Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 27 : Le cours de découverte

3415 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 28/12/2025 11:53

Chapitre 27 : Cours de découverte  


Dès que je passe les grandes portes, le stress monte. Je commence à craindre qu’il le prenne mal ou qu’il me catégorise comme une dingue mais l’occasion était trop belle. Et puis, il m’avait proposé de me ré-entraîner avec lui, il ne devrait donc pas y avoir de problème…

J’ai tellement foncé qu’il reste vingt bonnes minutes avant le cours de découverte et je me promène donc dans le long couloir pour parcourir les petites salles à sa recherche. Je le trouve dans la même salle que la dernière fois et je suis ravie de constater qu’il est seul alors que je m’appuie dans l’encadrement pour l’observer.

Encore une fois, je me rince l’œil. Il y a drôlement pire que de regarder Hunter faire du sport… je ne m’en lasse pas mais je n’ai pas envie qu’il me repère en train de l’espionner alors je m’arrache à sa contemplation au bout de quelques minutes pour avancer dans la salle et me signaler.

Il doit m’apercevoir du coin de l’œil car il tourne vivement la tête vers moi. Son regard dur et agacé qui me fige sur place se transforme littéralement dès qu’il me reconnait, passant à de la joie si pure que mes joues rougissent. Il trottine d’ailleurs immédiatement vers moi en affichant un grand sourire et je ne peux pas croire à quel point son visage s’est modifié pour moi. Moi.

-         Mais qu’est-ce que tu fais là ?! demande-t-il alors que je vais à sa rencontre.

-         Une subite envie de découvrir un peu mieux la boxe…, bafouille-je.

Il me prend gauchement dans ses bras en essayant de ne pas me toucher de son corps :

-         Je suis désolé, je suis trempé…, grimace-t-il en embrassant mon front.

-         Je m’en fiche ! roucoule-je immédiatement, complétement abasourdie par son baiser.

-         Tu viens vraiment faire la séance ?! demande-t-il joyeusement.

-         S’il y a une place, oui…

-         Évidemment qu’il y a une place pour toi…, répond-il en levant les yeux au ciel.

-         Vous avez de drôlement jolis gants Monsieur, commente-je malicieusement.

Il me les présente fièrement, avec un beau sourire sur les lèvres et j’ai du mal à intégrer à quel point il l’air fondamentalement heureux de ma venue comme si j’éclairais sa journée. En revanche, il reste vers moi alors que je ne voulais pas le déranger dans son sport :

-         Finis ta séance, je ne voulais pas l’interrompre mais … je voulais juste te faire un petit coucou avant…, explique-je en rougissant.

-         J’ai fini ne t’inquiètes pas, il faut encore que je me change et que je prépare la salle avant le cours.

-         Que tu te changes ? m’étonne-je.

-         Je ne vais pas faire cours alors que je suis trempé de sueur Hestia ! s’amuse-t-il. Tu m’accompagnes ?

-         Avec plaisir, roucoule-je encore.

Il me demande ce que j’ai fait aujourd’hui alors je lui raconte mon après-midi avec Eden tandis que nous gagnons sa voiture. Il enlève son tee-shirt mouillé avant de se laisser sécher dans le froid glacial et j’ai bien du mal à continuer mon histoire alors qu’il est torse nu devant moi. Je m’obstine à fixer son coffre pour m’éviter de bafouiller plus que je ne le fais déjà puis il enfile finalement un tee-shirt propre et je termine mon histoire plus facilement alors que nous rentrons au gymnase.

Avec une clé, il ouvre deux grandes portes qui mènent à un espèce de très grand espace de stockage où se trouve tout un tas de matériel de sport, et notamment une vingtaine de punchingball sur pied.

-         Tu es prof ici ? Adhérant ? demande-je. Comment se fait-il que tu donnes des cours et que tu aies des clés ?

