Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 18 : Le mea culpa d'Hestia

4756 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 18/12/2025 11:15

Chapitre 18 : Le mea culpa d’Hestia****


Au moment où je réalise que mes pensées sont décidément très limites quand ça le concerne, son visage passe de la concentration à l’étonnement tandis qu’il me remarque. Je me redresse vivement de l’encadrement de porte sur lequel j’étais déjà appuyée lascivement et il fronce les sourcils :

-         Hestia… ? s’étonne-t-il avec le souffle court.  

-         Coucou, réponds-je bêtement.

-         Mais qu’est-ce que tu fais là ? demande-t-il en approchant.

J’avance à mon tour vers lui, car je vois mal notre conversation avoir lieu à la porte du couloir où quelqu’un pourrait peut-être l’entendre, ce qui serait étonnant avec la musique qui pulse dans le bâtiment mais quand même.

Il est trop séduisant, sa cage thoracique s’agite alors qu’il reprend son souffle et je détaille discrètement son torse que je sais si attirant… Stop Hestia.

Nous nous arrêtons au centre de la salle, à deux bons mètres de distance tandis que je me tortille un peu, très mal à l’aise :

-         Je venais faire un peu de sport puisque j’ai raté le cours hier soir…, commence-je.

-         Ça tombe très bien que je te croise, je voulais t’en parler. Si c’est ma présence qui t’a fait manquer le cours, alors sache que je me retirerai des instructeurs. Il est hors de question que tu rates ces cours à cause de moi, ça va à l’encontre même de la raison pour laquelle je les dispense, pour aider les gens qui se sentent trop fragiles… Alors si ma présence empêche qui que ce soit d’y participer…

-         Non, Hunter stop. Je suis venue faire mon sport mais je… je venais surtout voir si tu étais ici, je me suis dit qu’il y avait de bonnes chances… je voulais te parler en fait.

-         Ah bon ? s’étonne-t-il.

-         Oui, je tenais à m’excuser platement pour ce que je t’ai dit l’autre jour, la façon dont je t’ai traité, les mots que j’ai eu… cette façon de croire que je détenais la vérité absolue alors que non … c’était du délire. Je ne connais pas ta vie, je ne te connais pas tout court Hunter et je m’excuse sincèrement d’avoir été aussi odieuse avec toi.

Il m’observe un peu, comme s’il n’en revenait pas et je continue donc :

-         Je ne sais pas si tu pardonneras mon comportement mais sache que je te remercie. Je te remercie sincèrement d’avoir eu cette attention pour moi, cette gentillesse… C’est simplement que je ne suis pas très à l’aise avec l’idée qu’on me paye des choses, encore moins aussi chères et pire encore de la part d’un homme qui me connait à peine… Je ne le mérite pas, tu as gagné cet argent pour te faire plaisir et ce n’est pas de ta faute si je ne peux pas m’offrir ce voyage. Il ne faut pas avoir de la peine pour moi, comme je te l’ai dit, un jour je travaillerai moi aussi et je pourrai alors m’offrir tout ce que je voudrai ! conclus-je.

-         Je suis heureux que tu ne le prennes plus mal. J’aurais dû t’en parler mais je savais que tu refuserais, c’était évident…

-         Alors autant vite acheter des billets non remboursables…, le taquine-je timidement.

Un beau sourire s’épanouit sur ses lèvres tandis qu’il hoche la tête :

-         Et bien oui…, admet-il en riant.

-         C’était adorable, je me ferai un plaisir de me rendre à ce petit séjour plutôt que de m’assoir dessus par principe idiot. En revanche, je te rembourserai. Je ne peux pas te dire quand car je ne sais même pas comment je ferai mais je le ferai.

Il lève les yeux au ciel en soupirant :

-         Hestia…

-         Non, ce n’est pas négociable ! tranche-je. En revanche, il est très important pour moi d’être sûre que tout roule entre nous… Je n’apprécie pas qu’on se fasse la tête… et puis je suis souvent avec Eden et j’apprécie mon cours du vendredi soir… Je t’en prie, dis-moi que tu me pardonnes…

Il me jauge alors et je dois dire que je ne m’y attendais pas. J’étais plutôt sûre qu’il accepterait mes excuses et mon cœur accélère de réaliser que ce n’est visiblement pas le cas.

