Zoomorphic - Wolves & Wendigos

Chapitre 8 : VIII

10066 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 08/07/2023 17:04

Mes nuits étaient devenues bien courtes. Bien entendu, ce cher bébé en plastique qui pleurait toutes les cinq minutes - j'exagère à peine - n'y était peut-être pas totalement étranger mais ce n'était pas ce qui hantait mes nuits. C'était en réalité Blaine. Pas lui proprement dit - je ne suis pas folle - mais son propos concernant une meute de Wendigos. Cela avait mené lentement mais sûrement à mon anniversaire. Cette journée là avait été très sympathique. Avec toute la bande, hormis le caractériel du coin - que j'avais quand même invité par politesse - nous sommes allés voir un bon gros films d'action à gros budget, le retour d'un des plus célèbres des espions. Journée sympa, snacking tout aussi amusant, une bonne journée en somme. J'avais quand même été gâtée. Papa m'avait simplement donné un chèque assez impressionnant, me disant qu'il préférait que j'achète ce que je veux plutôt que de faire une erreur. J'avais eu quelques autres cadeaux sympas également mais le cadeau de Max me plut particulièrement. En effet, Max avait choisi un livre sur la boxe, une sorte d'almanach qui retraçait non seulement l'histoire de la boxe mais également relatait les plus beaux combats de l'histoire de ce sport - quand je dis que mon petit ami était génial. Mais en fait, autre chose m'attendait. Max me l'avait annoncé le jour de mon anniversaire : ses parents voulaient me convier à un de leurs weekends de recentrage - en clair, un weekend de chasse où ils laissaient leur nature réelle s'exprimer. Je n'avais même pas eu à insister auprès de Papa pour y aller, il avait dit oui immédiatement. Et donc, ce vendredi soir, je préparais mes valises sous les pleurs du robot.

- Mais qu'est-ce que t'es chiante!!! marmonnai-je en préparant sa dose de faux biberon.

Je pris le bébé pour lui donner en la berçant. Blaine serait présent au weekend, histoire que les Lexington le surveille, et il avait promis de s'en occuper. J'en pouvais plus.

- Et ben, marmonna mon père qui arriva à l'entrée de ma chambre.

- Ouais désolée, à chaque fois elle t'empêche de dormir, dis-je rappelant les nuits quasiment blanches que nous avions passées.

- Les bébés pleurent, fit-il en venant s'asseoir près de moi et regardant ma valise.

- Merci Papa, je n'étais pas au courant, dis-je en grimaçant.

- Tu as pris suffisamment de pull quand même, dit-il en voyant les quatre pulls dans mon sac.

- Madame Lexington m'a dit que nous allions randonner, mentis je à moitié. Je préfère ne pas transpirer comme pas permis.

- Je peux te poser une question ? demanda mon père gêné.

- Vu ta gêne... Je crois cerner...

- Tu vas dormir avec Max? demanda mon père.

- Papa... Je n'ai pas demandé et puis même, ce n'est pas parce que nous dormons ensemble que forcément il se passera quelque chose..., marmonnai-je en retirant le biberon pour pousser le robot à faire son rot.

- Mais au cas où... N'oublie pas de te protéger, me fit mon père.

- Papa... Je vis un cauchemar là... Je crois que le but c'est de nous dégoûter de la parentalité..., grommelai-je en le fixant méchamment.

- Tant mieux ! fit-il en me poussant à regarder au ciel.

- Ha ha... Tiens prends ta petite fille, dis-je en riant. Je finis ma valise.

- Euh... Ok..., fit-il en tendant les bras.

- Prends la comme un vrai bébé, assurai-je amusée avant de sélectionner des bottes. Dis... Tu sais où est le chalet des Lexington toi?

- Oui, il est très à l'écart, dit alors mon père en berçant bébé Nora. Vous serez assez tranquille.

- C'était pas le but de la question, soupirai-je. C'est praticable au moins? Ou je dois vraiment mettre des bottes de montagne ?

- Non ça reste dense mais on peut même marcher en baskets, avoua mon père.

- Cool... Au fait, je n'ai encore rien acheté avec ton chèque, précisai-je.

- C'est ton argent maintenant, avoua mon père pendant que je fermais la valise.

- Bon... Je suis prête, dis-je en prenant mon téléphone. Je mets un message à Max.

- Muldoon sera là aussi? demanda soudainement mon père.

- Papa... Bien sûr et il a intérêt ce crétin, il doit la garder pour que je sois tranquille...

- Ha...

- Tu ne le connais pas vraiment, dis-je en regardant mon père fixement. Il a énormément de défauts mais il peut être sympa, rarement mais ça arrive...

- Tu n'as pas...

- Non je n'ai pas peur, dis-je consternée. C'est plus compliqué que ces rumeurs à la con...

- Il a fait de la maison de correction, répliqua immédiatement mon père.

- Oui mais... Ho et puis merde! Pense ce que tu veux... Les Lexington seront tous là de toute manière. Alors franchement, je ne risque rien.

- Bon bon... Si tu le crois digne de confiance, marmonna mon père.

Autant le dire, mon regard envers mon père était assez courroucé. Ces fichues rumeurs nuisaient grandement à la réputation de Blaine - en plus de son comportement habituel - et je me demandais comment il faisait pour vivre avec. Je dois aussi reconnaître que j'avais une petite idée de la réponse : il n'en avait sans doute absolument rien à foutre. Je récupérai Nora et je saisis ma valise avant de descendre l'escalier.

- Tu ne veux pas un coup de main? demanda mon père derrière moi.

- Les mères y arrivent bien non? dis-je bêtement en évitant un déséquilibre malvenu. Je ne suis pas plus stupide...

Enfin, je réussis à arriver au rez-de-chaussée complètement indemne, tout comme le bébé. Je me demandais quand même vachement souvent si les autres s'en sortaient mieux que moi.

- Tu peux m'envoyer un message à tout moment si cela se passe mal et que tu veux rentrer, assura mon père.

- Ça ira, dis-je honnêtement.

- Être avec ses beaux-parents, ce n'est pas toujours idéal, certains sont franchement mesquins, dit-il simplement.

- Les Lexington sont très gentils tu sais ? annonçai-je en réponse.

- Je sais très bien, assura mon père. Mais tu es avec leur fils, c'est différent.

- Bah, dis-je en haussant les épaules.

J'entendis Max qui se garait et j'embrassai immédiatement mon père sur la joue.

- On se voit dimanche soir Papa, dis-je en souriant. Mange équilibré !

- Je vais essayer, fit mon père en riant. Amuse toi bien.

- Je t'aime !!! Au revoir Papy! dis-je en riant en montrant le robot.

Ça, c'était peut-être le seul côté marrant de ce robot, il me permettait de m'amuser - on prend ce qu'on peut avoir. Cependant, cette petite mesquinerie ne compensait pas la fatigue occasionnée. Je souris en voyant Max approcher de moi dès qu'il me vit pour m'embrasser.

- Coucou, dit-il en me souriant.

- Rebonjour, dis-je en riant. On s'est quittés il y a trois heures à peine.

- J'étais impatient, avoua mon petit ami en me faisant craquer. Je prends ta valise.

Je le laissai faire sans la moindre hésitation car cela m'arrangeait bien de ne porter que le bébé. Après avoir installé ma valise, Max m'aida à monter dans le pick-up et à m'attacher sans que je ne lâche le robot. J'attendis un peu qu'il fasse le tour et je l'ai alors interrogé.

