Zoomorphic - Wolves & Wendigos

Chapitre 7 : VII

10014 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 04/07/2023 08:25

J'étais un peu inquiète de retourner au lycée. En effet, cela allait être la première fois que j'y retournais depuis l'incident et surtout depuis que je savais pour Max, Blaine et leur famille. C'était peut-être con mais juste après la fin du repas chez les Lexington - et après que Max ne m'ait laissé rentrer après une vingtaine de minutes à s'embrasser dans son pick-up devant chez mon père - j'étais rentrée comme survoltée. Je mourrais littéralement d'envie d'en parler à quelqu'un, c'était tellement incroyable, tellement invraisemblable, tellement... Tellement tout! Qui aurait pu croire qu'en ce monde vivaient de telles créatures incroyables. Et en plus il n'y avait pas que des loups, des tas d'autres choses existaient. Je ne pouvais pas non plus me dire que ceux-là avaient réussi à vivre cachés parmis les humains durant si longtemps. Peut-être était-ce ces fameux Cuervo les responsables. J'avais tenté de me renseigner sur eux sur internet - comme si ils pouvaient avoir un site officiel genre Cuervo Pride - avant de tomber sur des choses qui y ressemblaient. J'avais en effet découvert les fameux Tengu, démons folkloriques japonais. Je me demandais surtout d'autres choses plus futiles. J'avais eu l'immense honneur de voir comment Max se transformait -son aspect bestial étant assez émoustillant - mais je n'avais vu que lui. Je me demandais surtout pour Debbie et sa mère, si elles aussi devenaient velues. Et puis, curieusement, je me demandais à quoi ressemblaient les Wendigos et à quoi ressemblait un métis comme Blaine. Je m'étais aussi beaucoup interrogée sur la colère si forte en lui, contre la vie, contre les autres et sans doute contre moi aussi. Mais étonnement, j'avais beaucoup apprécié quelque chose, qu'il s'implique dans notre devoir. Comme quoi, on se faisait parfois des idées. J'avais aussi quelques inquiétudes à l'idée d'être le centre de l'attention au lycée, la survivante de la motoneige ou tout autre surnom à la con. Je m'étais chaudement vêtue- je me gelais littéralement les miches - avec un gros pull, de grosses chaussettes et un jean bien épais. J'étais alors descendue dans la cuisine, voyant mon père assis, des viennoiseries et du café devant lui.

- Pour te préparer à ton retour au lycée, assura Papa en me souriant.

- C'est la boulangerie du quai? demandai-je en repensant aux beignets.

- Oui, j'y suis passé tôt, dit-il simplement pour se justifier.

- Tu t'es levé si tôt que ça ? dis-je après avoir arraché un gros morceau de croissant à coup de dents.

- Je suis passé au bureau, une autre attaque d'ours, marmonna mon père.

Étonnement, je commençais à me dire que ce n'était pas réellement des ours, peut-être à cause de mes nouvelles connaissances du monde. Kyle avait parlé d'une petite tribu de Wendigos et cela serait bien leur genre de vouloir éloigner les gens de leur territoire. Les explications sur ces fameux territoires - et autres règles - m'avaient filé une migraine monstrueuse. Je n'y comprenais absolument rien, chaque meute avait son territoire, sa zone de chasse - pour le gibier pas les humains -, sa zone de vie. Il était possible que deux meutes possèdent des territoires se chevauchant mais cela devait se faire avec leurs accords respectifs. Nul ne pouvait se rendre sur le territoire privé d'un autre, risquant des sanctions dans le cas contraire, ce genre de choses... C'était d'un chiant...

- Et c'est sûr ? demandai-je alors.

- Quoi donc? insista Papa étonné de ma question.

- Que ce soit un ours, expliquai-je avant de réaliser que je faisais n'importe quoi. Et pas une blague?

- Visiblement, il y a des dégâts avec des griffes, les campeurs avaient pris peur donc, ils ne sont pas restés pour vérifier.

- Ha ok, dis-je sans être pour autant beaucoup plus convaincue. Fais attention quand même.

- J'ai un très gros fusil au cas où, je ne m'en suis jamais servi sur un animal sauvage mais sait-on jamais, assura Papa.

- T'inquiètes, je ne suis pas une grande défenseuse du monde animal, assurai-je quand même.

- Est-ce ton petit ami qui t'emmène au lycée ? demanda mon père en buvant son café.

- Max passe me prendre oui, assurai-je sachant qu'il m'avait prévenue. Il pense qu'avec ma jambe, je pourrais avoir quelques difficultés à conduire.

- Il est assez prudent, cela me rassure, assura mon père.

- J'ai l'impression de subir un interrogatoire, marmonnai-je alors avec méfiance.

- Je préfère ce genre de garçon que ceux comme Muldoon, lança alors mon père.

- Tu sais, Blaine n'est pas si invivable, répondis-je pour le défendre.

- Ha bon? s'étonna tellement mon père qu'il me mit en réalité le doute.

- Il a ses minutes de normalité, dis-je en souriant. Parfois...

- Oui, tu as dû le croiser chez les Lexington, précisa mon père.

- Il n'a pas l'air d'avoir eu une vie facile, argumentai-je.

- Et il aurait dû en saisir l'occasion pour être exemplaire, précisa mon père. Pas être la source de problèmes qu'il est devenu. Et pas...

Mon père marqua un temps d'arrêt et je compris secrètement ce qu'il venait de penser. Il devait faire référence à ce fait divers tordu qui était en réalité beaucoup plus complexe qu'au premier regard.

- Il s'est braqué contre tout le monde, assurai-je alors calmement.

- Mais... Je dois te conseiller d'éviter d'être trop proche de lui, dit alors mon père de manière à ne pas me brusquer.

- Je ferai attention, mentis je alors.

Je ne comptais pas rejeter Blaine à cause de mon père - non pas par plaisir de le faire chier - mais je savais que cette histoire n'était pas aussi claire. Et puis, je ne me voyais pas rejeter ce garçon qui m'avait autant sauvée que mon petit ami. Et puis, peut-être bêtement, je pensais que peut-être je pourrais l'aider à devenir plus gentil avec Max - sacrée mission en perspective. Ce fut lors de mes réflexions que Max se gara dans l'allée de la maison, attirant mon regard vers la fenêtre du salon. Je souris bêtement - midinette amoureuse bonjour - en comprenant que mon petit ami descendait de sa voiture. Je me levai alors prestement et je me dirigeai vers la porte d'entrée pour lui ouvrir. Max n'eut pas le temps de dire bonjour que je m'emparai doucement de ses lèvres - ce n'était quand même pas le baiser fiévreux - avant de sourire.

- Salut, dis-je alors. Entre, il y a du café.

- Je ne gêne pas ton père ? demanda alors Max en regardant dans la pièce.

- Entre mon garçon et sers toi, assura mon père.

Je vis donc Max entrer et j'observai sa tenue. Mon cher Thérien avait eu la logique de porter une veste épaisse vu le froid dehors. Naturellement, je savais déjà qu'il n'en avait pas besoin mais de me rendre compte qu'il avait l'intelligence de faire attention, cela me rassura. Je suivis Max jusque la table et je lui servis du café rapidement.

- J'espère que tu conduis toujours prudemment, lança mon père en fixant Max.

- Ne vous inquiétez pas, assura mon petit ami.

