Nightmare City
Théo était nulle part. Du moins, il ne savait pas où il était, évoluant dans un monde où il était la seule chose. Il marchait. Vers l’avant ? L’arrière ? Le haut ? Le bas ? Il n’en avait aucune idée. Il s’était retrouvé propulsé ici après avoir la porte. Était-ce donc cela qu’elle renfermait ? Le néant ? Il avait beau tendre l’oreille, il ne percevait plus les murmures. Il continuait donc à marcher, en quête de ce qui l’avait poussé à ouvrir cette gigantesque porte.
*
“Je te l’amène, Vlad !!
Lilia chevauchait son tigre de cirque, et ensemble ils cavalaient dans les ruelles sombres et désertes, poursuivis par le Nodurélite. Quand elle dépassa une échoppe pleine à rabord de divers artefacts magiques, le Challenger Russe en sortit et plaqua ses deux paumes sur le sol. Le dallage craqua, libérant des bosquets de fleurs qui, à peine éclos, s’élancèrent à l’attaque du fauve de roche. Ce dernier les déchiqueta sans mal de ses dents et de ses griffes, mais le pollen qu’elles produisaient se répandit sur sa peau dure et infertile. Comme il faut que la nature trouve sa voie pour s’épanouir, le pollen s’arrangea avec ce terrain peu propice et des milliers de fleurs vinrent pousser sur le dos du félin sans qu’il ne s’en aperçoive et sapèrent rapidement son énergie. Dans un ultime coup de coup de gueule, il s’effondra dans une pluie de pétales roses et jaunes, et il finit par disparaitre, recouvert de roses et de tulipes.
“En voilà un de moins, se vanta le Russe.
-Ne nous reposons pas sur nos lauriers, rétorqua Lilia. Ils sont encore nombreux. Monte.
Alors que le Challenger s’exécutait, grommelant sur le peu de temps qu’on lui laissait pour savourer sa victoire, Lilia regarda le ciel. Les Nodurélites pullulaient, et les Challengers ne chômaient pas. Elle eut une pensée pour Théo, qu’elle n’avait pas vu à son réveil, puis talonna son tigre pour qu’il s’élance à la recherche de leur future nouvelle proie.
*
“Tu peux m’expliquer comment on est censé affronter cette chose ?? S’exclama Malik.
Lui, Pauline, Yu et Ernacio se tenaient face à une très grande guêpe de roche géante. Cette dernière avait deux nids à la place des yeux, et de ceux-ci s’échappaient des guêpes de taille humaine armées d’épées et de boucliers, sans oublier leurs dards munis d’une multitude de pointes acérées. Il en coulait des perles de venin qui, lorsqu’elles tombaient sur le sol, émettaient une fumée peu amène. Ils avaient beau faire tous les efforts du monde, ils ne parvenaient pas à approcher de la reine.
“J’ai une idée, déclara Pauline, mais je vais avoir besoin de temps pour la mettre en œuvre. Vous pouvez-me couvrir ?
-Evidemment, fit Ernacio.
D’un geste de la main, il invoqua Kanin, un bouledogue de feu. Tout en muscle et en flamme, il se mit à aboyer des boules de feu sur les “petites” guêpes qui, bien trop agiles, les évitèrent sans mal.
“Par contre, il va falloir que je m’approche le plus possible.
-Tu plaisantes j’espère ?? S’écria Malik. Si on reçoit une seule piqûre, on peut être sûr qu’on ne se relèvera pas !!
Pauline ouvrit la bouche pour argumenter mais une main se posa sur son épaule.
“On y va, dit Yu en dégainant un de ses poignards. Si tu as la pétoche, Malik, tu n’as qu’à aller te cacher. Tu n’as pas brillé pendant le tournoi, je ne vois pas pourquoi tu brillerais ici...
