Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 28 : Petite enquête sur le travail d'Hunter

3372 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 30/12/2025 11:59

Chapitre 28 : L’enquête sur le travail d’Hunter


Lorsque la dernière pintade se décide enfin à quitter le gymnase, Hunter entreprend de ranger la salle.

-         Je vais t’aider ! m’exclame-je tout de suite.

-         Enlève déjà tes gants, rattroupe mes affaires si tu le veux bien et bois ! Tu n’as rien bu de toute la séance, c’est important Hestia, me réprimande-t-il. On verra ensuite pour que tu m’aides.

-         Je n’ai pas pris d’eau, je suis partie les mains dans les poches, avoue-je honteusement.

-         Alors prends ma bouteille, c’est important ! insiste-t-il avec un regard sévère.

Je suis toute guillerette de me dire que ça ne le dérange pas, ce qui aurait été un peu bizarre quand même vu le baiser que nous avons échangé hier. Le souvenir de nos langues qui s’entremêlent me revient en pleine tête et les courants électriques au creux de mon ventre se réveillent comme si je revivais la scène. Alors que j’enlève mes gants, je ne pense qu’à ça, qu’aux sensations que ça créait en moi et je suis toute chose en quelques secondes de temps.

Je range ses gants dans son sac, puis j’obéis docilement en buvant longuement, toujours perdue dans mes souvenirs. J’ai presque l’impression que ce n’est pas arrivé, j’ai du mal à croire que je l’ai embrassé tout court, mais alors embrassé comme ça… Mes joues s’enflamment sous le petit désir qui se loge au creux de mon ventre plus férocement, je viens de tellement repasser notre baiser dans mon esprit que le petit diable au fond de moi est en train de refaire surface, ce petit diable qui n’a peur de rien, qui ose tout, simplement pour essayer d’arriver à ses fins.

-         C’est très bien, commente Hunter en arrivant.

Je découvre qu’il a déjà rangé toute la salle et il prend d’une main nos deux sacs qu’il balance sur son épaule tandis que nous sortons.

-         Je peux porter mon sac, commente-je par politesse alors que je suis touchée par ses bonnes manières.

-         Ça me fait plaisir, répond-il en me souriant.

Nous bavardons du cours de boxe, il me demande ce que j’en ai pensé et si je compte continuer et je lui explique que non, déjà car ils sont payants mais que je préfère sincèrement mes cours gratuits d’autodéfense.

Choix stratégique de ma part, alors que je lui fais un monologue volontairement long, je me déporte sur la droite, sur le chemin du retour, alors que je sais que sa voiture est garée sur la gauche. Et ma stratégie paye, comme la dernière fois, il me prend simplement par la taille pour me diriger vers l’Aston sans m’interrompre et je dois réfréner mon sourire diabolique, surtout lorsque je constate que cette fois, il la laisse en place.

Je me laisse donc emmener jusqu’à sa voiture, alors qu’il porte mon foutu sac et me tient par la taille, j’ai franchement l’impression de rêver.

-         Si c’est une question de prix, je peux t’apprendre à boxer…, souligne-t-il à la fin de mon discours.

-         Mais non ! ris-je. C’est assez marrant mais je le fais plus parce que je veux apprendre à connaitre un sport que tu aimes …

-         Vraiment… ?

Il a l’air touché et je lui lance un regard étonné :

-         Evidemment Hunter… tu pensais vraiment que je m’intéressais subitement à la boxe en tant que tel ?

-         Et bien, je n’en sais rien, c’était une possibilité.

J’éclate d’un petit rire :

-         Mais non, et si tu me vois essayer les arts martiaux un jour alors ne pars pas du principe que c’est pour devenir une ninja. C’est que je serai simplement curieuse, que j’aurai envie de partager ça avec toi.

Il resserre sa prise autour de ma taille pour me coller contre lui et nous échangeons un beau regard.

-         Ça me touche Hestia, dit-il simplement.

Il m’ouvre ensuite la portière, comme d’habitude, avant de poser nos sacs à mes pieds et de monter à bord. Il fait ronronner le moteur et je décide de commencer mon enquête visant à découvrir son travail sur ce chemin de retour.

-         Alors ta journée de boulot ? demande-je.

-         Productive, répond-il.

-         Tu as fait quels horaires ? continue-je.

Il me lance un petit regard mais je maintiens mon innocence sur mon visage.

-         Je ne sais pas exactement, j’y suis allé tôt et je suis parti en milieu d’après-midi…, répond-il prudemment.

-         Tu n’as pas d’horaires fixes ?

-         Non…

-         C’est étonnant, tu travailles sans horaires, sans jours définis non plus… Tu réponds au téléphone au milieu de la nuit et même le 25 décembre… n’est-il pas compliqué de déterminer ta paye ? le questionne-je.

