Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 29 : Un match à deux

2880 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 31/12/2025 11:49

Chapitre 29 : Un match à deux


Après une matinée ennuyeuse, à faire des courses et quelques occupations de ce type, je me décide à envoyer un petit message à Hunter pour lui souhaiter une bonne journée. J’ai bien vu qu’il était distant hier soir, voir même contrarié et je ne le supporte pas. Je lui ai pourtant précisé que je me fichais de Tulla immédiatement après l’appel d’Eden…

Je ne reçois pas de réponse mais je constate qu’il a lu mon message une bonne heure après et je comprends que je risque de ne pas avoir de nouvelles aujourd’hui. Je ne sais pas combien de temps cette petite brouille durera mais pour prendre mon mal en patience je décide de m’occuper un peu de moi avant le match d’Eden ce soir.

Je prends le temps de faire un masque sur mes cheveux, de m’épiler, de gommer intégralement mon corps sous la douche et même de vernir mes ongles en bordeaux. Ça me fait du bien, je me sens mieux car un peu plus jolie et ça me donne un poil de confiance en moi alors que mon cœur pleure tristement. En tout cas, ça occupe mon après-midi efficacement et puisque dix-huit heures approchent, je décide de renvoyer un message à Hunter :

He : « Je te souhaite un bon entrainement… »

Puisque j’ai encore une demi-heure à tuer, je me maquille un peu. Ça fait ressortir mes yeux, c’est très réussi et on dirait plutôt que je me rends à une soirée qu’à un match de rugby mais je m’en moque. Je n’attendais pas de réponse d’Hunter mais lorsque je vois qu’il n’a même pas ouvert mon message, ça me met encore un coup au moral.

J’enfile une robe noire simple, une paire de collant et ma veste molletonnée. Lorsque je mets mes boots, je me dis qu’il serait bon d’ajouter une touche de couleur à mes éternelles tenues noires et je passe donc une écharpe bordeaux pour aller avec mes ongles.

*

Une fois au stade, je prends ma place habituelle en bord de terrain, appuyée contre ma barrière, mais je ne suis pas dedans. L’ambiance est pourtant aussi épique que d’habitude, les supporters déchainés et les actions intéressantes mais il n’y a rien à faire, je n’arrive pas à évacuer la petite boule dans ma gorge.

Je ne pensais pas que cette histoire avec Tulla prendrait autant d’ampleur, j’imaginais qu’Hunter serait sur les nerfs quelques heures tout au plus alors qu’il ne décolère pas depuis hier soir. Je me flagelle de ne pas avoir été plus claire, de l’avoir laissé partir sans m’assurer que tout était ok entre nous… je commence même à me demander s’il ne s’est pas servi de cette histoire pour prendre des distances avec moi après avoir réalisé à quel point j’étais inintéressante. Cette dernière pensée me serre la gorge si fort que les larmes chatouillent le coin de mes yeux alors que j’agrippe la barrière entre mes mains. J’apprécie tellement Hunter, je ne peux pas supporter d’imaginer qu’il ne voudra peut-être plus jamais me voir. C’est trop dur.

J’attrape mon téléphone pour lui envoyer un troisième message mais je constate qu’il a fini par ouvrir le deuxième, sans répondre. Ça me fait hésiter un peu mais je me rends compte que je me fiche de passer pour une fille désespérée, après tout il me manque déjà à ce point, alors pourquoi lui cacher ? Ça ne me fera pas moins mal qu’il me fasse disparaitre de sa vie que j’envoie ce message ou non alors autant être honnête :

He : « Tu me manques… »

J’appuie sur envoyer et je mords ma lèvre en reportant mon attention sur le match puisque la foule hurle dans mon dos. L’action se déroule sous mes yeux et lorsqu’elle se termine et que je baisse le nez pour verrouiller mon téléphone, je vois qu’il a lu, sans réponse…

Mes sourcils se crispent sous la tristesse alors que je range mon téléphone dans la poche de ma veste. J’envisage d’aller le rejoindre mais cette fois, ce serait sans doute un peu trop intrusif. Ne pas répondre à mes messages exprime plutôt très clairement son souhait de ne pas me voir et je ne veux pas qu’il se sente dérangé dans sa salle de sport alors que je sais qu’elle est son refuge.

J’essaie donc vraiment de me concentrer sur Eden et je tente de l’encourager avec un peu d’entrain mais c’est catastrophique. Les minutes défilent et mon sentiment de tristesse augmente exponentiellement au point que j’hésite à rentrer à la mi-temps, une fois qu’Eden sera venu me faire un petit coucou comme tous les samedis et que mon acte de présence aura été rempli.

