Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 23 : La magie d'Hunter

3717 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/12/2025 12:10

Chapitre 23 : La magie d’Hunter ****


Dès que j’accepte, il m’offre son sourire le plus éclatant, révélant ses fossettes et ses yeux les plus doux, tranchant complétement avec son attitude quasi menaçante d’il y a une minute. Je meurs d’envie de parcourir les quelques centimètres entre nous pour l’embrasser, je me régale de ses doigts sur ma peau, de nos regards brillants qui se croisent…

-         Quel est le budget ? chuchote-je.

-         Pas de budget, réplique-t-il.

-         Il y a bien un budget Hunter, je ne vais pas dépenser trois-cents euros de ton compte pour une soirée ! glousse-je.

-         Tu peux bien en dépenser sept-cents, je n’en ai rien à faire. Prends simplement ce que tu veux, ordonne-t-il en resserrant un peu ses doigts sur ma mâchoire.

-         J’ai l’impression que ce n’est pas réel ! pouffe-je en mordant ma lèvre.

-         C’est la magie de Noël, s’amuse-t-il.

-         C’est plutôt la magie d’Hunter, réplique-je dans un murmure.

Il tire sur ma mâchoire doucement, pour me rapprocher encore plus près de son visage et mon cœur s’emballe comme il ne l’a jamais fait alors qu’il glisse ses yeux sur mes lèvres. Je prie pour qu’il m’embrasse tout en ayant la peur de ma vie qu’il le fasse mais il m’observe simplement avec une tendresse qui me retourne pendant quelques secondes avant de me relâcher.

-         Moi je crois que c’est la magie d’Hestia, chuchote-t-il simplement avant de se remettre en avant.

Je reste toute fébrile au milieu de mon rayon, le cœur battant, et je m’autorise définitivement à vivre ce moment. Je m’autorise à vivre un réveillon magique avec un homme parfait et j’attrape donc tout ce qu’il faut pour faire une dinde aux marrons sans me soucier des prix. J’enchaine avec le reste du repas, complétement euphorique, avant de me mettre à la recherche d’Hunter. Je le trouve au bout d’un couloir, devant le rayon du champagne en train de les comparer avec une mine contrariée.

Pour le rejoindre, je prends de l’élan dans sa direction et je grimpe sur mon caddie pour rouler jusqu’à lui en riant. Il tourne la tête et éclate de rire en me voyant faire, libérant une de ses mains au dernier moment pour intercepter mon caddie in extremis puisque j’allais percuter un homme que je n’avais pas vu et qui allait traverser devant moi.

 Je ris nerveusement en lançant un regard contrit à l’homme agacé :

-         Excusez-moi, glisse-je d’une petite voix, pourtant toujours perchée sur mon caddie.

Il me lance un regard hautain en me dépassant et je glousse encore alors qu’Hunter repose les bouteilles sur l’étagère :

-         Ça suffit lutin, je reprends le contrôle de ton traineau avant que tu ne fasses des blessés, s’amuse-t-il.

Il se glisse derrière moi puis pose ses mains sur le caddie de chaque côté de ma taille pour me pousser. Ses avant-bras sont en contact avec moi, son torse est si proche de mon dos qu’ils s’effleurent toutes les secondes et je devine qu’ainsi perchée, je dois presque faire sa taille. Je lui lance un petit regard timide par-dessus mon épaule pour vérifier ma théorie, manquant de défaillir en me retrouvant à quelque centimètres de son visage souriant. Mon cœur tambourine dans mes oreilles, je pourrais lui embrasser la joue en me penchant de quelques centimètres, voir l’embrasser tout court si j’avais plus de courage… Mon ventre s’électrise à cette idée et je me plonge dans ses yeux tandis qu’il me couve d’un regard que j’aime.

-         Où va-t-on ? demande-t-il doucement en rapprochant son visage du mien.

-         Aux décorations…, souffle-je.

Cette fois, il est vraiment extraordinairement proche, mes yeux tombent automatiquement sur ses lèvres mais je les relève vite, rougissant des pieds à la tête avant de me retourner pour me laisser emmener à travers les rayons.