Il fronce les sourcils :

-         Je… je ne suis pas payé à l’heure, plutôt au rendement, dit-il toujours plus prudemment.

-         Au rendement ? Ce n’est pas courant…, réponds-je d’un ton léger. Tu ne peux donc jamais savoir quand tu vas faire un bon mois ou un moins bon… Ça ne te stresse pas avec ton loyer ?

-         Non…

J’hoche la tête pensivement en essayant de croiser ces nouvelles informations aux anciennes mais ça ne me mène pas très loin.

-         A combien s’élève ton loyer ? demande-je.

-         En quoi ça t’intéresse ? s’amuse-t-il.

-         Pour savoir… ma chambre étudiante n’est pas top, j’envisage de prendre un appartement, mens-je.

-         Bien sûr, considérant que tu es boursière et que tu paies ton logement trois fois rien, il est évident que tu as envie de déménager…, souligne-t-il avec suspicion.

Je rougis un peu, prise la main dans le sac et j’invente donc autre chose :

-         Ton appartement est plutôt très bien placé, grand et moderne… Eden y loge gratuitement… je suis curieuse, ça me semble risqué avec un salaire qui n’est pas fixe.

-         Ne t’inquiète pas pour moi, je m’en sors, réplique-t-il.

Je réprime un soupir, il ne lâche rien ce scélérat.

-         Tu travailles demain ? continue-je.

-         Hestia… Qu’est-ce que tu cherches ?

-         Ton travail, tout simplement, avoue-je.

-         Arrête, nous avons déjà eu cette discussion.

-         Mais je ne comprends pas pourquoi tu en fais un secret d’état, je t’assure que mon opinion sur toi ne changera pas, il est de toute façon très bon, j’ai une très grande estime de toi Hunter. Que tu laves des toilettes ou que tu fasses partie du KGB !

Il éclate de son beau rire :

-         Que je lave des toilettes ?! En restant pendu au téléphone la nuit et le 25 décembre ?! Je n’ai pas beaucoup de soucis à me faire, tu ne m’as pas l’air d’une grande enquêtrice ! me taquine-t-il.

-         Tu détournes le sujet ! boude-je.

-         Oui, répond-il en affichant un sourire fier.

Je lève les yeux au ciel et je continue ma boude en fixant par ma fenêtre alors qu’il se gare devant mon bâtiment.

-         Hestia…, m’appelle-t-il gentiment.

-         Mh, marmonne-je.

-         Arrête, dit-il d’une voix où perce son sourire.

Je tourne la tête vers lui pour râler mais dès que je l’aperçois, ma mauvaise humeur retombe. Il est de profil pour me faire face, la joue appuyée sur son siège et il me regarde avec des yeux doux et amusés.

-         J’aimerais savoir, insiste-je à voix basse en me tournant vers lui.

-         Mais pourquoi ? Je ne comprends pas ce que ça change, je ne comprends pas cette petite obsession… Si je te dis que je préfère que tu ne le saches pas, pourquoi ne peux-tu pas m’accorder ça ?

Je réfléchis un peu à ses paroles avant de répondre, me posant vraiment la question.

-         Je n’en sais rien, c’est comme si je n’acceptais pas que tu veuilles me le cacher… je me dis que c’est forcément très mauvais signe, surtout que tu dis toi-même que ça changerait mon opinion de toi… tu admettras que c’est intriguant, avoue-je.

-         Je le reconnais, répond-il. Mais je peux répondre à n’importe laquelle de tes autres questions, ce n’est pas comme si je refusais que tu me connaisses…

Je pose moi aussi ma joue sur le cuir du siège en l’observant.

-         Pourquoi n’as-tu pas envie de te faire des amis ? demande-je.

-         Et bien… c’est en partie lié à mon travail, admet-il difficilement.

-         Tu vois Hunter, c’est toujours lié à ça… Je ne peux pas te demander pourquoi on t’appelle en pleine nuit, je ne peux pas savoir pourquoi tu fais des kilomètres en voiture, je ne peux même pas savoir pourquoi tu ne te fais pas d’amis… J’ai l’impression que dès que je te pose une question un peu personnelle, tu ne peux pas répondre…

Il fronce les sourcils et je vois la peine dans ses yeux alors qu’il le réalise, mais il ne me répond pourtant pas plus.

-         Je vais rentrer, annonce-je.

-         Reste…

-         Pour discuter de quoi … ? murmure-je en secouant doucement la tête.

La peine s’intensifie sur son visage :

-         Tu vois pourquoi je ne me fais pas d’amis ? Tu es déjà fatiguée de tout ça Hestia… Les gens ne se contentent pas de ma présence, il leur faut abreuver leur curiosité… Mais si je te le disais, je sais que tout changerait, je sais que je ne pourrais plus savoir ce que tu penses vraiment, tes réactions seraient différentes envers moi, tu ne me verrais qu’à travers ce prisme là…

-         Alors je ne le saurai jamais ? Jusqu’à ce que tu démissionnes et deviennes avocat d’affaires lorsque tu auras ton diplôme ?