-         Je suis bénévole, je fais partie de l’académie depuis des années et puisque je suis ceinture noire dans plusieurs arts martiaux, j’ai commencé à donner quelques cours. La suite logique a été de proposer de faire ça pour la boxe, je ne m’occupe pas de cours classiques, je n’ai pas le temps, mais j’aime bien faire des séances découvertes pendant les vacances…, explique-t-il en prenant deux punchingball.

Il les traine rapidement dans la salle pour les installer et je me mets en tête d’en ramener un pour l’aider. C’est incroyablement lourd et je peine à le trainer jusqu’aux portes alors qu’il revient déjà :

-         Laisse-moi faire Hestia, ne t’embête pas ! dit-il en réprimant un rire.

Je l’ignore royalement en continuant ma lente avancée et lorsque j’arrive à l’installer, il en a déjà mis six. C’est un peu ridicule mais je me sens utile alors je pars en chercher un deuxième sous ses yeux amusés :

-         Laisse-moi faire…, répète-t-il d’une voix toute douce.

-         Mais non, ça m’échauffera ! réponds-je joyeusement.

Il rit et passe doucement le dos de sa main sur ma joue en passant à côté de moi, avec un naturel qui me désarme totalement alors que ses yeux me caressent comme des plumes. Je rougis évidement des pieds à la tête mais il est déjà loin et ne le remarque pas. Lorsqu’il installe le dernier, j’ai quand même réussi à en mettre trois, et il le place devant tous les autres, sans doute le sien. Il se rend ensuite à son sac de sport pour boire longuement et je le suis.

-         Et l’autodéfense ? On te l’a proposé ou bien… ? demande-je.

-         C’est mon initiative, Pedro et Liam m’ont suivi là-dedans pour que je n’ai pas à assurer toutes les semaines mais c’est moi qui ai proposé le cours à l’académie…

-         Pourquoi ? C’est un « sport » qui te tient à cœur ? demande-je avec curiosité.

-         Je me suis lancé dans tous ces sports pour apprendre à me battre, j’avais envie de savoir que si on m’agressait, je gagnerais… Sports de combats, techniques de désarmement, autodéfense, tout ça m’intéressait et j’ai fait mon mélange. J’ai appris tellement de chose, je me suis rendu-compte qu’avec de la technique, on pouvait déjà faire beaucoup… Dès mes premiers entrainements, je me débrouillais déjà alors que je n’étais pas particulièrement musclé…, commence-t-il.

-         Dur à imaginer, interviens-je.

Il me lance un regard « blasé » dans lequel je lis pourtant tout son humour et je glousse dans ma main comme une écolière amoureuse.

-         Arrête de me distraire avec ton regard malicieux ! bougonne-t-il.

-         Pardon…, ronronne-je en battant des cils volontairement.

Il me pince gentiment la joue avant de reprendre :

-         Bref, tout ça pour te dire que si j’ai voulu apprendre tout ça, c’est parce que je sais qu’il y a des hommes dangereux dans ce monde et quand j’ai vu qu’un peu de technique changeait déjà la donne, je me suis dit que toutes les femmes devraient les maitriser. C’est déjà ça, ça peut leur sauver la mise… Je ne comprends même pas que ce ne soit pas plus courant…

-         Il y a une raison qui fait que tu aies pensé aux femmes ? Je veux dire, c’est vraiment génial et il ne devrait même pas y avoir de raison, mais …, bafouille-je.

-         Non pas particulièrement… mais la violence sur les femmes est à mes yeux la chose la plus basse qu’un homme puisse faire… ça m’a toujours retourné le ventre… alors j’ai eu envie de leur donner des armes pour se défendre, répond-il d’une voix sérieuse en fronçant les sourcils.

Son discours me touche en plein cœur, je le trouve tellement parfait que ça me fait presque mal au cœur. Je ne peux pas croire qu’il existe des hommes aussi gentils en ce bas-monde face à des ordures sans nom.

-         Hunter tu es… la plus belle personne que je connaisse, souffle-je.

