Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 22 : Première neige au réveillon

4164 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 22/12/2025 12:24

Chapitre 22 : Première neige au réveillon****


Nous sommes le 24 décembre et je me réveille tard puisque je suis rentrée chez moi vers deux heures après ma soirée de serveuse. Le ciel est d’un blanc pur, tout le monde attend la neige avec impatience et beaucoup espèrent qu’elle tombera pour le réveillon ce soir. Les derniers étudiants partent et je me rends compte que nous serons vraiment très peu à passer Noël ici tout seuls… Ça affecte légèrement mon moral et je décide donc de sortir pour me changer les idées.

Je prends un bus pour me rendre dans la zone commerciale la plus proche et j’erre de boutique en boutique simplement pour me laisser envahir par l’ambiance festive autour de moi. J’en profite pour fouiner à la recherche d’un joli cadeau pour Hunter mais il faut bien avouer qu’il est extrêmement compliqué de trouver quoi que ce soit. Je ne sais pas ce qui pourrait lui faire plaisir, je n’ai pas envie de lui acheter une bêtise dont il n’aura pas l’utilité simplement pour me dire que c’est fait, je veux qu’il apprécie son cadeau, qu’il soit véritablement heureux en l’ouvrant ce qui n’est pas si simple.

Alors que j’erre dans les longs couloirs bondés de la zone commerciale, mes yeux s’arrêtent sur un magasin de sport et la foudre me transperce instantanément de la meilleure idée du monde. Je m’enfile dedans à la recherche du premier vendeur qui traîne et je lui saute presque dessus :

-         Bonjour, puis-je vous aider ? demande-t-il avec entrain.

-         Oui ! Je cherche des gants de boxe !

Il m’entraine avec lui à travers le magasin tandis que je jubile intérieurement. Voilà une bonne idée, quelque chose qu’il utilisera vraiment et qui lui fera sans doute plaisir puisqu’il dit lui-même qu’il ne prend simplement pas le temps d’en racheter.

Il me montre un rayon avec des gants qui ne me conviennent pas, ils ne ressemblent pas à ceux qu’il porte, ils ont des couleurs criardes et m’ont l’air de basse qualité.

-         Vous n’avez rien de sombre, sobre et de… bonne qualité ? demande-je timidement.

-         Oh, vous êtes connaisseuse ? s’étonne-t-il.

-         Pas vraiment, mais l’homme à qui je veux les offrir s’en sert énormément, les siens sont noirs avec des détails gris… je ne suis pas sûre qu’il appréciera ceux-là…, hésite-je en indiquant les gants rouge pétant.

-         J’ai ce qu’il vous faut, mais le budget n’est pas le même, me prévient-il.

-         J’ai un budget d’environ cent cinquante euros, précise-je.

Ses yeux s’allument et son sourire s’agrandit alors qu’il m’entraine vers le fond du rayon, vers les gants de qualité professionnelle et j’en trouve une paire qui ressemble comme deux gouttes d’eau aux siens. Je jurerais que ce sont là d’ailleurs, mais ça reste difficile à évaluer puisque je n’y connais rien.

-         En noir et gris, nous avons les Leone, une très bonne marque et dans votre budget, un peu en dessous même, me précise-t-il.

-         C’est très bien, je vais les prendre.

Il me demande la taille et dieu merci, j’ai eu la curiosité de regarder lorsque j’ai vu à quel point je flottais dedans. Un vendeur restant un vendeur, il essaie de me pousser à dépenser :

-         Vous savez… Ces gants sont un peu moins cher que votre budget mais vous avez l’opportunité de les faire broder avec un mot personnalisé…, dit-il l’air de rien.

-         Oh non, il faut que je reparte avec aujourd’hui… c’est pour Noël, précise-je.

-         La broderie durera une petite heure avec l’attente, nous ne serons pas fermés…, insiste-t-il.

-         Et bien, pourquoi pas…

Il m’emmène près d’un ordinateur qu’il allume tandis que je me creuse la tête. Je trouve l’idée sympa, mais je ne sais pas quoi broder sur les scratchs de ses gants. J’envisage ses initiales mais je ne connais pas son nom de famille, j’envisage son prénom mais ce serait sans doute un peu étrange… j’envisage même une plaisanterie comme « Premier de la classe » mais le vendeur me rappelle que je n’ai le droit qu’à un mot. Je réfléchis une bonne dizaine de minutes, jusqu’à ce que le vendeur tourne un regard légèrement impatient vers moi malgré son sourire professionnel :

-         Vous pourriez écrire votre prénom, propose-t-il.

-         Je n’oserais jamais ! couine-je.

-         Et bien écoutez… c’est tout de même un très beau cadeau que vous lui offrez-là, il est rare que des gens dépensent autant pour de simples gants de boxes… Ça lui ferait comme un petit rappel de qui les lui a offert… la plupart des gens choisissent cette option…

-         Vraiment ? murmure-je.