Après un tour aux décorations, nous nous dirigeons vers la caisse où nous patientons. Tout est décoré pour Noël, entre les roses fraiches soupoudrées de paillettes dorés, les oursons avec leurs petits pulls à carreaux et les petits anges qui brillent… tout est fait pour craquer à la dernière minute mais je ne veux pas exagérer.

-         Tu veux bien aller t’occuper de Cal pendant que je paye ? propose-t-il. Il est tout de même tout seul dehors depuis un petit moment.

-         Bien sûr.

Il me sourit et je m’exécute, me demandant s’il ne m’y envoie pas pour m’éviter d’entendre la note salée qu’il risque d’avoir. Honnêtement, j’en suis soulagée et je le trouve d’une prévenance folle d’y avoir pensé alors que je rejoins Cal au garde à vous, assis devant la vitrine comme il était sûr et certain que je le trouve.

Quelques minutes plus tard, Hunter sort et je me redresse avec inquiétude :

-         Ça va ? Tu n’es pas ruiné ? demande-je timidement.

Il lève les yeux au ciel en lâchant le caddie pour faire un pas vers moi, avant de lever une main pour me tendre une magnifique rose rouge. J’en reste complétement scotchée sur place :

-         C’est pour moi ? murmure-je.

-         Joyeux réveillon de Noël, répond-il simplement.

Mon cœur s’emballe alors que je la prends délicatement entre mes doigts et que mon cœur s’envole si haut que j’en ai le tournis.

-         Je n’ai jamais reçu de fleur…, souffle-je sans y croire.

Je dévisage ma rose avec des yeux émerveillés, entre son rouge profond, la neige qui tombe et Hunter… Hunter… Mes joues s’enflamment et je relève le nez pour tomber sur un sourire timide qui me touche comme une flèche en plein cœur.

Mes yeux s’embuent et je lui saute dessus sans y réfléchir, m’accrochant à sa nuque pour le serrer dans mes bras alors que les siens se referment autour mon dos et qu’il cale son nez dans mon cou. Je me laisse porter par notre câlin, par sa fragrance qui m’enivre, par le contact de son visage au creux de ma gorge :

-         Merci, et merci pour ce réveillon parfait, murmure-je d’une voix émue en le serrant de toutes mes forces.

Je redresse la tête pour le regarder en face, me noyant encore dans ses yeux qui reflètent les guirlandes extérieures lorsqu’il m’imite.

-         Il n’a pas encore commencé…, répond-il à voix basse.

-         Il est déjà parfait, murmure-je.

Nous échangeons un regard intense, plein de promesses, mais il est malheureusement interrompu par la sortie du magasin d’une femme qui manque de nous rentrer dedans en râlant et nous rions un peu nerveusement alors qu’il me relâche.

Je prends Calyouk dans une main, ma précieuse rose dans l’autre et il attrape les deux gros sacs de courses. Nous nous mettons en route en nous lançant des regards rayonnants toutes les trente secondes, des regards qui me font rougir à chaque fois alors que mon rêve continue.

Nous faisons simplement un dernier arrêt dans une cave à quelques rues d’ici, parce qu’il n’a pas réussi à trouver le champagne qu’il voulait dans notre magasin et j’accepte évidemment en gardant nos provisions devant avec Calyouk.

*

Une fois chez lui, je m’occupe rapidement du loup pendant qu’Hunter sort nos achats sur l’îlot de la cuisine et je le rejoins en sautillant.

-         Par quoi on commence ? demande-t-il en mettant le champagne au congélateur.

-         La dinde, ça risque de cuire longtemps, je n’en sais rien ! réplique-je joyeusement.

Il m’emmène sa tablette pour que je cherche une recette, mais je le surprends en ouvrant une application de musique à la place.

-         Pour l’ambiance, glousse-je.

Il rit en allant allumer l’enceinte du salon et je nous dégotte une playlist de Noël que nous laissons en fond sonore, faisant toute la différence alors que je dispose les guirlandes que j’ai acheté sur la table et le plan de travail, répartissant mes petites décorations autour.

Dès qu’il éteint les lumières, l’ambiance est officiellement parfaite. Les chants de Noël nous bercent, les guirlandes apportent une lumière chaude et tamisée, les bougies reflètent dans ses pupilles et je pourrais mourir de joie alors qu’il m’observe avec un sourire, le dos appuyé sur le plan de travail et les bras croisés.

