Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël
Joyeux réveillon à ceux qui le font ! Les chapitre 24 et 25 seront plus longs que d'habitude pour ces deux derniers jours de mon calendrier de l'avent, j'espère qu'ils vous plairont ! ♡
Chapitre 24 : Le réveillon ****
Je raccroche et après un bisou sur le museau de Cal, je me tourne vers Hunter :
- Eden t’embrasse, dis-je gentiment.
Il hoche simplement la tête, sans réaction majeure et se tourne ensuite pour nous servir. Je m’assieds en l’observant me tendre une assiette et je jurerais qu’il a radicalement changé de comportement.
- Ça va ? demande-je.
- Très bien.
Un vent glacial souffle décidemment entre nous et je ne sais pas trop quoi faire pour rattraper la chose. Nous mangeons en silence quelques minutes avant qu’il ne parle :
- C’était bien votre soirée l’autre jour ? demande-t-il.
- De quoi parles-tu ? m’étonne-je.
- Ta soirée avec Eden… vous sortiez en tenue habillée, quand vous avez pris ma voiture, précise-t-il.
Je me trouble à la mention de notre plan douteux à la prison, mais heureusement pour moi, nous sommes bel et bien allés au restaurant ce jour-là.
- Oh oui ! réponds-je donc vite. Nous sommes allés Au Carré, c’était très bon !
- Au Carré…, commente-t-il d’une voix neutre en hochant la tête. Et bien, c’est plutôt très chic, je comprends mieux vos tenues.
Il y a décidemment quelque chose, son attitude n’a rien à voir avec tout à l’heure.
- Merci pour ta voiture, c’était très gentil, tente-je en souriant.
- Oh oui, de rien je suppose… si tu as passé une bonne soirée alors tant mieux.
Son ton est si froid que j’arrête de manger :
- Il y a quelque chose qui ne va pas Hunter ? J’ai fait quelque chose de mal ? m’inquiète-je.
Il soupire un peu en observant sa fourchette avant de secouer la tête :
- Non, excuse-moi Hestia… Je suis navré. Je n’ai pas envie de te faire passer une mauvaise soirée, j’ai juste quelques préoccupations qui me contrarient.
- Tu veux m’en parler ? propose-je.
- J’aimerais bien, répond-il avec un petit rire nerveux. Oublie, ça va mieux, passons une bonne soirée.
Je lui souris timidement et il me rend un sourire convaincant cette fois, puis nous passons le reste du repas dans la bonne humeur en discutant de nos études et de mes cours d’autodéfense où il me vante avec zèle. Je le fais donc mousser sur ses performances en sport et j’en profite pour vérifier qu’il a toujours ses gants abîmés, ce qui me rassure car il aurait été vraiment malheureux qu’il ait décidé de les changer ces jours-ci. Il me propose de refaire un entrainement avec lui pendant les vacances et j’accepte, puis nous rions toute la fin du repas en nous remémorant mon fameux appel avec « Winston ».
Pour le dessert, je m’occupe de la bûche tandis qu’il sort le champagne et nous en sert deux coupes avant de lever la sienne :
- A notre premier réveillon, propose-t-il.
- Au meilleur réveillon, le corrige-je.
Nous trinquons et dès que je bois ma première gorgée, j’en reste coite. J’ai déjà bu un peu de champagne à quelques occasions, mais celui-là n’a rien à voir.
- Il est délicieux ! m’exclame-je en observant ma coupe.
- Il peut, s’amuse-t-il.
- Combien as-tu payé cette bouteille ? m’inquiète-je.
- Chut, répond-il en souriant.
- Hunter ! couine-je.
- Chut, répète-t-il plus fermement en m’hypnotisant de ses yeux.
- Je… Je…
- « Tu… » rien. Arrête de me mettre en colère, continue-t-il malgré son sourire en coin dévastateur.
Il est tellement séduisant que j’obéis sans discuter.