-         Je ne sais pas trop Hestia… Tu as vraiment été odieuse, souligne-t-il.

Je me décompose un peu plus, véritablement mortifiée :

-         Hunter, je suis vraiment, vraiment désolée ! couine-je. Je t’en prie, ne me juge pas pour cette crise de nerf qui ne me ressemble pas, j’ai dépassé les bornes mais je ne recommencerai pas.

Il croise les bras en haussant un sourcil :

-         Je ne vois qu’une seule façon de te faire pardonner honnêtement…, dit-il.

-         Dis la moi !

Son visage passe de la neutralité à l’amusement alors qu’il fait encore un pas vers moi avec les yeux pétillants d’humour :

-         Je te pardonne à l’unique condition que tu acceptes ce cadeau sans me le rembourser.

Je recule d’un pas en croisant les bras à mon tour, complétement vexée mais terriblement soulagée de comprendre qu’il me pardonne et il reprend :

-         J’ai compris Hestia, je ne recommencerai pas. En revanche, c’est un cadeau auquel je tiens. Tu ne l’avais pas prévu dans ton budget et il est absolument hors de question que tu doives travailler alors que ce n’était pas prévu, pour me rembourser cette « erreur » que j’ai commise. Je te propose simplement qu’on remette les compteurs à zéro ce soir, sans remboursement, sans colère et sans rancune. Profite juste de ce voyage sans te prendre la tête, s’il te plait.

-         Hunter…, commence-je à gronder.

-         Ou alors tu peux choisir de passer cette porte immédiatement, de me rembourser et de ne plus jamais me voir, répond-il en levant les mains et en haussant les épaules. C’est toi qui vois Hestia, mais c’est mon seul deal.

Je mordille ma joue en tapotant le sol de mon pied, foutrement amusée par ce côté malicieux que je ne lui soupçonnais pas :

-         Tu es dur en affaire…, ronchonne-je.

-         C’est comme ça qu’on fait de l’argent pour payer de beaux séjours à de superbes femmes, réplique-t-il d’une voix grave en faisant un pas vers moi.

Son attitude a complétement changé en un quart de seconde, il est désormais juste devant moi et son regard est aussi intense que caressant. Son aura explose comme rarement, toute son attitude est presque enjôleuse et il arbore un sourire en coin à tomber par terre. Mes yeux s’agrandissent tout seuls tant je suis remuée par ce qu’il vient de me dire sans la moindre gêne et je déglutis difficilement face à ce qu’il dégage.

Du sex-appeal, voilà ce qu’il dégage bon sang ! Ça me heurte en pleine face alors que mon corps grimpe en température et que mes joues s’enflamment sous ses yeux toujours extrêmement persuasifs. Le tableau que j’ai sous le nez m’apprend une chose : je crois qu’Hunter est extrêmement doué pour obtenir ce qu’il veut. J’imagine que c’est comme ça qu’il a réussi à gravir les échelons de son travail pour pouvoir s’offrir de belles choses au bout de trois ans… Son aura n’était pas à prouver mais je ne lui connaissais pas cette foutue capacité à séduire les gens pour obtenir ce qu’il veut. Il vient en tout cas assurément de m’obtenir moi en un tour de main et je ne peux plus lutter :

-         D’accord…, souffle-je.

-         Vraiment ?! s’enthousiasme-t-il d’une voix heureuse en reprenant son visage habituel.

-         Oui…

Je suis encore choquée par ce qu’il vient de se passer, mon cœur a du mal à s’en remettre et mon corps frémit sous une quantité d’émotions hallucinantes alors que je me calme peu à peu. Je viens de ressentir de drôles de choses, je ne sais pas si c’est son haut trempé qui dessine son torse de dieu, ses yeux extraordinaires, son attitude sexy, le compliment qu’il vient de me faire ou tout simplement un cocktail explosif du tout… mais je suis fébrile. Je ne pense qu’à une chose : lui sauter dessus. C’est viscéral, instinctif, primaire… je préfère ne même pas m’attarder sur ce que j’aimerais qu’il se passe ici et maintenant, parce que j’ai bien peur que mes joues ne reprennent jamais leur couleur d’origine.