Notre équipe marque des points, la foule se déchaine et je tape mollement dans mes mains alors que les garçons de l’équipe se sautent dessus en hurlant d’allégresse. Leur joie ne me contamine pas et je les observe repartir en jeu en soupirant longuement.

Deux bras s’agrippent alors autour de mes épaules par derrière, se refermant autour de moi pour me câliner alors qu’une tête se cale au creux de ma gorge. J’ai à peine le temps de sursauter que je reconnais son parfum et qu’il murmure :

-         Tu me manquais aussi…

Le soulagement déferle sur moi comme une vague de chaleur et j’attrape automatiquement ses avants-bas pour le câliner en retour tandis que tout mon corps se détend et se laisse aller contre lui.

Tout change, les cris de joie de la foule me rendent heureuse, les chants et les cornes de brumes résonnent comme des symphonie à mes oreilles, les grosses lampes du stade apparaissent comme les lumières du paradis et je m’émerveille du bien-être absolu que je ressens contre son corps alors qu’il me serre dans ses bras.

Lorsqu’il refait surface du creux de mon cou, je penche la tête en arrière contre son torse pour le regarder :

-         Tu n’es pas au sport ? demande-je bêtement.

-         Non, j’allais y aller mais dès que j’ai vu ton dernier message je suis venu ici, répond-il. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, excuse-moi.

Il se penche pour embrasser ma joue longuement en me berçant alors que je suis toujours blottie au creux de ses bras et je rayonne littéralement. Lorsqu’il relève le nez pour observer le match en gardant ses bras autour de mon cou, je m’appuie un peu mieux contre lui pour me caler.

-         Alors c’est là que tu passes tes samedi soir…, commente-t-il en observant les joueurs.

-         Oui, Eden est le numéro neuf, précise-je.

-         Je crois que je suis capable de reconnaitre mon coloc, pouffe-t-il en posant sa joue sur le sommet de ma tête.

Mon dieu, et dire que j’étais au dixième dessous il y a cinq minutes, je peine à y croire.

-         Oui pardon, glousse-je. Tu vas voir, c’est assez prenant quand on s’y intéresse. Tu n’es jamais venu voir de match ?

-         Non, il m’est arrivé d’écouter les hurlements de la foule depuis notre balcon mais rien à voir avec… cette ambiance. Je n’en reviens pas du monde qu’il y ait…

-         Oui, c’est impressionnant, j’étais abasourdie la première fois que je suis venue…

-         Tu n’as pas trouvé de place assise ? demande-t-il.

-         Je n’en cherche pas, je me mets toujours ici… Je vois mieux le terrain et je suis tranquille, explique-je.

-         C’est vrai que nous sommes bien là…, confirme-t-il en resserrant son étreinte autour de moi.

-         Je suis drôlement mieux depuis cinq minutes, glisse-je.

-         Moi aussi… si tu savais…

Nouvelle action et nous nous taisons pour observer Eden remonter le terrain à toute vitesse en effectuant des passes avec ses camarades.

-         Cet idiot est plus rapide que je ne le pensais…, commente Hunter.

-         Hunter ! le rabroue-je en gloussant. Arrête de l’insulter, il est à deux doigts de marquer !

Il rit un peu et dès qu’Eden marque les points, je sautille en applaudissant et en criant des félicitations. Hunter me lâche puisque je saute plus que je ne sautille mais il est absolument hors de question que notre câlin cesse alors que ça fait des heures que j’angoisse qu’il ne me réponde plus jamais. J’agrippe ses avants bras dans leur mouvement et il rit doucement, un rire grave au creux de mon oreille qui répand des frissons sur ma nuque tandis qu’il remet ses bras autour de mon ventre cette fois.

Je pose mes mains sur les siennes en rougissant un peu. Je ne fais que visualiser de quoi nous avons l’air de l’extérieur et il n’y a qu’une seule réponse possible : d’un couple. Je ne vois pas bien qui pourrait nous observer depuis les gradins sans automatiquement en déduire que nous sortons ensemble et ça me rend toute chose. C’est comme si j’étais fière comme un paon que les spectateurs imaginent que j’ai eu cet homme absolument sublime, comme si toutes les femmes derrière moi étaient en train de mourir de jalousie et franchement, c’est peut-être bien le cas pour une bonne partie vu les ravages que fait Hunter.