Il se rapproche d’un pas pour venir tout contre moi avant de poser ses mains presque fermées sur mes joues, simplement pour les caresser des pouces en me regardant avec ses yeux les plus affectueux :

-         Depuis que je te connais, je crois que tout ça a encore plus de sens pour moi…, chuchote-t-il.

-         Ah bon ? murmure-je en passant mes bras derrière sa taille. 

Mon cœur commence à cogner, notre proximité m’étourdit déjà et nos yeux s’ancrent puissamment alors qu’il continue de caresser mes joues :

-         Oui… J’entraine les femmes pour elles avant tout, bien sûr… Mais quand je t’ai vu dans ce cours… quand j’ai senti le bonheur, le soulagement même, que ça m’a fait de savoir que tu allais apprendre tout ça … Je crois que je fais ça aussi pour les hommes bien… parce que tous les hommes bien ont leur Hestia…

Ma bouche s’entrouvre. J’ai peur de m’emballer mais je crois qu’il vient de me dire une phrase extrêmement touchante et profonde, je ne suis pas sûre de correctement l’interpréter mais elle reste magnifique, peu importe l’intensité du sens qu’il a voulu lui donner…

Je ne réfléchis même pas, mon corps réagit tout seul, mon cœur même, et je me dresse sur la pointe des pieds. Il tire doucement sur mon visage pour m’encourager alors qu’il se penche en avant, les yeux rivés sur mes lèvres … Et c’est le drame.

Un groupe de femmes pénètre dans le gymnase en hurlant de rire, ce qui nous surprend et provoque notre séparation en me frustrant comme jamais je ne l’ai été. Je suis pratiquement sûre qu’il allait me laisser l’embrasser, à moins qu’il ne se soit dérobé à la dernière seconde pour une raison absurde, je devrais actuellement être en train d’embrasser Hunter bon sang ! Je les hais, je les déteste !!

Je croise les bras et fusille du regard les nouvelles venues, qui nous remarquent enfin et viennent s’attrouper vers Hunter en gloussant comme des dindons, me poussant pratiquement hors de leur passage. L’une d’elle lui pose une question d’autodéfense, à laquelle il répond avec pédagogie et je percute seulement maintenant que leurs visages me sont effectivement familiers. Ces femmes font toutes partie de mon cours du vendredi soir, elles sont sans doute venues uniquement pour profiter d’un cours supplémentaire avec Hunter et ça me fait rougir de colère.

Le spectacle continue à mesure que les participants arrivent, il y a une dizaine d’hommes mais l’autre moitié est composée de femmes du cours qui se pavanent devant Hunter et je bouillonne. Depuis quand les femmes ont-elles un soudain attrait pour la boxe ?! Depuis jamais ! Même les hommes présents échangent des regards étonnés et ça me rend verte de jalousie de me dire qu’elles sont toutes venues pour essayer de séduire l’instructeur…

Alors que je faisais partie de ces femmes admiratives il y a encore peu de temps, que je me plaçais complétement de leur côté, il est très désagréable d’être passée de l’autre côté, celui où j’ai envie de défendre férocement Hunter de ces harpies puisque je considère qu’il est très clairement ma chasse gardée. Je ne pense pas que j’exagère, il n’a pas passé Noël à les câliner, il ne les a à priori pas toutes embrassées dans sa foutue cuisine et n’allait pas recommencer il y a une dizaine de minutes ! Bon sang, ça me rend dingue de le voir discuter avec elles alors qu’elles l’assomment de questions en pouffant, simplement pour essayer de se faire remarquer.

Je vais donc avec mauvaise humeur rejoindre les hommes devant les punchingball en croisant les bras, observant d’un sale œil l’intégralité des femmes suspendues à ses lèvres.

-         Et bien, au moins une qui est venue pour la boxe, me dit gentiment l’homme à ma droite.

Je lui sers un sourire d’une fausseté phénoménale. S’il savait

-         Elles sont ridicules, commente un autre.

-         Vous croyez que ça va retarder le cours ? demande l’homme derrière moi avec inquiétude.