Je désigne l’environnement d’un geste vague en mordant ma lèvre :

-         Alors ? Ça te plait… ? demande-je d’une voix incertaine.

Il m’observe quelques longues secondes sans répondre, ne détachant même pas ses yeux de moi pour observer la décoration.

-         Tu es sublime…, murmure-t-il.

Son compliment me coupe les pattes et je rougis en baissant le nez :

-         Merci…, bafouille-je.

-         Et l’ambiance que tu as créée est parfaite, ajoute-t-il.

Je relève la tête pour lui sourire mais il me couve toujours des yeux, ce qui me trouble naturellement un peu plus. J’ai envie de lui crier à quel point je le trouve beau à tomber moi aussi, mais je n’y arrive pas, les mots ne veulent tout simplement pas sortir de mes lèvres… Je suis trop chamboulée, trop heureuse, trop amoureuse et surtout bien trop inexpérimentée pour savoir comment réagir… je ne sais même pas s’il me complimente par politesse, par amitié comme aurait pu le faire Eden ou parce qu’il y a une chance que je lui plaise un peu… C’est frustrant et je me tortille sur place en essayant de calmer la chamade de ma poitrine.

-         On cuisine ? propose-t-il.

J’hoche la tête, terriblement déçue d’avoir loupé le coche de lui retourner le compliment et nous nous attaquons à notre plat.

Nous nous entendons à merveille, nous nous répartissons les tâches facilement, l’un préférant toujours ce que l’autre ne veut pas faire et nous rions aux éclats plusieurs fois, lorsque nous manquons de nous couper, de renverser notre dinde ou d’écraser notre bûche. Une heure plus tard, la dinde est au four, la bûche au frigo et nous nous tapons dans la main en riant.

-         La cuisson va être un peu longue selon la recette, le préviens-je.

-         Ce n’est pas grave, nous pouvons nous occuper, répond-il en partant au salon.

-         Nous pourrions jouer à un jeu ? propose-je avec entrain.

Il hoche la tête, l’air surpris de ma proposition mais heureux alors qu’il se plante devant une grosse commode en bois en ouvrant un tiroir. Je me glisse jusqu’à lui pour observer le contenu et mes yeux sont immédiatement attirés par un gros jeux d’échec en bois verni, une pièce magnifique, je n’en ai jamais vu un aussi beau et mes yeux s’agrandissent en se remplissant sans doute de milliers d’étoiles alors que je lui lance un regard suppliant :

-         Est-ce qu’on peut jouer aux échecs ?! piaille-je.

-         Tu te moques de moi… ? demande-t-il en écarquillant les yeux.

-         Non…, réponds-je rapidement, soudain beaucoup moins sûre de moi.

-         C’est… mon jeu préféré, bafouille-t-il alors en le sortant.

Il a l’air choqué, sincèrement, on dirait qu’il n’en revient pas alors qu’il ajoute :

-         Eden joue rarement avec moi…

-         Les échecs ont mauvaise réputation, acquiesce-je. Personne voulait jouer avec moi à l’… quand j’étais jeune.

Je me rattrape brillamment et nous nous installons dans le canapé.

-         Les gens ne prennent plus le temps d’apprendre, soupire-je.

-         J’ai passé toute mon enfance à y jouer, dit-il.

Nous nous sourions avant d’installer les pions, mais je me dois d’être honnête puisque je ne suis pas une joueuse extraordinaire :

-         Je ne dis pas que je suis douée mais j’adore ça…, le préviens-je.

-         Je ne dis pas que je suis doué mais… je suis imbattable, répond-il avec humour.

J’éclate de rire tandis qu’il affiche un air fier et satisfait qui me fait fondre.

Nous faisons quelques parties, il me bat à plate coutures à chaque fois mais je suis trop heureuse de jouer avec lui et de le voir gagner, je suis même fière. Je commence à croire que cet homme est littéralement fait pour moi. Nous sommes face à face dans le canapé et j’appuie souvent ma joue contre le dossier simplement pour l’observer réfléchir. J’adore voir sa mine concentrée, ses yeux fixés sur le plateau tandis qu’il déroule sans doute toutes les possibilités dans sa tête. J’aime son physique, c’est clair, mais j’aime son caractère, sa gentillesse, son intelligence… peu importe quel bout de lui je prends, je le trouve extraordinaire. Je ne peux pas croire que je sois en train de jouer aux échecs avec Hunter le soir du réveillon plutôt que d’être seule chez moi ou devant une émission stupide avec un gros naze comme ceux que me décrit Julia.