Je baisse le nez pour fixer le sol, une sage décision pour éloigner les pensées grivoises qui me tourmentent.

-         Tu m’as dit que tu venais faire… du sport ? demande-t-il avec curiosité.

Je soupire presque de soulagement, voilà un sujet de conversation normal qui me changera les idées.

-         Oui, réponds-je en relevant le nez. J’étais frustrée de rater le cours hier alors je me suis dit que puisque je n’avais rien à faire ce soir, j’allais venir répéter les petits exercices que tu nous as montré.

-         Quelle élève appliquée…, s’amuse-t-il.

Je relève le nez fièrement :

-         Je te signale que je suis première de ma classe depuis toujours Hunter. Alors oui, je suis fière d’être une élève appliquée ! Et je vais d’ailleurs retourner dans ma salle pour répéter avec brio les exercices de renforcement musculaire que tu nous as montré ! déclare-je d’un ton impérieux.

Il éclate de rire et je souris face à ses fossettes qui volent mon cœur à chaque fois.

-         Je te souhaite une bonne fin de séance, ajoute-je gentiment.

-         Tu pourrais faire tes exercices ici…, propose-t-il. Ça éviterait d’occuper deux salles alors que nous ne nous gênerons pas …

-         Euh… oui...

Il me sourit avant de repartir vers son punchingball et je tourne un peu dans la petite salle avant de poser mon sac face aux grands miroirs qui couvrent un mur et me permettent surtout de l’observer en fond.

Il s’étire un peu avant de faire quelques mouvements pour se remettre dans sa séance et je me dis que je ferais bien de faire quelque chose avant qu’il ne le remarque. J’opte pour des étirements, parce que je suis incapable de faire autre chose et que je me sens timide à l’idée de faire mes exercices devant lui.

Je m’étire donc dans tous les sens en me régalant allégrement du beau spectacle derrière moi, une bonne dizaine de minutes, avant qu’il ne tourne la tête :

-         Tu ne t’y mets toujours pas ?! s’amuse-t-il.

-         Je suis timide ! réplique-je d’une voix aiguë.

-         Pourquoi ?

-         Je ne sais pas, j’ai peur de mal les refaire… c’est intimidant puisque ce sont tes exercices ! couine-je.

-         Tu veux que je te les remontre ?

-         Euh … oui pourquoi pas…

Il vient vers moi en retirant ses gants, qu’il jette à mes pieds avant de me tendre une main pour me relever du sol. Je la prends timidement et il me relève d’un geste sur mes pieds. Commence alors un cours privé pour lequel je n’étais pas prête.

 Il me remontre les mouvements les uns après les autres, continuant de les faire avec moi lorsque je l’imite et il m’encourage tout du long. Il me corrige parfois, en posant sa main sur la partie de mon corps qui n’a pas sa juste place et je prie pour qu’il n’entende pas mon pouls qui accélère à chaque fois qu’il me touche. Mais ses gestes sont brefs et aériens, il est très respectueux et n’envahit pas mon espace alors je m’en sors malgré un souffle extrêmement court. Ma séance dure trente minutes, comme la première fois que je l’ai faite et plus je m’habitue à sa proximité, plus je me relâche et je m’amuse alors je suis plutôt déçue lorsqu’elle se termine.

-         Merci Hunter, je suis navrée d’avoir interrompu ta séance.

-         Ce n’est rien, je m’entraine tout le temps, c’était agréable de faire autre chose, répond-il.

-         Tu boxes comme ça tous les jours ? demande-je.

-         Non, je pratique plusieurs sport de combats, il y a des cours dans la semaine et je boxe les autres soirs.  

-         Plusieurs sports de combat ? demande-je, impressionnée.

-         MMA, lutte, karaté, boxe… je ne m’ennuie pas, répond-il.

-         Mais… Pourquoi ? Tu as beaucoup d’ennemis ? plaisante-je.

-         Il faut croire, répond-il en riant. J’aime bien savoir que je peux mettre au tapis n’importe qui, c’est rassurant et surtout très pratique pour se défouler.

-         Tu te défoules en mettant des gens k.o. dans la rue ou pendant tes entrainements ? plaisante-je encore.

