Zoomorphic - Wolves & Wendigos

Chapitre 4 : IV

11107 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 18/06/2023 15:43

J'étais moi-même surprise ce jour là. En effet, tout le long de la semaine me séparant du repas et de la fête, je m'étais rendue compte que j'étais de plus en plus impatiente. Je n'avais pas immédiatement compris cela. Le récit de Charles avait hanté beaucoup de mes pensées et de mes réflexions. J'avais l'étrange impression d'avoir posé mon doigt sur quelque chose d'étrange, quelque chose d'anormal. C'était peut-être la vérité mais je n'en aurais pas mis ma main au feu. Alors - ne sachant pas trop quoi en penser - j'avais cherché sur Google tout ce que l'on pouvait lire sur les fameux Wendigos. Il existait des dizaines, voir des centaines d'illustrations diverses et variées. Certaines montraient un être bipède, très maigre et totalement gris, noir ou bleu nuit - ça n'aide pas - arborant des bois ressemblant à ceux des cerfs. D'autres montraient une créature mythologique ressemblant un peu à un loup-garou mais toujours avec ces fameux bois. Peut-être est-il inutile de le préciser - ça c'est à voir - mais il existait de nombreux récits sur cette créature, surtout en Amérique du Nord. Beaucoup parlaient de rencontres avec ces choses avant que leurs vies ne volent en éclats. Des accidents inexpliqués, des morts violentes, des dépressions et des suicides... À chaque fois, rencontrer ces choses semblaient mener à des drames. Ces fameux Wendigos étaient simplement la représentation physique du malheur. Certains récits parlaient également de possession mais tous indiquaient quand même que ces êtres étaient mauvais. C'était vrai, pas un seul n'indiquait que ces choses étaient bénéfiques. Forcément, ils existaient aussi dans une version psychiatrique, syndrome latent d'un désir de faire le mal et de cannibalisme. Pourtant, il y avait un point commun dans absolument tous ces récits : les yeux rouges. Je pourrais y croire - si je n'étais pas une sceptique de nature - car j'avais cru voir cette lueur chez Blaine. Mais malheureusement, l'être humain n'avait jamais eu besoin d'une créature pour être mauvais. Des meurtriers et des violeurs, c'était malheureusement monnaie courante, il suffisait de lire les rubriques Faits Divers des sites d'informations. Malgré tout, au beau milieu de toutes mes recherches, l'anniversaire de Gisèle commença à envahir mes pensées, et ce, de plus en plus souvent. Et j'avais donc compris que j'étais impatiente d'y être et plus particulièrement d'y être avec Max - c'était évident ? Ainsi, j'en eus la plus grosse confirmation le vendredi soir avant l'anniversaire et surtout le samedi matin. Je n'avais en effet pas du tout quitté ma chambre, cherchant uniquement ce que je devais mettre et - honteusement - si cela plairait à Max. J'avais réalisé par cette situation qu'il me plaisait. Et d'ailleurs, à quelques dizaines de minutes de me rendre à ce fameux anniversaire, j'hésitais encore. Pour être honnête, mon maillot de bain deux pièces était assez simple et cachait énormément ma poitrine. Je ne voulais pas être trop exhibitionniste et la simplicité devrait lui plaire - en tout cas à mes yeux. Mais pour le reste, c'était une toute autre histoire. Un simple t-shirt ou un bustier ? Un pantalon moulant ou un jean? Des talons ou des baskets confortables ? J'étais plus paumée que jamais. Je voulais lui plaire sans envoyer trop de signaux. Mes choix furent compliqués mais il finirent par devenir définitif: pour le haut, un crop top blanc, noué derrière la nuque comme le bikini. Cela serait accompagné d'un jean noir et d'escarpins blancs à petits talons.

- Bon... C'est mignon mais pas excessif, dis-je en me regardant dans le miroir avant de saisir mon maquillage.

Bien évidemment, il était waterproof mais il resterait léger. Un peu d'eye liner et un peu de rouge à lèvres rose. Pas plus, pas moins. Je finis alors de préparer mon sac avec une serviette et une sorte de robe de plage - ça c'était si il faisait trop chaud autour de la piscine chauffée - et puis je glissais le cadeau. Lui aussi, il m'avait pris un temps fou à être choisi. Je ne savais pas quoi prendre, nous nous connaissions encore assez peu. Vu ce que j'avais pû repérer d'elle, elle aimait le maquillage car elle changeait de couleur quasiment tous les jours. J'avais donc opté pour une valeur sûre et une boîte de maquillage pour toute occasion fut mon choix définitif. J'avais préféré cela à des vêtements - je ne connaissais pas sa taille en même temps -, à un film - j'ignorais trop ses goûts - ou même à un livre - je savais qu'elle aimait les récits dramatiques ou romantiques mais je ne connaissais pas l'étendue de sa collection. Du maquillage était donc toujours utile même si elle en avait beaucoup. Je mis mon téléphone dans ma poche et je descendis vers le salon. Mon père était planté devant un match de foot mais également des dossiers chiffrés.

- Alors le score ? demandai-je en m'installant près de lui.

- Pour l'instant c'est dix à zéro pour les Buccaners, me fit mon père en tournant la tête vers moi.

Il me regarda attentivement de haut en bas, scrutant chaque centimètre de sa fille. Je ne savais pas ce qu'il allait penser de ma tenue mais il sourit doucement.

- Tu es très jolie ma puce, me fit mon père.

- Merci Papa, dis-je simplement.

- Max va être content, insista mon père en me regardant.

- Papa... Je pense surtout à m'amuser à cet anniversaire, dis-je consternée.

- Oui mais... Je pense que tu as mis toutes tes chances de ton côté, avoua mon père.

- J'ai préféré jouer la simplicité, dis-je alors. Franchement, si il ne se passe rien, ce n'est pas dramatique.

- Tu sais que ta mère aussi aimait être habillée simplement ? me demanda mon père visiblement nostalgique.

- Ça n'a pas changé tu sais? Même avec Paul, à part si il l'invite dans un beau restaurant, elle reste à la cool, argumentai-je.

- Je me doute, avoua mon père. C'est ce qui m'a plu chez elle, son naturel.

- Je sais aussi, avouai-je.

- Il arrive bientôt ? demanda mon père en regardant l'heure.

- Dans quelques minutes normalement, lui signifiai-je.

Je regardai alors un peu le match tout en laissant mes yeux dériver sur ses dossiers. Ce n'était pas très intéressant de voir ces photos impliquant des dégâts. Cela devait franchement être chiant comme boulot à mes yeux. Naturellement, c'était important, des gens pouvaient se perdre, être en détresse ou commettre des crimes en forêt mais c'était surtout éviter des incendies. Cela devait être assez rébarbatif. En réalité, je trouvais le métier de Suzanne bien plus intéressant. Ce fut au moment où je pensais cela que quelqu'un frappa à la porte. Là, je fis littéralement un bond du canapé pour foncer vers la porte. Je me rendis compte que j'étais non seulement stressée mais également enjouée - et accessoirement consternante. J'ouvris la porte et là, je découvris Max. Il portait une jolie chemise grise sur un pantalon noir, donnant à ce dernier un côté craquant.

- Bonsoir, dis-je avec un grand sourire.

- Tu vas bien? demanda Max clairement stressé.

- Oui, je prends mon sac et j'arr...

- Ne le laisse pas dehors, fais le entrer, fit alors mon père.

Je me figeai dans mon mouvement et je dus clairement grimacer. C'était étrange ce drôle de sentiments, celui qui m'indiquait que Max allait passer un sale moment. Il entra alors et essuya ses pieds sur le paillasson avant de pénétrer dans le salon. Immédiatement, il avança vers mon père en tendant la main.

- Max Lexington, fit-il en serrant celle de mon père. Content de vous connaître Monsieur Matthews.

- Moi de même, assieds-toi, fit mon père.

Discrètement, je ne me plaçai pas bien loin et je fis un signe à mon père. Un simplement mouvement de main autour de ma gorge, comme celui que l'on faisait pour indiquer de couper court à une conversation gênante. Forcément, mon père m'ignora.