Nous buvons quelques coupes en mangeant notre bûche avec gourmandise et j’ai l’impression que l’alcool nous délie autant l’un que l’autre. Hunter adopte une posture plus décontractée, il s’appuie dans son dossier tandis que je me penche sur la table, appuyée sur les coudes avec le menton dans une main et ma coupe dans l’autre pour l’admirer sereinement.
On dirait que l’éclat dans son regard change, le champagne diffuse sans doute déjà dans son corps, ses yeux brillent légèrement et il m’attire irrésistiblement. Son regard est plus franc sur moi, plus assumé, nous nous dévorons littéralement du regard pendant un petit moment sans ciller.
- Qu’est-ce qu’il te voulait ? lâche-t-il alors sans préambule.
- Qui ça ? m’étonne-je.
- Eden.
J’hausse les sourcils :
- Rien de particulier, il m’appelait comme ça…, réponds-je.
- Comme ça ? insiste-t-il.
- Il savait que j’étais seule… il a essayé de t’appeler toi aussi mais tu ne lui répondais pas, explique-je.
- Comme c’est gentil de sa part, répond-il d’une voix neutre.
- Plutôt oui, il était heureux que nous soyons tous les deux.
- Mh…, marmonne-t-il pensivement sans détacher son regard du mien.
- Tu recommences, souligne-je.
- Quoi donc ?
- A faire ta mauvaise tête ! pouffe-je en souriant.
Il rit un peu en baissant la tête avant de relever simplement le regard pour m’observer par-dessous ses cils :
- Oups…, murmure-t-il.
Entre ses yeux mutins, sa voix grave et sa beauté… j’en plisse les yeux tant j’ai envie de le dévorer tout cru. Cette dernière pensée lubrique me ramène suffisamment à moi pour que je me redresse en essayant de me changer les idées :
- Tu veux jouer ? propose-je.
Il hoche la tête et nous nous installons donc sur le canapé avec une coupe pleine chacun.
- Je ne suis pas sûre qu’il soit judicieux de vider une bouteille de champagne à deux, glousse-je en installant mes pions.
- Pourquoi donc ? rit-il.
- Je n’arrivais déjà pas à te battre, ce n’est pas maintenant que je le pourrai !
Il siffle alors l’intégralité de sa coupe :
- Tu as une longueur d’avance maintenant, ça te donne des chances, plaisante-t-il en se resservant.
J’éclate de rire et nous commençons à jouer lamentablement. Nous pouffons plus que nous nous concentrons et j’arrive enfin à lui prendre quelques pions. Lorsque je lui prends sa reine, je suis tellement euphorique que je sautille sur le canapé en le regardant mais je me rends enfin compte qu’il ne joue pas vraiment.
Il n’a rien à voir avec tout à l’heure, son flanc est complétement appuyé sur le dossier du canapé, au-dessus duquel son bras est posé pour soutenir sa tête dans sa main. Ses yeux sont plus fixés que jamais sur moi et je commence à me demander s’il réfléchit un minimum ou s’il se contente de déplacer ses pions au hasard.
- Tu me laisses gagner ? demande-je avec suspicion.
- Peut-être bien, répond-il d’une voix amusée.
Je lui lance un regard blasé :
- Je pensais que je gagnais, boude-je.
- Mais tu gagnes, souligne-t-il.
- En trichant ! m’offusque-je.
- Ce n’est pas tricher si je te laisse gagner, nuance-t-il.
- Hunter… ! glousse-je.
- Hestia…, murmure-t-il.
Sa voix est si grave, si suave, j’en tomberais raide. Je ne savais pas que l’alcool pouvait à ce point exacerber les émotions, j’ai l’impression que je serais capable de tout ce soir, je crois que je le suis sincèrement et je trouve un courage inédit au fond de moi.
- Je n’ai plus envie de jouer, déclare-je.
- Je peux me concentrer si tu y tiens, s’inquiète-t-il tout de suite.
- Non, je préfère qu’on parle.
- Parlons alors…, s’étonne-t-il.