- Je suis content de savoir que tu estimes suffisamment ma fille pour lui présenter ta famille, dit alors mon petit en attirant mon regard.

Dire que je le fixais méchamment serait un très doux euphémisme. Cette tournure de phrase pouvait dire beaucoup de choses, comme le fait d'être remplie de tellement de défauts que c'était improbable. Je me demandais quand même dans quel sens je devais le prendre quand mon père me surprit.

- Au fait... Tu veux une fête pour ton anniversaire ? demanda mon père.

- Ho euh... Non, pas du tout, dis-je alors sachant que j'inviterai assez peu de monde.

- Tu ne veux rien? demanda mon père franchement très étonné.

- Bah... Peut-être une soirée ciné et shopping avec quelques amis... Si cela ne te gêne pas, assurai-je alors.

- Ce que tu veux, me signifia mon père.

- Je pense qu'on fera ça, dis-je en regardant Max. Ça te dirait ?

- C'est ton anniversaire, ce sera toi la reine du jour, précisa mon petit ami.

- J'inviterai quelques personnes..., dis-je en haussant les épaules.

- Et... Tu veux quoi? demanda mon père. Comme cadeau.

- J'en sais rien du tout, assurai-je. Mais je vais réfléchir promis.

- Préviens moi quand même que je puisse avoir le temps de le trouver, précisa mon père.

- Ok! dis-je contente de son propos. On y va?

- Allons-y, fit Max en se levant pour mettre de l'eau dans sa tasse et la placer dans l'évier.

- Bonne journée les jeunes, lança mon père.

- Merci, à toi aussi, dis-je en partant avec Max.

J'avais encore de très mais alors très petites difficultés à marcher, je m'étais habituée à la douleur et au strapping, me permettant presque de bouger normalement. Naturellement, je devais éviter de reposer l'intégralité de mon poids sur cette jambe mais à part ça, je pouvais bouger normalement. Je n'avais d'ailleurs pas eu de difficultés à monter dans le pick-up noir de mon petit ami et je bouclai aisément ma ceinture.

- Et... Tu n'as vraiment envie de rien de particulier ? demanda Max. Pour ton anniversaire.

- Tu sais que l'on n'est pas ensemble depuis très longtemps, si tu ne m'achètes rien, je ne vais pas te faire la gueule, lui assurai-je avec un grand sourire.

- Ça ne me gène pas, dis-moi ce qui te plairait, insista Max avant de démarrer.

- Hmmm, dis-je en réfléchissant. Le CD de la bande originale du film Perk of Being a Bellflower, proposai-je.

- D'accord, je vais te trouver ça... T'aimes les bandes originales ? demanda Max.

- Disons que chez Maman j'ai une compilation des meilleurs chansons de films mais j'aime bien en général, en fait tu peux acheter de n'importe quel film d'auteur, insistai-je.

- Bon à savoir..., avoua Max légèrement pensif.

- Il y a un soucis? demandai-je assez interpellée de son comportement.

- Je pense au cours de Monsieur Sparks, m'avoua immédiatement Max.

- Tu as peur de ne pas être doué pour jouer les papas? demandai-je en riant.

- Non, enfin si, fit-il en riant également. J'ai surtout peur de... De ton binôme.

- Blaine? Pourquoi ? demandai-je suprise.

- Tu le connais, avoua Max en prenant la rue du lycée.

- Ho je suis convaincue qu'il fera ça sérieusement, précisai-je. Demande pas pourquoi.

- C'est vrai qu'il a l'air un peu différent, précisa Max. Suffit de remarquer qu'il ne t'a pas jetée dehors.

- Ça va, sans plus, précisai-je alors.

- Sans plus? s'étonna Max en s'engageant sur le parking du lycée.

- Il est bourru, me justifiai-je alors.

Enfin arrivés, nous descendîmes tranquillement du véhicule avant d'entrer dans le lycée. Les autres semblaient tous contents de me retrouver et maintenant je réalisai certaines choses. En effet, Aaron et Hannah semblait souvent comme quémander de l'attention de la part de Max, leur futur alpha donc. J'avais pu déceler ce genre de choses car leur comportement était très différent de celui de Gisèle qui agissait comme une adolescente normale - tout comme moi. Ils semblait désirer lui parler en priorité, comme si ils devaient se justifier de leur weekend auprès de lui. Était-ce cela la vie d'une meute? Sans doute mais je ne pouvais le demander réellement. Je pouvais voir que de temps en temps Max me jetait des regards à la fois tendre - ceux-là je les aimais bien - mais également légèrement inquiet. J'étais convaincue qu'il devait craindre une petite boulette de ma part mais je n'étais pas assez stupide pour révéler ce que je savais. Alors que nous nous rendions en cours avec Madame Armell. Ce fut d'ailleurs dans cette classe que je réalisai qu'Elisa, la native, semblait également légèrement différente en présence de Max. Plusieurs loups vivaient donc dans cette ville et c'était de plus en plus intriguant. Étonnement, Blaine était déjà en classe, assis tranquillement et ne faisant chier personne pour une fois.

- Bien le bonjour les enfants, lança Madame Armell.

- Bonjour Madame, répondis-je avec les autres sauf Blaine qui grogna dans son coin.

- J'espère que vous avez passé un bon week-end et que vous êtes prêts pour le livre suivant, assura la professeure en attrapant une craie.

J'eus envie de taper ma tête sur le bureau tant j'étais conne. J'avais passé ces derniers jours à me soucier uniquement des Thériens et j'avais complétement oublié de commencer à lire Basketball Diaries de Jim Carroll. Au moins les premiers chapitres auraient été utile. Mais non, j'avais été obnubilée par les loups et les Wendigos.

- Tu n'as pas lu? demanda Gisèle tout bas.

- J'ai complètement oublié, avouai-je gênée.

- Disons qu'avec le choc, c'est compréhensible... En cas de besoin, demande, proposa Gisèle avec gentillesse.

- Merci, marmonnai-je en notant l'intitulé du cours sur ma feuille.

- Bien, est-ce que quelqu'un sait quels thèmes seront abordés dans ce livre ? demanda la professeure avant de se tourner surprise. Blaine?

Honnêtement, toute la classe tourna la tête vers lui avec une légère surprise. Participer à un cours - hormis pour faire des commentaires à la con - ce n'était pas ce qui le caractérisait le plus.

- Jim Carroll a écrit un récit initiatique très autobiographique, celui d'un adolescent new-yorkais sombrant peu à peu dans les méandres de l'âme humaine. Tout est assez cru dans ce livre, l'usage de drogue, les dérives, la prostitution, le sexe... Effrayant quand on sait que les premières notes de ce récit furent rédigées à l'âge de treize ans, expliqua Blaine.

J'avais ouvert la bouche assez surprise de sa réponse - prête à gober les mouches en somme - et je ne devais pas être la seule. En effet, Madame Armell était sans doute aussi surprise que nous.

- Effectivement, fit Madame Armell. Sachez qu'un auteur que nous étudierons plus tard dans l'année, à savoir Kerouac, a même précisé que Carroll avec une prose plus intéressante que quatre-vingt-huit pourcents des écrivains contemporains, et ce à treize ans.

Je restais quant à moi totalement ébahie, Blaine venait de me surprendre.

- Il y a des aliens aussi dans le coin? demandai-je effarée.

