Le mage de Shattersong

Chapitre 3 : Une commémoration intense

2513 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/12/2025 15:35

Fairy Tail allait accueillir quelques anciens mages de Shattersong qui avaient pris leur distance avant les atroces épisodes d’il y a cinq ans. Ils rendaient régulièrement visite à Makarof pendant les événements commémoratifs de l’ancienne guilde. Ces anciens mages de Shattersong avaient toujours répondu présents et continuaient à mener l’enquête en cachette du conseil de la magie.

Alors que Fairy Tail était prête à commencer la célébration, des mages pénétrèrent dans la guilde des fées. Les invités s’engagèrent dans la grande salle de réception. Makarof, qui se trouvait vers le bar en compagnie de la jeune génération murmura :

-J’espère que vous vous rappelez d’Eran, de son épouse Ciara et de leur fille, Emi ?

Natsu Dragnir scruta les trois personnalités qui s’approchèrent. Cela faisait longtemps que Fairy Tail n’avait pas revu Eran car l’ancien mage de Shattersong voyageait beaucoup pour le compte d’un puissant homme d’affaire. Mais sa femme et sa fille venaient chaque année rendre hommage à la guilde disparue. Eran avait guère changé, hormis une petite barbichette à son menton. Il portait une magnifique chemise à jabot en tissu brocardé blanc. Les manches évasées étaient agrémentées de dentelle. Natsu avait toujours connu Ciara avec de longs cheveux blonds. Il s’étonna de la revoir avec les cheveux courts aérien. Elle était très belle dans sa robe en tissu satiné blanc. Celle-ci était richement décorée de broderie et de dentelle. Elle possédait également de fines perles de décoration. Les manches en tissu froncés bleu clair contrastaient à merveille avec le tissu blanc de la robe. Derrière le couple, la jeune Emi suivit, silencieuse. Son teint laiteux lui donnait un air de poupée de porcelaine. Des grands yeux reflétaient les eaux turquoise des lagons. Ses longs cheveux blonds ondulés tel un champ de tournesol étaient magnifiquement coiffés en couronne de tresse. Elle portait un corset, une mini cape et une ceinture, composés en tissu brocarde blanc et cuir. Le corset était agrémenté d’une sangle en cuir sur mousqueton et de nombreux œillets couleur bleu. La mini cape, taillée dans le même tissu brocarde possédait deux sangles. En bas, elle avait une jupe asymétrique plus courte et léger effet « peau de pêche ». Son confection en « étage » apportait une vraie touche originale.

Dans l’encadrement de la porte, talonnant la famille d’Eran, le devin Vigo s’avançât, la belle Ixora son épouse à ses côtés et trois enfants les suivaient. De nouveau, le maître de Fairy Tail présenta les arrivants aux jeunes générations.

-Je pense que vous reconnaissez aisément le devin Viggo et sa femme, la voyante Ixora, murmura Makarof. Derrière eux, nous avons le jeune mage Gwen, d’environ votre âge, la magicienne Golda de deux ans sa cadette et la petite dernière, l’enchanteresse Rose.

Le devin Viggo arborait une longue veste sans manche décorée de somptueux motifs floraux marron et vert. A son bras, sa femme, la voyante Ixora était vêtue d’une élégante robe beige aux grandes manches évasées et à la coupe cintrée. Sur les épaules et la poitrine elle possédait de splendides broderies. Le fils aîné, le mage Gwen était habillé d’une superbe chemise à jabot en tissu brocarde beige. Elle possédait des manches évasées ornées de dentelle. Gwen était suivit de sa sœur, la magicienne Golda, revêtue d’une robe corset beige. La partie haute en tissu satiné était agrémentée de fine dentelle avec un grand laçage de décoration par ruban de satin à l’avant. La partie basse était composée d’un premier jupon de satin recouvert par de multiples jupons de dentelle et de tulle. La coupe, plus longue à l’arrière, lui donnait un air original. La plus jeune, l’enchanteresse Rose, était pourvue d’une petite robe courte marron et verte, agrémentée de fine dentelle et d’un laçage par ruban de satin vers l’avant. Un bandeau de tulle épais vint embellir le bas de la robe.

Les convives saluèrent le maître Makarof et échangèrent avec lui quelques banalités avant de prendre place pour la cérémonie commémorative. Makarof se plaça devant les personnes présentes et commença la célébration.

-Bonjour à toutes et à tous et merci de votre présence en ce jours. Il est encourageant et gratifiant de sentir qu’il existe un événement commémoratif auquel tous peuvent s’identifier, sur lequel il n’existe aucune divergence d’opinion ni réservé. Être fidèle à ceux qui sont morts, ce n’est pas s’enfermer dans la douleur. Il faut continuer de creuser son sillon, droit et profond, comme ils l’auraient fait eux-mêmes, comme on l’aurait fait avec eux, pour eux. Être fidèle à ceux qui sont morts, c’est vivre comme ils auraient vécu. Et les faire vivre avec nous. Et transmettre leur visage, leur voix, leur message, aux autres.