-         Bien sûr, je ne sais pas la nature de votre relation mais la broderie n’est pas ostentatoire, c’est plutôt discret sur les scratchs…

-         Nous ne nous connaissons pas encore très bien, j’ai peur que ce soit déplacé…, réponds-je en rougissant.

Il hausse un sourcil intéressé en me voyant toute troublée :

-         « Pas encore » ? C’est donc qu’il y a des chances que vous vous connaissiez un peu mieux dans les prochains temps, souligne-t-il avec un ton plein de sous-entendus. Si vous appréciez cet homme au point de lui acheter ces gants onéreux, alors pourquoi donc hésiteriez-vous à y mettre votre prénom pour qu’il pense à vous ?

Je rougis un peu plus et il me lance un regard attendri :

-         Comment vous appelez-vous ? demande-t-il gentiment.

-         Hestia, souffle-je d’une petite voix.

-         C’est un magnifique prénom… je ne connais pas son origine, il signifie quelque chose ?  

-         Papillon, dans une vieille langue maya…, explique-je.

-         Et que diriez-vous d’écrire Hestia sur un gant et de broder un papillon sur l’autre ? Ça ce serait chouette Hestia ! s’enthousiasme-t-il.

-         Un papillon vous pensez ? Ça ne fait pas un peu… féminin ?

-         Si cet homme porte des gants de boxe, et de grande taille en prime… je ne suis pas sûr qu’il sentira sa masculinité menacée par un dessin de papillon qui lui rappellerait la jolie femme qui lui a offert, m’assure-t-il.

Je rougis encore mais je suis charmée par l’idée. Plus je visualise Hunter avec ces gants qui « me représentent » et plus je suis heureuse.

-         C’est d’accord, faisons-ça ! m’exclame-je finalement.

-         Quelle couleur pour le fil ?

-         Euh… je n’en sais rien… peut-être gris…

-         Et si on les brodait en orange vif ? Comme vos yeux particuliers ? Ça c’est une super idée Hestia…, me convainc-t-il encore.

-         Oui, c’est une bonne idée, conviens-je.

Il me fait ensuite choisir un papillon parmi ceux qu’ils proposent et c’est ainsi que je me retrouve une heure plus tard à récupérer les gants d’Hunter en me demandant un peu ce qu’il en pensera. Je me trouve plutôt téméraire sur ce coup mais je suis ravie.

*

Une fois chez moi, j’ai bien du mal à arrêter ma contemplation des gants. Je les trouve magnifiques, sublimes même … Ils sont aussi sobres et élégants que lui mais je ne me lasse pas du papillon et de mon prénom sur les poignets. Je suis tellement heureuse d’avoir osé, je trouve ça plus personnel mais surtout très honnête de ma part. Après tout, il me plait et comme je me le suis déjà dit, je ne tiens pas à en faire un secret d’état. Si ces broderies sont un peu trop particulières pour lui, alors il ne les portera simplement pas mais je lui aurai au moins fait un cadeau dont je suis fière et heureuse.

Je me décide finalement à les emballer dans le papier cadeau que je viens d’acheter pour l’occasion et je m’applique pour qu’il soit parfait, y ajoutant même un joli ruban doré.

Alors que je passe devant ma fenêtre, mes yeux sont attirés par du mouvement au niveau d’un lampadaire et je retiens un cri de surprise lorsque je vois qu’il neige drûment. Je me jette contre mes carreaux pour observer les tourbillons de flocons épais révélés par la lumière orangé et mon moral fait un bond en l’air. Je viens de me doucher et je suis en pyjama, mais je n’hésite pas même une seconde en me jetant sur ma commode pour me rhabiller aussi sec. Impossible que je ne sorte pas faire un tour sous la neige !

Pour faire un clin d’œil au réveillon de Noël, j’enfile une robe noire et des collants mais je choisis la sagesse en mettant mes boots et mon manteau épais en matière pilou-pilou qui me tiendra bien chaud, puis je file dans la rue.

Je suis émerveillée par le spectacle que j’y trouve. Il est près de vingt heures et il doit neiger depuis un moment, car la chaussée, les trottoirs et les plates-bandes sont complétement recouverts de neige. Il doit y avoir deux centimètres maximum mais j’adore l’uniformité du paysage autour de moi, tout parait plus beau, plus lumineux, plus accueillant…

Les gros flocons duveteux tombent par milliers et s’accrochent dans mes cheveux, l’air est plus pur que jamais et le froid me mord les joues mais mon sourire est éclatant. Je prends la direction du parc, pas inquiète d’y croiser qui que ce soit puisque les rues sont littéralement désertes. Je pense à toutes ces familles heureuses qui doivent avoir le nez collé à leurs carreaux, aux enfants excités de passer Noël sous la neige… Les plus sérieux doivent être à table à observer, les plus joueurs sont peut-être dans les jardins à profiter des flocons… En tout cas, personne ne traine dans les rues à part moi et ça me va bien puisque je me sens en parfaite sécurité, comme une petite ombre silencieuse, toute en noire sur le paysage blanc, témoin des familles réunies que j’aperçois par certaines fenêtres.