- Des aliens? Pour? demanda alors Gisèle tout bas.

- Depuis quand il bosse ? demandai-je à Gisèle.

- C'est son livre préféré, me répondit Gisèle en prenant des notes.

Je tournai la tête vers elle et je réalisai que cette chère Gisèle devait avoir quelques vues sur Blaine. J'ignorais encore quel était le livre préféré de Max, mais ce dernier m'ayant parlé de Tolkien, je pensais en avoir une piste. Elle, elle ne fréquentait pas Blaine plus souvent que cela donc, c'était du réel intérêt. J'avais également relevé que ce livre préféré n'était pourtant pas à mettre entre toutes les mains.

- Je sais que certaines années, des parents d'élèves semblent révoltés des sujets abordés dans ce livre, précisa Madame Armell. Malheureusement, il s'agit de la vraie vie de l'auteur et je pense que ce genre de livres montre à quel point il est aisé de sombrer dans les dérives de la drogue, tout comme Christiane F, mais qu'il est extrêmement difficile d'en sortir. Je pense justement que vous montrer et vous inculquer les horreurs de ces histoires pourrait pousser les jeunes à rester loin de la drogue. Alors commençons...

Pendant que la professeur disait cela, je me rendis compte que les sujets de la drogue, cela concernait Blaine. Pour lui, je me demandais ce qui l'y avait poussé.

- Gisèle, peux-tu lire la première entrée du journal? demanda la professeure.

- Oui Madame, répondit Gisèle en se relevant. "Aujourd’hui, j’ai fait mon premier match de basket en minimes, et c’était aussi ma première journée dans une équipe reconnue par la fédé. Un événement qui m’a rempli d’enthousiasme. En principe, on ne peut pas jouer en minimes après douze ans. En fait, j’ai treize ans, mais Lefty m’a donné un faux certificat de naissance. Lefty est un mec super ; il passe nous prendre dans son break, pour les matches, et il achète toujours des tonnes de bouffe. Je suis trop jeune pour savoir ce que c’est, un homosexuel, mais je crois bien que Lefty, il en est. Bien que ce soit un super joueur et un costaud par-dessus le marché, il fait des trucs bizarres, comme de passer sa main entre vos jambes et vous soulever. Quand il m’a fait ça, il a éveillé mes soupçons..."

- Tu peux t'arrêter, lui fit la professeure. Je vois toutes vos têtes consternés... Y a-t-il une raison ? demanda la professeure avant de m'interroger.

- Euh... Je pense que c'est assez caractéristique de l'époque, précisai-je en tentant ma chance. On voit clairement que c'est un tout jeune adolescent qui écrit, ses mots sont simples mais on voit également un certain manque d'éducation.

- Bien, me fit la professeure. Qui peut expliquer ce qu'entend Lynn? demanda la professeure avant de tourner à nouveau sa tête vers Blaine.

Il avait dû manger un truc avarié, il voulait encore répondre. Je crois que lever deux fois la main en un seul cours était plus que rare. En fait, je crois que je ne l'avais jamais vraiment vu participer en cours. Étant donné la rareté de la chose - et parce qu'elle semblait l'apprécier cette rareté - la professeure l'interrogea à nouveau.

- Notre génération a la chance d'avoir internet ou des séries, précisa Blaine. À l'époque, si l'éducation familiale était absente, des choses comme l'homosexualité ou les abus sexuels restaient parfaitement Inconnus. Plus loin dans le livre, Jim découvre également à quoi peut ressembler une relation entre femmes. Il ignore tout de la vie alors que nous, voir des couples homosexuels n'a rien de très surprenant, même si des connards homophobes persistent.

- Bonne explication... Si tu pouvais éviter les insultes, fit la professeure.

Il n'avait pourtant pas tort. Notre monde restait un monde pourri, envahi de racistes, d'homophobes, de réactionnaires désireux de priver les femmes du droit à l'avortement, j'en passe et pas des meilleurs. Et lui, celle qui semblait être sa tante préférée était justement en couple avec une femme, il devait bien voir des choses gênantes autour d'elles. La suite du cours se passa sans aucun soucis, continuant d'analyser les premières proses de l'écrivain. Alors que nous mangions tous ensemble, comme chaque midi, je commençai un peu à m'inquiéter de la suite de la journée. Cela allait être le cours de Monsieur Sparks et la réception des bébés électroniques. Blaine allait-il rester sur sa bonne lancée ? Je l'espérais grandement.

- Prête à devenir Maman? me demanda Gisèle en riant pendant que nous allions vers la salle de cours.

- Tu parles..., grommelai-je. Vu le mari dont j'ai hérité... Au moins je n'ai pas de contractions...

- Bonne blague, fit Gisèle après avoir rigolé. Moi je suis en couple lesbien, c'est marrant...

- Tu crois que vous devrez aborder le manque de figure paternelle dans vos notes? demandai-je avec circonspection.

- Bah je suppose que c'était le but des binômes aléatoires, précisa Gisèle en approchant de la classe.

Nous entrâmes donc dans la classe et nous saluâmes le professeur Sparks, un ours donc. Je n'arrivais toujours pas à m'y faire, je n'avais absolument rien remarqué. En même temps, j'ignorais un peu que ça existait. Je me rendis vers le bureau que je partageais dans cette classe avec Blaine. Je l'attendais avec beaucoup d'inquiétudes, espérant qu'il se tienne bien et observant le professeur plongé au milieu de caisses en carton. Les bébés devaient se trouver dedans. J'entendis alors des bottes épaisses résonner dans le couloir et je vis débarquer le borderline de service tout tranquillement. Il vint simplement s'asseoir près de moi et je le regardai avec méfiance. Il fixa le professeur attentivement et renifla doucement.

- Sérieux ? marmonna alors Blaine en soupirant.

- Quoi? dis-je tout bas le fixant. Mon parfum te dérange ?

Ça, je savais que c'était possible, Max m'avait avertie qu'un de mes parfums était un peu prenant, je l'avais donc laissé dans le tiroir. Peut-être que celui que je portais incommodait le flair de Blaine.

- Non tu sens très bon, m'assura Blaine.

Je le regardai en écarquillant les yeux et avec un petit sourire amusé. C'était tout de même un petit compliment.

- Quoi? Mister Perfection te dit que tu pues? s'étonna Blaine avec un sourire satisfait. Quel con.

- Pourquoi faut-il que tu redeviennes comme ça à chaque fois? soupirai-je alors avec lassitude.

- C'est lui là, marmonna Blaine.

Je tournai la tête vers le professeur avant de regarder Blaine à nouveau.

- Ça va, il est content de ses bébés, c'est pas un drame, dis-je avant de me souvenir qu'il avait reniflé. C'est le prof qui pue?

- Non... Enfin... Il est en rut, assura Blaine.

- Quoi? m'étonnai-je. Tu veux dire...

- Caractéristique des ursidés, cela se remarque moins chez les autres... Un peu sur les humaines mais c'est plus hormonal... Ou la cyprine, fit-il en souriant avec mesquinerie.

- T'es franchement un porc... Mais c'est pas gênant ? demandai-je alors. Pour les autres... Tu sais quoi...

- Les autres croyants? s'étonna Blaine me donnant un terme usité. On ne le fait pas remarquer.

- Pourtant tu l'as fait, grommelai-je en le regardant avec circonspection.