Puis, sans se retourner, la Japonaise s’élança, suivie de près par la Française. Deux guêpes les repérèrent et foncèrent sur eux. En jouant de son poignard, elle parvint à les tenir en respect. Son arme sifflait dans le bourdonnement incessant de leurs ennemis. Malheureusement, son pouvoir ne lui servait à rien dans cette situation. Habituée à affronter d’autres Voyageurs, son modus operandi était le même : faire des coupures à ses adversaires et attendre. Le sang coulant sans discontinuer des blessures qu’elle infligeait, il lui suffisait de laisser le temps lui faire gagner le combat. Or, face à ces créatures de roche, cela était totalement inefficace. Yu n’était pas un être imbu de lui-même, et elle était heureuse de prendre part à ce combat comme elle avait été heureuse de prendre part à ce tournoi. Ces deux évènements avaient mis en évidence ses faiblesses, et elle n’attendait que la nuit prochaine pour tenter de les effacer.
Deux nouvelles guêpes s’invitèrent à la fête, puis quatre autres, puis huit autres...
Le duo s’était bien avancé dans l’essaim, se rapprochant de la reine, mais désormais les guêpes étaient trop nombreuses et Yu avait du mal à toutes les gérer tout en protégeant Pauline. Malik invoqua alors son sable, formant avec ses multitudes de petits grains des fouets aussi vifs que l’éclair. Si cela ne neutralisait pas les guêpes, cela les tenait en respect, sans compter les boules de feu de Kanin. Ainsi protégée, Pauline put encore se rapprocher un peu, à tel point que le bourdonnement des insectes devenait à la limite du supportable. Heureusement, c’était tout ce qu’il fallait pour la Voyageuse. Chaque bourdonnement, chaque vibration s’accumulait en elle, et bientôt, elle pourrait relâcher une onde de choc si puissante qu’elle sonnerait leurs ennemies.
Ce plan semblait sans faille, avec ses trois gardes du corps, mais cela ne semblait pas du goût de la reine. Réalisant qu’une humaine avait pénétré l’intérieur de l’essaim, elle se mit en mouvement. Elle arma son dard, si pointu que la lumière glissait sur lui, puis elle attaqua Pauline avec véhémence, bourdonnant de rage. La Française esquiva, plongeant vers la droite. D’un regard, la Voyageuse vit le sort qui l’attendait si elle ne faisait pas attention. Elle finirait comme le rocher qui avait subi l’assaut, avec un trou béant dans le ventre qui permettrait de voir des deux côtés de son être. Voyant ce sort peu enviable, elle déglutit et plongea de nouveau. La reine l’attaquait sans relâche et ce n’était que grâce à son extrême vigilance qu’elle s’en sortait vivante.
Soudain, alors que ses membres commençaient à fourmiller sous les vibrations qu’ils accumulaient, elle eut le déclic. Tandis que la reine, dans une énième tentative, tentait de la transformer en brochette, elle sauta en avant, se plaçant juste devant l’abdomen de la créature. Elle y posa sa main et, en une seule fois, elle relâcha toutes les vibrations d’un coup. Même de roche, la reine ne put rien faire pour se défendre face à cette attaque et sombra dans l’inconscience. Suivant son exemple, toutes les autres guêpes s’évanouirent, laissant les quatre Voyageurs essoufflés et courbaturés.
« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Demanda Malik alors qu’avec son sable il se faisait un siège bien confortable.
-On continue de se battre, fit Yu. Ils sont encore…
Elle cessa de parler, et ses compagnons comprirent vite pourquoi. La perle qui se trouvait sur le front de la reine s’en était extirpée et s’élevait lentement dans le ciel, imitée par plein d’autres. Un craquement retentit, et la reine perdit son aspect pour redevenir le Nodurélite qu’il n’aurait jamais dû quitter.
Les perles commencèrent à se rassembler et à former un tourbillon qui se dirigea vers la tour des Magnats avec un scintillement que les Voyageurs connaissaient – même si aucun n’aurait pu dire où ils l’avaient vu.
« Mais que se passe-t-il ? Murmura Pauline.