- Tu te rends compte que je vais te confier ma fille? demanda mon père.

- Bien évidemment Monsieur, répondit Max. Mais rassurez-vous, je suis quelqu'un de respectueux.

Je haussai les yeux au ciel - avec un argument pareil il allait avoir l'air coupable. Je regardai mon père fixement.

- J'ai tout de même quelques consignes mon garçon, fit mon père.

- Papa... On est attendus, dis-je immédiatement pour tenter de couper court à cette situation.

- Ce ne sera pas long ma puce, répondit immédiatement Papa. Comme tu conduiras, j'espère pouvoir escompter une certaine sobriété.

- Je ne bois jamais d'alcool Monsieur, fit Max. Ou alors à une célébration... Mais en général un seul verre Monsieur.

Je regardai Max fixement - il me gonflait avec ses Monsieur - et je souris quand même de sa tentative de rassurer mon père malgré tout.

- Tu comprendras que je parlais également de drogue..., marmonna mon père.

- Ho mais je n'y ai jamais touché Monsieur, insista Max. Et je ne compte pas commencer un jour.

- Je sais qui vit sous ton toit, répliqua mon père.

- Papa... Il ne s'entend pas vraiment avec Blaine... Max est un garçon bien lui, dis-je alors.

- Bien... Tu sais également que je suis armé ? demanda soudainement mon père.

- Papa! dis-je complètement indignée.

- Je comprends votre inquiétude Monsieur Matthews mais sachez que je ne suis pas de ce genre la, précisa alors Max. Naturellement, si j'ai invité Lynn à m'accompagner c'est parce qu'elle me plait mais je ne suis pas du genre à espérer pouvoir profiter d'elle. Je la traiterai avec respect et je ne ferai rien qui la mettrait mal à l'aise.

Je regardai Max en me demandant si je devrais faire quand même le premier pas si je voulais un baiser. Peut-être, cela ne me gênait pas de prendre les devants.

- Bien pour la permission de sortie, je pensais à minuit, dit alors mon père.

- Papa... Deux heures? demandai-je alors avec intérêt.

- Bon... Une heure ? proposa mon père.

- Une heure et demie, la poire en deux, fut ma contreproposition.

- Mais pas une minute de plus ? Je compte sur toi Max? Je sais où tu habites...

- Promis Monsieur, en temps et en heure, affirma Max.

- Alors amusez-vous bien... Allez filez! fit mon père.

Tandis que Max se levait, j'allai serrer mon père dans mes bras pour lui souhaiter une bonne soirée et là il murmura:

- Il fait quelque chose que tu ne veux pas, tu as ma permission pour lui exploser la mâchoire, me fit mon père tout bas. J'ai confiance en toi, ne fais pas de bêtises.

- Promis Papa... À demain! dis-je en m'éloignant.

- Tu crois vraiment que je vais aller me coucher ? demanda mon père depuis son canapé.

- Tu dormiras sans doute devant la télé, dis-je en attrapant mon sac et ouvrant la porte. Bye, je t'aime!

Je refermai derrière moi et je posai immédiatement ma tête contre la porte tant j'avais honte.

- Tu sais, c'est normal, me fit Max depuis l'escalier. Mes parents l'ont fait avec Debbie... C'est ma sœur... Et ils l'ont fait avec moi avant que je vienne.

- Ha bon? T'as eu une leçon ? demandai-je effarée en le regardant.

- Ho oui, avouai-je alors. Et elle était extrêmement gênante avec ma mère.

- Je vois le genre, dis-je en souriant. Nos parents s'inquiètent.

- C'est sûr, fit Max. Attention ça glisse un peu.

Évidemment, on était en Alaska - Enfer Gelé je rappellerai d'ailleurs - et en plus, ce soir là, il faisait à peine deux degrés. J'espérais qu'il ferait meilleur chez Gisèle, elle avait parlé de braséro. Je me hâtai de rejoindre le pick-up noir de Max et je montai prestement à l'intérieur.

- Il fait meilleur dedans, dis-je en riant.

- J'ai laissé le chauffage avant d'entrer chez toi, me fit Max.

Je me mis à observer l'habitacle de son gros pickup et - Ho suprise - il était parfaitement rangé. En fait, non seulement il était extrêmement bien rangé mais surtout, il était extrêmement propre. Je vis même qu'à mes pieds, une couverture avait été placée, sans doute à mon attention si j'avais froid. Max avait démarré et je continuai de regarder partout, devant et derrière, juste pour vérifier.

- Tu es extrêmement soigneux, dis-je alors amusée.

- Je le suis toujours mais là j'ai tout nettoyé, avoua Max.

- C'est gentil de penser à moi, dis-je en riant.

- Oui, c'est surtout beaucoup plus confortable comme ça, avoua Max.

D'un coup, je le regardai bizarrement après avoir penché la tête. L'intérêt de rendre un pick-up aussi grand confortable pouvait impliquer que quelque chose s'y passe. Je ne l'imaginais pas comme ça - il était peut-être plein de surprises. Tout à coup, il se figea et grimaça.

- Je ne veux pas dire que je veux quelque chose, me fit immédiatement Max. Je parle en général. J'ai des amis qui ne rangent pas leurs voitures et c'est loin d'être propre. Blaine est bordélique aussi.

- Tu veux dire chez toi? demandai-je plus rassurée de savoir dans quel sens il voulait le dire.

- Oui... Avant il avait une chambre, maintenant il est dans une caravane à côté, précisa Max.

- Vous l'avez viré ? demandai-je choquée.

- Il a voulu un peu d'indépendance... Maman a accepté à la condition qu'il signifie où il va et où il se trouve..., m'expliqua Max.

- Et...

- Il le fait majoritairement, fit Max. Du moins si on lui fait confiance...

- En bref... Il fait ce qu'il veut, compris-je.

- Papa attend qu'il parte à ses dix-huit ans... Heureusement il passe tout son temps chez Tante Alma, m'avoua Max en entrant dans le centre ville.

- Il veut être mécanicien, je pense que ça vient de leur lien, dis-je en réalisant que Max me regardait avec étonnement. Quoi?

- Tu sais qu'il veut être mécanicien ? demanda Max étonné.

- Binôme pour le truc du bébé, fis-je en grimaçant. Ce bébé ne survivra sans doute pas à lui... J'espère ne pas me prendre un F pour autant.

- Normalement, chaque donnée sera prise en compte séparément, me fit soudainement Max.

- Comment tu sais ça ? demandai-je étonnée quand il s'arrêta au feu rouge.

- J'ai demandé... Ça doit faire trop bon élève, avoua Max mal à l'aise.

- Non, je trouve ça normal, dis-je alors pour le rassurer.

Alors que nous patientions tranquillement que le feu repasse au vert, j'eus l'étrange impression qu'il était essentiel de poser une question. Les propos de Charles me martelaient la tête et je voulais essayer.

- T'as déjà entendu parler de Wendigo? demandai-je immédiatement.

- Euh bah oui... Tu connais? demanda simplement Max.

- Un ami de la famille l'a évoqué, précisai-je.

- C'est une légende du coin, m'avoua alors Max. Certains disent en avoir vu dans la forêt... Mais c'est comme Bigfoot ou le Yéti, comme le monstre du Loch Ness aussi... Quand quelqu'un prend une photo, elle est toujours tellement floue que cela ressemble à un canular, précisa alors Max en riant.

- Ho d'accord, dis-je déçue. Donc tout ça ce sont des légendes ? Comme la possession ?

- Je ne suis pas un fervent catholique mais j'aime bien les émissions paranormales, je pense que c'est possible que les gens soient possédés mais je n'en ai jamais rencontré, concéda Max.

Je me contentai immédiatement de cette réponse. Vivant avec Blaine, il aurait sans doute remarqué des choses. Après cette petite conversation - inutile au final - Max démarra et s'engagea dans les rues huppées du centre ville. Ces maisons étaient franchement incroyables, toutes dignes de belles villas hollywoodiennes. J'étais un peu stupéfaite - la famille de Gisèle avait donc autant de pognon? - mais ke regardai toutes les maisons qui défilèrent. Elles étaient franchement dignes de magazines. Max s'engagea alors dans une allée principale d'une des demeures les plus grosses du quartier. Je restai alors complètement effarée quand nous contournâmes une fontaine et que Max se gara au milieu des autres voitures déjà arrivées.