- Ouais parce-que ça signifie que ce soir je dors avec des boules quies, marmonna Blaine.

- Euh...

- Je dors chez Alma ce soir, j'en ai marre de voir la gueule de faux cul des autres, marmonna Blaine une nouvelle fois.

- Elles ne sont pas discrètes ? comprenant qu'il parlait de Sarah, la compagne de sa tante et accessoirement la sœur du professeur Sparks.

- Sache que les croyants sont incapables de résister à l'intensité du plaisir dans ces moments, avoua Blaine. C'est comme ça.

- C'est pas facile à vivre...

- Mais c'est pratique pour un plan cul, assura Blaine.

Je fus tellement consternée - qui ne le serait pas - que j'en soupirais de gêne. Pendant notre petite discussion complètement étrange, les autres élèves étaient arrivés.

- Bien, maintenant que tout le monde est là, fit alors le professeur Sparks très amusés. Félicitations vous êtes parents!

Les élèves se mirent à rire de concert, sauf mon voisin qui grogna de lassitude. Ce qu'il pouvait être chiant lui.

- Je vais commencer à vous distribuer vos petits bambins mais vous n'allez pas les déballer ici, lança le professeur.

- Pourquoi Monsieur ? demanda alors Gisèle.

- Je vais vous expliquer, fit le professeur en continuant de distribuer les bébés. Je veux que vous les découvriez au calme et en binôme, afin de compléter les conditions de garde et tout ça, fit-il ensuite en nous montrant un putain de manuel bien épais.

- Donc on fait comment ? demanda un garçon.

- Je me suis arrangé avec le directeur, le cours va se terminer après la distribution et vous pourrez découvrir vos bambins dans les conditions que vous désirez, précisa le professeur me surprenant. Sachez que je dispose d'une application sur une tablette que je cache soigneusement, je saurai qui n'a pas activé le bébé avant minuit et qui l'aura déjà tant maltraité qu'il en sera mort...

L'angoisse profonde qui me saisit fut rapide et intense, j'allais me retrouver en tête à tête avec l'être le plus insupportable que je n'avais jamais rencontré. Quelle merde! Je tournai doucement la tête vers Blaine.

- Tu veux faire ça où ? demandai-je alors gênée.

- Où tu veux, assura Blaine.

- Chez toi ou chez moi? demandai-je alors sachant que je préférai déjà être au calme.

- Honnêtement... Chez toi, précisa Blaine.

- Et je suppose que tu ne le prendras pas ce soir si t'es dans un garage ? insistai-je immédiatement.

- Mais je le prendrai quand même..., marmonna Blaine. Au cas où t'aurais un rencard.

- J'ai pas rendez-vous avec Max, grognai-je consternée quand le professeur posa une caisse sur notre table.

- Félicitations c'est une fille, nous fit le professeur.

- Génial..., fit Blaine faussement enjoué. Au fait, n'oubliez pas le repas de ce soir.

- Je sais Blaine... Cela ne te fera rien de diner avec ton professeur ? demanda Monsieur Sparks intrigué.

- Ça dépend... J'aurais des devoirs en plus? demanda-t-il mesquin.

- Non ça ira, dit alors le professeur en me regardant. Tu te demandes pourquoi je dis je suppose ?

- Votre sœur et sa tante sont en couple, je suis au courant Monsieur, dis-je poliment.

- Ha ben parfait... Alors mes chers petits parents en herbe, je vous libère, lança le professeur à la classe.

Blaine se leva immédiatement, oubliant notre petite fille sans ménagement. Heureusement je pris la caisse pour suivre Blaine.

- Tu pourrais attendre non? Je sais pas si c'est fragile, dis-je en avançant prudemment.

- Et ben, ça commence... Ça me gonfle... J'ai besoin d'une clope, se vexa Blaine dans le couloir. T'es venue avec Mister Perfection ou dans ta coccinelle ?

- Max a préféré me conduire, rapport à ma jambe, précisai-je en lui rappelant ma blessure.

Blaine me regarda attentivement et tendit les bras pour prendre la caisse. Je lui donnai avec méfiance mais il la tint fermement.

- Merci, dis-je quand même.

- Prends pas ça pour une habitude, les faibles on les abandonne, précisa Blaine.

- Euh..., dis-je choquée en lui suivant.

- Laisse tomber, je te conduis, avoua Blaine.

En même temps je n'avais pas de voiture - qu'il était con quand même. Je lui suivis donc jusqu'à sa voiture et il me donna la clef pour ouvrir ma portière. Il attendit que je m'attache pour me filer notre paquet et il ferma la portière. Je fus immédiatement saisie par l'odeur de tabac froid dans cette voiture. Je ne pouvais pas franchement juger cela, j'étais fumeuse également. Je me mis cependant à regarder tout autour de moi et je me rendis compte que sa voiture était le parfait opposé de celle de Max. C'était bordélique, des feuilles de cours, des manuels de cours, des emballages de bouffes, des gobelets de fastfood et le pire d'entre tous - je vous le donne en mille - un emballage de préservatif ouvert. Heureusement, le préservatif avait dû être jeté, je l'espérais en tout cas. En fait, je n'osais pas réellement bouger, préférant rester immobile. Blaine se mit à la place du conducteur et me regarda.

- Pourquoi tu fais cette tronche ? demanda Blaine.

- Euh... Rassure moi, ce qui est près de mon pied gauche... C'était pas sur mon siège..., marmonnai-je en fermant les yeux.

Je le vis se pencher et regarder l'emballage. Il se mit à ricaner en démarrant.

- Tu l'as jeté ? insistai-je. Dis-moi que tu l'as jeté...

- Je l'ai jeté... T'es chiante... Et pour info c'était sur la banquette arrière... Enfin elle s'est penchée par la suite parce que bon...

- Blaine, dis-je sèchement. Ferme la.

- Et ben, ça doit pas être marrant... T'es vachement prude pour une gonzesse qui m'a avoué se branler avec plaisir, dit-il en quittant le parking.

Je le regardai méchamment mais vu la façon dont il avait quitté le parking - comme une brute - je préférai fermer ma gueule.

- J'habite sur...

- Je sais où tu habites, avoua Blaine en me surprenant.

Je me mis à flipper gravement quand il grilla un feu rouge avant de tourner si vite que ses pneus s'étaient mis à grincer. Ce mec était complètement fou.

- Blaine ralentis putain !!!! criai-je.

- Putain t'es chiante Seattle ! me sortit Blaine.

- Je suis humaine bordel de merde ! hurlai-je en colère.

Blaine tourna la tête vers moi et je sentis le véhicule ralentir immédiatement. Je tournai alors la tête vers lui et il venait de réaliser cela.

- T'avais oublié ? demandai-je. Si tu te plantes, ce sera grave.

- Oui, on est plus solide, fit-il en conduisant prudemment.

- J'avais remarqué..., grognai-je dans mon coin. Tu pourrais être prudent, pour toi comme pour les autres...

- Je vais devoir t'appeler Miss Perfection si tu continues de me briser les couilles, me signifia Blaine.

Je me tus immédiatement, grinçant des dents de colère. J'avais envie de l'étrangler ce con. C'était tellement tentant. Mais je dus remettre mon envie de meurtre à plus tard, nous arrivions chez moi. Nous sortîmes tout deux de la voiture avant d'avancer vers la porte. J'avais bêtement vérifié l'absence de la présence de mon père juste avant d'ouvrir la porte.