- Le tien est chez toi ? demandai-je alors.

- Non c'est David qui le garde ce weekend, je lui ai promis de rendre la pareille dès qu'il en aurait besoin.

David, c'était le binôme désigné de Max. Cela m'avait rassuré que ce soit un garçon même si je ne doutais pas de la confiance que je pouvais placer en Max. Mais surtout, je ne pouvais pas critiquer, j'étais bien en binôme avec un garçon.

- Blaine s'en occupera, avouai-je alors. Il l'a promis en tout cas.

- Il me l'a confirmé, avoua Max.

- Il t'a répondu ? m'étonnai-je.

- Techniquement il m'a dit: "Arrête de me les briser, tu pourras profiter de Seattle", précisa Max.

- Ha là j'y crois un peu plus, dis-je en riant.

- Je ne comptais pas en profiter, avoua immédiatement Max.

- Max, si je ne suis pas à l'aise je le dirai, avouai-je. Ok?

- D'accord..., marmonna Max gêné.

À cet instant là, j'aurais clairement aimé que Max prenne un peu plus confiance en lui. Nous stagnions un peu trop à mes yeux - je voulais des trucs un peu plus intimes quoi, pas le package complet mais quand même.

- Ma famille est très heureuse de te compter parmis nous, précisa Max.

- J'ai peur de faire une bêtise si vous faites des trucs de loups, avouai-je.

- Ne t'inquiètes pas, on agira aussi normalement que possible, avoua Max en se dirigeant dans la forêt.

- Wahou c'est de plus en plus touffu dans le coin, dis-je en voyant les arbres.

- Nous pouvons courir dans la forêt sous l'apparence que tu as vue sans soucis, me précisa Max.

- Ça va me faire bizarre de tous vous voir comme ça... À part ton petit frère, dis-je alors.

- Il restera à côté de toi sans doute, précisa Max en riant. Normalement tu dois commencer à voir notre châlet.

Étant donné l'information acquise, je me mis à le chercher du regard et en effet, petit à petit en fait, je commençais à discerner un assez grand chalet, plus que ceux devant lesquels nous étions passés. Constitués comme les autres de très gros rondins de bois, il avait un air plutôt rustique que j'aimais beaucoup. Je pouvais également voir à travers tous les arbres qu'il y avait plusieurs voitures, trois précisément dont une mauve. Nous étions donc les derniers arrivés. Max se gara à côté d'un autre gros pickup noir à gauche et une voiture de ville, style berline, grise à sa droite.

- La berline est jolie, dis-je en descendant et tenant le bébé en plastique pendant que Max attrapait ma valise.

- Oui, c'est à Debbie, elle préfère, avoua Max en vérifiant ses pneus au cas où.

Je me mis à marcher vers le perron, la neige craquant sous mes pieds - enfer gelé de l'Alaska. Sur celui-ci, Blaine fumait tranquillement.

- Tiens tu vas pouvoir prendre ta fille! dis-je en approchant rapidement.

- Je fume là..., dit-il pour se défendre.

- Plus maintenant, dis-je en attrapant sa cigarette et lui filant Nora. Rhaaaaa ça fait du bien, dis-je après une bouffée.

Cela fit sourire Blaine qui tenait parfaitement le robot. Max à ma droite me regarda avec étonnement.

- Tu sais bien que je fume, dis-je en voyant sa tête bizarre.

- Oui je sais, concéda Max. Tu fumes après lui?

- Bah il a pas la gale... Les fumeurs ont tendance à pas se gêner, dis-je consternée.

Je m'approchai quand même de lui pour lui poser un petit baiser sur les lèvres. Si c'était un petit soupçon de jalousie, j'appréciai - même si c'était complètement con.

- Tout le monde est là ? demanda Max à son cousin.

- Ton petit frère a décidé de venir à pieds, fit alors Blaine mesquin. T'en as d'autres des questions débiles ?

- Blaine! Ne commence pas, marmonnai-je en réprimant un sourire.

- Ce weekend me fait déjà chier, grommela Blaine en rentrant.

Je m'empressai de finir la cigarette et je suivis le mouvement. L'intérieur semblait sorti d'un téléfilm tant il était magnifique. Je tapais mes pieds sur le paillasson avant d'enlever ma veste que Max installa avec les autres. Je le suivis, lui et ma valise, vers la grande salle à manger. Sa famille était là, tout sourire. Je les saluai rapidement avant de remarquer leurs têtes particulières.

- Y-a-t-il un soucis? demandai-je soudainement inquiète.

- Non, avoua Kyle. Mais Max nous a dit que tu venais d'avoir dix-sept ans alors... Nous avons décidé de marquer le coup.

Je les regardai avec étonnement quand ils se décalèrent de la grande table, dévoilant plein de cadeaux.

- Mais...

- Bon anniversaire ! me fit Debbie avant de me serrer dans ses bras.

- C'est gentil mais... Il ne fallait pas..., dis-je sidérée de la quantité.

- Ça nous fait plaisir, assura la mère de Max. Allez profite.

Bon ben, c'était demandé si gentiment - et puis surtout c'était là. Je pus déballer plein de choses même si j'avais donné priorité à Ben. En effet, le petit garçon m'avait fait plein de dessins qui allaient orner les murs de ma chambre. De Debbie, je reçus des vêtements chauds et je lui en fus énormément reconnaissante, surtout du gros manteau et des grosses bottes. Il y avait des écharpes, des gants, des parents de Max ou de lui - alors qu'il m'avait déjà offert des cadeaux.

- Ça c'est ma petite idée à moi, fit la mère de Max en me donnant un cadeau.

Je pris une boîte assez lourde et que je dus d'ailleurs poser sur la table pour l'ouvrir. J'enlevai précautionneusement le couvercle et je regardai l'intérieur avec des yeux ronds. Il y avait là deux gants de boxe noirs absolument sublimes.

- Ce sont des gants homologués pour la compétition, selon le vendeur, ils sont capables de protéger les poings cinq fois mieux que les gants de la génération précédente... J'avoue que je n'en suis pas sûre, marmonna Tanya.

- C'est le cas, dis-je en tendant un gant à Max. Tiens ça le temps que je défasse le lacet.

Naturellement, le second subit également le même sort et en quelques minutes ils étaient enfilés. Je reculai de trois pas et je fis un peu de shadow boxing rapide. Non seulement ils semblaient me protéger parfaitement mais en plus, ils étaient d'une légèreté incroyable.

- Y en a qui va se faire défoncer la tête, fit Blaine en riant.

- Garde tes commentaires, lança Kyle.

- Je ne frappe pas Max, dis-je consternée. Mais la prochaine qui va me croiser sur un ring, je vais lui faire bouffer le tapis!!! Merci Tanya!

- De rien ma belle, dit alors la mère de Max.

Je vis Blaine s'éloigner avec le bébé car il s'était mis à chouiner - encore et toujours, il devait avoir un défaut - et aller sur la terrasse de l'autre côté pour s'éloigner.

- Ça c'est mon idée personnelle, me fit Kyle en me tendant une enveloppe.

Je l'ouvris doucement et là, je fis un bond digne de toute modeuse découvrant des Louboutin - en bref comme une fille complètement fissurée. Pour moi, nul besoin de chaussures à talons pour faire cet effet là, moi c'était pour des billets pour un match de boxe pour le titre de champion du monde poids lourds à Anchorage qui aurait lieu deux mois plus tard.

