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Side Story / Romance

19 Diner romantique

Catégorie: G , 1978 mots
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A 18 heures précises, Derek frappa à la porte de Tamara. Quand elle lui ouvrit, Derek se dit que les choses seraient plus difficiles qu'il ne le pensait. Tamara affichait clairement ses intentions. Elle portait une robe à fines bretelles, courte et très moulante et ... transparente. Elle exposait sa poitrine avec un décolleté plongeant. Derek n'avait rien à imaginer, Tamara faisait étalage de tous ses atouts. Derek ferma les yeux, prit une grande inspiration.

« Comme lui faire comprendre que je ne suis pas intéressé sans lui faire encore plus de mal ? » se demanda-t-il.

Il ouvrit les yeux et vit un grand sourire apparaître sur le visage de Tamara. Elle était ravie car elle pensait que la réaction de Derek était due au désir qu'il avait soudain ressenti pour elle.

« Oh non ! Elle croit que j'ai envie d'elle. » se dit-il.

« Bonsoir Tamara, dit-il

— Bonsoir Derek » répondit-elle en s'écartant pour le laissant entrer.

Derek pensait être arrivé au bout des surprises après avoir vu la tenue de Tamara, mais quand il arriva au salon, il n'eut qu'une seule envie : partir en courant.

« C'est de pire en pire. Je n'y arriverai jamais. » pensa-t-il presque découragé.

La pièce n'était que très faiblement éclairée. Les lumières étaient éteintes et le salon était parsemé de bougies allumées. Il pouvait entendre une musique douce en fond sonore. Une table joliment décorée était mise pour deux. Elle avait préparé un diner aux chandelles.

Voyant l'étonnement de Derek, Tamara s'empressa d'expliquer en souriant:

« J'avais prévu de te faire à diner le weekend dernier mais comme tu travaillais sur une enquête, je me suis dit que c'était pas grave de fêter l'anniversaire de notre rencontre avec un peu de retard.

— L'anniversaire de notre rencontre ? » demanda Derek perdu. Elle était beaucoup plus embrouillée qu'il ne le pensait.

« Derek ne me dit pas que tu as oublié ! Cela fait deux mois que nous nous sommes rencontrés pour la première fois » répondit-elle.

Derek se tapa le front mentalement. Cela faisait deux mois que son frère avait été tué. Tout devenait clair. Tamara s'enfonçait de plus en plus dans le déni et s'imaginait des choses plus agréables comme une relation amoureuse passionnée pour ne pas faire face à la réalité et à sa douleur. Il ne pouvait pas l'encourager dans cette spirale périlleuse. Il devait couper court à son fantasme au plus vite. Plus l'intervention serait brutale, plus facilement pourrait-elle distinguer le rêve de la réalité.

Il alluma les lumières et se mit à éteindre toutes les bougies sous le regard médusé de Tamara.

« Quoi ? Ça ne te plait pas ? Je pensais que ça allait te faire plaisir. Derek, pourquoi tu gâches tout ? »

Derek l'ignora et continua à éteindre les bougies. Quand il eut finit, il prit Tamara par la main et lui demanda de s'asseoir sur le canapé. Il s'accroupit devant elle et lui dit :

« Tamara, il faut qu'on parle. Je vais te poser quelques questions, tu vas bien réfléchir avant d'y répondre. D'accord ? »

Elle semblait confuse mais elle hocha la tête en signe d'acquiescement.

« Tamara, combien de fois nous sommes nous vus depuis qu'on s'est rencontré ?

— Je ne sais pas, j'ai pas compté ! dit-elle quelque peu agitée

— Réfléchis, prend ton temps, ordonna-t-il d'un ton calme et patient

— Quatre ou cinq fois, pourquoi ?

— Qu'avons-nous fait les fois où nous nous sommes vus ?

— Nous avons discuté, nous avons bu un verre ou un café. Je ne vois vraiment pas où tu veux en venir.

— Attends encore un peu. Tu vas comprendre. Nous avons parlé de quoi ?

— De moi, de mon frère. Tu m'as parlé de ton père.

— Est-ce qu'à un moment, nous avons parlé de nous, d'une éventuelle relation entre nous ?

— Comment ça ? Je crois que c'était inutile d'en parler. C'était clair puisqu'on s'est embrassé ?

— Tamara, c'est toi qui m'as embrassé… » Il baissa la tête. « Peu importe. Tu te rappelles ce que je t'ai dit après ce baiser ?

— Oui. Je ne pourrais jamais l'oublier. C'était tellement mignon. Tu m'as dit que je devais penser à ma guérison avant. Et j'ai fait comme tu m'as dit. Je me suis inscrite dans un groupe de soutien. Je sais que je vais guérir maintenant que je t'ai dans ma vie.