*
Quelques minutes avant l’élévation des perles, le combat entre Terrora et Cosmigor faisait rage. Enfin, rage était un bien grand mot puisque la seule rage était celle, croissante, du seigneur cauchemar. Toutes ses attaques étaient vaines, incapable de percer la défense cosmique du dragon.
Terrora porta une attaque d’estoc, mais sa lame en pierre cauchemar se heurta à Alpha du Centaure. D’un bond rageur, il sauta en arrière et se mit à hurler.
« Pourquoi te caches-tu derrière cette ombre ??!! Viens donc te battre, misérable !! Est-ce donc la peur qui te prends les tripes et t’empêche de m’affronter ?? Le grand Nat aurait peur du tout aussi grand Terrora ??!!
Nat se décala pour apparaitre derrière Cosmigor.
« Tu n’as donc rien compris, Terrora ?
-Comprendre quoi ?
-Tu as beau être le seigneur de la peur, l’un des êtres à la base de Dreamland, tu es l’une des créatures les plus faibles de ce monde. Jamais tu ne pourras m’atteindre.
Nat n’aurait pas pu choisir pire mot. En les entendant, Terrora resta une seconde interdit, puis il se mit à rire, d’un démentiel qui faisait trembler tout le corps et qui tordait sa bouche de manière effroyable et grotesque.
« Faible, dis-tu ?? Le Grand Terrora, faible ??
Le seigneur cauchemar leva son arme, et les perles vinrent tourbillonner tout autour de lui.
« Je suis maitre de l’épouvante !! Ce sentiment si primaire que les humains appellent la peur, j’en suis la quintessence même !! Je suis la base de tous les cauchemars, le départ de toutes les histoires, maitre de tous les pouvoirs !! Je ne suis pas seulement Terrora… Je suis Dreamland !!!
Il écarta les bras et les perles vinrent s’agglomérer sur lui, le faisant tripler, quadrupler, quintupler de volume. Une éclata, lui laissant une trainée de glace sur le bras. Une autre vint exploser sur sa jambe, la recouvrant de crocs, et ainsi de suite, toute les perles vinrent disparaitre à son contact, le couvrant de toutes les peurs qui habitaient le cœur humain. Il en devint difforme, grotesque, et sa voix grave suivit son exemple.
« Je suis le dieu de leurs nuits !! Je suis…
-Tu n’est plus rien, fit Nat.
Et d’une simple pichenette, il expulsa Terrora de la tour, l’envoyant heurter la paroi ouest de la caverne. Ce n’était qu’un coup de semonce, et, à l’aide de ses gigantesques membres, le seigneur revint à sa place.
« La peur que tu défends est la peur qui paralyse, celle qui nous fait sentir misérable. Tu te crois puissant car tu nous limite à l’inaction, mais à chaque fois qu’un Voyageur nait, il montre la faiblesse de la peur par rapport au courage humain. Toutes les peurs que tu te targues de dominer ne sont que d’autant d’aveux de faiblesse. Tu crois que la peur nous rend faibles, et pourtant, nous voici, nous, Voyageurs, vivant nos rêves. Tu crois connaitre le monde, Terrora, mais laisse-moi te dire que tu te trompes lourdement.
-Quel beau discours !! Cria la voix déformée du seigneur. On verra bien qui détruira l’autre ce soir !!
-J’ai déjà la réponse à cette question, répondit Nat.
Alors qu’il se mettait en garde, Tarek se redressa, le cœur au bord de l’explosion.
« Il va le faire ?? Il va vraiment se battre ??
-Oui, lui dit Crystal. Il ne t’a pas laissé agir à ta guise dans le seul but de semer le chaos. Lui aussi a un but.
*
Théo continuait d’avancer dans l’obscurité totale. Soudain, il perçut un mouvement sur sa droite. C’était comme un serpent, composé de fils d’argents. La chose le repéra et, sans crier gare, elle lui fonça dessus, la gueule grande ouverte, menaçante. Théo n’eut pas le temps de se protéger mais ce fut comme si l’image se contentait de le traverser.