- Naturellement, je te prendrai également tes deux billets d'avion, assura Kyle. Tu peux emmener ton père ou Max, ou qui tu veux d'ailleurs.

- Kyle... C'est génial, mais je ne peux pas accepter, dis-je mal à l'aise.

- Pourquoi ? s'étonna Kyle.

- Ça coûte une fortune et les billets d'avions aussi..., répondis-je mal à l'aise.

- Je connais du monde, précisa Kyle. Et puis on a des miles, ne t'inquiètes pas. Profite juste de ton anniversaire et de ton cadeau.

- Je...

- Cela ne nous pose aucun soucis ma grande, assura Tanya.

- Si c'est moi que tu emmènes, faudra m'expliquer les règles, assura Debbie.

- Je pense qu'elle ira sans doute avec son père, précisa Max.

- Merci, j'avais deviné, marmonna Debbie.

- Vous me gâtez beaucoup trop, je suis vraiment très gênée, ajoutai-je quand même. Je ne mérite pas tout ça...

- Tu es capable d'accepter ce que nous sommes, assura Max. Laisse nous te remercier pour cela.

- Oui, mais c'est parceque..., dis-je en le regardant et gênée de dire ce que je ressentais.

J'avais alors préféré le remercier par un petit baiser. Cette famille était vraiment très gentille avec moi, trop même mais j'étais aux anges - qui ne le serait pas dans mon cas? Tout à coup, Ben tira sur mon pull pour attirer mon attention.

- Oui? dis-je en regardant le garçon avec un sourire.

- Il reste un cadeau! fit-il en montrant une petite boîte paumée au milieu des emballages.

- Ho pardon, je m'excuse, dis-je en regardant tout le monde. J'étais survoltée par les billets...

J'eus un moment d'hésitation quand je les vis fixer le cadeau avec étonnement. Je commençai à me demander qui avait acheté ce cadeau quand je le pris.

- C'est toi? C'est trop, dis-je à Max.

- Je plaide non coupable, avoua ce dernier.

Je me mis alors à déballer le cadeau et là, je découvris un zippo métallique arborant la même gravure que celui de Blaine. C'était obligatoirement lui.

- Blaine a fait un cadeau ? s'étonna Ben.

- Y a même une carte, avoua Max.

Je la pris et je regardai l'intérieur de la boite, qui contenait donc en plus du briquet, une petite gourde métallique - essence à briquet sans doute - ainsi qu'une autre boîte carrée - mèches et pierre en silex évidemment. Je lus alors la carte et je souris : "Tu arrêteras de me piquer le mien Seattle".

- Blaine..., dis-je en regardant la carte puis la porte vitrée.

- Comme quoi, il pourra toujours nous étonner, assura Kyle.

- Je vais aller le remercier, je reviens, dis-je alors.

Je traversai immédiatement le châlet, son cadeau en main, pour passer la porte vitrée. Blaine faisait les cent pas avec bébé Nora et je souris.

- Tu n'étais pas obligé tu sais ? demandai-je poliment. Mais merci, j'adore.

- Je dois t'expliquer comment le remplir ? demanda Blaine.

- Ouais, j'utilise que des briquets de base, dis-je en posant la boîte. La gravure de Wendigo, c'est pour me rappeler que c'est ton cadeau ?

- Pour te rappeler qu'il n'y a pas que des Thériens gentils, précisa Blaine.

- Je connais un Wendigo sympa, avouai-je en le regardant.

Blaine me fixa attentivement et je le gratifiai d'un clin d'œil. Pour une fois qu'il faisait un effort, je pouvais en faire un également.

- Alors, tu ouvres le clapet et tu tires sur le socle, me précisa Blaine.

- Comme ça ? demandai-je en le faisant. Ha ouais, c'est un boîtier en fait...

- T'avais jamais ouvert un Zippo ? s'étonna Blaine.

- Bah tu vois pas les Zippo ouverts dans les films... Je suppose que je dois dévisser ce machin ?

- Voilà, penche le quand-même, me rappela Blaine.

- Vas-y prends moi pour une nouille, le papa poule ! dis-je en riant.

Je penchai alors le Zippo avant d'ouvrir le petit bidon et de le vider dedans.

- Ça se remplit en combien de temps ? demandai-je méfiante.

- Tu sentiras l'odeur, t'inquiètes pas, marmonna Blaine.

Et effectivement, je réalisai aisément qu'il était rempli. Je refermai le bouchon et je remboitai le tout avant de le retourner. Je l'agitai alors un peu et je fit glisser la roulette, une flamme sortant pour m'indiquer que ça marchait bien.

- Merci du cadeau... T'as pas une clope pour l'inauguration? demandai-je avec un sourire en coin.

- J'aurais aussi dû t'acheter des clopes..., marmonna Blaine en s'approchant. Poche de gauche... Ma gauche.

- J'ai laissé mes clopes dans ma valise, fais pas chier, dis-je en regardant le jean de Blaine avant de hausser les épaules.

Je glissai ma main dans sa poche, attrapant un paquet et m'allumant directement une cigarette. Je vis Blaine regarder par la baie vitrée et mon regard suivit le sien. Kyle nous regardait au loin alors que les autres s'occupaient. Je le vis discuter avec Kyle en nous fixant.

- Blaine... Kyle... Tu l'entends ? demandai-je alors en fixant ce dernier.

- Non, triple vitrage... Pourquoi ? demanda Blaine en me regardant.

- Je sais pas... Une drôle d'impression..., marmonnai-je énervée.

- Tu crois qu'il te prend une cochonne qui se tape deux mecs de la même famille ? proposa Blaine en riant.

- Ravie de savoir que l'idée que je puisse passer pour une salope te fait marrer, dis-je en soufflant ma fumée.

- Je crois qu'ils se méfient principalement de moi, précisa Blaine. Mister Perfection a peur que je ne puisse te séduire.

- T'es vraiment un con...

- Ou que tu ne me tailles une pipe pour me remercier du cadeau, ajouta Blaine en riant.

- T'es un vraiment un gros con, dis-je en écrasant ma cigarette. Tu crois que c'est marrant? Comment tu peux être sympa un instant et redevenir un gros naze l'instant d'après ?

- Madame est susceptible, grogna Blaine.

Il m'avait gonflée alors, je retournai à l'intérieur en profitant de la chaleur.

- Brrrr, qu'est-ce qu'il fait froid..., marmonnai-je en tapant sur mes jambes.

- J'aurais dû te proposer un plaid, avoua Tanya. L'habitude...

- Ce n'est pas grave, je dois y penser la prochaine fois..., marmonnai-je alors.

- Et maintenant la question qui fâche, lança Kyle pendant que Blaine rentrait me redonnant froid.

- Et c'est quoi la question qui fâche ? demandai-je en regardant méchamment Blaine.

- Il s'avère que cette maison n'a que quatre chambres, précisa Tanya. Moi et mon mari en occupons une, Blaine également et Max et Debbie chacun la leur.

- Et Ben ? demandai-je surprise.

- Ça dépend de toi, me lança Debbie.

- Quoi? demandai-je bêtement.

- En bref, ils te demandent où tu dors, lança Blaine.

- Euh je...

- Tu as donc deux possibilités, fit alors Kyle.