-         Aux entrainements bien sûr, répond-il en faisant mine de sous-entendre l’inverse.

Je glousse un peu :

-         Tu as de la chance, j’aimerais bien avoir tes techniques, j’aurais moins peur.

-         Tu as commencé, c’est le premier pas… tu mettras vite des gens au tapis toi aussi, répond-il en me lançant un regard attendri.

Je rougis un peu avant de ramasser ses gants pour lui dissimuler ma gêne. Ils sont visiblement vieux, tout déchiquetés et usés jusqu’à la corde.

-         On voit qu’ils servent beaucoup en tout cas, commente-je.

-         Oui, je ne prends pas le temps d’en racheter… je les ai depuis des années…, soupire-t-il.

J’enfile mes mains dedans machinalement et il rit doucement en attrapant l’un de mes poignets pour le scratcher.

-         Une vraie combattante, chuchote-t-il avec malice en me lançant un regard à tomber à la renverse tandis qu’il scratche le deuxième.

Je me tourne vers le miroir pour m’observer en relevant les gants devant mon nez et nous rions alors que je me tourne vers lui pour le défier avec humour.

-         Ça te dirait d’essayer ? propose-t-il.

-         Quoi ? De faire de la boxe ? m’étonne-je.

-         Oui, on pourrait étendre un peu ta séance si tu en avais envie… j’ai refroidi de toute façon alors…

-         Mais je ne sais pas faire, je ne sais même pas si j’ai la force de taper dans ce truc, explique-je en désignant le punchingball.

-         Je peux t’apprendre Hestia, c’est justement ce que je te propose. Enfin… tu as sans doute mieux à faire de ton samedi soir, dit-il alors en fronçant les sourcils et en reculant d’un pas.

Je suis de plus en plus ravie de ma soirée.

-         Pas du tout, j’adorerais que tu m’apprennes ! réplique-je à toute vitesse.

-         Vraiment … ?

-         Bien sûr !

Je lui offre mon sourire le plus éclatant et il tend les mains devant lui :

-         Frappe dans la main que j’avancerai vers toi, ordonne-t-il.

-         Mais je vais te faire mal ! couine-je.

Il éclate encore de rire :

-          J’encaisserai Hestia, je t’assure…, répond-il avec son sourire en coin qui me tue.

Je m’exécute donc et il ne cille effectivement pas. Il corrige mes gestes et ma posture en même temps, me donne ses conseils, se révélant encore une fois comme un instructeur remarquable. Notre petite séance dure un bon bout de temps, jusqu’à ce que je sois en sueur, que je n’en puisse plus et que je me laisse donc tomber par terre en riant pour m’étaler sur le dos et reprendre mon souffle.

Il s’installe par terre à côté de moi, les coudes posés sur ses genoux relevés :

-         Tu te défends pour une première séance, tu as de la force mentale, c’est évident.

-         Ah bon ? demande-je en ouvrant un œil.

-         Oui, il y a peu de gens qui s’accrochent comme ça, qui donnent tout jusqu’à l’épuisement… Je vois que tu n’es pas très musclée et pourtant, tu m’as impressionné.

Je suis légèrement piquée par sa pourtant très vraie remarque sur mes muscles. Je suis même honteuse, ça sonne comme un reproche de la part d’un garçon aussi bien taillé. Il doit voir que je ne suis pas très heureuse car il enchaine :

-         La force mentale est le plus important tu sais, ce n’est pas quelque chose qu’on peut fondamentalement travailler, c’est plus un trait de caractère… C’est surtout ça qui ferait de toi un excellent élément si tu t’entrainais plus sérieusement… C’est très impressionnant.

Il me remonte le moral efficacement et je me redresse du sol pour m’assoir en tailleur en observant mes mains gantées.

-         J’aime bien me voir comme ça, dis-je pensivement en tournant mes poignets pour observer mes mains.

-         Ah bon ?

-         Oui, ça me donne l’impression d’être forte, de faire quelque chose pour le devenir en tout cas… je n’ai plus cette impression d’être la victime de mes peurs viscérales…

C’est très personnel et ça ne doit pas l’intéresser une seule seconde. Je lui lance un coup d’œil inquiet mais son regard sur moi est magnifique :

-         Je trouve ça … génial Hestia, sincèrement. Je ne pense pas que mon opinion t’intéresse mais je suis impressionné et … fier de toi, conclut-il dans un murmure timide.