Makarof marqua un temps de pause, l’émotion prenant le dessus. Dans les rangs, le maître de la guilde de Blue Pegasus ne pu s’empêcher de verser une larme. Le trouble subit était encore palpable, malgré les cinq ans déjà passés. Le vieil homme reprit :

-Il m’arrive encore parfois d’attendre au bar de la guilde en espérant que la Grande Prêtresse Ezia passe le pas de la porte accompagnée du jeune Rakel…

Ses yeux se levèrent au ciel. Les mages de l’assemblée comprenaient parfaitement son tourment. Soudain, l’assistance entendit les hurlements d’un loup. Tous se regardèrent, surpris de ce son. Il n’y avait pas de loup dans la ville qui rôdait. Même la forêt qui l’a bordait ne rassemblait pas de canidés de ce type.

la porte de la guilde s’ouvrit en grand, laissant apercevoir dans son cadre une grande silhouette massive, et à ses côtés, les contours d’un gigantesque loup. Les mages reculèrent, sur le qui-vive. Makarof vint se placer devant l’auditoire, les sourcils froncés. L’inconnu passa le pas de la porte, suivit de son fidèle compagnon à quatre pattes.

-Vous avez vu la taille de ce loup! Chuchota Lucy en direction de ses compagnons.

L’étranger s’arrêta au milieu de la salle, encercle désormais par les mages. Habillé de peaux de bêtes, il avait un grand bâton dans sa main droite. Le dos légèrement courbé, on pouvait distinguer sur son visage la rudesse de la vie. Il possédait de profondes rides marquées, des cheveux gris blancs mal coiffés et une abondante barbe. Ses yeux couleur azurin, scrutait l’ensemble de la pièce. Le loup qui se tenait à ses côtés avait un magnifique pelage blanc neige et de grands yeux noirs.

-Je cherche le maître de cette guilde, Makarof Dreyar! Fit l’inconnu d’une voix extrêmement grave et fatiguée.

Le maître de Fairy Tail s’approcha d’un pas assuré, ces compagnons prêts à faire front.

-C’est moi ! Assura le vieil homme. Vous venez d’interrompre une cérémonie très importante pour l’ensemble des guildes présentes !

-Je me nomme Obéron et je viens vous parler d’une connaissance en commun.

-Et ça ne pouvait pas attendre la fin de la

commémoration ? S’irrita Makarof.

Le dénommé Obéron s’approcha du maître de Fairy Tail et lui chuchota à l’oreille :

-Je pense que vous aimeriez avoir des nouvelles de Rakel…

Makarof recula d’un pas, les yeux écarquillés. Il détailla le nouvel arrivant. Même si son corps était fatigué, cet homme avait une aura puissante. C’était un mage, il n’y avait pas de doute. Makarof ne l’avait jamais vu. Même son nom lui était inconnu.

-Qui êtes vous ? Lâcha le vieil homme.

-J’aimerais vous parler en privé, demanda Obéron.

Des chuchotements commencèrent à monter dans la salle. Makarof conduit l’arrivant ainsi que son loup dans une salle annexe, sous les regards des mages présents.

-C’est quoi ce bordel ? S’énerve Natsu. C’est qui celui-là ?

-Du calme Natsu, tempêta Erza. Nous connaîtrons toute l’histoire une fois que notre maître sera revenu de cet entretien.


Le soir commença tout juste à pointer le bout de son nez. Les quelques oiseaux qui rôdaient dans les parages, cessèrent leur chant. La nuit enveloppa de ses bras le paysage enneigé des montagnes. Seth se réveilla. Le jeune homme se leva délicatement, essayant de ne pas réveiller l’adolescent qui dormait dans le lit d’à côté. Les premiers rayons de la lune pénétrèrent à travers la fenêtre. Seth regarda par la fenêtre. Malgré l’obscurité, le paysage était somptueux. La montagne n’était plus la même quand elle était recouverte par le manteau neigeux. Les reliefs s’adoucissaient, le vent modelait des dunes et des congères aux formes étranges.

Dans la forêt, les arbres chargés de neige formaient un labyrinthe blanc et un monde féerique. Une beauté rendue par un blanc immaculé, avec de longues ombres fines et des formes sculptées. Le froid de la nuit figeait le paysage dans un moment de pureté. Le jeune homme se remit au lit et s’endormît rapidement.