- Tu dors avec Max, lança alors Tanya en me surprenant. Ou alors avec Debbie.

- Techniquement il y aussi ma chambre, lança un Blaine mesquin.

- Blaine! s'énerva Kyle. On ne t'a pas sonné !

- Je propose moi... Baraque de merde, fit Blaine en s'éloignant dans sa chambre.

Moi, j'étais perdue dans mes pensées et ma réflexion. J'avais bien envie d'essayer de dormir avec Max mais je n'étais pas encore prête si cela devait aller plus loin. Et puis, j'avais l'impression que je donnerai une mauvaise image de moi.

- Je... Je pense que je vais dormir avec Debbie, dis-je en regardant Max gênée. C'est pas que je n'ai pas confiance mais... Je crois que c'est encore trop tôt.

- Pas de problème, me fit Max. Je veux que tu sois à l'aise. Je dormirai avec Ben.

- Youpiiiiiii!!! fit le garçon en fonçant avec un sac à dos vers une chambre.

- Je ne ferai pas la même chose, me lança Debbie en riant. Viens.

Je suivis donc la grande sœur de Max dans sa chambre. Elle était assez grande pour deux, le lit également. Je posai ma valise dans un coin et je me retournai.

- Tu dors de quel côté du lit? demandai-je. Je n'ai jamais dormi avec personne alors...

- Moi je dors toujours à droite, chez moi c'est plus proche des toilettes, lança Debbie en riant. C'est con mais je m'y suis habituée.

- Donc chez ton mec tu dors aussi à droite ? demandai-je amusée.

- Oui, et pourtant c'est plus loin! fit-elle en riant.

- Il travaille à la scierie ? demandai-je en ouvrant ma valise pour prendre possession d'un meuble.

- Non, il travaille sur un bateau de pêche, il fait des sorties de trois jours d'affilée en général, précisa Debbie en m'aidant.

- C'est euh...

- Un loup? Oui, fit Debbie en me souriant. Je comprends la question.

- Je ne voulais pas être désobligeante... C'est juste que..., dis-je avant que mon téléphone ne sonne et que je ne décroche pour découvrir mon interlocutrice en visio. Maman?

- Coucou mon cœur... Il est bien dix-neuf heures ? Je ne me suis pas trompée avec le décalage?

- Non, c'est la bonne heure, dis-je en riant. Je suis bien arrivée au châlet.

- Tu te tiens bien, tu es polie et respectueuse, m'ordonna ma mère.

- Je n'ai plus quatre ans...

- Je sais... Ton petit ami est là ? demanda ma mère méfiante.

- Bonsoir Madame! fit alors Debbie en arrivant derrière moi. Je suis Debbie, la grande sœur de Max. Soyez rassurée, votre fille dort avec moi.

- Ho je ne jugeai pas... Enchantée de te connaître Debbie, fit ma mère.

- Moi de même. On surveille ! assura Debbie en riant.

- Mais t'arrêtes oui? dis-je en riant. Maman... Les Lexington m'ont gâtée.

Ma mère eut alors la description de tous mes cadeaux. Elle était surprise, amusée et consternée.

- C'est une sacrée famille... Trois frères pour Debbie, dit alors ma mère.

- Blaine est son cousin en fait... C'est compliqué.

- C'est celui au briquet ? Le seul qui n'a pas pensé à la boxe, fit-elle en riant. Salue les de ma part, je dois aller bosser.

- Embrasse Paul, bisous Maman!!!! Je t'aime ! dis-je avant de raccrocher.

Je me retournai légèrement gênée, Debbie souriant en me regardant.

- Elle me manque, dis-je toute penaude.

- Quand je pars avec des amies je téléphone à la mienne trois ou quatre fois par jour... Je ne dirai rien, dit-elle en souriant.

Je pus continuer de ranger mes affaires, tout en faisant en sorte que Debbie ne découvre pas ma collection de strings. J'avais posé mon pantalon de nuit tout fin et un débardeur pour après le repas.

- Lynn...

- Oui? dis-je étonnée en regardant Debbie.

- Euh... Je ne veux pas te vexer mais... Tout est clair avec Blaine ? demanda-t-elle.

- Je te demande pardon? dis-je complètement choquée.

- Non, je ne veux pas dire que tu n'es pas correcte..., fit-elle en comprenant ma surprise. Mais lui, il est correct?

- Oui... Pourquoi tout le monde pense que Blaine est un connard? demandai-je. Il ne va pas me sauter dessus.

- Il a déjà couché avec une de mes amies qui dormait à la maison..., marmonna Debbie. Elle voulait, s'empressa-t-elle d'ajouter.

- Écoute... Il les force pas que je sache... Donc pourquoi il le ferait avec moi? C'est avec Max que je sors.

- Je demande c'est tout, dit-elle gênée.

- Oui... Mais pourquoi ? demandai-je alors.

- On n'est pas habitué à le voir sourire aux gens, assura Debbie. Même à nous...

Je regardai alors Debbie avec stupéfaction. Blaine était donc gentil avec une seule personne ? J'en doutais un peu. Il l'était avec Alma et Sara et même avec Gisèle. C'était donc envers eux qu'il avait un soucis.

- Je...

- Les filles, annonça Max qui passait la tête. On va manger.

- On arrive, fit Debbie avant de vérifier le départ de son frère. Lynn, méfie toi de Blaine quand même. Si il peut faire du mal à Max, il le fera.

- Je ne suis pas une écervelée qui craque si un bad boy s'intéresse à elle, marmonnai-je.

- Je parlais en général, précisa Debbie. Allez viens...

Le repas avait été assez simple, des pâtes à la carbonara. Le repas s'était fait dans le calme, Blaine préférant rester dans sa chambre avec le bébé. J'avais apprécié la soirée mais elle fur cependant assez courte. En effet, Kyle, son épouse et leur fille avaient eu une longue semaine et le sommeil les tenaillait. De même, Max se coucha tôt pour éviter de réveiller son petit frère, non sans me promettre de passer plus de temps ensemble le lendemain. Lavée et changée en dernière, j'eus l'immense surprise de trouver une Debbie déjà endormie dans le lit à vingt-deux heures à peine. Je n'avais cependant pas sommeil alors je pris mon téléphone et je lus le livre pour le cours de Madame Armell. Je réalisai que Debbie dormait profondément car elle ne bougea pas d'un millimètre quand j'eusse éternué.

- J'arrive pas à m'endormir, marmonnai-je pour moi-même. Je lis, je lis mais en vain...

Je tournai alors la tête vers ma voisine complètement soumise à un sommeil de plomb - la veinarde. C'était peut-être naturel pour les Thériens ou alors était-elle simplement épuisée de sa semaine de travail. En tout cas j'en étais assez jalouse. J'entendis alors au loin une porte, me confirmant que je n'étais pas la seule à ne pas dormir. J'essayais de savoir qui cela pouvait être - si c'était Max j'aurais pu le rejoindre pour un câlin au salon - alors j'écoutais attentivement. Il y eut un chouinement et je compris que c'était Blaine avec le robot. Connaissant le dossier, il devait aller se fumer une clope.

- Ho et puis merde, dis-je tout bas en balançant mes jambes en dehors du lit.