Je m’appuie contre le dossier, mais ça ne me convient pas. J’ai envie de sa proximité, j’en meurs d’envie… Je veux lui sauter dans les bras comme tout à l’heure, je veux qu’il me dise que je suis sublime, je veux qu’il me touche…
Plus courageuse que jamais, je me lève pour poser notre échiquier sur la table basse, avant de vider ma coupe que je pose avec et il m’observe sans commenter. Lorsque je retourne me rassoir, je me force à suivre mon plan initial et je me rassieds devant lui. Vraiment devant lui, bien plus près que la bienséance ne l’ordonne.
Je m’installe sur ma jambe repliée et j’adopte la même position que lui alors que nos genoux se touchent largement et que nos visages se retrouvent plutôt proches. Il hausse un sourcil en me voyant faire mais le sombre éclat dans ses yeux me fait vibrer si fort que je me félicite.
Nous nous observons une minute mais ça n’a rien de gênant. C’est comme si le temps était suspendu, comme si nous étions dans un drôle de rêve où rien n’est grave, où nous pourrions faire n’importe quoi sans que ça impacte notre vie quotidienne, où le courage se démultiplie... L’alcool est définitivement une boisson dangereuse.
- Tu passes une bonne soirée ? demande-je.
- Excellente, et toi ?
- Parfaite, chuchote-je.
Plus je le regarde et plus j’ai envie de lui poser « la question qui fâche », celle que nous n’avions pas osé nous poser en début de soirée. Maintenant que le champagne a glissé son nez dans le tableau, tout est différent et j’ose donc :
- Pourquoi étais-tu seul ce soir ?
Il ne cille même pas et il me répond :
- Mes parents sont morts lorsque j’avais quatre ans et je n’ai pas de famille.
J’en crispe les sourcils sous la peine :
- Je suis terriblement désolée pour toi Hunter…, murmure-je.
- Merci mais ne t’en fais pas, je n’ai pas vraiment de souvenir d’eux… Je peux te retourner la question ?
Je baisse le nez pour observer ma main, que je passe sur ma cuisse nerveusement :
- Je n’ai jamais connu mes parents, je n’ai aucune information sur eux en fait je… j’ai grandi dans un orphelinat, avoue-je.
- Vraiment ?
Sa voix est si blanche, si choquée, que je relève le nez pour le regarder et il ne me laisse pas répondre :
- J’ai été placé en orphelinat à mes quatre ans… j’y ai passé ma vie jusqu’à mes dix-huit ans, souffle-t-il.
Je pense que ma mâchoire se décroche alors que je reçois l’information. Nous mettons bien une minute à intégrer les faits en nous dévisageant et en nous rendant compte que nos vies sont finalement très semblables malgré ce que j’en pensais.
- Où ça ? demande-je dans un souffle.
- Dans une petite ville à cinquante kilomètres… La ville des parents d’Eden en fait, c’est comme ça que nous nous sommes rencontrés, au lycée… et toi ?
- Ici même, dans cette ville.
L’émotion dans la pièce est folle, j’ai déjà eu l’impression que nous ne nous comprenions pas mais ce soir, nous nous comprenons assurément sur toute la foutue ligne.
J’essaie d’intégrer qu’il n’est pas le « gosse de riches » que j’imaginais tandis qu’il doit être en train d’intégrer que ma vie non plus n’a pas été fun. Je réalise qu’il n’a pas eu la chance de passer des réveillons en famille où il recevait des poneys tandis qu’il comprend que j’avais une simple tablette de chocolat à Noël… tout comme lui. Il a connu des temps durs, tout comme moi…
Bon sang, c’est comme une énorme claque que je me prends dans la tête :
- Hunter, je suis fondamentalement désolée pour les horreurs que je t’ai dites lorsque j’ai appris que tu avais payé le séjour à la neige, couine-je d’une voix horrifiée en plaquant mes doigts sur mes lèvres.
- Tu t’en es déjà excusé, souligne-t-il.