- Gisèle est vraiment riche, dis-je alors en descendant.

- Oui, son père a fait fortune dans une société d'investissement je crois, me précisa Max. Elle n'affiche pas vraiment son argent.

- Oui, j'avais compris qu'elle ne manquait de rien mais ça ! dis-je en descendant et indiquant la maison.

- Ça surprend au début, me précisa Max. On y va?

- Passe devant tu veux bien? demandai-je légèrement inquiète.

Max me sourit d'une manière qui se voulait rassurante - et qui était surtout craquante - avant d'effectivement passer le premier. Nous arrivâmes devant une porte gigantesque et il sonna.

- Ça ne change rien à sa personnalité tu sais? me demanda Max.

- J'avais remarqué, ajoutai-je à ce propos.

La porte s'ouvrit alors sur mon amie Gisèle qui avait un immense sourire aux lèvres. Elle était habillée d'une jolie robe rouge - qui devait peut-être avoir été dessinée par un grand créateur - et perchée sur des talons assez hauts qui la rendaient désormais plus grande que moi. Je levai la main avec gêne, mon cadeau allait sembler minable.

- Vous êtes venus!!! fit-elle comme si c'était invraisemblable.

- Évidemment, dis-je alors. Bon anniversaire !

Je la serrai dans mes bras avant de laisser Max faire de même. Immédiatement, Gisèle nous invita à entrer et nous guida dans un hall digne du manoir de Bruce Wayne - et je suis gentille. Ce hall était déjà occupé de quelques jeunes du lycée mais également de deux jeunes filles que je ne connaissais pas et qui respiraient l'argent facile - limite jet-set quoi. Au fin fond du hall - plus grand que la maison de Papa - je pouvais d'ailleurs repérer des tables avec la nourriture et les boissons.

- Il y a quelques consignes, en fait une... Personne à l'étage, nous avertit Gisèle.

- Ho tu sais, il n'y avait aucun risque, précisa Max avec honnêteté.

Cet aveu me rassura et je vis Gisèle me sourire - oui bon on était venus ensemble - et il était évident qu'elle voyait ce qu'elle devait voir. Elle nous amena à une grande table qui était couverte de cadeaux. Je scrutai immédiatement ceux-ci et je fus rassurée, il y avait en réalité peu de cadeaux trop onéreux - je n'étais pas la seule pauvre - à peine deux ou trois. Je vis Max tendre une enveloppe à Gisèle et celle-ci l'ouvrir prestement.

- C'est juste une carte cadeau, précisa Max. Tu pourras acheter tout ce que tu veux...

- C'est très bien Max, comme ça je choisis, dit alors Gisèle en le remerciant.

Je regardai Gisèle et j'ouvris mon sac pour partir à la recherche de son cadeau. Je l'entendis rire un peu et je relevai immédiatement la tête.

- J'avais prévu des serviettes tu sais? me fit Gisèle en souriant.

- Je sais c'est bête, dis-je en attrapant le papier cadeau. C'est pas grand chose...

- Ho... Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle intriguée en le déballant. Du maquillage ! C'est parfait ma belle!

Elle me serra dans ses bras avec force et empressement et m'embrassa même sur la joue.

- T'étais pas obligée, je ne pensais pas recevoir un cadeau, avoua Gisèle.

- Tu m'as quand même invitée... Ça ne se fait pas, avouai-je.

- On se connait encore peu, avoua Gisèle.

- Ouais..., dis-je en regardant le hall entièrement. J'ignorais des trucs...

- Je ne suis pas une grosse bourge, me dit-elle en riant.

- Oui, j'avais vu... Je t'avoue que je suis sur le cul, avouai-je quand même.

- Je te comprends, j'essaye d'éviter de montrer que je ne manque de rien, avoua Gisèle. Mais je reste simple.

Je tournai la tête vers les deux filles sorties des tapis rouge avant de regarder Gisèle avec circonspection.

- En parlant de simple... C'est qui ces deux là ? demandai-je immédiatement. Elles sont au lycée ?

- Non, elles sont d'Anchorage, m'avoua Gisèle. Ce sont les filles des deux associés de Papa. Celle en robe rouge, c'est Lisa et celle en bleu Maggie.

- Lisa et Maggie? demandai-je choquée. Comme dans les Simpson ?

- Je sais que c'est drôle, mais c'est une coïncidence, avoua Gisèle. Nos pères respectifs se sont rencontrés quand elles avaient deux ans et moi un... Ça m'a quand même valu le surnom de Bart par ces deux là...

Je regardai Gisèle en relevant - comme beaucoup de monde sans doute - qu'elle ne semblait pas vraiment les apprécier. Je l'interrogeai du regard immédiatement.

- J'ai dû les inviter par rapport à Papa mais j'aurais préféré qu'elles refusent... Heureusement, elles ne resteront pas jusqu'au bout, leur jet privé les attend à l'aéroport, précisa Gisèle.

- Ok...

- Mais je vais quand même vous présenter, au fait si vous voulez des boissons plus fraîches, il y a des frigos dans le cellier juste à côté de la table où elles se trouvent, assura Gisèle en avançant vers elle.

Plus j'avançai vers elle moins j'avais envie de les connaître. C'était peut-être leurs gloussements de poules écervelées, leur minaudage en se prenant en selfie ou les commentaires que j'arrivais à entendre sur les pauvres du coin - obligée d'inspirer profondément pour ne pas donner mon avis.

- Lisa ? Maggie? Voici mes amis Max et Lynn, dit-elle doucement.

Et là, en un regard, Maggie dans sa robe bleue luxueuse me fixa avant de me regarder de haut en bas. Catégorie : pauvre.

- Salut, me fit poliment Maggie.

- J'adore tes cheveux, fit Lisa plus gentille.

- Ha bon? Ho merci, dis-je alors rassurée.

- Tu fais aussi des mèches partout? demanda-t-elle.

- Pardon? dis-je perplexe.

- Bah oui, m'avoua Lisa en indiquant ses cheveux. Moi ce blond n'est pas naturel mais j'ai teint intégralement.

- Inté..., dis-je choquée en la regardant.

Autant dire que Max ne savait plus où se mettre.

- Bah oui! fit-elle fièrement. Ça coute un bras mais bon... Les mecs sont moins surpris... En parlant de mec, fit-elle en regardant Max.

- C'est le tien? demanda Maggie sans honte.

- Bah euh..., dis-je en regardant Max gênée.

- C'est compliqué..., marmonna Max.

- Vous pourriez éviter de mettre les gens mal à l'aise ? demanda Gisèle. S'il-vous-plaît.

- Ha les bouseux... On ne peut rien dire... C'est comme nos employés dans les Hampton, fit Lisa.

- Même plus le droit d'aller à la piscine à poil, grommela Maggie. Et y a pas d'alcool ? Pas de champagne ?

- Y a des bières très légèrement alcoolisées mais c'est tout, avoua Gisèle.

- Pfff c'est chiant...

Par chance, elles essayèrent de faire connaissance. J'en fus rassurée de les voir s'intéresser quand même aux autres. Bon j'eus droit à la question sur une éventuelle bisexualité quand j'ai parlé de boxe - consternante ces filles - et Max fut gratifié d'un propos sur le manque de choix en mecs sexy dans le coin. Nous pouvions quand même entendre la musique et Gisèle avait une nette préférence pour des musiques anciennes, genre quatre-vingt dix ou deux mille. D'ailleurs, je reconnus aisément la version de Marilyn Manson de la chanson Tainted Love quand elle commença à sortir des haut-parleurs.

- Houla..., fit soudainement Lisa. Avion de chasse repéré !

- Ha ouais... Vivement la piscine... Miam miam..., fit Maggie.

Je regardai ces deux là choquée - vive le respect des gens - et au moment où j'allais me retourner, je vis le visage crispé de Max.