J'attrapai des chaussons - ainsi que mes clopes - et je me dirigeai vers la porte de la chambre en pantalon de pyjama et débardeur. Je parcourus alors le couloir et j'arrivai rapidement dans la salle à manger faiblement éclairée. Depuis la baie vitrée, je vis une forme sur la terrasse. J'attrapai quand même une couverture sur le canapé pour la placer sur mes épaules et j'ouvris alors la porte fenêtre, glissant ainsi à l'extérieur. Je vis alors plus distinctement Blaine, uniquement vêtu d'un jean. Veinard qu'il était, il pouvait être pieds nus et torse nu sans se soucier du froid. J'entendis le robot pleurer et j'eus envie de hurler.

- Blaine! appelai-je alors. T'es malade?

- Non, pourquoi ? fit-il en se retournant.

Il me dévoila alors son torse nu et je vis qu'il avait placé le robot contre son torse. Avec la chaleur des Thériens, le robot ne pouvait sans doute pas enregistrer la déperdition de chaleur.

- Ha ouais... J'avais omis ce détail, dis-je en m'enveloppant dans la couverture. Brrr...

- Tu ne dors pas? Trop envie de rejoindre Mister Perfection ? demanda-t-il en riant.

- Non j'avais envie de t'adresser ceci, dis-je en faisant un doigt d'honneur. La prochaine fois je prends ma veste...

- Je te proposerai bien de rejoindre le robot, mais ce serait trop compliqué pour toi de résister, fit Blaine en s'approchant de moi.

- Franchement tordant, grognai-je frigorifiée que j'étais.

Je vérifiai tout de même la fausse peau du bébé et elle était chaude. Blaine me regarda et je posai alors le dos de ma main juste à côté de la tête du bébé, sur son torse.

- Bon dieu, c'est brûlant, dis-je consternée.

- Avec moi c'est toujours chaud, lança Blaine mesquin. Évite d'en profiter, ils pourraient croire que j'essaie de te violer, fit-il en s'allumant une clope.

Je le regardai alors Totalement choquée de son propos. Comment pouvait-il oser dire cela?

- Quoi ? fit-il interpellé par ma tête. Tu vas me dire que ça ne te plairait pas de voir Max jaloux?

- Si..., concédai-je quand même avant de continuer. Comment tu peux déconner avec le viol ?

- Ça s'appelle l'humour, dit-il simplement.

- Oui mais tu as des origines... Tu..., dis-je complètement gênée avant de me figer.

Blaine me regardait assez bizarrement, plissant les yeux pour m'observer.

- Ho je vois..., fit-il en s'appuyant sur la rembarde près de moi.

- Tu vois quoi? demandai-je bêtement.

- Que cette famille ne change pas, fit-il en sortant son portefeuille.

Je le vis chercher à l'intérieur de son portefeuille, au milieu de papiers divers et variés. Il en sortit un préservatif. Je le regardai avec méfiance.

- Bah quoi? On ne sait jamais, me fit Blaine. Ou tu regardes la taille?

- Blaine... Ta gueule, dis-je consternée.

- Ha voilà, fit-il en sortant quelque chose de long et rectangulaire.

Il me tendit alors le rectangle et je compris que cela sortait d'un photomaton. Il y avait donc quatre petites photos d'un couple. À gauche c'était clairement sa mère et elle embrassait un jeune homme qui était à droite. Mais quelque chose clochait...

- Ma mère, avec son petit ami, précisa Blaine.

- Il te ressemble énormé...

- Normal c'est mon père Seattle, fit Blaine consterné.

Je tournai alors la tête vers lui, complètement surprise. Il me sourit doucement. Et là, je fus saisie d'un énorme doute.

- Kyle t'a dit que le Wendigo avait violé ma mère ? demanda Blaine.

- Euh... Oui... Enfin, même si c'est son mec il peut... Être ensemble ne signifie pas consentement automatique, assurai-je.

- Disons que vu ce que je sais de ma mère, la victime ce serait plutôt lui, fit-il en riant.

- Attends une seconde... Ton oncle m'a menti? demandai-je.

- Question de honte sans doute, avoua Blaine.

- Ta mère est vivante ? demandai-je.

- Non, fit-il en reprenant la photo. Elle s'est bien suicidée.

- Blaine... Explique moi la réalité, fis-je alors.

- Il faut que tu saches qu'Alma me l'a dite parce qu'elle pensait que mes origines me faisaient partir en vrille, avoua Blaine. Ça n'a rien changé.

- J'avais remarqué, dis-je en souriant.

- En fait, ils étaient tout simplement amoureux, avoua Blaine. Mais une louve et un Wendigo... Ça ne se fait pas.

- Romeo et Juliette donc..., dis-je en regardant Blaine.

- Avec le même genre de fin oui..., avoua Blaine en regardant la photo.

- Ils s'aimaient donc...

- Oui, depuis longtemps..., marmonna Blaine. Alma m'a dit que la grossesse de ma mère était accidentelle, une capote craquée.

- Ha..., dis-je mal à l'aise.

- Non désirée à la base mais voulue ensuite, avoua Blaine. Petit problème, les deux avaient des familles. Et ma mère avait une grande sœur mariée à un Alpha.

- Ok...

- Ça c'est mal passé, marmonna Blaine. Caleb, mon père, fut exilé de sa meute, il doit aujourd'hui être en Europe mais il n'a pas le droit de revenir. Ma mère eut le droit d'au moins poursuivre sa grossesse et de me sevrer.

- Euh... C'est à dire? demandai-je.

- Elle devait également être exilée de la meute de Kyle, précisa Blaine. Elle a accouché mais... Elle ne voulait pas me laisser grandir ailleurs qu'au milieu des miens... Elle a donc pris la décision, une règle ancienne.

- Tu m'inquiètes..., marmonnai-je.

- T'as deviné toute seule... En se suicidant, elle obligeait sa famille à m'élever... Elle ne pouvait pas savoir à quel point j'étais différent, précisa Blaine.

- Mais cette histoire... Pourquoi ils mentent alors? Max est au courant ?

- Non, Debbie non plus, précisa Blaine. C'était histoire de ne pas avoir honte quand on a compris que j'étais hybride. C'est tellement mieux de se dire que la pauvre louve a été souillée par un Wendigo plutôt de se dire qu'elle a donné sa chance à l'amour avec un être comme lui, grogna Blaine.

Instinctivement, je posai ma main sur son épaule nue, saisie de la chaleur de sa peau. Le pauvre Blaine avait grandi en pensant qu'il était issu d'un viol alors qu'il était un enfant né de l'amour de ses parents. Comment pouvait-on lui faire ça ?

- Alors, j'ai décidé de faire chier mon monde, avoua Blaine en souriant.

- Je crois que je te comprends...

- Cette famille n'est pas parfaite, un Alpha comme Kyle ne songe qu'à sa meute et à sa descendance, marmonna Blaine.

- D'où ton comportement avec Max? demandai-je gênée.

- Tout lui est dû, tout est pour lui..., marmonna Blaine. Il doit être mis en avant, des amis nombreux, être une vedette au lycée... Moi j'ai droit à ce que l'on veut bien me laisser.

- Tu peux te faire tes propres amis, moi par exemple, dis-je alors pour le réconforter.

- Et encore, c'est juste parce que je suis autorisé au moins à cela, fit Blaine en écrasant sa cigarette.

- Attends... Ça veut dire quoi ça ? demandai-je choquée.