- Vas-y entre, dis-je alors en regardant Blaine.

Blaine pénétra à l'intérieur en enlevant sa veste. Je le vis regarder la pièce avec étonnement.

- Ouais je sais, dis-je consternée qu'il se dise que mon père ne faisait aucun effort.

- C'est cool, fit-il alors.

- Comment ça ? demandai-je étonnée.

- Vivre en se contentant du minimum, c'est bien, aucune attache, assura Blaine.

- Papa a des goûts simples, je m'y suis rapidement habituée, précisai-je en enlevant mes bottes et ma veste.

- Où est ta chambre ? En haut je suppose, me fit alors Blaine.

- Comment ça ma chambre ? demandai-je alors consternée.

- Bah quoi? On va se faire chier dans le salon? Ça risque de prendre du temps non? précisa Blaine.

- Euh... Bah... Euh..., bafouillai-je bêtement comme une idiote.

- On se calme Tessa, je m'appelle pas Hardin, je te parle de bosser, fit alors Blaine consterné.

- J'avais compris ! dis-je consternée sur un ton méchant.

- Quoique...

- Blaine! J'ai jamais emmené un garçon dans ma chambre, dis-je complètement indignée.

- Très heureux d'être le premier, dit-il alors en me souriant avant de voir mon regard. Je vais bien me tenir... C'est juste pour être peinard avec... Ça !

Mon père allait m'assassiner si il l'apprenait. Pourtant, je devais bien concéder que la tranquillité serait plus grande dans la chambre que le salon. Je lui indiquai alors l'escalier.

- Première porte, précisai-je à Blaine.

- Je passe devant? fit-il en saisissant notre enfant en plastique.

- Je préfère, dis-je méfiante.

- Madame veut mater mon cul, je note, fit-il mesquinement.

J'avais déjà des envies de meurtres, histoire de figurer dans les émissions de faits divers. Si seulement j'avais les capacités physiques de lui faire du mal... Je dus me contenter de le suivre jusque dans ma chambre. Sans aucune jeune, Monsieur Mal Éduqué jeta sa veste sur mon lit et posa le bébé sur le bureau. Et en plus, il ne trouva rien de mieux que de s'asseoir sur le lit.

- La politesse serait de demander l'autorisation non? l'interrogeai-je sur un ton sévère.

- Sans doute... Tu comptes rester debout ? demanda Blaine en riant.

- Non... J'ai de l'éducation moi, précisai-je outrée. Je dois te demander si tu veux quelque chose à manger ou à boire.

- Si t'as de la bière, me signifia Blaine.

- Blaine, t'es chez un représentant des forces de l'ordre et t'es mineur, grognai-je consternée.

- Oui et donc?

- C'est non crétin ! Y a du soda, de l'eau plate ou gazeuse, du jus de fruits...

- Soda, répondit enfin Blaine.

- Sucré ou salé ? continuai je de proposer.

- Je suis fan de chips, répondit Blaine avec un sourire.

- J'arrive...

Je redescendis rapidement, me demandant si j'aurais dû préciser qu'il ne devait pas fouiller - je sais pas j'ai l'impression qu'il en serait capable. Cependant, je me dis également que le faire serait malvenu. Mais méfiante que j'étais - qui ne le serait pas franchement ?- je me hâtai de remonter dans ma chambre. Blaine n'avait pas bougé, il s'était juste allongé sur le lit à la cool, les bras sous la tête.

- Il est confortable ton lit, fit-il en se redressant.

- Euh... Vanne ou sérieux ? demandai-je méfiante.

- Sérieux, dit-il avant de me regarder fixement avec un étrange sourire. Toi, t'as la tronche de quelqu'un de méfiant.

- Ho... Non, pas vraiment, assurai-je.

- T'étais convaincue que j'allais fouiller dans tes strings? demanda-t-il en riant.

- Mais non... Enfin peut-être, avouai-je gênée en le faisant rire et surtout, avant de réaliser. Comment tu sais pour mes strings? demandai-je alors légèrement suspicieuse.

- Mystère..., répondit-il avec un sourire diabolique.

- T'as fouillé rapidement ? insistai-je en regardant vers mes tiroirs.

- Pas besoin, avoua Blaine.

- Tu veux que je te supplie pour comprendre ou quoi? m'énervai-je quand même.

- Pas besoin, c'est ma nature, assura Blaine.

- Monsieur est tellement un expert en filles qu'il peut deviner? demandai-je consternée.

- Ce serait plus marrant, fit-il en riant. Les loups ont un excellent flair, la plupart des félins possèdent une ouïe exceptionnelle, les ursidés la force physique démentielle...

- Et les Wendigos ? demandai-je en comprenant absolument. Ils détectent les sous-vêtements ?

- Ils ont une vue absolument parfaite, de loin comme de près, de jour comme de nuit, avec la lumière ou dans l'obscurité la plus totale, me prévint Blaine.

Je le regardai assez stupéfaite, Blaine m'en parlait comme si de rien n'était. Peut-être était-ce plaisant pour lui d'en parler ou alors il pouvait enfin dire qui il était à quelqu'un sans que ce fameux quelqu'un ne se barre en courant. Mais bêtement, je ne comprenais pas - qui le pourrait ?

- Et donc..., dus-je insister quelque peu.

- Et donc je peux voir les plis du tissus sous les vêtements, comme une éventuelle cicatrice si tu en as..., m'avoua Blaine.

Je me suis mise à me regarder attentivement, essayant de discerner si on voyait quoique ce soit. Mon jean était très épais et donc, il ne pouvait nullement savoir. Je le fixais attentivement en essayant de savoir si il mentait.

- Double ficelle sur les hanches, jointes en un cœur juste au dessus de la raie, couleur sombre je dirai, fit-il alors avec un sourire diabolique.

J'écarquillai les yeux, ce con avait tout bon, le string était bien comme il le décrivait. Je m'assis alors sur ma chaise complètement sidérée. Et là, je sentis l'horreur monter en moi.

- Et avec mon maillot de bain? demandai-je inquiète.

- Pas épilée, dit-il en penchant la tête avec un sourire.

- Ho putain !!! dis-je consternée en lui jetant un pot rempli de stylo à bille à la tronche.

Forcément, il l'attrapa au vol et me regarda fixement.

- Fallait pas demander, marmonna Blaine.

- Tu te rends compte que ça fait de toi un pervers? demandai-je outrée. Tu vois sur tout le monde?

- Seulement si je fixe de mes yeux, répondit Blaine me sidérant un peu. Tu comptes rester là ?

Il devait fixer? Ça veut bien dire qu'il me fixait non? À moins qu'il ne fixait toutes les filles - j'avais peu de doute d'ailleurs. J'inspirai profondément en prenant la caisse et allant m'installer près de lui. Je commençai à déballer la boîte et il nous servit du soda.

- Et ben, dis-je en soupesant le bébé. On dirait le poids d'un vrai...

- Je sens qu'il va être chiant ce gosse, marmonna Blaine.

Étonnement, j'en étais également convaincue. Sinon quel serait l'intérêt de l'exercice ? Je me mis à enlever doucement le plastique, découvrant que le bébé portait une couche et à sortir la grosse notice d'utilisation.

- Quel pavé, marmonna Blaine.