- Ho non..., marmonna Max.

Saisie d'un doute - pas bien gros car une seule personne devait créer cette réaction chez lui - je me retournai. J'avais eu raison - merci merci... - et c'était bien Blaine, dans un t-shirt gris franchement près du corps, un pantalon noir avec des chaines et jetant sa clope avant d'entrer, qui entrait dans le hall.

- Je ne l'avais pas invité, fit Gisèle choquée.

- Mais t'es folle ! lui fit Lisa. Je l'invite même dans mon lit.

Je me retournai immédiatement vers celle-ci, choquée du propos et elle me gratifia d'un clin d'œil. Je reportai mon attention sur Blaine qui avançait vers Gisèle sur les notes rugueuses de Tainted Love et je relevai qu'il tenait un emballage cadeau plat.

- Tiens, fit simplement Blaine en lui tendant.

- Ha euh... Merci, fit celle-ci en ouvrant son cadeau d'un air étonné.

Gisèle déballa alors un album vinyle d'une chanteuse que je ne connaissais pas: King Princess. Elle retourna l'album avec surprise et regarda Blaine.

- J'adore... Comment tu le sais? demanda Gisèle effarée.

- Mes oreilles trainent, avoua Blaine avec son sourire diabolique. Et le morceau Too Bad semble parfait. Même si mon invitation s'est perdue.

- Ho je...

Je vis Blaine se pencher à l'oreille de Gisèle et murmurer quelque chose. Il le fit en fixant Max comme avec un air provocateur - son air habituel en somme. Il se recula un peu et Gisèle fit simplement un hochement de tête négatif.

- Sers toi, lui fit Gisèle en indiquant la table.

Blaine nous regarda attentivement et j'avais une petite crainte du commentaire mesquin en nous voyant ensemble avec Max mais rien ne vint.

- Tu peux avoir ce que tu veux à boire, précisa Lisa avec une tendance à se dire que le buffet était ouvert. Ces petits cocktails aux citrons sont excellents, ajouta-t-elle en montrant la bouteille qu'elle venait d'entamer.

- Ce que je veux ? demanda Blaine avec un sourire mesquin.

Et là, il tendit la main non pas vers le buffet mais vers la bouteille dans les mains de Lisa. Il la prit sans résistance de cette dernière et il but au goulot. Ce mec était un procateur né - le mal incarné oui - et il prit une longue gorgée pendant que Max le fixait sous le choc du geste. Je n'étais pas plus à l'aise et Blaine empira les choses.

- Tiens... Un petit goût de cerise, fit-il en regardant la bouteille surpris.

- Ha... Ça doit être mon rouge à lèvres, fit Lisa amusée.

- Intéressant, c'est bien le meilleur goût, fit simplement Blaine en s'éloignant et embarquant la bouteille.

- Mais j'ai honte, marmonna Max.

- C'est d'un vulgaire, ajoutai-je à celui-ci.

- Je sens que je vais rester plus longtemps, lança Lisa.

Je me retournai vers elle - choquée qu'un tel comportement lui plaise - et je la vis mater sans honte le cul de Blaine qui s'éloignait.

- Hmmm... Craquant, fit-elle. Je parie que la liste d'attente est longue...

- Lisa, tu devrais l'éviter... Sérieusement, fit Gisèle.

- Pourquoi ? C'est ton mec? Il t'a proposé autre chose à l'oreille comme cadeau ? demanda Lisa.

- Euh non... Rien de tout ça..., concéda Gisèle.

- Ha ben tant mieux, fit Lisa avant de murmurer un truc à Maggie.

Je regardai celle-ci fouiller dans son sac et tendre des capotes à Lisa. Je regardai cela choquée et consternée.

- Allons voir où va mon projet du soir, fit Lisa à son amie.

Les deux s'éloignèrent alors sans demander leur reste et je regardai Gisèle choquée.

- Bon..., marmonna celle-ci très honteuse.

- Sérieux ? Blaine? Mais en quoi il peut être intéressant ? demandai-je. Il aligne pas trois mots...

- Lynnn, c'est pas discuter qu'elle veut, avoua Gisèle.

- Je crains le pire, marmonna Max.

- C'est à ses risques et périls, dis-je alors.

- Allez vous amuser, fit Gisèle. J'accueille les autres, Hannah et Aaron ne sont pas encore arrivés.

- Ok..., fit Max en me regardant. Tu.. Euh... Tu veux aller danser un peu?

- Oui, bien sûr, dis-je toute contente.

Nous partîmes donc danser ensemble. Max était bon danseur, meilleur que moi - bon ça c'était pas un exploit - et surtout sexy. Il savait bouger son corps mais il le faisait avec beaucoup de respect. En effet, Max n'essayait pas de me toucher en dansant, il gardait une sorte de respect de ma zone de confort. J'appréciai énormément et surtout je m'amusais. Par contre, je pouvais également remarquer que Blaine circulait dans la fête - histoire de commercer sans honte avec ses merdes - et qu'il semblait franchement à l'aise. J'étais un peu choquée de la situation, les gens lui achetaient des trucs malgré sa réputation. Mais le problème des jeunes étaient de vouloir prendre des choses, parfois uniquement lors de fêtes. Au bout de sept danses - je dis bien sept! - je commençais à avoir trop chaud.

- Tu as soif? Tu veux aller boire un peu? demanda Max.

- Je veux bien, avouai-je alors.

Sur mon petit nuage, j'accompagnai alors Max à la table des boissons en cherchant quelque chose à boire. Je voulais du jus de fruit mais il n'y avait plus que des sodas.

- Y a peut-être des jus de fruits dans le cellier, dis-je alors à Max.

- Je t'accompagne, fit alors ce dernier en me guidant.

Le cellier semblait tout droit sortir de films ou de séries avec des maîtres et des domestiques. Il y avait tout le nécessaire pour faire des réceptions. Avec Max, nous nous apprichâmes d'un des trois frigos - trois gigantesques frigos où je pourrais littéralement me cacher - et nous l'ouvrîmes. Il y avait là des bouteilles de jus de fruits et des bières légères.

- Tu veux une bière ? demandai-je en mettant la main dessus.

- Elles sont vraiment légères ? demanda Max.

- Il fait indiqué... zéro virgule cinq d'alcool... Légère, dis-je en riant.

- Je vais en prendre une alors, fit Max.

Nous ouvrîmes nos bouteilles sans honte et je bus pour me sustenter. Cela faisait du bien ce jus d'orange très frais. Max semblait un peu pensif.

- Tu étais très belle en dansant, me dit-il alors en créant une petite surprise. Tu l'es toujours hein, se rattrapa immédiatement Max.

- J'avais compris, dis-je en rougissant. Mais merci... Tu es très beau aussi...

- J'avais envie de faire quelque chose mais... Je pensais que tu serais mal à l'aise devant les autres, avoua Max.

Je me mordis immédiatement les lèvres, j'avais compris qu'il voulait m'embrasser - instinct de flic - et j'étais impatiente qu'il le fasse.

- Nous sommes seuls là, dis-je alors. Et je ne t'aurais pas repoussé.

Max me regarda alors fixement et je le vis sourire timidement. Il posa doucement sa bouteille et je fis de même. Je le vis essuyer ses mains sur son pantalon - elles devaient être moites - et il s'approcha. Lentement, après avoir inspiré, il se pencha vers moi et je raccourcis immédiatement la distance. Notre premier baiser fut très tendre, très doux. Ses lèvres avaient un petit goût de houblon qui n'était pas désagréable. Étonnement, ce fut moi qui dus lui faire comprendre qu'il pouvait y aller avec la langue. Il était assez timide alors je pris un peu les commandes en passant mes bras autour de son cou pour le motiver. Il se détendit enfin et le baiser fut parfait.

- Ho petit Maximilian devient grand, fit une voix sardonique et amusée.

Le baiser fut non seulement rompu mais également gâché. Naturellement je relevai aussi que Max était un diminutif mais ce n'était pas important. Blaine était à l'entrée de la pièce, appuyé sur le chambranle de la porte et nous regardait, une flasque - d'alcool sans doute - en main et qu'il porta à ses lèvres.