- Que je suis autorisé à te parler, car le futur Alpha a bien voulu accepter... Je me dois d'obéir et c'est tout, à défaut d'autres choses..., fit Blaine en grimaçant.

- Tu veux que je lui parle ? demandai-je alors.

- Laisse tomber, et oublie cette conversation, dit-il en s'éloignant. Laisse le Wendigo dans son coin, c'est ce à quoi il a droit...

- Blaine..., murmurai-je en le voyant rentrer.

- Fais comme si tu ne savais pas, ça arrangerait clairement Alma, elle ne mérite pas les emmerdes que cela pourrait occasionner, précisa Blaine. Essaye de dormir Seattle.

- Je suis quand même désolée pour ta mère, dis-je avant qu'il ne rentre.

- Je sais...

Et Blaine rentra en me laissant seule dehors, seule avec mes pensées. Je n'étais pas restée très longtemps à l'extérieur, il faisait trop froid et j'avais préféré rentrer et repartir dans ma chambre. Malgré tout, j'eus beaucoup de mal à trouver le sommeil. Je n'arrivais pas à comprendre cette décision honteuse. Blaine n'avait pas mérité de vivre avec cette information, cela aurait pû en faire quelqu'un de foncièrement dérangé - quoique c'était un peu le cas. Et pourtant, au bout d'un moment, je m'étais endormie. Ce fut cependant d'un sommeil sans rêve et pas très profond, si peu qu'en réalité j'entendis immédiatement Debbie se lever. Je tournai la tête vers ma colocataire momentanée quand je l'entendis quitter le lit.

- Merde... Je t'ai réveillée..., dit-elle gênée.

- Non, j'étais déjà un peu en train de me réveiller... Il est quelle heure? demandai-je quand même.

- Il va être huit heures..., dit-elle simplement.

- Je me lève, dis-je en le faisant.

Je m'empressai de m'habiller dans un coin de la chambre, assez peu intime mais quand même suffisant. J'avais senti le regard de Debbie sur moi et je m'étais retournée.

- Mes sous-vêtements ? demandai-je en souriant.

- Euh... Oui, fit-elle honteuse d'être prise sur le fait.

- C'est une préférence personnelle, dis-je en enfilant un jean et un des pull précédemment offert la veille.

- La taille est correcte? demanda Debbie.

- Un peu grand sur les manches mais j'aime bien, dis-je en les relevant à peine.

- Tu peux échanger..., marmonna la sœur de Max.

- Pas besoin... Je te suis, dis-je en la voyant ouvrir la porte.

Nous renoignîmes la salle à manger et tous le monde était déjà là, à part Blaine. J'embrassai tout de même assez doucement et discrètement Max avant de m'asseoir près de lui.

- Bien dormi? s'enquit immédiatement mon petit ami.

- À peine mais ça va, dis-je quand même. J'ai toujours du mal dans un endroit que je ne connais pas.

- Sers toi pa grande, fit Tanya Muldoon-Lexington. Il y a tout ce qu'il faut... Si tu veux des œufs ou du bacon, Kyle peut le faire.

- Le sucré suffira, dis-je en souriant. Mais merci quand même.

Je me fis un peu plaisir avec du pain grillé et du beurre mais aussi de la confiture, il y avait également des morceaux de tarte aux noix de pécan - succulente d'ailleurs. Il y avait aussi des céréales, du lait, du café et du jus d'orange qui eut ma préférence.

- Ça me fait bizarre..., dis-je alors.

- Tu ne manges pas le matin? s'étonna Kyle qui se régalait avec ses œufs. Je ne pourrai pas...

- On voit ça Papa, fit Max en souriant mais qui n'était pas en reste et me fit réaliser que c'était tout le monde en fait.

- Non, d'habitude je vais courir, précisai-je. Plus depuis ma blessure mais pour m'entretenir pour la boxe, puis je déjeune mais je ne l'ai jamais fait avec autant de monde... Mais vous mangez tous autant ?

- C'est la nature de loups, tu connais l'expression ? demanda Tanya en souriant.

- Une faim de loup? Je confirme, dis-je en riant.

- Prends des forces surtout, me lança Kyle. Après on ira marcher et se détendre comme on aime.

- Comme vous aimez? demandai-je en buvant du jus d'orange et regardant Max.

- On fait une grosse bataille de boule de neige ou autre chose mais sous forme révélée.

- Je vais tous vous voir? Génial ! dis-je avec intérêt.

- Ça ferait cauchemarder une esthéticienne, me prévint Debbie en riant.

- Mais... Il faut réveiller Blaine non? réalisai-je alors.

- Il m'a certifié vouloir dormir, son robot l'a réveillé toutes les heures, précisa Tanya.

- Je confirme... On a une petite emmerdeuse, dis-je en riant. Mon pauvre Papa a revécu mon enfance. Donc il ne vient pas?

- Il ne vient jamais, assura Max. On dirait parfois qu'il a une dent contre nous.

- Sans aucune raison, vive la gratitude, précisa Kyle.

Je l'avais alors regardé fixement. J'avais envie de lui dire ce que je pensais à cet instant précis, l'envie de lui signifier que c'était un peu sa faute mais je ne fis rien - principalement pour ne pas causer d'ennuis à la tante. Le petit déjeuner fut gargantuesque et je dus me forcer de m'arrêter pour aller m'habiller. J'étais impatiente de tous les voir sous leurs formes révélées mais j'étais déçue de ne toujours pas voir Blaine. Ce fut donc à six que nous partîmes dans ma forêt, profitant de l'instant pour donner la main à Max.

- On ne va pas trop vite? demanda Debbie devant nous.

- Ça va merci, dis-je amusée.

- On est habitué à marcher ici, on est bientôt arrivé sur une colline où nous nous détendons, assura Kyle.

Et effectivement, nous arrivâmes en quinze minutes de marche lente sur une petite colline. Elle était dégagée et éloignée de tout.

- Personne ne vient jamais ici, précisa Max. Et puis il y a des panneaux de propriété privée autour.

- Ok..., dis-je en le regardant fixement.

Max me sourit et ferma la yeux. À nouveau - comme quand il me l'a révélée - son apparence changea, dévoilant des traits plus bestiaux. Il ouvrit les yeux et me regarda un peu gêné. Je me levai immédiatement sur la pointe des pieds pour déposer un baiser sur ses lèvres.

- Tu es toujours mon Max, dis-je en souriant.

- Ils se font des bisous!!!! cria Ben me faisant rire.

- Ben, ça suffit, le réprimanda sa mère.

Je tournai alors la tête vers les autres membres de la famille et je fus un peu surprise. L'aspect bestial rendait plus effrayantes les femmes de la famille, leur donnant une apparence plus dangereuses - en même temps elles le sont. Je vis Debbie se frotter les sourcils en soupirant.

- Je me demande pourquoi je m'épile, ça change rien à cet aspect, grommela Debbie.

- Je comprends ta vanne, dis-je en souriant.

- Tu n'as pas peur de nous? demanda Tanya en s'approchant.

- Bah... J'avoue que les crocs ne sont pas rassurants mais j'ai confiance, dis-je en souriant.

- Ça fait plaisir, fit Kyle. Allez les enfants... Échauffement !

Je tournai la tête vers Tanya et elle me sourit avant de soupirer pour regarder son mari et ses enfants. Je fis de même malgré l'insistance de Ben pour venir dans mes bras.

- Wahou!!! dis-je stupéfaite en les voyant s'échauffer.