Mais Hunter tape dans ses mains, sa façon à lui d’indiquer que le cours va commencer et elles se dispersent en venant par ici. Je me rends alors compte que tous les participants sortent des gants de leurs sacs, évidemment, et que je n’en ai pas, évidemment.

Je trottine donc jusqu’à Hunter pendant que les autres s’harnachent.

-         Je n’en ai pas…, m’angoisse-je. Je n’ai pas percuté, je n’y ai même pas réfléchi…

Il éclate d’un petit rire avant de sortir ses gants de son sac :

-         Il n’y pas de problème, prends les miens, répond-il.

-         Mais tu ne pourras pas montrer les mouvements ! m’indigne-je.

-         Bien sûr que si, je ferai sans, réplique-t-il en fronçant les sourcils.

-         Mais tu vas te blesser ! couine-je.

-         Bien sûr que non, je ne vais pas me blesser contre un punchingball, répond-il sans comprendre.

Je fronce les sourcils :

-         Mais… tu avais les mains en sang lorsque tu les avais oubliés… ? bafouille-je.

-         Oh ! Euh… j’avais dû y aller trop fort, bafouille-t-il à son tour.

Ses joues rougissent légèrement et je le trouve louche au possible mais je suis vite distraite parce qu’il m’enfile ses gants lui-même avec délicatesse, serrant les scratchs au maximum pour les faire tenir sur mes petites mains. J’espère du plus profond de mon cœur que les femmes sont bien toutes en train de voir ça mais je ne leur accorde même pas un regard, préférant largement me perdre sur le visage d’Hunter qui m’harnache avec sa tête concentrée adorable.

Lorsqu’il termine, je m’apprête à retourner à ma place, mais elle n’est plus disponible. En fait, il n’y a plus une seule place pour moi et Hunter précise doucement :

-         Je ne t’en ai pas mis parce que j’imaginais que tu pourrais t’entrainer sur le mien… pour être vers moi… Mais je peux aller t’en chercher un rapidement…

Je suis plus ravie que jamais et ma conscience effectue une danse de la joie en narguant les femmes qui me jalousent toutes du regard en discutant à voix basse.

-         Non ! lui réponds-je vivement. C’est très bien comme ça, je préfère être vers toi.

-         Et puis tu connais quelques bases maintenant, tu n’es pas tout à fait débutante, souligne-t-il avec malice.

-         Oui ! J’ai déjà eu un petit cours après tout ! fanfaronne-je fièrement.

Je me tourne donc avec mon sourire de chat le plus suffisant face aux femmes qui me jaugent et Hunter commence sa séance.

 J’ai vraiment une place de choix, je suis plantée à côté de lui, avec ses gants et j’attends simplement qu’il ait montré les mouvements et ordonne à la salle de les effectuer avant de le faire moi-même sur son punchingball. Voilà qui redonne confiance à mon ego, qui indique clairement que je ne joue pas dans la même cour qu’elles et elles me confirment ça en me jetant leurs regards les plus mauvais très régulièrement.

Je me sens pousser des ailes franchement, même s’il passe dans les rangs pour corriger leurs gestes, j’ai l’impression d’être la première dame et je me régale… Heureusement que ces filles ne savent pas que je ne suis pas sa petite-amie, parce que je trouve que ça y ressemble tout de même très fort de leurs points de vue. J’adore imaginer qu’elles vont automatiquement m’associer à ce – pourtant faux – statut et peut-être ainsi se décourager, ou au moins calmer leurs ardeurs.

-         Tu as l’air bien heureuse, commente-t-il en revenant vers moi.

-         Ah bon ? demande-je avec un sourire éclatant qui ne fane pas.

-         Oui, la boxe te plait à ce point ? s’amuse-t-il.

Je me sens tellement galvanisée par la situation que je prends une confiance dingue :

-         Ou l’instructeur, va savoir…, minaude-je à voix basse en lui lançant mon regard le plus séducteur.

Ses joues rosissent et c’est une très belle victoire qui redouble mon sourire suffisant pour toute la fin du cours.

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