le Cygne Lardé se dessinait plus loin, son enseigne écaillée grinçant doucement au vent. La taverne semblait presque accueillante sous le soleil. À l’intérieur, les ombres seraient plus épaisses, et les vérités plus chères.
Elle reprit sa marche. Si les Venatori avaient traversé Dock Town, c’était soit par arrogance… soit parce qu’ils se croyaient intouchables. Dans les deux cas, c’était une erreur. Et Neve Gallus vivait pour corriger ce genre d’erreurs. Mais d’abord elle devait comprendre pourquoi un contrebandier appartenant aux Fillins travaillerait avec un Magister et trafiquerait avec les Cultistes.
La taverne était déjà pleine à craquer malgré l’heure. En fin d’avant-midi, la clientèle était différente : dockers en pause, messagers encore essoufflés, contrebandiers trop confiants pour attendre la nuit. L’air était lourd, saturé d’alcool tiède, de graisse rance et de magie résiduelle. Les rires éclataient trop fort, couvrant les conversations qui ne devaient pas être entendues.
Et comme elle l’avait espérée, Elek Tavor était là. La trentaine bien entamée, les cheveux bruns relativement bien coiffé et une cicatrice pâle qui lui barrait la joue gauche; un souvenir mal digéré d’une erreur de jeunesse qu’il racontait différemment à chaque fois. Il était adossé au comptoir, posture détendue, sourire facile. L’arrogance plaisantine était sa meilleure armure : une blague pour chaque question, un clin d’œil pour chaque mensonge.
Il était en train de conclure une affaire. La cliente, une femme nerveuse avec un manteau trop épais pour la saison, gardait une main crispée sur sa bourse. Elek parlait vite en vantant une marchandise que Neve n’avait même pas besoin de voir pour savoir qu’elle était surévaluée, mal conservée, et probablement dangereuse. Elle s’approcha sans se presser.
- Si vous cherchez vraiment ce genre de pièce, dit-elle calmement à la cliente, sans même regarder Elek, évitez ce qu’il vous vend.
Les conversations autour d’eux hésitèrent un instant, comme si la taverne retenait son souffle. Le jeune homme cligna des yeux, surpris, puis sourit plus largement encore.
- Neve, toujours un plaisir, lança-t-il. Tu tombes mal, je suis occupé.
Elle ignora la remarque et poursuivit, son regard enfin posé sur la cliente.
- Les mêmes composants, mieux raffinés, se trouvent au troisième entrepôt du quai est. Demandez Marrek. Il vous fera payer moins cher… et vous repartirez sans vous demander si votre achat va vous tuer dans votre sommeil.
La femme pâlit.
- Elle exagère toujours. C’est son métier, dit Elek en riant.
Neve pencha légèrement la tête et regarda enfin le Fillin sans lui répondre. La cliente, elle, hésita une seconde de plus, puis recula d’un pas.
- Merci, madame, murmura-t-elle avant de s’éloigner rapidement.
Elek soupira théâtralement et leva les mains.
- Tu viens de me faire perdre une vente.
- C’est pas mon problème, répondit Neve sans détour.
Elle prit place sur le tabouret laissé vide, croisa les bras et le fixa. Le sourire du jeune homme perdit juste assez de sa légèreté pour devenir réel.
- Bon, dit-il à voix basse. Qu’est-ce que tu veux? À moins que tu sois là pour une visite de courtoisie? Ça me ferait plaisir.
La détective soutint son regard, implacable. Puis elle rigola un peu avant de répondre.
- J’ai coincé l’un de tes copains en train de trafiquer avec les Venatori au nom d’un Magister hier soir.
Elek eut un petit rire incrédule et secoua la tête.
- Impossible. Les Magisters se croient bien trop supérieurs pour perdre leur temps aux Docks. Tu le sais aussi bien que moi, Dock Town, c’est de la boue utile, rien de plus. Alors les Fillins? Ils n’y penseraient même pas.
Il se pencha légèrement vers elle, baissant la voix.
- Et on ne touche pas aux affaires des cultistes Venatori. Jamais. C’est la règle.