— Tamara, je suis désolé si, malgré moi, je t'ai fait penser que je voulais avoir une relation autre qu'amicale avec toi. Je voulais t'aider, je voulais être le plus délicat possible pour ne pas te blesser davantage lorsque tu m'as embrasé la dernière fois mais maintenant je crois que tu dois faire face à la réalité. Je ne suis pas ton petit ami. Je ne te vois pas comme ma petite amie. Tu es une amie qui traverse une épreuve terrible et je veux juste t'apporter mon soutien.

Nous ne sortons pas ensemble, alors tu ne devrais pas passer tes journées à m'appeler et tu ne devrais pas débarquer à l'improviste sur mon lieu de travail. Tu dois vraiment faire appel à un psychologue maintenant avant que tu ne t'enfonce encore plus.

— Tu es en train de rompre avec moi et ton excuse c'est que je suis folle ?! De toutes les lamentables excuses de rupture, celle-ci est vraiment la meilleure. Sois franc. Ne mens pas ! C'est Pénélope, c'est ça ? » Tamara s'agitait de plus en plus et commençait à pleurer.

« Je ne suis pas en train de rompre avec toi, Tamara. » En entendant ces paroles son visage s'illumina avant de se renfrogner aussitôt.

« Je n'peux pas rompre une relation qui n'a même pas commencé. Et c'est en cela que je me dis que tu dois vraiment consulter un professionnel. Tu perçois des choses qui ne sont pas réelles. Tamara, est-ce que j'ai fait quelque chose qui aurait pu te faire croire qu'on sortait ensemble parce que j'ai beau réfléchir, je ne vois pas ? »

Derek commençait à se lasser. Tamara refusait de comprendre, de retirer ce voile qu'elle avait sur les yeux et qui l'empêchait de voir la réalité.

« Tu as été là pour moi. Tu m'as raccompagnée chez moi un soir pendant l'enquête alors que tu n'y étais pas obligé. Tu es venu m'annoncer personnellement que vous avez arrêté les coupables. Tu as assisté au procès pour me soutenir. Tu portes mon cadeau au cou. Tu veux d'autres preuves ? » cria-t-elle.

Derek leva les sourcils. Il avait complètement oublié qu'il portait toujours la chaine autour du cou. Il secoua la tête en pensant à sa bêtise. N'importe qui, émotionnellement fragile ou pas aurait pu se méprendre sur ses intentions. C'était de sa faute. Il l'avait induite en erreur.

« Tamara, j'ai fait tout ça par compassion. Je voulais juste t'aider. Je ne l'ai pas fait par amour ou avec une arrière-pensée pour me jeter dans ton lit… Et puis, la chaine c'est toi qui as insisté pour que je la prenne, lui rappela-t-il.

— Mais tu n'étais obligé de la porter. Ça veut bien dire quelque chose, non ?! » hurla-t-elle.

Derek enleva la chaine et la posa sur la table basse et dit :

« Tu as raison. J'ai été maladroit. J'ai fait des choses que tu as mal interprétées. Je suis sincèrement désolé. Tu dois comprendre que si tu as besoin d'un ami, je serai là pour toi mais si c'est un petit ami que tu cherches, je ne suis pas la bonne personne. »

Il se leva et prit la direction de la porte. Elle le suivit. Elle n'en avait pas terminé. Elle était toujours aussi agitée. Il s'en voulait de la laisser dans un tel état, mais rester ne résoudrait rien. Bien au contraire, cela la consoliderait dans son fantasme.

Elle lui agrippa le bras assez agressivement pour qu'il lui fît face.

« Tu ne m'as pas répondu ! C'est à cause de Pénélope ?!

— Je n'ai pas répondu à ta question parce que je n'vois pas le rapport avec Pénélope, répondit-il évasivement.

— Tu m'as dit que c'était ta meilleure amie mais tu n'en avais jamais parlé avant. Pourquoi ?

— Pour la même raison pour laquelle je ne t'ai parlé d'aucun membre de mon équipe. Ça concerne ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Et puis il ne s'agissait pas de parler de moi mais de toi. Je cherchais à t'aider et non à mieux faire connaissance, dit-il agacé à cet instant.

— Sois honnête ! Au moment où je t'ai entendu l'appeler « Babygirl », dit-elle comme si elle était écœurée, j'ai su qu'il y avait quelque chose. »

Son insistance et son ton enragèrent Derek. En quoi ça la concernait ? Il lui dit en haussant le ton :

« Cela ne te regarde en rien, mais puisque tu insistes. Pénélope est ma meilleure amie et oui je l'appelle Babygirl, ma Déesse, ma Beauté parce que c'est ce qu'elle est pour moi. Oui je suis fou amoureux d'elle mais elle n'en sait rien. Voilà ! Tu es satisfaite ?! » Il quitta l'appartement en claquant la porte, laissant derrière lui une Tamara effondrée.

Il s'assit dans sa voiture, prit son téléphone et lança un appel :

« Babygirl ? Je sais que je suis très en avance mais est-ce que je peux passer tout de suite ? Ok, j'arrive. A tout de suite Petit Cœur »

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