Perplexe face à cette manifestation, il reprit sa marche. Ce fut le tour d’une araignée de l’attaquer avec ses huit pattes aussi fines que sa toile, puis un feu tenta de le dévorer de ses flammes de mercure. Les manifestations se multipliaient, traversant le Voyageur comme si de rien n’était. Il continuait d’avancer, se lassant même de ses êtres d’argent qui troublait sa marche. A quoi cela rimait-il ? Où pouvait donc se trouver la sortie ?
Alors qu’il avançait, une nouvelle image s’imposa à lui. C’était celle d’une femme aux cheveux de feu. Bien qu’elle lui tournait le dos, il reconnut Maka. Elle était seule, assise sur une chaise. Il s’approcha d’elle, mais quand il arriva dans son dos, elle se leva et s’éloigna de lui. Son pas était lent et ses épaules basses, comme si elle était en train de pleurer. Ne résistant pas à cette triste image, il la suivit, accélérant la cadence. Il voulait la rattraper, la consoler, mais, comme une ombre, elle était insaisissable. Théo se mit à courir, à crier pour que l’image se retourne, mais rien n’y faisait, et à l’instar de Tantale, il voyait Maka lui échapper encore et toujours.
Que lui arrivait-il ? Son cœur palpitait, il était pris de sueurs froides et de bouffées de chaleur, il sentait ses jambes faiblir sous son unique poids, son estomac se retournait…
C’était comme s’il ressentait quelque chose qu’il n’avait plus ressenti depuis si longtemps qu’il en avait oublié les sensations.
Il… Il avait peur. Il pouvait bien se l’admettre. Il avait peur de perdre Maka.
Depuis quand n’avait-il pas eu peur ? Il était incapable de s’en souvenir. Cela avait quelque chose d’effrayant d’oublier ses émotions. Il tendit une main vers la silhouette fuyante, puis soudain, en voyant les pierres cauchemars qui la recouvraient, il réalisa. C’était depuis qu’il était devenu Voyageur qu’il avait oublié la peur. Comme un film, le visage de tous les êtres, humains ou créatures, qu’il avait affronté à Dreamland se mirent à défiler sous ses yeux. Il revit leurs expressions horrifiées devant son pouvoir, il entendit leurs cris de désespoir…
Théo prit alors conscience de tout ce dont l’avait privé son pouvoir. Ignorant la peur, il en avait perdu son humanité et était devenu… Qu’était-il devenu ? Un Voyageur puissant ? Un être désintéressé et dénué d’intérêt ?
Il regarda autour de lui. Dans le noir abyssal où il se trouvait, la silhouette de Maka avait disparu, se mêlant à une multitude d’autres filaments argentés. Les peurs se chevauchaient pour former un entrelacs illisible. Peu importait. S’il restait immobile, il perdrait la magnate pour toujours. Mettant sous silence son corps qui, rongé par l’angoisse, hurlait à l’abandon, il inspira fortement et plongea dans cette mer à la teinte de mercure.
*
« Enfin, fit Tarek en se frottant les mains. Je vais enfin voir Nat se battre pour de vrai !!
Le Magnat jubilait devant le spectacle qui l’attendait. Terrora avait atteint des proportions innommables, et il s’apprêtait à passer à l’attaque. Une de ses gigantesques mains était levée, prête à frapper. Soudain, alors qu’elle fonçait sur Nat qui, en garde, était prêt à la recevoir, elle s’immobilisa en pleine action.
Devant cet acte incompréhensible, tous les spectateurs froncèrent les sourcils. Dans le même temps, le seigneur de la peur s’était tu. Sa main levée se dirigea lentement sur son visage et s’y posa. Les doigts se contractèrent et un sinistre craquement retentit dans tout NMC. La partie gauche du visage de Terrora se craquela et s’émietta, laissant apparaitre celui de Théo. Quand il vit l’expression du Voyageur, Nat baissa sa garde. Ils se regardèrent quelques secondes, puis le magnat prit la parole.
« Tu l’a retrouvée ?