- Vous génez pas pour moi, fit Blaine en approchant d'un frigo et l'ouvrant avant d'y plonger.

- T'es obligé de venir nous déranger ? demanda Max. Tu pourrais gêner Lynn.

- Elle avait pas l'air très gênée, fit-il sans sortir du frigo. C'est chaud à Seattle!

- Va chier Blaine ! répondis-je méchamment.

- Ho... Désolé, fit-il en sortant la tête du frigo et tenant un pepsi en main. Max devenait grand de partout ?

Je fus horrifiée du propos qu'il venait de tenir avec un sourire diabolique. Max en était encore plus gêné que moi - et pour information je n'avais rien senti. Blaine, appuyé sur la porte du frigo, fouilla dans une poche et lança un truc vers Max qui le rattrapa au vol.

- On se protège le puceau! fit alors Blaine.

Je fermai les yeux pour ne pas exploser de colère et je savais que Max devait être extrêmement mal à l'aise.

- J'ai du respect pour Lynn, lança Max. Je ne pense pas qu'à ça.

- Et t'as qu'à garder ça pour l'autre chaudasse, lançai-je pour affirmer mon soutien à Max.

- La facilité ? demanda Blaine. Pas marrant... Encore que dans la piscine, je me ferai une idée... Et puis il y a moins à déplacer du bout du doigt, fit-il en me regardant. Promis je lui apprendrai.

- Va te faire foutre ! dis-je choquée.

- Manque lui encore de respect et tu vas voir, fit Max en faisant un pas.

- Tu t'en sortiras tout seul? demanda Blaine en fermant le frigo. Tu peux garder la capote, j'en ai pour la reine de la soirée, dit alors Blaine.

- Quoi? demandai-je choquée en comprenant qu'il parlait de Gisèle.

- Aucun cadeau n'est plus intéressant qu'un orgasme, elle m'a d'ailleurs confirmé qu'elle n'allait pas reculer, lança Blaine en avançant vers la porte.

- Attends quoi? demanda Max choqué.

- T'es sérieux ? C'est ce que tu lui as demandé à l'oreille ? demandai-je effrayée.

- Je te laisse deviner Seattle... Évite de laisser tes oreilles traîner ou tu risques de l'entendre me supplier la prendre plus fort.

Inconsciemment, j'avais attrapé l'ouvre bouteille et je lui avais jeté à la tête de consternation pour être un tel porc. Blaine l'avait attrapé au vol et reposé sans aucune difficulté - faudra m'expliquer comment il a fait - et nous regarda.

- Elle doit griffer quand ça monte... Tu vas pas t'emmerder le puceau...

Blaine quitta alors la pièce, fier de lui pour avoir gâché ce moment. Mais moi, j'étais principalement inquiète de son propos vis à vis de Gisèle. Je craignais en effet le pire.

- Je suis désolé pour Blaine, assura Max.

- Ne t'excuse pas toujours pour lui, lui conseillai-je. Tu n'es pas responsable de ses actes.

- Je sais mais..., marmonna Max.

- Je m'en fous de lui, dis-je alors.

J'attrapai la main de Max pour sortir de la pièce, affirmant sans gêne que nous étions ensemble. Nous réalisâmes immédiatement que tout le monde se dirigeait vers l'extérieur et nous fîmes de même. Si l'intérieur était impressionnant, l'extérieur l'était encore plus. Ce n'était clairement pas une simple piscine en réalité - ha ça non - et c'était plutôt un parc de loisirs aquatiques. C'était gigantesque, littéralement, laissant s'échapper des dizaines et dizaines de volutes de vapeur que ce soit dans la partie à débordement, la piscine de nage ou carrément l'immense jacuzzi. Il y avait aussi des dizaines de transats et de braseros dégageant une chaleur incroyable.

- J'ai vraiment l'impression d'être pauvre..., marmonnai-je.

- Pareil pour moi, m'avoua Max. Et pourtant ma mère est médecin et mon père chef d'entreprise.

- Ta mère est médecin ? dis-je étonnée.

- Aux urgences oui, m'expliqua Max.

- Bon à savoir... Si je me blesse, dis-je en riant.

Je remarquai alors que Gisèle essayait d'obtenir le silence et elle finit par éteindre la musique sous un ohhhhhh tonitruant des clients du parc aquatique - pardon les invités de l'anniversaire.

- Excusez-moi !!! fit-elle en riant. Je voulais déjà tous vous remercier d'être venus et aussi pour tous vos cadeaux tous plus beaux les uns que les autres...

Gisèle fit alors une pause, le temps que les applaudissements et les sifflements - dont les miens - s'arrêtent. Elle sourit avant de reprendre la parole.

- Maintenant on va s'éclater dans la piscine !!! lança Gisèle sous les exclamations de joie. Quelques consignes cependant... Ne jetez pas de nourriture ou de boisson, ni même de déchets dans l'eau... Et euh... Essayez de vous tenir, mes parents vont m'achever sinon... Laissez moi profiter de mes dix-sept ans... Pour les filles se changer, je vous invite à rejoindre le cabanon, il est assez grand. Les garçons, y a l'abri au fond... Il est plus petit mais vous êtes moins nombreux.

- On se retrouve après, dis-je en lâchant la main de Max. D'accord ?

- D'accord..., fit-il timidement.

Il devait être gêné de me voir en maillot de bain. J'espérais clairement lui plaire. En me rendant dans le cabanon, je réalisai que Hannah et Elena étaient également présentes. Je les saluai alors rapidement avant de rejoindre une place que je choisis près de Gisèle.

- Je peux te poser une question ? demandai-je en enlevant le t-shirt.

- Bien sûr, me fit Gisèle en enlevant le sien et dévoilant un maillot une pièce doré.

- Il t'a dit quoi à l'oreille Blaine? demandai-je.

- Ho... Il a dit que je pouvais garder le cadeau et il m'a demandé si je voulais qu'il dégage, m'expliqua Gisèle. Pourquoi ?

- Juste comme ça, dis-je alors en me maudissant de l'avoir cru et enlevant mon pantalon.

- C'est joli, simple mais mignon, me fit Gisèle.

- Merci, dis-je en voyant le sien. La reine de la fête.

- Merci, dit-elle en riant.

Je regardai les filles présentes dans la pièce et elles avaient majoritairement fait comme nous, Hannah en un maillot une pièce bleu et Elena en un maillot identique au mien mais rouge. Par contre, mon regard fut attiré par Lisa et Maggie. Maggie avait opté pour un maillot une pièce très ouvert et très échancré qui aurait dévoilé un duvet si elle ne s'était pas épilée au préalable. Lisa par contre avait mis le paquet. Son maillot à l'effigie du drapeau américain ne cachait franchement rien, surtout pas le bas qui était encore plus fin qu'un string - et j'en connais un rayon.

- Euh... C'est pas un peu limite, dis-je tout bas à Gisèle.

- Elles aiment attirer le regard et les mecs, assura Gisèle.

Je portai mon attention sur les deux Miss America qui en faisaient des tonnes.

- Je t'assure Maggie, lança Lisa. En dansant je l'ai sentie...

- Et donc? fit Maggie en mimant une taille avec ses mains.

Je regardai cela avec horreur, choquée de ce comportement. Le pire fut que Lisa lui indiqua la taille. J'ignorais par contre si c'était grand, je n'en avais jamais vues en vrai.

- Mais le plus important..., fit-elle alors en formant un rond avec ses doigts. Large...

- Tu vas me filer chaud, fit Maggie en riant.

La plupart des autres filles se regardaient légèrement stupéfaites, beaucoup rougissant immédiatement.

- Je suis prems hein! Pas touche avant que j'en profite, fit Lisa en se dirigeant vers la porte avec sa copine lourdingue.

Elles refermèrent derrière elles - tant mieux - et nous pûmes finir de nous changer.

- Je sais que ça ne se souhaite pas mais... Franchement ? Blaine Muldoon ? Ce connard? demanda Hannah.