-         Je te remercie, ça me touche, réponds-je.

Il me semble voir ses pommettes rosir mais il détourne vite le sujet :

-         Bon allez, étire-toi maintenant, je ne veux pas que tu sois pleine de courbatures demain !

Encore une fois, il me montre comment faire et nous pouffons puisque je m’obstine à garder ses gants pendant mes étirements.

-         Tu ne me les rendras plus ? s’amuse-t-il lorsque nous nous relevons.

-         Non ! glousse-je. Je vais me balader comme ça dans le campus, histoire d’impressionner un peu les crétins !

Il rit encore avant de poser un drôle de regard sur moi :

-         Tu me fais rire Hestia…, commente-t-il. Je n’ai pas l’habitude de rire autant, c’est une bouffée d’air pur dans mon quotidien stressant. 

-         Tant mieux ! rayonne-je en essayant de détacher ses gants.

J’ai bien du mal puisqu’ils sont trop grands et que mes mains flottent complétement dedans, ce qui déclenche encore son rire alors qu’il m’aide à les retirer.

-         Je vais rentrer cette fois, je suis lessivée pour être honnête… Merci beaucoup d’avoir pris ta soirée pour m’entrainer.

-         Je rentre aussi, il ne sert à rien que je me remette dedans à cette heure-ci.

Nous récupérons nos sacs chacun de notre côté et il revient vers moi en balançant le sien sur son épaule puis nous prenons la direction de la porte en silence.

-         Alors qu’est-ce que tu vas faire de ton lundi libre avant les partiels ? demande-je pour combler le silence.

-         Et bien, pas grande chose… Je pars demain pour le travail et je reviens lundi dans la matinée…

-         Quoi ? Mais qu’est-ce que ton patron attend encore de toi un dimanche soir ?! Surtout avant ta semaine de partiel ?! m’offusque-je.

Il m’ouvre galamment la porte et nous sortons dans la nuit fraiche.

-         C’est une soirée importante, une sorte de rencontre… C’est compliqué, répond-il évasivement. Et toi ? Que vas-tu faire de ton lundi ?

-         Pas grand-chose non plus … Si tu n’es pas là alors je suppose que j’ai un message d’Eden qui me demande de m’occuper de Cal demain… ? demande-je.

-         Oui, confirme-t-il. J’ai appelé Eden tout à l’heure et il m’a dit qu’il te demanderait, je supposais que c’était fait, je ne pensais pas te l’apprendre comme ça.

-         Il l’a sans doute fait, je ne regarde jamais mon téléphone, commente-je.

-         Et à part garder Calyouk alors, à quoi vas-tu t’occuper ? demande-t-il.

-         Je vais sans doute réviser pour les partiels, c’est à ça que ce jour sert après tout… j’ai sans cesse le sentiments de ne pas être prête alors que je sais pourtant pertinemment que je le suis…

Alors que je parle, il attrape doucement ma hanche, juste une seconde, pour m’orienter dans la direction de sa voiture sans avoir à me couper dans ma réponse. La réaction au sein de mon corps est explosive et j’ai bien du mal à ne pas partir dans les aigus tandis que je continue ma phrase en essayant d’avoir l’air naturelle et en cachant ma joie immense :

-         Alors bon, je suppose que je réviserai comme une dingue, après tout c’est la dernière ligne droite…  

-         C’est sûr…, confirme-t-il en hochant la tête. Tu ne paniques pas trop ? Je sais que les premiers partiels peuvent être terrifiants.

-         Je me débrouillerai, je suis bonne élève.

Il m’ouvre ma portière en me lançant un regard taquin :

-         Toujours première de classe ? C’était vrai ?

-         Evidemment, souffle-je en rougissant et en grimpant à bord.

Je ne peux pas croire le naturel avec lequel il vient de « proposer » de me ramener. En fait, j’adore qu’il ne l’ait pas fait, qu’il m’ait simplement tirée avec lui comme si ça coulait de source sans véritablement me donner le choix.

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