- Alors... Merci de votre acquisition d'un bébé Educababy, outil d'enseignement approuvé par le gouvernement des États-Unis d'Amérique..., Marlon en lisant. Ce sont bien nos noms... Les données enregistrées sont les bonnes...

- Ça en fait du blabla, dit alors Blaine en regardant par dessus mon épaule.

- Évite de faire ça, dis-je en me décalant. Je déteste qu'on lise derrière moi, ma mère a cette manie et ça me gonfle...

- Et ben, ça promet, marmonna Blaine.

- Alors clef de démarrage... Ça doit être ça, dis-je en sortant une carte de la taille d'une carte de crédit. Mise en route... Mise en route...

Je me hâtai de tourner les pages, laissant tomber les principes de garanties, le descriptif du bébé - une bouche, un cul, merci de nous prendre pour des ignares.

- Ouvrir le clapet situé à côté de la colonne vertébrale, marmonnai-je en regardant Blaine faire.

- Comme mes ancêtres en somme, ajouta ce dernier attirant mon regard.

- Les Wendigos étaient vraiment cannibales ? demandai-je méfiante.

- Oui, les bébés sont des mets de choix, en seconde position..., marmonna Blaine.

- Et par acquis de conscience... Le premier c'est quoi? demandai-je avec méfiance.

- Utérus de vierge, précisa Blaine avec tant de sérieux que j'en eus un frisson de dégoût. Navré d'être un monstre.

- C'est pas toi... Ce sont tes ancêtres... Et puis les humains ont inventés l'esclavage alors..., dis-je en essayant de ne pas être dégoûtée.

- Et puis on n'avait pas encore inventé les Doritos saveur fromagère, fit-il en enfournant des chips.

- T'es con, dis-je en riant.

Je réalisai que je pouvais rire en sa présence, lui qui m'effrayait beaucoup plus auparavant. Il faut reconnaître que sa vue et les traditions gastronomiques de ses ancêtres n'étaient pas faites pour mais lui, il faisait un effort.

- Inserez la carte à l'intérieur et refermez le clapet jusqu'à entendre un craquement... Votre bébé est désormais actif..., lus-je à voix haute.

Je vis Blaine faire ce que j'avais demandé et j'entendis le craquement - ça devait ressembler à ça quand ils devoraient des bébés. Tout à coup le bout de plastique bardé d'électronique se mit à geindre tellement bruyamment que mes oreilles sifflèrent - cela devait être pire pour lui.

- Putain ! m'exclamai-je en tournant les pages. Avant d'allumet le bébé vérifier que tout est... Prêt... Rhaaaa! Pouvaient pas mettre ça avant ces cons!

Je me mis à chercher ce qu'il fallait faire quand je vis Blaine soulever le bébé délicatement. Ce truc électronique hyper chiant - je le déconseille encore - gesticulait un peu mais moins qu'un vrai bébé. Étonnement, il passa son bras délicatement sous la tête du bébé pour le disposer en travers de ses bras et le soutenir comme on faisait avec un vrai. Il bougea doucement les doigts sous la bouge du bébé et le robot se mit à suçoter son doigt en cessant d'émettre des cris stridents. Je regardai Blaine complètement stupéfaite. Il savait y faire.

- La vache...

- Chuuuut..., fit-il au bébé.

- Blaine... T'es franchement doué, avouai-je en tournant les pages.

- J'ai vu ma tante faire, précisa-t-il en regardant le bébé.

C'était plutôt incroyable à voir, surprenant et amusant. Comment aurais-je pu deviner qu'un mec aussi borderline pouvait être un excellent père.

- Alors... Pour les biberons... Les bébés Educababy utilisent un liquide spécial, aisé à obtenir en mélangeant les poudres présentes dans la boîte avec un peu d'eau. Une dose permettant de créer jusqu'à un litre d'équivalence en "lait", lus-je à voix haute. Euh... Voilà..., ajoutai-je en le sortant.

- C'est assez amusant, ça gesticule comme un vrai, avoua Blaine.

- Content que ça t'éclate... Ce même liquide est évacué par simulation d'excréments... Pour plus de réalisme, un réactif présent à l'intérieur de l'automate recrée les odeurs... C'était pas nécessaire !

- Tu fais un biberon ? demanda alors Blaine.

- J'y fonce, dis-je en attrapant la notice et les poudres.

Je descendis les marches en courant littéralement, préférant éviter que le bébé n'enregistre notre lenteur. Je préparais alors les fameux biberons, plus gros que les vrais et je le remplis en ajoutant une cuillère. Immédiatement le liquide devint blanc, mais resta aussi liquide que l'eau - les gens savaient bosser quand même. La notice précisait cependant que nous ne devions pas faire chauffer l'eau.

- Bon c'est prêt, dis-je avant de remonter.

Arrivant à l'entrée de ma chambre, je me figeai à l'entrée. Blaine marchait dans ma chambre, berçant le bidule électronique et chantonnant. Bon les gens musicaux étaient à revoir - avec Come as You Are de Nirvana, le bébé serait un punk - mais l'image valait son pesant de cacahuètes. J'avais toujours trouvé légèrement craquant un tel instinct paternel, plutôt rare. Naturellement, cela me rassura surtout sur la survie du bébé.

- Tu vas sourire bêtement encore longtemps ? demanda sèchement Blaine.

Je le regardai choquée, je n'avais pas réalisé que je souriais en voyant ce spectacle. Je le vis se diriger vers le lit et s'asseoir.

- Tu veux la nourrir pour la première fois? demanda Blaine.

- Euh... Ouais, dis-je en haussant les épaules et tendant la notice.

Comme on transférait un véritable bébé, Blaine me donna le robot avec délicatesse, posant parfaitement sa tête. Je le surpris même à la caresser doucement.

- Blaine..., murmurai-je surprise.

- Quoi? s'étonna ce dernier.

- Depuis quand tu peux être aussi doux ? demandai-je en prenant doucement le biberon.

- Ça te surprend? Je peux être doux dans bien des domaines, fit-il en souriant.

- C'est dingue comment tu viens de nuire à toute l'estime que je développais, dis-je en soupirant.

- Alors... La couche se remplit à intervalles réguliers, lut alors Blaine. Mouais... Utiliser les couches fournies dans la caisse, inutile de les laver, juste les faire sécher...

- Ça c'est cool, dis-je en regardant le bébé s'attaquer à son biberon.

- Le bébé possèdent des capteurs de température, vérifiez qu'il n'a pas trop froid ou trop chaud, de même pour l'eau du bain... Super... Il possède également des capteurs permettant de savoir si il est secoué, jeté, frappé... Gna gna gna...

Je le regardai avec amusement spécifier les informations diverses et variées - et vachement nombreuses - consternant l'utilisation du bébé.

- Tout un formulaire est à remplir sur le site de Educababy..., grogna Blaine. Non accessible par smartphone... Seule l'application est utilisable par smartphone et possède les rappels de gardes... L'application fournira aussi les informations sur le poids et la taille, fluctuantes au besoin, représentant par ce biais les visites au pédiatre.

- Je sens que ça va être compliqué... Déjà que ça dort comme un vrai... On va passer des nuits épouvantables... Histoire de s'assurer qu'on n'en fasse pas en vrai..., dis-je consternée.

- C'est pas si con, avoua Blaine en riant.

- Mouais... Tiens file moi mon ordinateur, dis-je en l'indiquant de la tête pendant que bébé buvait.