-         Qu’est-ce qu’il y a ? s’amuse-t-il en interceptant mon regard rêveur.

-         Rien, je te regarde c’est tout…, chuchote-je.

Il se trouble un peu et ses joues rosissent alors qu’il reporte son attention sur le plateau. J’ai raté le coche tout à l’heure, mais je ne compte pas le rater une seconde fois :

-         Tu es beau quand tu réfléchis, murmure-je.

Il relève la tête :

-         Seulement quand je réfléchis ? s’amuse-t-il avec un sourire en coin.

-         Non, tu es beau à en tomber à la renverse quoi que tu fasses.

Il perd doucement son sourire et nous nous observons en silence alors que mon cœur s’emballe pour la énième fois de la journée. J’ai l’impression qu’une drôle d’énergie s’installe, je la sens, comme si l’air se chargeait d’électricité mais le moment est interrompu par mon téléphone qui se met à sonner sur l’îlot.

Nous détournons la tête en même temps dans sa direction et je suis plutôt très surprise alors je me lève pour aller voir qui m’appelle à une heure pareille le soir du réveillon.

-         C’est Eden, m’étonne-je en décrochant.

-         « Titi ? »

-         Oui, tu as un problème ? m’inquiète-je.

-         « Pas du tout ! Je t’appelais comme ça, pour discuter ! »

-         Euh d’accord…

Nous discutons donc pendant dix bonnes minutes tandis qu’Hunter sort notre repas du four et dresse la table. Eden me raconte sa soirée, il me relate les premières discordes déjà apparues dans sa famille, les ragots sur sa tante qu’il ne voit jamais… Je ris beaucoup alors qu’il plaisante sans interruption, puis il va jusqu’à me décrire la décoration et le nouveau petit ami bizarre de sa cousine. J’en pleure presque lorsqu’il me le décrit plus comme un troll qu’un être humain et je sens bien qu’aucun homme ne sera jamais assez bien pour elle à ses yeux.

Au fur et à mesure de l’appel, Hunter a l’air de s’impatienter. Il tourne en rond un moment avant de croiser les bras en s’appuyant contre le plan de travail pour m’observer fixement et pas de ses yeux les plus doux.

-         Je vais te laisser Eden…, dis-je donc.

-         « Ah bon ? Je ne suis pas pressé, on fait une pause avant le dessert… »

-         Et bien…, commence-je.

-         « Tu sais, je t’appelais parce que j’imagine que ça ne doit pas être très drôle d’être toute seule… Alors si tu veux raccrocher pour être polie, sache que ça ne me dérange pas du tout de discuter ! Je t’ai appelé pour ça ! »

Ah, voilà qui devient très clair et qui démontre surtout du caractère adorable de mon meilleur ami qui s’est donné comme mission de me distraire de ma soirée en solitaire. Je ne sais pas pourquoi je suis si timide, mais je rougis légèrement pour lui expliquer la situation :

-         Et bien en fait… je ne suis pas toute seule, avoue-je.

-         « … Ah bon … ? »

-         Non… je suis chez toi.

-         « Quoi ?! »

Il éclate de rire, ce qui me met à l’aise :

-         Oui… je suis tombée sur Hunter et Cal au parc et nous avons plus au moins décidé de passer le réveillon tous les deux puisque nous sommes seuls, explique-je.

-         « Sérieusement ? »

-         Puisque je te le dis !

-         « Mais c’est génial… Bon sang je suis trop heureux de vous savoir à deux ! J’ai essayé d’appeler Hunter dix fois, je commençais à m’inquiéter ! Et comment va mon loulou ?? »

J’éclate de rire en me dirigeant vers Calyouk que je caresse :

-         Ton loulou va très bien, il se fait gratouiller derrière les oreilles et ne va pas tarder à recevoir une gamelle de dinde, glousse-je.

-         « Bon sang je suis trop content ! Fais-lui un bisous de ma part… et fais-en un à Hunter ! Passez une bonne soirée ! »

-         Pas de soucis, bonne soirée à toi !

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