- Ce criminel ouais! lança Elena. La fille n'est jamais revenue au lycée.

- S'il-vous-plaît... Arrêtez, demanda Gisèle en attirant tous les regards.

- Tu aurais dû le virer de ta fête, lui assura Hannah. Qu'est-ce qu'il t'a pris? T'imagines si il viole une autre fille ? Il arrête pas de distribuer les pilules comme des bonbons... Plein de gens en ont pris!

- Quoi? Mais vous êtes dingues? demanda Gisèle.

- C'est juste des ecstasy, j'ai vérifié, fit une fille que je ne connaissais pas.

- Écoutez... Il m'a fait un cadeau et il m'a demandé si il pouvait rester... Je suis allée lui dire de ne pas rester seul avec une fille, précisa Gisèle.

- Et puis, si il fait quoique ce soit, explosez lui les couilles, dis-je alors. Un bon coup de genou!

- C'est clair, lança Hannah.

Nous étions toutes d'accord et nous sortîmes du cabanon en maillot de bain. Et là, je vis un ange. Mon Max était dans un bermuda de bain d'un rouge et noir sublime, me dévoilant ainsi un sacré pack d'abdominaux dont j'ignorais totalement l'existence. Il était canon ! J'étais sous le charme. Il me regarda et ne sut plus où se mettre - j'étais donc à son goût. Je m'étais approchée de lui.

- Tu... Tu es très belle, fit-elle en osant à peine me regarder.

- Les muscles ne te gêne pas sur une fille? demandai-je sachant que ça pouvait rebuter les garçons. C'est la boxe...

- Tu es superbe en fait..., fit-il avant de rougir.

- Je peux te retourner le compliment, dis-je avant de l'embrasser sans hésitation.

J'entendis des sifflements amusés provenant de Gisèle et je souris contre la bouche de Max.

- Vous êtes mignons ! nous lança Gisèle. Hop à l'eau !

Je la vis se jeter sur nous et nous pousser à l'eau, entraînée dans le mouvement. Forcément nous finîmes dans la piscine tous les trois - vachement chaude l'eau d'ailleurs - et nous rîmes tous les trois une fois les têtes sorties de l'eau.

- T'es dingue! Imagine que je ne sache pas nager! dis-je en riant.

- Bah tu ne te serais pas mise en maillot je pense... En paréo peut-être..., expliqua Gisèle.

- Sans doute, dis-je amusée.

- Allez mets toi en maillot, je veux voir moi!!!! hurla une folle furieuse.

Reconnaître la voix de crécerelle de Lisa ne fut pas exploit. Je tournai donc la tête en direction de l'esclandre - comme tout le monde. Blaine était allongé sur un transat, toujours habillé. Il ne s'était donc pas rendu au cabanon des garçons.

- T'as pas de maillot? demanda Lisa insistant lourdement.

- C'est pas demandé assez gentiment, fit simplement Blaine.

- Je dois te déshabiller moi-même ? demanda Lisa sans gêne.

- Hmmm... J'hésite..., fit-il avant de se lever de son transat.

Je vis Blaine poser son téléphone et enlever son t-shirt. Je fus immédiatement choquée - il comptait se changer devant tout le monde - et encore plus quand il s'approcha de sa boucle de ceinture.

- Seigneur... Pourvu qu'il porte un truc, marmonna Max près de moi.

- Attends tu crois qu'il..., dis-je choquée.

- Il a promis d'avoir un maillot, précisa Gisèle attirant nos regards. J'ai demandé...

- Tes copines vont se donner en spectacle encore longtemps tu crois? demandai-je consternée.

- Gigi!!!! Balance un bon son... Je veux qu'il se trémousse !!!! cria Lisa.

- T'as ta réponse, marmonna Gisèle en faisant signe à Hannah, qui avait préféré rester loin, de remettre la musique.

Et là, ce fut Bitter Love de Pia Mia qui résonna dans les environs de la piscine. Et effectivement, Blaine fit s'asseoir Lisa avant de se la jouer Magic Mike. Mais c'était quoi ce taré - je me le demandais vraiment -?

- Comment il peut faire ça ? marmonna Max.

- Je crois que le pire, c'est elle qui caresse ses muscles..., dis-je gênée de voir ça.

Honnêtement, il fallait reconnaître à Blaine qu'il était bâti comme un dieu grec. Il était littéralement musclé de partout et il savait danser. Quand il commença à enlever son jean, je réalisai qu'il était le seul garçon à porter un boxer de bain - moulant à un point qu'il est difficile d'imaginer.

- Ho..., fit Gisèle près de nous.

Je tournai la tête vers elle et elle le dévorait du regard. J'en fus certes étonnée mais même moi - qui le trouvait monstrueux - je devais reconnaître qu'il avait de quoi faire fantasmer les filles. Et Gisèle était célibataire.

- Tu... Tu le trouves comment? demanda Max tout bas.

- Moins beau que toi, dis-je honnêtement.

- Il est plus musclé, précisa Max.

- Mais c'est un gros porc et un sale con, assurai-je.

- Il lui arrive d'être gentil, fit soudainement Gisèle avant que je ne la regarde consternée. Je vais m'assurer que tout le monde a ce qu'il faut.

Je vis donc Gisèle s'éloigner rapidement, comme fuyant un interrogatoire qui n'aurait pas eu lieu. Je n'eus alors qu'une envie : m'amuser avec Max. Nous avons d'abord dansé dans l'eau avant de jouer au ballon avec plein de gens dont Gisèle qui faisait les allers-retours. La soirée était franchement géniale, je m'amusais comme une folle et en plus, on pouvait s'embrasser avec Max. Au bout d'un moment, nous nous sommes tout deux simplement installés contre une des parois de la piscine pour discuter tranquillement même si Gisèle était là.

- Hey, fit alors Hannah en tapant sur nos épaules.

Nous nous retournâmes sur Hannah dont les cheveux dégoulinaient encore de son dernier plongeon et elle semblait littéralement effarée.

- Qu'est-ce qu'il y a? demanda Max.

- Regardez, dit-elle en montrant quelque chose du doigt.

Tous trois, nous tournâmes nos têtes dans la direction indiquée, celle du jacuzzi. Et là, je fus sidérée - et tout le monde l'aurait été. Blaine était appuyé sur un bord et Lisa était placée tout contre lui. Leur position était assez équivoque mais à cause de la distance, nous ne pouvions voir que quelques mouvements. Le bras que Blaine avait placé en travers de Lisa pourrait simplement la retenir mais ce fut la tête de Maggie, complètement mal à l'aise de la situation, qui nous mit la puce à l'oreille.

- Ho putain..., marmonnai-je. Il est en train de la...

Je ne pus finir ma phrase que Gisèle quitta la piscine et fonça vers le jacuzzi. À la vitesse à laquelle Blaine retira sa main - et à sa difficulté à le faire - il fut évident qu'il caressait Lisa dans l'eau. Je fus sidérée de cet acte, non parce que cela me gênait que des jeunes le fassent mais qu'il soit fait en public - on ne voulait pas être au courant. Je vis Gisèle s'approcher du jacuzzi et regarder ses "amies" avec énervement avant de hurler.

- Je n'avais demandé que peu de choses... Allez-vous en! hurla presque Gisèle. Votre jet vous attend non?

- Putain t'es chiante... Maggie on se casse! fit Lisa en sortant du jacuzzi. Tu viens avec nous?

- Non... J'aime pas l'avion, répondit un Blaine qui sortit du jacuzzi pour aller sur un transat. Et puis... T'es plutôt chiante... Tu jouis trop facilement.

- Pauvre con!!!! Maggie!!!! hurla Lisa en fonçant vers le cabanon.

J'avais immédiatement baissé les yeux en voyant Blaine sortir du jacuzzi, une certaine partie de son anatomie avait clairement confirmé qu'ils ne faisaient pas que parler de littérature ancienne.

- Toujours à se faire remarquer... J'en peux plus, s'énerva Max près de moi.

- Faudrait franchement le virer, avoua Hannah derrière nous.