Blaine se leva et me l'apporta avant d'ouvrir le clapet de l'écran.

- Ha merde..., grommelai-je en voyant la demande de mot de passe.

Je dus faire une petite manœuvre avec bébé robot pour lui donner le biberon et taper le mot de passe en cachette. Je le fis avec délicatesse, histoire d'éviter de le secouer. Puis, j'appuyai sur Enter pour lancer l'ordinateur.

- Qui sont Alice et Paul? demanda alors Blaine me faisant écarquiller les yeux.

- T'as lu mon mot de passe? m'étonnai-je sidérée.

- Ta façon de bouger les doigts...

C'était bien cela mon mot de passe: "LyNn+AlIcE&PaUl-", chiant à taper mais efficace. Je le regardai littéralement outrée.

- Je m'en fous, je vais pas faire joujou avec, marmonna Blaine en feuilletant.

- Alice est ma mère, Paul est mon beau-père et son futur mari, avouai-je en regardant Blaine.

- Que ton père ne soit pas inclus dans le mot de passe en dit long sur votre relation, me fit Blaine avant de lire. Rhaa putain, ça enregistre le tabagisme passif... Font chier ! Haaa indétectable à plus de cinq mètres...

- Merci seigneur, je pourrais fumer à la fenêtre..., dis-je consternée. Et pour te répondre... Mon père et moi, c'est compliqué... C'est quoi le site?

- Educababy.com/loginbaby/scolaredition-56840107/familytree, me lut Blaine tranquillement.

- Bah vas-y, lit encore plus vite crétin, grognai-je.

- Désolé... On recommence...

Cette fois il le lut plus lentement - il avait intérêt pour sa gueule - et je pus noter. J'avais compris que chaque bébé possédait sa propre page, par sécurité sans doute.

- Il demande un code d'activation, dis-je en regardant l'écran.

- Je vais doucement A B 7 4 3 J 1 2, lut Blaine.

- Ha ben voilà, quand tu veux, dis-je en riant... Alors... Bla bla... Ha voilà... Faut lui trouver un nom, avouai-je alors.

- C'est un robot, grogna Blaine.

- Ils disent que c'est pour personnifier le bébé... On met quoi? Un truc drôle ou une vedette ? J'aime bien Miley Cyrus...

- Nora, conseilla Blaine.

Je le regardai attentivement et il semblait pensif. Je soupçonnais une vanne ou quelque chose d'autre.

- Une conquête ? demandai-je en écrivant.

- Ma mère, fit Blaine. Enfin... Si tu veux...

- Aucun soucis Blaine, je trouve ça joli, dis-je un peu gênée d'avoir jugé trop vite.

Je tapais les lettres attentivement, touchée par ce souhait de Blaine. Je me rendis alors compte que le bébé ne faisait plus de bruit de succion. Je lui enlevai le biberon immédiatement et je le mis en position pour son rot.

- Allez Nora... Un petit rototo, dis-je bêtement.

- Attention, ils sont programmés pour aussi parfois vomir..., me fit Blaine.

- Quoi? dis-je horrifiée. Merde c'est mon t-shirt préféré.

- T'inquiètes, le produit ne tache pas, c'est juste comme de l'eau, avoua Blaine.

- Ha bon, ça va, dis-je rassurée.

- Je vais la prendre pendant que tu tapes, dit-il en tendant les bras.

Et il prit ce bébé avec tant de précaution. Il devait avoir plusieurs personnalités en lui, ce n'était pas possible autrement.

- Tu ferais un sacré bon père, dis-je désireuse de le complimenter. Le jour où tu trouveras la bonne, elle sera au paradis comme mère.

- Mouais... Faudrait-il encore en faire, avoua Blaine.

- Blaine... Aujourd'hui, je te vois avec un autre visage, que j'apprécie d'ailleurs. Sérieux, calme...

- Tu comptes quitter Mister Perfection? demanda-t-il en riant. Tu te fais déjà tellement chier?

- Pourquoi tu fais toujours ça hein? m'énervai-je. Je suis gentille, je te dis ce que je pense et toi tu penses qu'à me faire chier...

- C'est tellement marrant..., fit-il en ricanant. Et pour information, je ne ferai pas d'enfants.

- Hein? T'en veux pas? T'es clairement doué pourtant...

- Je ne sais pas ce que je vais transmettre, précisa Blaine. Ou même si je peux.

- Les hybrides sont stériles ? m'étonnai-je en le regardant.

- Nous sommes plutôt rares, on fait pas de congrès Seattle, marmonna Blaine.

- Tu me gonfles, dis-je en prenant l'ordinateur sur mes genoux. Alors... Jours de gardes?

- Je m'en tape, avoua Blaine.

- Je te signale que tu bosses dans un garage...

- Je te signale que t'es censée te faire dépuceler par Mister Perfection, répliqua Blaine.

Je le regardai méchamment, grinçant nerveusement des dents.

- Je te hais... Alors tu bosses quand? dis-je sèchement.

- Mercredi, Vendredi soir, Samedi et parfois le Dimanche...

- Ho... J'aurais pas de weekend...

- Je prend le bébé les mercredi, samedi et dimanche, avoua Blaine.

- Je croyais que tu bossais? demandai-je consternée.

- Au cas où t'aurais pas remarqué, c'est ma tante, je bosserai les soirs et la nuit du reste de la semaine, avoua Blaine.

- T'es pas obligé...

- Et puis, j'ai pas besoin de mes weekends moi, avoua Blaine.

Je le regardai attentivement et je compris son propos. En me laissant les weekends, je pourrais voir Max. J'en fus touchée. Il y avait énormément d'information à noter, sur nos lieux de vie - en termes de surface principalement - d'équipements, de chauffage... Je compris que c'était forcément pour centraliser les informations.

- Ho tiens... Ils précisent de ne pas écouter de musique trop forte à côté du bébé, ses capteurs sont sensibles et cela pourrait enclencher plus de pleurs que pour un vrai, dis-je en voyant la section "environnement sonore".

Je relevai ma tête vers Blaine et je le vis s'allonger avant de déboutonner les pressions de son t-shirt.

- Je peux savoir ce que tu fous bordel de merde? demandai-je choquée.

- Te fais pas de films Seattle, il fait indiqué que cela fonctionne comme sur les vrais, le contact de la peau des parents rassure les nourrissons, avoua Blaine en me regardant.

Je le laissais faire, comprenant que je devrais sans doute faire de même plus tard. J'allais donc passer la première pour l'épreuve de la nuit. Je m'empressai alors de finir de remplir les fichiers avant de télécharger l'application. Blaine me déverrouilla son téléphone - me laissant découvrir un fond d'écran Dire Straits - et me laissa lui installer l'application. Je déposai le téléphone près de lui et je posai mon ordinateur sur mon bureau avant de le fixer avec un sourire bête.

- Tu aimes Jim Carroll? demandai-je enfin histoire de faire la conversation.

- Il a vu ce que c'était de prendre de la drogue, avoua Blaine.

- Et toi... T'en prends pourquoi ? demandai-je alors.

- Pour endormir le Wendigo, dit-il en réponse. Il y a du sorbier en plus dans ce que je prends...

- Et donc... C'est pour ça que tu planes? C'est pas un peu con? demandai-je alors. T'es moins alerte, cela pourrait empirer...