Le parc est onirique, il est d’habitude si sombre en pleine nuit, mais la neige réverbère à l’infini la lumière des quelques lampadaires qui s’y trouvent, créant une ambiance absolument incroyable. Tout est silencieux, je n’entends que le bruit de mes pas qui font légèrement craquer la neige, les branches des arbres sont toutes gelées et enrobées de blanc…

Au détour d’un virage, une immense forme me fonce dessus à toute vitesse, tranchant magistralement dans ce cadre blanc pur et j’accueille Calyouk à la dernière seconde en me baissant alors qu’il se cale contre moi, l’air plus heureux que jamais.

-         Cal ? Mais qu’est-ce que tu fais là ?! m’inquiète-je en le caressant.

-         Hestia ? s’étonne Hunter qui passe le tournant à son tour.

-         Hunter ?! m’exclame-je.

Je m’attendais à tout sauf à ça. J’étais sûre et certaine que ce dernier serait en famille malgré mes doutes sur leur entente, je ne pouvais même pas envisager qu’il soit ici à ne rien faire, comme moi. Il me rejoint en quelques enjambées :

-         Tu n’es pas en famille… ? demande-t-il avec hésitation.

-         Non… toi non plus ?

-         Non…

Un petit blanc tombe alors que nous nous observons avec des airs incertains. Aucun de nous n’ose poser « la question qui fâche », il est de toute façon bien évident que nous avons des « problèmes » familiaux pour nous retrouver tous les deux au parc à vingt heures le soir du réveillon. Je ne dis rien, puisque je ne suis clairement pas prête à lui révéler que je n’ai pas de famille et il reste muet, sans doute aussi frileux que moi de m’expliquer sa situation. Je me redresse lorsque je constate que nous sommes tous les deux habillés dans nos tenues de tous les jours, ce qui n’était pas arrivé jusqu’à maintenant.

-         Nous sommes habillés pareil ! pouffe-je.

-         Je ne porte pas encore de robe, plaisante-t-il.

-         Mais non, ris-je. Nous sommes habillés tout en noir avec nos rangers !

-         C’est vrai, deux espions dans la ville enneigée, rit-il.

Calyouk repart faire sa petite vie en fouinant dans les buissons gelés et je l’observe d’un œil attendri.

-         Tu… tu n’es pas attendue ? vérifie Hunter avec un air hésitant.

-         Non et toi ?

-         Non. Tu te promènes avec nous ? propose-t-il.

Je le rejoins joyeusement et nous reprenons leur tour en marchant côte à côte. Je l’interroge sur ses partiels, qui se sont évidemment très bien passés et lui les miens alors je lui raconte en détail mes dissertations grâce à sa nouvelle méthode.

Alors que nous approchons de la sortie du parc qui mène à leur immeuble, le silence retombe. Je suppose qu’ils finissaient leur tour et je suis plutôt déçue, j’étais tellement heureuse d’être tombée sur eux et d’occuper mon réveillon… mais je n’ose pas lui proposer de continuer.

-         Tu aimerais que je te raccompagne chez toi en voiture… ? demande-t-il.

-         Oui…

J’accepte uniquement pour passer un peu plus de temps avec lui et il hoche la tête alors que nous continuons notre route. Nous gagnons la rue, où les quelques magasins encore ouverts tardivement pour le réveillon illuminent la route blanche et j’essaie de trouver des excuses, de trouver le courage de lui proposer de passer la soirée avec moi mais je n’aboutis à rien.

-         Alors, qu’est-ce que tu vas faire ce soir ? demande-t-il prudemment. 

-         Rien… sans doute un film et des pop-corn… et toi ?

-         Rien de spécial… Le campus doit être vide…, commente-t-il.

-         Il l’est, je crois qu’il n’y a plus que moi…, soupire-je.

-         Tu vois bien que non, souligne-t-il.

-         Tu n’habites techniquement pas sur le campus, le taquine-je.

Nous nous sourions en nous observant avec complicité et il s’arrête alors net au milieu de la rue. Je l’interroge du regard mais il détourne la tête pour observer la devanture d’un supermarché encore ouvert :

-         Ça te dirait de… passer le réveillon avec moi… ? propose-t-il alors d’une petite voix.  

Mes yeux s’agrandissent sous la surprise alors que la joie la plus pure envahit mes veines :

-         Oui !! couine-je d’une voix aiguë.