- Oui mais là… je crois que tu ne peux pas imaginer la honte que je peux ressentir d’avoir pensé et dit ce que j’ai dit alors que tu as eu la même vie que moi… je ne… je ne sais même pas… j’ai simplement envie de partir en courant…
- Ne pars pas, répond-il simplement.
- Pardonne-moi…, gémis-je.
- Tu es toute pardonnée Hestia, tout ça est derrière nous, largement.
J’hoche la tête en détournant le regard, la gorge nouée par mon malaise et je promène mes yeux sur l’appartement. Une deuxième évidence me frappe :
- Tu loues cet appartement ? demande-je.
- Oui, répond-il.
Bon sang. Je me ficherais des claques d’avoir interprété les paroles d’Eden comme je l’ai fait… Il n’est pas un gosse de riches, il est simplement un garçon qui a su trouver un travail qui rapporte et qui lui a permis de s’acheter une très belle voiture… Je ne sais pas quel genre de travail a pu lui permettre cet achat, mais je tente ma chance d’essayer de creuser :
- Tu as grandi dans les mêmes circonstances que moi… Tu as simplement désormais un travail qui rapporte bien… ? commence-je innocemment.
- Je n’ai pas assez bu pour te parler de mon travail Hestia, répond-il en souriant. Nous avons déjà eu cette conversation.
- Je tentais, réplique-je.
- Je vois ça.
Je rougis un peu et il boit une gorgée de champagne, puis plusieurs autres avant de fixer le fond de son verre :
- Tant que nous sommes dans les questions indiscrètes…, murmure-t-il.
- Oui ? m’étonne-je.
- Tu peux tout à fait ne pas me répondre, ça ne me regarde absolument pas mais… je me demandais…
- Je t’écoute, l’encourage-je.
- Est-ce qu’il se passe quelque chose… entre Eden et toi ? demande-t-il alors en fixant toujours sa coupe.
Je crois que mes sourcils sautent jusqu’au plafond :
- Quoi… ?
- Ma question est plutôt claire, répond-il lentement, sans me regarder.
- Il ne se passe rien avec Eden, qu’est-ce qui te fait croire une chose pareille ? demande-je.
Il plante ses yeux dans les miens en fronçant les sourcils :
- Oh je ne sais pas, peut-être votre rendez-vous l’autre soir dans un restaurant étoilé, lâche-t-il.
- Mais… absolument pas, c’était un diner entre amis, couine-je. Avons-nous vraiment l’air d’être plus que des amis ?
- Je ne sais pas trop, je suis un peu perdu depuis le début…
- Pourquoi ? demande-je.
- Et bien, le soir de notre rencontre tu m’as dit que tu l’attendais et à ce moment-là, j’ai juste admis que tu étais sa petite amie sans me poser de questions. Quand il m’a demandé de passer te prendre à la soirée, j’ai trouvé ça un peu étrange mais après tout, pourquoi pas… Et puis après, je vous ai vu chez nous en train de réviser, tu l’assommais littéralement avec un livre, ça faisait tout de même très amical…
Je glousse un peu à ce souvenir et il me lance un regard amusé avant de continuer :
- Après ça, tu m’as dit que tu n’avais pas de petit-ami, mais c’était dans le contexte d’une histoire qui avait eu lieu le jour de ta rencontre avec Eden alors je… je ne comprenais toujours pas trop et puis tu es finalement restée ici pour une soirée film avec nous sans avoir un seul geste tendre pour Eden… sauf que je vous retrouve ensuite apprêtés comme jamais pour sortir diner tous les deux… Alors je me suis reposé des questions, je me suis dit que je n’avais peut-être pas compris, que vous vous tourniez peut-être autour sans pour autant être encore ensemble… et le voilà qui t’appelle ce soir au milieu du réveillon de Noël…
Mes yeux s’agrandissent au fur et à mesure qu’il parle, quand je me rends compte que c’est un vrai sujet pour lui et je peine à y croire. Il voit mon regard choqué et il continue :
- C’est terriblement indiscret mais… j’aimerais bien savoir si tu l’apprécies plus qu’en ami… si vous êtes plus proches que des amis… je ne sais pas, conclut-il en fixant sa coupe à nouveau.