- Tu m'as vu à jeun au garage... Je suis incapable de me contrôler, précisa Blaine.

- Mais...

- C'est juste comme ça, ça marche, c'est tout, avoua Blaine.

Je soupirai alors de lassitude avant de m'installer juste à côté de lui. Je posai quand même ma main sous ma tête pour regarder et admirer Bébé Nora attentivement. Sa peau semblait si réelle, ses mouvements restant néanmoins plus robotiques sans doute était-il impossible d'arriver à un résultat parfait. Avec Blaine, nous nous mîmes à discuter de tout et de rien, surtout de littérature en fait. Au bout d'un moment, il fut évident que le petit robot s'était comme qui dirait endormi, le bruit de la respiration - robotique forcément - indiqua un bébé endormi. Je fixai alors Blaine en silence, légèrement attendrie de la scène. J'espérais franchement que Max s'en sortait aussi bien avec son propre bébé. Blaine me regarda alors en silence mais droit dans les yeux. Il avait une étonnante image à cet instant là, celle d'un futur bon père.

- T'es toute attendrie, fit-il doucement.

- C'est une belle image, dis-je en rougissant.

- Max a de la chance, fit simplement Blaine.

- Quoi? m'étonnai-je alors quand soudain, la porte s'ouvrit.

Je le redressai immédiatement, surprise d'être dérangée. Mon père était là, dans la pièce et fixait sa fille avec un garçon dans son lit.

- Je croyais que je pouvais me fier à toi Max! lança mon père.

- Ha, erreur sur la personne, fit Blaine après s'être redressé.

- Muldoon? fit mon père choqué. Kerrelynn !!! C'est quoi cette histoire ? Qu'est-ce qu'il fout ici? Dans ta chambre en plus et sur ton lit de surcroît !!!!

- Papa c'est pas ce que tu crois, dis-je en me levant de mon lit. C'est..., continuai je avant d'entendre les pleurs électroniques du bébé.

- Ce type a un enfant ? s'étonna mon père. Et Max?

- Papa, c'est un robot... C'est un devoir pour l'école, et Blaine est mon binôme...

- Muldoon sors immédiatement de la chambre de ma fille!!! s'énerva mon père.

- Et ben... Tiens, fit-il en me donnant le bébé avant de sortir.

- J'avais bien reconnu sa voiture à ce...

- Papa! Arrête ok!!!! Il s'est bien tenu! dis-je alors. Et on est un peu amis... On va devoir bosser ensemble c'est tout!!! Blaine attend!!! dis-je alors en descendant.

Blaine s'était interrompu devant la porte de la maison et je pus le rejoindre immédiatement.

- Je vais lui expliquer attends, dis-je rapidement.

- Je m'en branle Seattle, avoua Blaine. J'ai l'habitude.

- Mais..., dis-je énervée. Papa! Viens t'excuser!

Mon père descendit les marches et me regarda fixement.

- Blaine m'a juste aidée pour la mise en route du bébé, nous avons dû décider des gardes, apprendre à s'en servir... Il n'a pas essayé de profiter de la situation et ne m'a rien fait d'autre, dis-je énervée. Tu n'avais pas à le jeter dehors comme un malpropre même si il était dans ma chambre...

- Je... Désolé, c'est le boulot... Je me suis mépris mais je ne veux plus te voir dans la chambre de ma fille, c'est clair ? demanda mon père.

- Vous savez que votre fille finira bien par se retrouver seule avec moi? le provoqua Blaine.

- Blaine, ta gueule ! dis-je énervée. T'es pas obligé d'en rajouter.

- Touche à ma fille et je te jure que personne ne pourra t'identifier, le menaça mon père.

- Vous croyez qu'elle refuserait? J'en ai convaincue des plus timides..., ajouta Blaine.

- STOP !!!! HO!!!! C'est fini le concours de celui qui pisse le plus loin? m'énervai-je alors. Toi t'arrêtes de provoquer tout le monde, dis-je pour Blaine avant de me retourner vers mon père. Et toi tu es prié d'être poli avec un ami de ta fille.

- Un ami? s'étonna mon père.

- C'est compliqué ok? dis-je simplement. Maintenant tu t'excuses, tu lui serres la main et toi Blaine, tu te tais.

Mon père s'exécuta de mauvaise grâce mais le fit tout de même. Blaine lui serra en réponse et j'avais fixé attentivement leurs mains pour vérifier ce qu'ils faisaient.

- Bien, je raccompagne Blaine et on discute ok? dis-je pour mon père.

- Tu reviens tout de suite, dit alors mon père.

- Oui! dis-je lassée. Blaine... Merci, dis-je en ouvrant la porte.

Nous sortîmes alors de la maison et je l'accompagnai jusque la voiture en tenant le bébé robot qui la ferma enfin. Je soupirai de lassitude.

- Blaine, je suis désolée ok ? dis-je calmement. Mais...

- J'ai l'habitude, dit-il simplement.

- Tu devrais être comme aujourd'hui plus souvent..., marmonnai-je.

- Quoi? Un type normal? Je ne suis pas normal ! dit-il alors visiblement énervé.

- Mais si...

- Comment on peut être aussi cruche putain? Elle craque sur l'autre con d'accord mais..., fit-il en frottant son visage avec sa main droite.

- Hey ho! Je te permets pas!!! dis-je énervée. Blaine? Blaine? appelai-je en le voyant fixer sa main.

- Ton père bosse sur quoi ? demanda Blaine sans hésitation.

- Des attaques d'ours ou des blagues d'étudiants, il ne sait pas encore... Pourquoi ? demandai-je en voyant sa mine effarée.

- Ce... Ce n'est ni l'un, ni l'autre..., fit calmement Blaine.

- Et c'est..., dis-je avant de voir ses yeux briller. Des Wendigos ?

- Oui... Qui ne sont pas d'ici..., avoua Blaine. Je dois prévenir Kyle... Rentre chez toi et ne laisse personne que tu ne connais pas t'approcher.

- T'exagère pas là... C'est dans la forêt, dis-je choquée.

- Oui, et toi t'as l'odeur de Max je te signale, dit alors Blaine lassé. Déjà que c'est limite supportable... Alors pour eux tu seras une cible.

- Hein? dis-je choquée.

- On leur rappelera les lois, fit Blaine. Ha au fait... T'as une arme?

- Papa oui... Mais pourquoi ?

- Si tu vois une Jeanette toute mignonne avec des couettes tu flingues, assura Blaine en ouvrant la portière.

- Ça pourrait être une Wendigo ? dis-je choquée.

- Non, mais j'aime pas les Jeanette, lança Blaine. J'y vais.

- Crétin !

Son trait d'humour avait eu le mérite de redescendre mon stress immédiatement, avant qu'il ne remonte. Je le regardai partir en observant la voiture, je n'étais pas si effrayée, ils ne s'étaient jamais éloignés de la forêt alors... Peu de chances que cela arrive. D'un coup, bébé Nora se mit à chialer, se rappelant à moi par la même occasion.

- Rhaa saleté de bout de plastique..., dis-je en la berçant. En tout cas... Ton père est un mec franchement dérangé... Mais... Il est assez cool, quand il veut faire l'effort... Et avec toi aussi... Ho putain j'espère que tu n'enregistres rien, sinon c'est la merde et franchement, on a pas besoin de ça !!!


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