Il tourne vivement le visage vers moi, comme s’il était choqué par mon entrain et un beau sourire nait sur ses lèvres :

-         Vraiment ? demande-t-il.

-         Evidement ! Je n’osais pas te le proposer ! m’enthousiasme-je.

Je suis tellement heureuse que je saute sur son bras pour m’y accrocher et au moment où je réalise que c’est un peu envahissant, il le plie automatiquement pour me faire une accroche, souhaitant visiblement que j’y reste, ce qui ne manque pas de me ravir un peu plus. Alors que je me blottis contre son bras, il pose un regard à tomber à la renverse sur moi :

-         On pourrait s’acheter à manger, se faire un petit réveillon entre âmes esseulées ? propose-t-il avec douceur en désignant le magasin à côté de nous.

Je sautille presque de bonheur en acceptant, ce qui le fait rire, et après avoir ordonné à Cal de rester en place devant, il m’entraine vers le magasin alors que je suis toujours pendue à son bras. J’ai l’impression d’être dans le plus beau de mes rêves, la neige qui tombe, les sourires d’Hunter, la perspective d’un réveillon avec lui…

-         Je n’ai jamais fêté Noël ! Je suis tellement heureuse ! couine-je en resserrant mon bras autour du sien.

Il me lance un regard peiné rapide et il me semble qu’il serre son bras contre lui en réponse, comme pour me réconforter.

-         Allez petit lutin de Noël, attrape nous donc un caddie, répond-il finalement.

J’en prends un à côté de l’entrée et je m’enfile dans le magasin, Hunter sur mes talons. Nous nous promenons dans les rayons et il se tourne vers moi :

-         Qu’est-ce que tu aimerais manger ? Je n’y connais rien, je ne connais que les clichés de Noël, s’amuse-t-il.

-         Moi aussi, allons dans le cliché alors ! m’enthousiasme-je. On pourrait manger de la dinde aux marrons, j’en ai toujours rêvé ! Et des pommes dauphines ! Et de la bûche !

Il éclate de rire avant de m’observer avec affection :

-         Tout ce que tu veux Hestia, dit-il simplement.

Je lui souris de toutes mes dents et nous fonçons à la recherche d’une dinde. Mais lorsque je vois le prix, je déchante carrément.

-         C’est affreusement cher…, commente-je d’une voix triste.

-         On s’en fiche, répond-il tout de suite.

-         Pas moi… On devrait peut-être prendre deux cuisses de poulets… je n’ai pas envie de m’assoir sur ma bûche de Noël…, murmure-je.

-         Deux cuisses de poulets ? Tu te moques de moi ? Alors que tu étais toute heureuse de manger une dinde aux marrons ?! Non mais… comme si j’allais te laisser manger une cuisse de poulet…, répond-il d’une voix agacée. 

-         Hunter… Il est hors de question que tu paies…, soupire-je avec lassitude en levant les yeux au ciel.  

Il me surprend alors comme jamais, puisqu’il attrape mon menton fermement entre ses doigts pour tirer vivement mon visage juste en face du sien, me happant complétement dans ses magnifiques yeux bien plus durs que d’habitude. Il prend même son ton le plus autoritaire, celui qu’on ne discute pas :

-         Bien sûr que si Hestia, je vais payer ce repas, je vais payer tout ce que tu auras envie d’acheter ce soir pour te faire plaisir et tu ne m’opposeras pas de résistance. Parce que c’est notre premier réveillon, parce que je veux le passer en continuant de voir le magnifique sourire qui s’accroche sur tes lèvres depuis que je te l’ai proposé. J’ai de l’argent et ce n’est sûrement pas à toi de décider dans quoi je le dépense ou non. J’espère que je suis clair.

J’hoche la tête doucement, complétement retournée par ce qu’il se passe et il reprend :

-         Maintenant, mets tout ce qu’il te plait dans ce foutu caddie, sans te soucier des prix, sans te soucier de quoi que ce soit mis à part nous faire passer une soirée formidable ou je te jure que tu auras affaire à moi.

Il conclut sa tirade en resserrant légèrement ses doigts autour de ma mâchoire, comme pour illustrer sa menace et je suis pourtant folle amoureuse.

Je suis si folle amoureuse que j’accepte, parce qu’il me l’ordonne, parce qu’il me le permet, parce que j’ai l’impression d’être dans un foutu film de Noël, parce que ce garçon me fait rêver depuis le premier jour comme s’il était le chevalier blanc de mon conte de fée. Celui qui vient me chercher dans les soirées où j’ai peur, qui m’ouvre les portes, qui m’apprend à me défendre, qui me raccompagne chez moi, qui m’offre des voyages sur un coup de tête, qui me tombe dessus par miracle le soir du réveillon… tout ça est trop beau.

-         D’accord ! rayonne-je.

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