- Non, il n’y a que de l’amitié entre Eden et moi, des deux côtés…, précise-je. Il n’y a absolument jamais rien eu d’ambigu, il m’a simplement sauvé la vie et nous nous sommes très bien entendus.
- D’accord, répond-il en hochant la tête pensivement.
Mon cœur tambourine dans ma poitrine, si vite que j’entrouvre la bouche pour respirer discrètement et oser à mon tour :
- Et toi … ? Tu as une petite-amie ? demande-je d’une voix faible.
- Non…, répond-il doucement.
J’hoche la tête et il pose sa coupe sur la table basse avant de reposer son regard dans le mien, ne manquant pas d’accélérer un peu plus mon pouls.
- D’accord, murmure-je pour meubler le silence.
Il glisse alors lentement sa main en direction de la mienne et les papillons s’affolent plus fort que jamais au creux de mon ventre, jusqu’à ce que ses doigts m’effleurent et que les papillons se muent en de l’électricité pure et dure, qui me retourne le ventre et le corps en entier alors que je fixe nos mains. Ses doigts s’écartent légèrement et les miens s’y glissent naturellement tandis que nos mains s’enlacent l’une à l’autre.
Le moment est de plus en plus fort et intimidant, de plus en plus ahurissant, ma timidité m’étrangle alors que mon cœur crie d’allégresse, je rougis plus fort que jamais à la vision de nos mains enlacées et je suis certaine à ce stade qu’il entend mon cœur cogner dans ma cage thoracique.
- Joyeux Noël Hestia, dit-il alors.
Je jette un coup d’œil à l’heure et je constate qu’il est minuit passé alors j’ose enfin le regarder dans les yeux :
- Joyeux Noël, réponds-je timidement.
Il se penche vers moi et je frôle l’arrêt cardiaque en pensant qu’il va m’embrasser mais ses lèvres se posent sur ma joue avec douceur et je ferme les yeux en me pressant légèrement contre son visage pour profiter de son baiser. Le sentir si proche de moi est dingue, des frissons réveillent ma nuque et j’inspire sa fragrance, me laissant complétement submergée par la douceur du moment.
Lorsqu’il se redresse, il reprend sa position mais en restant plus proche de moi alors que son pouce caresse gentiment ma main. Je m’appuie plus confortablement sur le dossier moelleux, venant moi aussi me caler encore plus près de lui alors que nous nous observons avec des yeux plus que complices que jamais.
J’ai l’impression que tout le reste de la pièce devient floue avec le champagne, je ne vois que lui :
- Je vais avoir du mal à rentrer chez moi sans me casser la figure, plaisante-je à voix basse.
- J’aurais bien du mal à te ramener, tu aimerais dormir ici ? propose-t-il.
- J’adorerais mais je n’ai rien…
Ses yeux tombent sur ma robe et mes collants :
- Je peux te prêter des habits, je ne sais pas si ça t’ira mais tu seras tout de même plus confortable…
Je me trouble un peu à l’idée de porter ses vêtements mais il se lève :
- Je vais aller voir ce que je peux te trouver.
Dès que sa main quitte la mienne, elle me manque instantanément et je l’observe gagner sa chambre en ravalant ma déception avec difficulté. Heureusement, il ne me laisse pas malheureuse longtemps puisqu’il ressort une minute après avec une tête hésitante en tenant devant lui un grand tee-shirt :
- Ça risque d’être un peu grand mais … ça se tente, dit-il.
- Ça ira très bien, assure-je en me levant.
Je m’enferme à la salle de bain pour me changer et dès que le tee-shirt tombe sur mon corps, il devient officiellement ma tenue préférée. Je m’observe dans le grand miroir en rougissant et en me retenant de glousser alors que je m’admire sous toutes les coutures. C’est carrément sensuel de porter son haut qui révèle mes jambes avec tant de générosité, qui serait assez long pour que je puisse le porter sans short, mais trop court pour que ça n’évoque rien de brûlant. J’adorerais le rejoindre simplement dans cette tenue, voir un peu le regard qu’il porterait sur moi… mais ce serait vraiment déplacé je crois. J’enfile donc rapidement le short qu’il m’a donné avec, mais impossible de le faire tenir sur mes hanches et je le rejoins dans le salon en gloussant :
- Je crois que ça risque d’être compliqué, annonce-je.