Je reportai mon attention sur Gisèle qui discutait devant Blaine. Elle lui donnait clairement une leçon. Préférant penser à autre chose, je me blottis contre Max en posant ma tête sur son bras.

- Ça va? demanda-t-il.

- J'ai envie d'une clope mais je ne veux pas quitter la piscine, dis-je en riant.

- Choix compliqué, répondit Max.

- Pas tant que ça, tu as ma préférence, dis-je en m'approchant avant de l'embrasser doucement. Tu veux bien aller me chercher à boire ?

- Pas de soucis, je devais justement téléphoner à mon père pour le rassurer, dit-il en quittant la piscine.

- Ça risque d'être long? demandai-je.

- Sans doute, marmonna Max en regardant vers Blaine.

- Je vois, marmonnai-je également.

Je vis Gisèle continuer de discuter et je l'observai attentivement. De là où j'étais, je vis Blaine prendre un truc dans son pantalon et le porter à sa bouche - une pillule sans doute - juste avant de tendre autre chose à Gisèle. Je la vis prendre ce qu'il donnait et j'étais sidérée - elle comptait planer? Puis, elle s'en alla et se dirigea vers la maison.

- Mais qu'est-ce qu'elle fabrique..., marmonnai-je alors en la regardant entrer dans la maison.

Alors que je regardai la porte par laquelle elle était passée, je réalisai que Blaine s'en était approché également et qu'il entra à sa suite après avoir vérifié que personne ne regardait. Je fus saisie d'un affreux pressentiment. Il lui avait donné une pillule mais quelle était donc la pilule ? Était-ce un simple ecstasy ou pire? J'avais hésité quelques secondes et puis, je sortis de la piscine avant de foncer vers la porte. Je passai à l'intérieur et je m'étais retrouvée dans des couloirs dignes de couloir de service. Il y avait des portes sur le côté et un escalier à ma gauche. J'entendis une porte depuis le haut de l'escalier et je fus encore plus angoissée. Je montai doucement les marches et je me mis à imaginer le pire. Je m'approchai de la première porte et je plaçai mon oreille contre elle sans rien entendre. J'avançai vers la seconde et là, j'entendis un râle masculin - qui me fit peur.

- Hey! dis-je en ouvrant brusquement la porte et espérant aider Gisèle.

Et là, Blaine était présent mais seul - ça m'avait soulagée - sauf qu'il était en train de s'envoyer une poudre blanche dont il avait fait quelques traits, directement dans le nez avec une paille métallique.

- On peut être en paix! s'énerva Blaine.

- Mais qu'est-ce que tu fous? dis-je en m'approchant immédiatement pour envoyer valser tout ça. C'est grave bordel!

- Non mais vous allez continuer de me faire chier? demanda méchamment Blaine en refermant la porte.

Je me rendis soudainement compte de la situation et je me sentis horrifiée. J'avais fait l'erreur de le suivre dans un endroit où je n'aurais pas dû me trouver et surtout - le pire - où personne ne savait que j'allais.

- Ouvre la porte, demandai-je.

- Pour que tout le monde t'entende? T'es dingue Seattle ?

- Touche moi et je t'explose la gueule sale drogué de merde! m'énervai-je.

- T'es une marrante en fait... T'as envie de remplacer l'autre chaudasse ? C'est ça ? fit-il en essuyant son nez.

- Va te faire...

- Je peux te le faire, fit-il en me bloquant alors de son corps.

- Dégage putain de merde! dis-je en le repoussant contre la porte.

- Sauvage... L'autre puceau ne saura pas y faire, tu veux un rail pour te mettre dans l'ambiance ? demanda Blaine avec un sourire diabolique.

- Mais c'est quoi ton prob...

- Y a quelqu'un ? demanda une voix, celle de Gisèle, après quelques coups.

- Ouais, fit Blaine en ouvrant la porte sur une Gisèle médusée.

- T'as pas pris ce qu'il t'a donné ? demandai-je immédiatement et en panique.

- Bah non... Mais t'as vu? demanda Gisèle inquiète.

- Mais Gisèle... C'est Blaine...

- Je sais... C'est juste un somnifère, avoua Gisèle. C'est pas la première fois...

- Et tu crois qu'il fera quoi hein? dis-je consternée.

Gisèle me regarda complètement perdue et je me sentis obligée de l'éloigner. Je réduisis l'écart entre nous et je sortis avec elle, redescendant vers la porte.

- Mais qu'est ce qui te prend? demanda Gisèle.

- Mais c'est toi qui m'a dit qui il était bon sang!!! Et tu veux prendre le risque ?

- Mais c'est un somnifère pour moi dormir... Juste de temps en temps... J'en avais plus..., se justifia Gisèle gênée.

- Hein? dis-je en la regardant et sortant de la maison.

Je ne me rendis pas compte que j'avais alerté plein de gens autour de nous. Ceux-ci s'étaient rapidement rapprochés et avaient commencé à s'interroger.

- Mais qu'est-ce que t'as cru? demanda Gisèle.

- Elle a simplement cru que tu serais une nouvelle victime, fit la voix de Blaine derrière nous.

Gisèle me regarda et se retourna en comprenant que plein de gens entendaient.

- Il allait recommencer putain! fit un mec.

- Ouais! Pourquoi ? Tu voulais participer crétin ? le provoqua Blaine.

- Quel porc! fit une fille.

- T'es sûre ? demandai-je juste à Gisèle comprenant ma méprise.

- Mais oui... C'est du Notec... Il m'a demandé si... Pour ce qu'il faisait..., avoua Gisèle.

Gisèle lui avait permis de se rendre là-dedans pour sniffer en échange du somnifère. J'étais totalement dans l'erreur et j'avais provoqué un véritable ouragan.

- Il se passe quoi? demanda alors la voix paniquée de Max qui arrivait en repoussant tout le monde.

- Ho rien, Seattle avait juste envie de goûter à ma bite, le provoqua Blaine.

- Blaine! m'énervai-je alors. Max il...

Je ne pus finir ma phrase que Max était sur lui pour le frapper en criant qu'il ne devait pas parler de moi comme ça. Je n'avais pas cru Max capable de s'énerver aussi vite mais c'était pour me défendre - et ça c'était franchement craquant. Cependant, Blaine saisit son bras au vol et le tordit dans un angle étrange.

- Max!!! criai-je inquiète.

- Tu veux toujours tout hein Mister Perfection ? Le statut qui donne priorité face aux autres ? Qu'importe ce que l'on dit ou ce que les autres voudraient ? Tu te crois si supérieur ? Je ne suis pas un de tes putain de moutons moi, s'énerva Blaine.

D'un coup, sortant de la foule en trombe, Aaron fonça sur Blaine et lui administra un coup au ventre qui lui fit lâcher Max.

- Non Aaron ! cria Max.

- Je vais te transformer en descente de lit ! fit Blaine d'une voix diabolique en frappant Aaron au menton.

Aaron fit d'ailleurs un bond en arrière sous le coup violent - quelle force!- avant de se redeesser immédiatement pour en découdre. D'un coup Max se dressa entre les deux au même moment où Hannah s'approcha d'Aaron. Ce dernier avait déjà l'arcade sourcilière occupée à déverser un immense flot de sang. Je savais par expérience que ce genre de blessures était principalement impressionnant mais pas forcément un signe de gravité. Le visage a toujours été une partie du corps qui saignait abondamment - foi de boxeuse.

- Arrête d'accord? demanda Max calmement à son ami avant de se retourner. Toi tu arrêtes tes conneries et tu ne manques pas de respect à Lynn!

- Mets moi ton poing sur la gueule si tu y arrives, fit Blaine. T'as pas ton père pour te défendre cette fois.

- Parfois je me demande si tu te rends compte qu'on t'a recueilli! s'énerva Max.

- C'était pas obligé, avoua Blaine en riant. Surtout pour me casser autant les couilles.

- Ils auraient dû te laisser crever! s'énerva Hannah. Ou alors ta mère aurait dû se suicider pendant qu'elle était enceinte et pas après, on aurait pas à supporter un tel monstre !