-Oui, grâce à Maka.
La capuche qui masquait le visage de Nat bougea, mouvement qui pouvait se traduire par un sourire. Son corps se détendit complètement.
« Je suis désolé d’avoir permis ça, mais j’avais une bonne raison.
-Je le sais. Du moins, Terrora le sais, et cela le terrifie. Il croyait que posséder un être comme moi lui permettrait de te battre, mais il se trompait.
-C’est une affaire que j’aurai dû régler depuis bien longtemps… Désolé que tu en paie le prix. Es-tu prêt ?
Théo ouvrit la bouche pour dire « oui », mais se retint. Elle se referma, puis se rouvrit.
« La reverrai-je ?
-Je ne peux t’assurer une réponse en son absence, mais je pense que oui.
-Si jamais… Tu pourras lui dire qu’elle m’a sauvé ?
Le magnat hocha la tête, puis claqua des doigts. Cosmigor vint se placer devant lui, un soleil brillant dans sa gueule.
« Une dernière parole ?
-… J’aurai… J’aurai bien voulu t’affronter et te battre… Pour lui prouver ma valeur.
La capuche de Nat bougea de nouveau.
« Ta valeur, elle la connait déjà. Vas-y Cosmigor.
Le dragon spatial ouvrit la gueule, et dans un souffle, murmura.
« Hurlement solaire.
Un jet de plasma jaillit de l’étoile et, traversant des millions de kilomètres à l’aide du dragon, il vint envelopper Théo, Terrora et toutes les perles de cauchemar, les réduisant à néant, purifiant ainsi Dreamland.
Devant ce spectacle, Tarek fit la moue.
« Je ne verrai donc jamais Nat combattre ?
*
Raph posa le micro devant lui, légèrement essoufflé après sa prestation, puis il regagna sa place au premier rang sous des applaudissements timides mais sincères. Celui-ci était composé de tous les magnats, et Maka, à sa droite, lui serra tendrement le bras, comme un « merci » silencieux. Derrière eux se tenaient les Challengers, puis les autres Voyageurs de NMC, et enfin les Nodurélites. Tous étaient vêtus de noir et se trouvaient devant la gigantesque porte. Ces énormes battants, bien que désormais inutiles, avaient été refermés sur ordre de Nat. Le maitre de la ville était debout devant l’assemblée. Un portrait de Théo avait été placé à ses côtés.
Il attendit que le silence se fasse, puis il prit la parole.
« Aujourd’hui, j’ai fait un choix. Ceux qui savent pourquoi diront que j’ai fait le bon. Je suis de leur avis. En faisant ce choix, j’ai libéré les Nodurélites d’une épée de Damoclès qui trônait au-dessus de leurs têtes. Pour cela, j’ai dû sacrifier l’un des nôtres, car oui, Théo était l’un des nôtres. Pour le bien commun, certes, mais cela ne justifie rien. A cause de moi, il ne sera peut-être plus jamais un Voyageur et n’aura plus jamais conscience de ce monde merveilleux. C’est pour cela que j’ai décidé de lui rendre un ultime hommage. Gilbert ?
Le magnat de la foudre se leva et se dirigea vers la porte. Sa main gauche brillait et il en sortait des étincelles. Il la posa sur la jointure des deux battants et relâcha toute l’électricité qu’il y avait accumulé. Comme guidée par le pinceau d’un peintre habile, elle dessina sur la porte des lignes précises qui fondaient la roche sur leur passage et qui, en se rejoignant, formèrent un visage.
Le visage de Théo.
Il y eut un hoquet dans l’assistance, et Maka passa un bras sur ses yeux.
« N’oublions jamais son sacrifice, et que son erreur soit notre enseignement. N’oublions jamais nos peurs. Ce sont elles qui nous donnent notre force, et même si nous les avons vaincues, n’oublions jamais qu’elles nous ont façonnés pour donner les êtres que nous sommes aujourd’hui. Nous sommes le produit de nos peurs. Nous sommes des Voyageurs.