Neve le fixa sans ciller. Elle connaissait cette réputation. Les Fillins faisaient du trafic, de la contrebande, du chantage parfois, mais ils avaient leurs lignes rouges. Les Venatori n’étaient pas des criminels ordinaires. C’étaient des fanatiques. Imprévisibles. Mauvais pour les affaires.
- Je veux savoir pourquoi l’un des vôtres trafique sous la botte d’un Magister, dit-elle calmement.
Elek haussa les épaules, geste faussement désinvolte.
- Qu’est-ce que tu veux que je te dise, Neve? Pour l’argent surement. Les Magisters paient bien quand ils veulent quelque chose sans se salir les mains.
Il grimaça.
- Mais si c’est cas… alors ce type est déjà mort. On ne pactise pas avec des cultistes sans conséquences.
Neve arqua un sourcil et secoua la tête.
- Je sais que l’argent est impliqué, Elek. Je veux savoir si un Fillin peut trahir seulement pour l’argent, ou si ça prend des menaces en plus.
- Pourquoi? C’est important? Demanda Elek.
Les yeux marrons de Neve se plongea dans ceux du jeune homme, un sourire en coin.
- Oh, ne sous-estime pas l’importance des détails.
En effet, comprendre jusqu’où un Magister était prêt à aller pour engager un contrebandier dans sa petite manigance pouvait être très révélatrice quand on savait quoi faire de ces informations. Et Neve Gallus savait exactement quoi faire avec ces détails. Si la menace est nécessaire, c’est que l’argent ne suffit pas, et si l’argent ne suffit pas, c’est que les enjeux sont graves… Très grave.
Le regard d’Elek se durcit, juste un instant.
- T’es dangereuse, Neve.
- Je sais, répondit-elle. C’est pour ça que je suis encore en vie.
Autour d’eux, la taverne continuait de bruire, mais Neve sentit le changement. Une tension presque imperceptible, comme un fil qu’on venait de tendre un peu trop. Un Fillin avait trahi. Un Magister s’était compromis. Et quelque part entre les deux, une relique en lyrium rouge avait changé de mains. Neve se redressa légèrement. Elek n’en savait pas plus. Ou du moins, rien qu’il soit prêt à dire.
Elle le comprit à la façon dont il s’était renfermé; les épaules légèrement rentrées, le ton redevenu trop léger, les plaisanteries revenues trop vite. Le genre de masque qu’on remet quand la conversation a atteint une limite invisible mais bien réelle. Elle n’apprendrait rien de plus aujourd’hui. Magister Alexius garderait donc ses secrets un jour de plus. Neve se leva, ajustant son chapeau.
- Bon, essaie de ne pas trop arnaquer le monde aujourd’hui, lança-t-elle en s’éloignant.
Elek ricana.
- Tu me demandes l’impossible.
- Je te demande de faire un effort, corrigea-t-elle.
Puis, elle quitta le Cygne Lardé, laissant derrière elle la chaleur étouffante, les odeurs épaisses et les regards qui pesaient un peu plus longtemps sur son dos. La porte se referma dans un grincement familier. Dock Town l’accueillit de nouveau, bruyant, vivant, indifférent.
Magister Alexius avait gagné du temps. Pas assez pour être en sécurité, mais suffisamment pour compliquer les choses. Neve inspira profondément, laissant l’air salin et pollué des docks lui remplir les poumons. Elle avait encore deux autres contacts à voir aujourd’hui.
La prochaine l’attendait sur les quais. La Templière Rana Savas. Une collègue occasionnelle. Une femme droite dans un monde qui récompensait rarement ce genre de qualité. Neve avait appris à lui faire confiance. Ce qui, dans son cas, relevait presque de l’amitié. Presque. Après tout, on ne pouvait pas vraiment être amie avec une détective cynique et solitaire. Mais on pouvait marcher à ses côtés.
La détective s’engagea vers les quais, son pas régulier se fondant dans le rythme de Dock Town. Rana était déjà là. Cela ne surprit pas Neve. La Templière avait toujours été ponctuelle, presque méthodique. Elle se tenait droite près d’un pilier de pierre, l’armure de templière partiellement désassemblée pour la chaleur de la fin d’avant-midi. Sa longue tresse impeccable descendait le long de son dos, chaque mèche à sa place, comme si l’ordre extérieur pouvait encore contenir le chaos du monde. Le vent marin faisait claquer les bannières des quais derrière elle. Quand elle aperçut Neve, son visage s’adoucit.