Il glisse timidement sa main jusqu’à la mienne pour la prendre, gardant les yeux fixés sur elles :

-         Non, je suppose que je te le dirai à un certain moment…, répond-il.

-         Quand ?

-         Quand j’estimerai que ça n’impactera pas notre relation, murmure-t-il.

Je soupire longuement mais j’entrelace mes doigts aux siens, parce que même si je suis frustrée et curieuse, j’aime cet homme plus que de raison.

-         Ça ne l’impactera pas, mais je vais essayer de réfréner ma curiosité, cède-je.

-         Vraiment ?

-         Ou alors j’essaierai de le découvrir tout seule, autant être honnête avec toi.

-         On fait comme ça alors. Tu m’autorises à ne pas répondre et je prends le risque que tu fouines et le découvre ! rit-il.

-         Ça marche ! réponds-je en retrouvant le sourire.

-         Tu aimes passer du temps avec moi ? demande-t-il alors.

-         J’adore, confirme-je en souriant.

-         Alors concentre-toi là-dessus.

-         Et toi ? Tu aimes passer du temps avec moi … ? demande-je timidement.

-         J’adore…, murmure-t-il en avançant doucement le visage vers moi.

Il penche légèrement la tête sur le côté, laissant présager qu’il vient m’embrasser et tout mon corps s’éveille. Mon ventre fait trois looping, mes papillons s’agitent et mon cœur s’envole alors que je me penche moi aussi vers lui en fixant avec gourmandise ses lèvres.

L’habitacle plongé dans le noir s’illumine alors si vivement que nous fermons les yeux en tournant la tête vers l’écran central de sa voiture où la tête rieuse d’Eden apparait. Nous rions en même temps et Hunter décroche.

-         Qu’est-ce que tu me veux encore ? s’amuse-t-il.

-         « Tu es avec Hestia ? »

-         Oui… ? demande-je d’un air interrogateur.

-         « Bon sang, je t’ai appelé dix fois Titi ! Heureusement que je me suis souvenu que Hunty donnait un cours ce soir, j’étais sûr que tu étais capable d’y aller. Je ne sais pas ce qu’il te prend de vouloir devenir une guerrière subitement… »

-         Abrège, le coupe Hunter.

-         « Ah oui, alors… Tulla me harcèle depuis quelques heures, il est hyper insistant et essaie de prendre la température avec moi… Je ne sais pas quoi lui dire, il me dit toutes les trente secondes que vous vous êtes plu et que vous avez échangez vos numéros mais bordel, je ne suis pas une femme marieuse ! Je ne sais pas quoi lui dire alors j’apprécierais que tu lui envoies un message pour m’en débarrasser … »

Je pense que mon visage devient livide au fur et à mesure qu’il parle. Hunter se redresse et observe par sa fenêtre alors que je suis mortifiée.

-         Euh… oui, je gère Eden, couine-je.

-         « Ouai merci, parce que je ne suis pas un docteur love et il me tape sur les nerfs ! Vous êtes assez grands pour régler vos histoires quand même… »

Hunter m’a l’air tendu, sa mâchoire se contracte toutes les cinq secondes alors qu’il s’applique toujours à regarder la rue sombre et mon cœur m’assourdit de me dire qu’il reçoit cette information alors que nous étions peut-être à deux doigts de nous embrasser une seconde fois. C’est un cauchemar et j’essaie donc de m’en sortir :

-         Pas de soucis Eden, je lui dirai que je ne suis pas intéressée, couine-je encore.

-         « Tu ne l’es plus ? »

Sa voix est sincèrement étonnée et je l’étranglerais sur place, comme souvent.

-         Non ! m’exclame-je.

-         « Calme toi Titi, je ne peux pas le deviner… Allez je te laisse. Hunter, tu sais vers quelle heure tu rentres ? Je te réquisitionnerais bien pour mater un film… »

-         Je rentre dans cinq minutes, répond Hunter.

J’ai un pincement au cœur d’apprendre qu’il compte rentrer mais je peux comprendre, je suppose qu’il n’est jamais agréable d’être à deux doigts d’embrasser une femme qui « vise un autre homme ». Il raccroche et un silence lourd s’abat dans l’habitacle alors qu’il fixe son pare-brise.

-         Je ne suis pas intéressée par Tulla, précise-je au bout d’une minute.

-         Ce sont tes affaires, ça ne me regarde pas, je m’en fiche, répond-il durement. 

J’hoche la tête lentement face à son ton puis, voyant qu’il ne me dit rien de plus, je sors de la voiture sans un mot. Nous ne nous souhaitons même pas une bonne soirée, il s’en va simplement sous mes yeux peinés.

Laisser un commentaire ?