Seth fut brusquement réveillé au beau milieu de la nuit par un craquement sourd. Il se redressa prestement sur son lit, les yeux grands ouverts.

soudain, il eut la confirmation de ce qu’il avait craint. Il entendit des coups sourds juste en dessous de lui. Sous le plancher. Des bruits de pas, des secousses, d’autres chocs étouffés. Il se précipita hors de son lit, enfila ses vêtements à toute vitesse et se dirigea vers la porte.

Il était sur le point de sortir, mais il s’arrêta juste avant d’abaisser la poignée. Il ne pouvait pas descendre comme ça. Cela ne faisait aucun doute. Quelqu’un les avait retrouvés.

Seth fit volte-face et s’approcha de la fenêtre. Il se plaqua contre le mur et se pencha avec prudence pour regarder dehors. Dès qu’il les vit, il rentra immédiatement la tête pour ne pas se faire repérer. Ils étaient là. Des dizaines. A pied, à cheval. Ils étaient partout. Aucune chance de s’échapper par là.

Il réveilla rapidement l’adolescent qui dormait dans le lit d’à côté en lui faisant signe de ne pas faire de bruit. Ils devaient fuir. L’adolescent scruta de ses iris émeraude par la fenêtre.

Seth retourna vers la porte et l’entrouvrît délicatement. Il jeta un coup d’œil dans le couloir. Personne pour le moment. Il sortit, son ami derrière lui. Une fenêtre donnait sur l’arrière de la bâtisse. Ils avancèrent sans faire de bruit et se glissèrent vers la lucarne. Seth regarda furtivement à travers la vitre. Il y avait plusieurs personnes de ce côté aussi. Ils devaient tourner tout autour de la maison.

Seth jura. Il recula et entra à nouveau dans la chambre. Il ferma la porte derrière lui et coinça une chaise sous la poignée. Au même instant, il entendit des bruits de pas dans l’escalier. Il chercha autour de lui. Mais c’est son ami qui trouva la solution. À côté d’eux. La cheminée.

Sans plus hésité, il se précipita dans l’âtre. La cheminée était propre et froide. Il leva la tête. Le conduit était étroit, mais ils pouvaient passer. Il ne perdit pas un instant et ordonna à son ami de monter en premier. Il grimpa derrière lui. S’agrippant contre la paroi, ils parvinrent à monter dans le passage obscur. Soudain, ils entendirent un bruit sec dans la chambre. Puis un deuxième. Ils étaient en train d’enfoncer la porte. Ils accélèrent. Tendit les bras aussi hauts qu’ils le purent pour monter plus vite.

En bas, la porte céda. Seth poussa de toutes ses forces sur ses jambes et parvint à glisser ses doigts au-dessus du rebord de la cheminée. Il tira des phalanges, monta encore un peu, passa une main, un bras, puis son corps tout entier. Alors il se laissa tomber dehors sur le toit, au côté de son ami.

-Rakel, chuchota Seth.

Mais l’adolescent lui fit signe de se taire. Ils restèrent un moment allongé sur le dos, immobile, le souffle court. C’était une nuit claire, avec un ciel poudré d’étoiles. S’ils se levaient, ils risquaient de se faire découvrir. Mais ils ne pouvaient pas rester la. Les gens qui les traquaient allaient les trouver. Ils finiraient bien par penser à la cheminée et par monter sur le toit à leur tour.

Il fallait se dépêcher. Ne pas penser au reste. La seule solution, se jeter sur le côté ouest et courir dans la forêt. Il y avait moins d’hommes de ce côté. Les deux jeunes hommes rampèrent jusqu’à la fin du toit, et se laissèrent tomber dans les buissons plus bas. Les hommes virent les ombres des deux jeunes. Ils attrapèrent alors leurs arbalètes et tirèrent.

Les flèches sifflèrent dans les airs. L’une d’entre elle se logea dans l’épaule droite de Seth qui perdit l’équilibre et s’écrasa dans la poudreuse.

-Seth ! Cria Rakel en sautant dans la

direction du jeune homme.

Leur ennemi arriva en courant. Rakel balaya d’une puissante rafale de vent les hommes afin de porter secours à son ami. Du sang dégoulinait abondamment de l’épaule de Seth.

-Seth ! Fit-il en l’attrapant par le

bras. Il faut te lever !

Le jeune homme serra des dents mais se releva. Ils se précipitèrent dans la forêt. Une meute de loup galopa dans leur direction. Ils poussèrent de profonds hurlements. Comme une sorte d’avertissement. une énorme ombre arriva vers les deux jeunes hommes. C’était l’Amarok femelle. Rakel hissa Seth sur le dos de la louve.

-Qu’est ce que tu fais ? Demanda le blessé à son ami, inquiet.

-Je vais les conduire sur une autre piste. On se retrouve à la tanière !

Sur ces paroles, Rakel disparu dans les profondeurs de la nuit de la forêt, talonné par ses assaillants.

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