- Neve, dit-elle avec un sourire sincère. Comment tu vas?
Neve haussa une épaule.
- Tu me connais, la routine.
Rana hocha la tête, comme si elle comprenait exactement ce que cela signifiait venant d’elle. Elles se mirent à marcher côte à côte, suivant le bord des quais. Des cargaisons de bois et de métal passaient lentement derrière elles, portées par des dockers fatigués.
- Je t’apporte des mauvaises nouvelles, ajouta Neve sans détour.
Le sourire de Rana s’effaça aussitôt, remplacé par cette attention calme qui faisait d’elle une bonne templière.
- Oh, est-ce que tu m’as déjà apporté des bonnes nouvelles auparavant?
Neve eut un petit sourire en coin face à la remarque, mais elle n’y prêta pas plus attention. Elle poursuivi :
- Ton patron est corrompu.
Elle marqua une courte pause.
- Je l’ai surpris hier soir à la botte d’un Magister. Il accepte des pots-de-vin.
Rana ne s’arrêta pas. Elle ne laissa pas échapper d’exclamation non plus. Seule sa mâchoire se contracta légèrement.
- Merde! Je m’en doutais, admit-elle finalement.
Elle inspira profondément, l’air salin emplissant ses poumons.
- C’est pas bon pour Minrathie.
Neve tourna la tête vers elle, attentive.
- Non, confirma-t-elle. Et ce n’est pas juste un problème d’Ordre ou de hiérarchie. Il était impliqué dans une transaction de relique en lyrium rouge.
Rana s’arrêta cette fois. Ses yeux s’assombrirent.
- Alors ce n’est pas seulement de la corruption, murmura-t-elle. C’est une menace.
- Exactement.
Le clapotis de l’eau contre les quais rythma le silence qui suivit. Minrathie continuait de fonctionner autour d’elles, indifférente au poison qui circulait dans ses fondations. Rana redressa les épaules.
- Si Lenos est compromis à ce point… alors il y aura des conséquences.
Neve la fixa un instant, puis hocha lentement la tête.
- C’est pour ça que je suis venue te voir.
La templière tourna légèrement la tête vers elle, attentive.
- Écoute, Lenos est fidèle à l’argent, pas au Magisterium. Et encore moins aux Venatori. Ce n’est pas un fanatique, c’est un opportuniste.
Un bref rictus passa sur les lèvres de la détective.
- Et même si ce genre d’homme peut être dangereux… il est aussi prévisible.
Elles reprirent leur marche le long des quais. Une grue grinça plus loin, déposant une cargaison de caisses marquées de glyphes commerciaux.
- Ce n’est pas ma priorité, poursuivit Neve. Pas aujourd’hui. Mais je voulais que tu sois au courant et que tu le surveille.
Rana la regarda de côté, attentive, puis laissa échapper un léger soupir.
- Je devine que tu ne vas pas me dire dans quel genre d’affaire tu t’es encore mise les pieds.
Neve esquissa un sourire. Un de ces sourires brefs, presque fatigués, qui ne promettaient rien. Elle ne répondit pas. C’était sa façon d’être. Pas un mot de trop. Pas un risque inutile. Elle savait trop bien ce que l’information faisait aux gens. Elle attirait l’attention. Elle attirait la peur. Et parfois, elle attirait la mort. Neve refusait de mettre les autres en danger. Même quelqu’un d’entraîné, discipliné et capable comme Rana. Surtout quelqu’un comme elle. Ce poids-là, elle le portait toujours seule.
La Templière n’insista pas. Elle la connaissait assez pour comprendre que le silence n’était pas un manque de confiance, mais une forme de protection. Elles s’arrêtèrent au bout du quai, là où leurs chemins se séparaient.
- Fais attention à toi, d’accord? Dit Rana simplement.
Neve inclina légèrement la tête.
- J’essaie toujours.
Rana n’était pas réellement rassuré par la réponse de la mage, mais elle savait qu’elle ne pouvait rien faire. Neve, c’était Neve. Alors elle s’éloigna sans répondre, sa silhouette droite se fondant parmi les ouvriers et les dockers.