J'avais de grosses difficultés à les suivre du regard, la famille Lexington courant tellement vite. Je réalisai immédiatement que père et enfants jouaient à chat perché - il est à noter que perché signifiait faire un bond de trois mètres pour s'accrocher à un arbre. Et c'était pareil pour la course, à peine quittai je quelqu'un du regard qu'il se retrouvait ailleurs.

- Comment je pourrai rivaliser face à ça ? demandai-je à Tanya.

- Hmmm... Ce sera difficile..., concéda celle-ci.

Et pour lui donner confirmation, Max arriva dans mon dos et m'enlaça avant même que je ne m'en rende compte.

- J'espère que le câlin ne te gêne pas, avoua Max en m'embrassant dans le cou.

- Pas du tout, dis-je en souriant et profitant de l'étreinte.

- L'échauffement n'est pas fini! s'énerva Debbie en tapant son frère.

- Je reviens, me fit Max avec un clin d'œil.

- Attrape la, lui conseillai-je après l'avoir embrassé.

Je les regardai faire et je me mis à rire quand leur père les plongea dans la neige sans ménagement.

- Je suis contente de voir que tu acceptes autant, me fit Tanya.

- Je pense que si Max ne m'avait pas sauvée, je serai moins rassurée, précisai-je quand même avant de regarder Ben. Tu vois, tu pourras faire pareil quand tu seras grand.

- En attendant je ne peux pas les attraper, marmonna Ben en boudant.

- Si vous désirez être plus démonstratif à la maison, n'hésite pas, me fit Tanya. Tant que cela reste correct.

- D'accord Tanya, merci, dis-je poliment.

Cela ne me dérangerait clairement pas de me faire caliner plus souvent par Max, j'aimais la tendresse.

- Allez c'est parti pour la bataille de boule de neige, lança Kyle. On forme les équipes.

- Je garde Ben, assura Tanya. Lynn?

- Je veux bien faire équipe avec vous, assurai-je alors.

- Tu peux aller avec elle Max, assura Debbie. Entre Lynn et Ben, ça fait deux humains. Moi et Papa nous suffirons...

- Comment tu te la joues, assura Max en venant près de moi.

- C'est juste une bataille hein? dis-je alors inquiète.

- Comme pour les humains, précisa Tanya. Regarde...

Son mari avançait entre les deux camps et se mit à tracer une longue ligne de séparation entre les camps, sans doute pour interdire à l'autre camp de s'approcher.

- Hey on ne triche pas là-bas ! fit Kyle en nous pointant du doigt.

- J'ai rien fait, me défendis-je.

Kyle me regarda avant de se mettre à rire, ce qui me fit me sentir idiote. Tanya tapota doucement sur mon épaule et indiqua son plus jeune fils en train de faire des boules de neiges de réserve.

- Ben, on attend les cinq minutes, rappela sa mère.

- Mais ils sont rapides eux, marmonna Ben.

- Et on doit faire un monticule de protection dans les cinq minutes ? demandai-je inquiète.

- Chez nous on esquive juste, assura Max. Ne t'inquiètes pas il te viseront doucement.

- Comment ça doucement ? dis-je soudainement angoissée.

- Euh... Tu verras..., fit Max hésitant.

- Je verrai? repétai-je choquée.

- Je leur ai rappelé de faire comme pour Ben, assura Tanya. Tu ne risques rien.

- Je ne risque rien..., marmonnai-je encore.

Je me demandais à quoi cela allait ressembler. Puis, quand Debbie signala le début de la réserve à constituer, je me mis à faire des boules de neige. Alors que je regardai ma petite pile, je me rendis compte que celles de Max et de sa mère montaient beaucoup plus vite et je les avais alors observés. En deux secondes à peine - peut-être même moins - une nouvelle boule était formée.

- T'arrêtes pas, me fit Ben.

- Pardon..., dis-je en reprenant. Je savais que vous étiez rapides mais là...

- La bataille de boule de neige version Thériens, la plupart des meutes de la région s'amusent comme ça, ça crée l'esprit de groupe et ça permet de dépenser son énergie, me certifia Tanya.

- Tu verras c'est amusant, assura Max.

- Et qui gagne? demandai-je avec méfiance.

- Ceux qui sont épuisés ou trop frigorifié, assura Tanya.

- Sachant que vous avez tous la peau la plus chaude du monde... C'est long... Surtout vos torses, dis-je en regardant Max.

- On était dans une piscine, précisa Max à sa mère.

- Ai-je demandé quelque chose ? dit-elle en riant. J'en profitai aussi adolescente... Les mâles sont beaucoup plus chauds.

- C'est vrai? demandai-je avec intérêt. Je peux? demandai-je en enlevant un gant.

- Vas-y, fit-elle en me tendant le cou.

Effectivement, Tanya était moins chaude que Max. C'était un peu surprenant mais cela devait bien avoir une explication. Peut-être guerrière même.

- Top!!!! Terminé !!!!! fit Debbie au loin.

- Fiou... J'en ai un bon paquet, dis-je en regardant ma pile. Encore faudrait-il toucher...

- Ça ira... Je te jure que tu vas t'am...

- Début des hostilités !!! fit alors Debbie en lançant une boule qui explosa sur la tête de son frère en l'interrompant.

- Et je dois éviter ça !!!! dis-je effrayée.

La boule était arrivée si vite que je n'avais rien vu et que dire de l'explosion de la boule au contact de la tête de Max.

- Promis on fera attention ! lança Kyle.

Je mis bien cinq minutes avant de m'y mettre moi-même, préférant admirer le talent des autres avant. Entre loups, ils se lançaient les boules extrêmement vite et fort, me convainquant qu'un humain se les prenant pourrait en mourir. Au bout d'un moment, je réalisai avec amusement qu'ils se laissaient toucher par Ben et ne lançaient pas trop fort sur lui. Et en réalité c'était exactement pareil avec moi. Je pus plusieurs fois toucher le père et la sœur de Max mais dans la majorité des cas, ils esquivaien si vite que je ne les voyais même pas bouger. Par contre, je m'amusais comme une folle. C'était tellement impressionnant à voir, un champ de bataille avec de la neige explosant de toutes parts. Je fatiguais cependant beaucoup plus vite qu'eux, ce qui m'obligeait à souvent reprendre mon souffle. À un moment - et pour au moins la cinquième fois - je m'étais pliée en deux en posant mes mains sur mes genoux. J'étais en sueurs comme jamais.

- Bon sang, je suis crevée..., dis-je difficilement.

Sur ma gauche, je pouvais voir les jambes de Tanya qui ne bougeait plus. Elle était peut-être fatiguée. J'allais jouer à la mesquine quand je pris attention à elle. Elle ne bougeait plus du tout, restant immobile.

- Tanya? appelai-je étonnée.

- Ho non, marmonna celle-ci en se retournant brusquement.

Je vis les autres membres de la famille approcher à toute vitesse et je me retournais également, histoire de comprendre. Nous n'étions plus seuls sur cette colline. Il y avait désormais d'autres personnes, cinq au moins dont une gamine d'une douzaine d'années. Tous semblaient dangereux en plus d'être sales. La plupart d'entre eux étaient à peine couvert et leurs vêtements simples semblaient troués. Je me croyais presque dans un documentaire sur les Redneck. Mon regard fut momentanément attiré par le plus massif d'entre eux, un type gigantesque et barbu qui nous fixait comme dans un état second. Je vis Debbie placer Ben derrière elle et Max se plaça tout près de moi.