Je tournai brusquement ma tête vers Hannah étonnée de sa hargne - je la croyais calme en toute circonstance - et je la vis soutenir Aaron avant de se figer en réalisant ce qu'elle venait de dire. Son visage qui arborait d'abord la colère en voyant le coup reçu par Aaron venait de passer en un instant à l'effroi le plus total. J'ignorais totalement ce détail de la vie de Blaine mais visiblement, ce n'était pas le cas de tous. Des murmures parcoururent l'assemblée de spectateurs et je vis Max se placer devant Blaine.

- Reste calme, inspire profondément... Nous ne sommes pas seuls... Détends toi, lança Max.

Il se passait clairement quelque chose de particulier dont je ne pouvais comprendre les tenants et aboutissants. Blaine regarda Max et ensuite Hannah comme un prédateur prêt à dépecer sa proie.

- B... Blaine..., marmonna Hannah inquiète.

- Vous pouvez arrêter de faire n'importe quoi! hurla Gisèle. C'est mon anniversaire !

Je tournai la tête vers elle et elle semblait en panique, son anniversaire partait littéralement en cacahuètes - expression fétiche de Papa - et son stress avait grimpé. Soudain, un rire venu presque d'outre-tombe tant il était effrayant nous parvint de Blaine.

- Autant de petits moutons, fit-il en regardant Max. Rien ne change, ajouta-t-il en avançant vers le transat pour récupérer ses affaires.

Il s'arrêta un instant près de Gisèle et la regarda fixement, celle-ci ne sachant clairement plus quoi dire ou même faire.

- Désolé de foutre la merde, fit Blaine comme demandant pardon.

Il alla enfiler son jean et son t-shirt pendant que l'agitation s'emparait du reste du groupe. Certains jeunes dont j'ignorais le nom se demandèrent si Blaine était normal, d'autres semblaient même déçus que ce soit déjà fini - les cons - et d'autres encore choisirent de faire comme si de rien n'était.

- On va aller soigner ça, fit Max à Aaron.

- Ok..., marmonna le grand gaillard pissant le sang.

- Je viens aussi, fit Hannah.

- On arrive, me fit alors Max en s'éloignant.

Je les regardai immédiatement partir et je restai toujours sur le cul de la situation.

- Quel merdier, marmonna Gisèle. Au moins il est parti... Je vais leur donner de quoi soigner Aaron, fit-elle en les rejoignant.

Je me tournai alors vers la piscine, restant seule comme une imbécile. J'aurais peut-être dû aider Aaron également. Et puis soudain, une sonnerie retentit, je l'avais entendue parce que cela jurait avec la musique d'Ed Sheeran. D'où pouvait-elle provenir cette musique ? En regardant bien, je réalisai que sur le transat, il y avait un téléphone. Blaine l'avait oublié. Par réflexe, j'avais avancé vers le transat et pris le téléphone. Je pouvais voir que c'était Alma qui lui avait envoyé un message, enclanchant la sonnerie One Step Closer de Linkin Park. Elle avait écrit un message qui était visible sur l'écran : "Ne fais rien d'idiot je t'en prie. Contrôle toi. Rappelle moi VITE." Que devais-je faire? Je ne mis qu'un instant pour réagir et je partis vers la sortie du jardin qui menait au parking. Il était peut-être encore là. Arrivée sur le parking de la maison gigantesque, je cherchai immédiatement du regard la couleur caractéristique de la voiture de Blaine et elle était tout en bas de l'allée. Je marchais rapidement vers celle-ci, le froid me gelant sur place depuis la plante des pieds - on était toujours en Alaska et loin des braseros. Mais où pouvait être Blaine? En fait, il n'était pas loin, il était adossé à l'arbre près de sa voiture à la portière ouverte, clope au bec. J'aurais pu jurer le voir trembler de colère en fumant et je ne savais pas si c'était une bonne idée de m'approcher.

- Blaine..., appelai-je alors doucement.

- Qu'est-ce qu'il y a? Toi aussi t'as un truc à dire Seattle ? me demanda méchamment Blaine.

- Tu... Je...

- CAUSE PUTAIN!!! Ou casse toi! s'énerva Blaine.

Je levai immédiatement la main tenant son téléphone et il me regarda étonné. Il vérifia ses poches et soupira comprenant que j'avais son téléphone. Je réduisis donc la distance pour m'approcher et lui tendre.

- J'ai vu que t'avais eu un message..., marmonnai-je.

- Je m'en branle, répondit Blaine du tac au tac.

- Je suis désolée, dis-je immédiatement sans savoir pourquoi.

- Je m'en branle je t'ai dit, grogna Blaine.

- Non... C'est ma réaction qui a tout envenimé... Je...

- T'as cru que j'allais violer Gisèle visiblement, me provoqua Blaine en vérifiant son téléphone. Les monstres sont comme ça hein? Personne n'en voudrait autour de lui, ils sont mieux morts et enterrés, dans d'horribles souffrances je suppose...

- J'aurais dû attendre de comprendre...

- Je m'en branle aussi, j'ai l'habitude d'être le monstre du coin, avoua Blaine en rangeant son téléphone. T'es pas la première, tu seras pas la dernière. Retourne voir Mister Perfection.

Je ne savais pas quoi dire comme réponse alors je m'étais abstenue. Je restais bêtement là avant d'avoir un frisson tant j'étais transie de froid. J'entendis Blaine soupirer et je le vis aller vers sa voiture. Il se pencha à l'intérieur et attrapa quelque chose. En un instant, et avec une vitesse presque surréaliste - je l'avais à peine vu bouger - il était sur moi. Je sentis quelque chose de chaud sur mes épaules et je baissais les yeux pour découvrir une grande serviette.

- Elle est propre, grogna Blaine. Tu vas choper la crève abrutie.

- M... Merci, dis-je en ignorant l'insulte.

- Retourne avec ces connards, fit-il en retournant à sa voiture et montant à l'intérieur.

Au moment où il claqua la portière, je ne pus que dire quelque chose qui venait du plus profond de moi.

- Je suis désolée pour ta mère, dis-je alors rapidement.

- C'est le passé, marmonna Blaine en me regardant méchamment.

- Pourquoi elle t'a traité de monstre? demandai-je aussi vite sans raison logique.

Blaine me fixa du regard et sourit de son air habituellement machiavélique.

- Cela ne te regarde pas Seattle et occupe toi de l'autre puceau, me rétorqua Blaine. En bref, me fais pas chier.

Je le regardai méchamment et là, la question la plus bizarre du monde sortit de ma bouche.

- Wendigo... Ça te parle ? dis-je bêtement.

Blaine me regarda alors et se contenta de sourire. Il s'alluma une autre cigarette et me regarda pardessus la flamme.

- T'as peur des monstres Seattle ? T'as peur du noir ? me provoqua Blaine.

- Je...

- Tu ne sais franchement pas de quoi tu dois avoir peur... Et ne te mêle plus de ma vie ou... Il t'arrivera quelque chose, répliqua Blaine.

Je le regardai et je sursautai de la menace. D'un coup, il tourna la clef et un bruit sourd de moteur surgonflé retentir. Il recula en trombe et en deux ou trois secondes il était parti. Je restai là encore un instant quand une bourrasque me fit flancher et m'obligea à retenir la serviette. Ce fut alors que je faisais cela que je réalisai enfin que Blaine s'était étonnement soucié de moi. Ce type était anormal, effrayant et dangereux. J'avais surtout l'impression qu'il cachait quelque chose. Avant de mourir gelée, je retournai prestement vers la maison.

- J'ai franchement l'impression que les gens du coin cachent quelque chose..., marmonnai-je en espérant que la fête puisse reprendre sans autre perturbation.

Je mourrai aussi d'envie d'enfin obtenir des réponses, ils étaient tous un peu trop bizarre par rapport à Blaine. Et d'ailleurs le mot bizarre semblait avoir été inventé pour lui. Secrètement, j'espérais pouvoir me retrouver un peu tranquille avec Max et peut-être apprendre quelque chose... Seul l'avenir allait me faire comprendre que bizarre, et bien c'était léger pour décrire le coin où je vivais désormais.


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