Ces pensées m’enhardissent et je relève le nez pour le regarder. Il pose ses yeux doux sur moi et je me lève sur la pointe des pieds en direction de sa joue, qu’il me tend en baissant la tête. Je l’embrasse tendrement plusieurs fois en posant mes lèvres longuement sur sa peau, ce qui déclenche un magnifique sourire sur son visage alors que son regard est tout étourdi, presque brillant de bonheur. Nouvelle flèche dans mon cœur.

-         Tu vas rater le match petit papillon…, commente-t-il à voix basse.

-         Ton visage est drôlement plus agréable à regarder, réplique-je.

Il rougit un peu avant de reposer sa joue sur ma tête pour me cacher son trouble et je reprends ma contemplation du match en souriant de toutes mes dents.

*

A la mi-temps, nous sommes toujours enlacés et bien que je sois au paradis, j’ai le sentiment qu’Hunter ne serait pas fan qu’Eden nous voit comme ça. Je ne pense pas que ce soit une question de honte puisqu’il m’enlace devant un stade plein à craquer, mais je commence à le connaitre et il me semble qu’il aime avoir son intimité. J’aimerais également éviter qu’Eden tue dans l’œuf notre rapprochement en le chambrant toute la sainte journée alors je le préviens :

-         Eden vient toujours me voir à la mi-temps, si tu préfères…, chuchote-je avec hésitation.

Comme je m’y attendais, il me lâche pour croiser les bras en venant se mettre à côté de moi. J’attrape la barrière pour me laisser pencher en arrière comme une gamine heureuse, toute joueuse et euphorique alors qu’Eden arrive plus vite que jamais en apercevant Hunter à côté de moi. Il saute sur la barrière, comme d’habitude :

-         Je n’y crois pas ! Mais qu’est-ce que tu fais là ?! beugle-t-il à Hunter.

-         Hestia m’avait invité à venir avec elle à un de tes matchs il y a quelques semaines… j’ai décidé d’accepter, répond-il.

-         Je suis trop heureux de vous voir là tous les deux ! Merci Titi ! Ça fait des années que j’aimerais qu’il vienne sans lui proposer ! Je voulais pas te faire chier, précise-t-il à Hunter qui hausse les sourcils sous la surprise.

-         Tu aurais dû me dire que ça te tenait à cœur… je serais venu avant, répond-il d’une voix peinée.  

-         Mais non, tu aurais été mal là au milieu tout seul… Alors qu’avec Hestia tu ne t’ennuies pas ! Vous avez vu mon but ?!

-         Oui ! C’était impressionnant ! piaille-je.

-         Tu cours drôlement plus vite que je ne l’aurais pensé, je suis impressionné, le complimente Hunter.

-         Je cours plus vite que toi gros naze !

-         Dans tes rêves ! s’exclame-t-il en riant.

-         Je suis sûr qu’il y a une chance ! réplique Eden.

Je glousse alors qu’ils continuent de débattre sur lequel des deux est le plus rapide et j’interviens :

-         Et bien nous irons promener Calyouk dans la forêt et vous ferez une course ! Je veux bien arbitrer ! m’exclame-je joyeusement.

-         Absolument ! répond Hunter.

Eden hésite déjà, ce qui nous fait rire tous les trois. Il soutient qu’il lui faut de l’adrénaline pour être à son maximum et Hunter se moque encore de lui :

-         Je donnerai un couteau à Hestia pour qu’elle te court après s’il n’y a que ça !

-         Oui ! ricane-je.  

-         Oh bon sang, je préférais quand vous ne formiez pas une équipe contre moi vous deux ! M’enfin, Hestia ne me rattraperait jamais !

-         Je me défends ! m’exclame-je. Pourquoi tu me catégorises tout de suite comme lente !

Eden lève les yeux au ciel et Hunter tranche :

-         Très bien, alors allons courir tous les trois avec Cal demain histoire de nous comparer.

-         Ça marche, accepte Eden.

-         Oui, accepte-je en levant le nez.

Je me doute bien qu’ils me sèmeront tous les deux mais ça m’amuse d’essayer. Nous discutons de notre sortie de demain toute la mi-temps et les garçons projettent même de remettre la main sur le harnais de course d’Eden, pour me le mettre afin que je me fasse tracter par Calyouk si je n’arrive pas à les suivre.

Après ça, Eden repart sur le terrain et nous regardons la seconde partie en restant sagement l’un à côté de l’autre maintenant que nous savons qu’il nous situe et qu’il risque de vérifier si Hunter observe bien toutes ses actions.

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