- Ce territoire est privé, fit alors Kyle en regardant vers eux.

- Veuillez nous pardonner, nous sommes nouveaux dans la région, fit un homme d'une quarantaine d'années. Je me nomme Ezekiel.

- Kyle Lexington, Alpha de la meute de Juneau, répondit Kyle. Ma famille.

- Nous sommes navrés de vous interrompre lors de votre sortie familiale... Nous cherchons la meute de la région, précisa Ezekiel. Notre fusion est actée.

- Ils n'ont pas le droit d'être aussi près, précisa Kyle. Et puis, ils devraient éviter de faire fuir les humains.

- Je compte régler ce soucis d'ici peu... Ma meute ne compte que huit personnes mais nous sommes assez calmes. Nos connaissances les lois, assura Ezekiel.

- Il est vrai que j'ai rencontré assez peu de Wendigos aussi calme que vous, assura Kyle. Mais vous dîtes huit?

- Il aura mis le temps, fit une voix derrière nous.

Je me retournai immédiatement, me protégeant avec Max au passage. Derrière nous, il y en avait trois autres, deux d'origine inuit et une afro-américaine. C'était elle qui avait parlé et elle nous regardait d'un air de prédateur qui m'évoquait étonnement la façon de regarder de Blaine.

- Sonja, tu donnes l'impression de les menacer, venez tous trois ici, ordonna Ezekiel.

Comme si de rien n'était, ces trois là passèrent près de nous en nous dévisageant méchamment. Max me protégeait et j'entendais Ben marmonner de peur.

- Ce sont tous des Wendigos? demandai-je à Max.

- Oui, tous... Des prédateurs aussi, avoua Max. Il font froid dans le dos.

- J'avoue...

Si Blaine semblait effrayant, eux semblaient carrément maléfiques. Ils avaient tous cet air dangereux qui me faisait croire que ma vie était en danger.

- Nous n'allons pas vous retarder plus longtemps... Nous permettez-vous de passer par cette colline? demanda Ezekiel.

- Malheureusement non, d'autres membres de ma famille se trouvent sur ce territoire, il reste privé, assura Kyle.

- Nous rebrousserons donc chemin, confirma Ezekiel.

Je fus alors quelque peu surprise, les Wendigos semblaient largement plus calme que leur réputation.

- Ce chef de meute est posé, murmura Max près de moi. Tant mieux...

- J'avais un peu peur...

- Attends Ezekiel! s'exclama l'afro-américaine nommée Sonja.

- Quoi? l'interrogea son chef de meute.

- Insiste bon sang... On a une adolescente, elle commence à peine à muter, fit Sonja en montrant la jeune fille. Nel? Dis leur...

- C'est vrai..., dit-elle toute gênée.

Je me rappelai alors que pour une femme, la première mutation venait avec les premières règles, cela signifiait donc qu'elle était mal à l'aise d'avouer un tel truc.

- Sonja, l'Alpha Lexington nous a demandé de...

- Ezekiel ! Insiste!!! s'énerva Sonja. Les loups ne nous imposent pas assez de choses? J'en ai marre de me plier à tout!!!

Max referma sa prise sur ma main, comprenant comme moi que les Wendigos étaient plutôt nerveux. Je tournai la tête vers Kyle et il semblait réfléchir.

- Ezekiel..., marmonna Sonja attirant mon regard.

Je me figeai en observant leur chef de meute. Il fixait la Wendigo qui lui avait manqué de respect et ses yeux brillaient du même rouge étincelant que j'avais cru déceler chez Blaine. La seule différence était l'intensité. En effet, chez Ezekiel, cela me donnait l'impression que le néant allait m'envelopper - et franchement cela donnait une impression que j'allais crever. Voilà un véritable Wendigo...

- J'ai donné un ordre, fit sèchement Ezekiel. Crois tu que j'aurai un problème à ce que nous arrivions à destination avec un membre de moins dans le groupe?

- Je... Je... Euh... Je m'excuse Ezekiel, fit Sonja apeurée.

- Maintenant, on s'en va... Pardonnez son impertinence Alpha Lexington... Elle le paiera, fit froidement Ezekiel dont le regard redevenait normal.

Je fermai les yeux soulagée de les voir s'éloigner et, pour ponctuer mon soulagement, j'expirai lourdement. L'angoisse disparaissait.

- Fiou..., soupirai-je une seconde.

- Charlie? s'étonna alors la voix d'Ezekiel.

Je relevai la tête et je fus soudainement paniquée. Ce fameux Charlie, le géant, me fixait attentivement avec un éclair de démence dans le regard.

- Charlie? insista Ezekiel.

- Humaine, répondit simplement le géant.

C'était moi le problème, c'était moi qu'il fixait comme ça. Je fis un pas en arrière quand, d'un seul mouvement, les Lexington m'entourèrent.

- Elle est mon croissant de lune ! assura Max aux Wendigo.

Je me demandant clairement ce que ça signifiait mais visiblement, Charlie s'en foutait totalement.

- Ça suffit Charlie, s'énerva Ezekiel.

- Douce odeur, répondit Charlie en avançant vers nous pendant que les autres le retenait. Faim...

- Putain de merde..., grommelai-je en panique.

- Ne vous approchez pas!!!! s'énerva Kyle.

- On va le calmer! Charlie!!! Putain!!!

- Si il approche on attaque..., avoua Kyle légèrement inquiet quand même.

- Essayez et on vous bouffe les clébards! lança un inuit.

- Ho ça suffit!!! s'énerva Ezekiel. Charl... Non!!!

J'avais vu pourquoi il paniquait. La peau de Charlie changeait, devenant grisâtre et émaciant ses traits. De petits bois semblaient même parcourir son front et formant une sorte de couronne.

- Lynn... Cours aussi vite que tu peux, me fit alors Max.

- Quoi?

- Fuyez, il va charger et s'amuser avec sa proie! lança Ezekiel.

- On s'en occupe lança Kyle énervé.

- Inutile de se battre, lança Ezekiel. Charlie! fit-il quand il fut bousculé.

- Cours Lynn! On les retient! me lança Max.

- Mais... Mais...

- Cours! fit Debbie. Certains veulent se battre, ça va dégénérer si il ne les retient pas, fit-elle en s'approchant près de moi. Tu sais où est le chalet?

- Euh... Oui, dis-je les mains tremblantes. Ils ne peuvent pas s'en approcher ?

- Blaine est là bas... Trouve le, il pourra t'aider si on ne peut pas les retenir..., marmonna Max.

Je l'embrassais alors rapidement avant de reculer en fixant le monstre grisâtre qui m'avait prise pour le menu du jour.

- Je t'aime, fais attention, dis-je alors.

- Moi aussi... Ne t'arrête pas... Et appelle Blaine dès que tu te penses assez près...

- Mais et si...

- Il viendra... Maintenant... Cours!!!

Après un dernier coup d'œil, je me retournai. J'entendis au même moment un grognement guttural provenant de Charlie et un cri d'Ezekiel intimant de cesser tout cela. Je n'avais plus le choix: je me mis à courir et en plus, je le faisais pour ma vie. Je savais désormais ce que ça faisait d'être une simple proie... Je devais rejoindre le chalet et vite!!!!!!

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