Il rit un peu en voyant l’espace entre le tissu et ma hanche avant de venir s’agenouiller devant moi pour tirer sur les ficelles et le resserrer au maximum, ce que je n’avais pas osé faire par peur de l’abimer. Je tiens le tee-shirt sous mes seins, pour lui laisser accès et je suis un peu timide de lui découvrir ainsi mon ventre. Chaque fois qu’il l’effleure en nouant les ficelles fermement, des petits frissons me trahissent sur ma peau et je prie pour qu’il ne le remarque pas.
- Et voilà, conclut-il en me souriant lorsque son short tient en place.
- Merci, souris-je en relâchant mon haut qui retombe.
- Tu es fatiguée ? Tu voudrais faire quelque chose… ? hésite-t-il.
Je suis loin de tomber de fatigue mais je sais que je n’ai pas envie de me détacher de lui, j’aimerais juste reprendre sa main ou le câliner… continuer nos rapprochements discrets et il me semble que nous caler dans le canapé est propice pour ça :
- Nous pourrions regarder un film ? J’ai un peu trop bu pour faire autre chose…, tente-je.
- Avec plaisir, je vais me changer aussi si tu n’y vois pas d’inconvénients.
Je pars donc joyeusement m’affaler dans le canapé, savourant d’être dans ses vêtements doux tandis qu’il se change dans sa chambre. J’attrape la télécommande pour dérouler le menu des films comme si j’étais chez moi et lorsqu’il revient, il porte la même tenue que moi et sa couette dans un bras.
Il se laisse tomber à ma droite, s’allongeant en travers du canapé pour être avachi confortablement mais je suis plutôt déçue puisque ça l’éloigne de moi et annonce que nous n’allons pas nous reprendre la main. Je ravale ma déception cuisante tandis que nous nous mettons d’accord sur un film, que je lance avant de me glisser sous sa couette tristement.
Mais le miracle se produit.
Alors que je cherche une position confortable qui me permette de me rapprocher un peu de lui discrètement, il passe son bras derrière mon dos pour me tirer tout doucement en direction de son corps, me laissant le choix d’accepter ou non. Il ne faut pas me le dire deux fois et je me laisse donc emmener contre son torse avec bonheur où je me cale confortablement en posant ma tête au creux de ses pectoraux. J’enlace son ventre de mon bras gauche et il rabat sa couette sur mes épaules pour que je sois au mieux avant de remettre son bras autour de ma taille pour me câliner contre lui, comme dans tous mes rêves les plus fous.
Je crois que je n’ai jamais été aussi bien de ma vie entière. Je n’aurais jamais pensé que quelqu’un pouvait être plus confortable que n’importe quel matelas, plus sécurisant que n’importe quel verrou et plus accueillant que n’importe quel lieu. J’écoute son cœur battre régulièrement à mon oreille, je sens le bout de ses doigts qui me caressent doucement la taille et je serre son ventre dans mon bras pour le câliner. Je ne suis même pas une minute du film qui déroule à l’écran, je suis concentrée uniquement sur mes ressentis, sur toute sa personne et notre premier vrai câlin.
C’est mon premier câlin tout court avec un homme et je dois dire que je ne suis pas déçue. Je ne pensais pas ça aussi agréable alors que ça devient littéralement mon activité préférée au monde en un claquement de doigts. Je ne veux jamais qu’il me lâche, je pourrais passer ma vie entière dans ses bras et je veux que ce moment dure pour toujours jusqu’au plus profond de mon cœur.
Je suis si bien contre lui que je m’endors finalement, pour finir cette soirée parfaite sur une note encore plus belle.