Neve resta un instant immobile, le regard perdu sur l’eau sombre qui léchait les piliers de pierre. Puis elle se remit en marche. Seule, comme souvent. Mais déterminée. Il ne restait plus qu’un contact. Celui, ou plutôt ceux, qui avaient le plus de chances de lui fournir un indice sur les deux Venatori qui avaient fui la transaction de la veille : les Lucernis. Neve préférait penser à eux comme à Tarquin et Ashur pour aujourd’hui.
La ruelle choisie pour le rendez-vous était étroite, encaissée entre deux entrepôts décrépis. Le soleil de la fin d’avant-midi y pénétrait à peine, se contentant de tracer une bande de lumière pâle sur les pavés humides. Des tuyaux anciens couraient le long des murs, gouttant une eau sombre qui sentait le sel et la rouille. Parfait. Discret. Assez fréquenté pour ne pas attirer l’attention, assez oublié pour permettre une conversation honnête.
Ils étaient déjà là. Tarquin s’était adossé au mur, bras croisés, posture relâchée d’un homme qui n’avait jamais vraiment cru aux vertus de la hiérarchie. Ses cheveux noirs, longs et attachés à la va-vite, retombaient sur ses épaules. Templier, oui, mais avec cette attitude fendante qui trahissait un mépris à peine voilé pour l’autorité aveugle… et pour la prétendue supériorité naturelle des mages, surtout quand elle servait d’excuse à l’abus de pouvoir.
- Neve Gallus, tu es en retard, lança-t-il avec un sourire en coin en voyant Neve approcher.
- Mais je suis là, corrigea-t-elle.
Ashur se tenait un peu en retrait. Grand, immobile, silhouette enveloppée dans des vêtements sombres. Son masque dissimulait entièrement son visage, ne laissant paraître que des yeux attentifs. Neve sentit la tension familière se relâcher légèrement en leur présence.
- Toujours un plaisir, dit Tarquin. On dirait que Dock Town t’a encore mâchée et recrachée.
- Je vais bien, répondit-elle.
Ashur inclina légèrement la tête.
- Tu cherches des Venatori.
Ce n’était pas une question. Neve hocha la tête.
- Deux. Présents à une transaction hier soir. Ils ont disparu quand les choses ont mal tourné.
Tarquin siffla doucement.
- Mauvais signe.
- C’est pour ça que je suis là, répondit Neve. Vous gardez toujours un œil sur leurs activités.
Un silence s’installa, dense mais pas hostile. Les Lucernis existaient précisément dans ces silences-là, entre ce qui pouvait être dit et ce qui devait être compris. La détective les regarda tour à tour. Elle était toujours contente de les voir, même si elle ne l’admettrait jamais. Tarquin eut un léger ricanement et secoua la tête.
- Deux Venatori, c’est maigre comme indice.
Il se redressa légèrement, son ton devenant plus sérieux.
- Mais on a remarqué du mouvement répété dans les catacombes.
Ashur acquiesça.
- Quelques Cultistes semblent s’y cacher, dit-il. Nous ignorons encore pourquoi.
Neve hocha lentement la tête. Tout s’alignait. La fuite, la relique disparue, le silence trop bien organisé.
- Les catacombes, répéta-t-elle. Évidemment.
Elle inspira profondément, déjà en train de trier les risques, les entrées possibles, les issues. Les Venatori n’y allaient jamais sans raison. Et quand ils s’enfonçaient sous Minrathie, c’était rarement pour disparaître, mais plutôt pour préparer quelque chose.
- J’irai m’en occuper, dit-elle simplement.
Tarquin arqua un sourcil.
- Seule?
Neve haussa les épaules.
- Comme d’habitude.
Ashur la fixa longuement, puis inclina la tête.
- Alors fais attention, Gallus. Les ombres là-dessous ne sont jamais vides.
Un mince sourire passa sur les lèvres de Neve.
- Je sais.
Elle les remercia, puis tourna les talons, laissant la ruelle derrière elle. Elle devait maintenant préparer une descente dans les catacombes de Minrathie. Ce labyrinthe sinistre que la plupart des gens évitait avec raison. Mais Neve n’avait jamais été douée pour détourner le regard.