Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 30 : Retour du stade

3381 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 02/01/2026 17:40

Chapitre 30 : Retour du stade


Dès que le match se termine, je traine Hunter à toute vitesse pour sortir du stade et il me suit sans poser de question jusqu’à ce que nous soyons sur le chemin du retour :

-         Il y avait une urgence ? demande-t-il.

-         Oui, les spectateurs mettent un temps fou à sortir, il y a des bouchons qui durent des dizaines de minutes, explique-je. J’ai pris l’habitude de sortir à toute vitesse pour y échapper et comme ma place est tout près de la sortie, c’est pratique.

Il tourne la tête pour observer derrière nous le petit escalier étroit par lequel les centaines de spectateurs vont devoir descendre et il hoche la tête :

-         Effectivement…

-         J’ai mes combines depuis le temps, plaisante-je.

Nous quittons la zone éclairée par les gros spots du stade et nous remontons le trottoir dans la pénombre puisque la rue possède peu de lampadaires.

-         Tu rentres par ici toute seule tous les samedi… ?! s’angoisse-t-il.

Je lui lance un regard tendre, heureuse qu’il s’inquiète pour moi.

-         Non, je suis avec Eden la plupart du temps.

-         La plupart du temps ? souligne-t-il avec inquiétude.

-         Je ne me sens pas en danger, je sais qu’il y a une foule de gens derrière moi qui peuvent me voir de loin… Et il y a une écrasante majorité d’étudiants à ces matchs, alors ils prennent tous ce chemin pour rentrer je suppose…, explique-je.

Il se tourne encore pour jauger les spectateurs qui nous suivent, à quelques centaines de mètres.

-         Quand même, ils sont loin…, ronchonne-t-il.

-         Ne t’inquiète pas pour moi, j’ai un super prof de défense, plaisante-je.

Il me sourit avant de m’agresser gentiment d’un mouvement lent, faisant mine de m’attraper le bras. Je réagis au quart de tour comme la bonne élève que je suis, le neutralisant efficacement avec la technique qu’il m’a apprise et il sourit un peu plus :

-         C’est bien, ça me rassure.

-         Si tu n’étais pas tous les samedi au sport, tu pourrais me raccompagner ici, le taquine-je.

-         Si tu venais au sport avec moi le samedi plutôt qu’ici, non seulement tu n’aurais pas à rentrer toute seule mais en plus nous pourrions apprendre plus de techniques, souligne-t-il.

Je lui lance un petit regard incertain :

-         Je ne sais pas… j’aurais peur qu’Eden soit triste si je ne venais plus le voir…, murmure-je.

Il est visiblement déçu mais il hoche la tête :

-         Tu as sans doute raison, c’est votre truc après tout… Il était là avant…, commente-t-il d’une petite voix.

Je me mords la lèvre, je déteste le voir arborer une si petite mine, je déteste avoir à lui dire non alors que j’adorerais passer mes samedi soir avec lui… Mais je sais qu’Eden serait triste et ça ne me convient pas non plus, je ne voudrais pas qu’il pense que je l’abandonne au profit d’Hunter.

-         J’ai été ravie que tu viennes ce soir, j’ai passé une super soirée, dis-je.

-         Moi aussi, répond-il en me regardant gentiment.

J’ose caresser sa main timidement du bout des doigts pour lui demander la permission de la prendre et il me la donne largement, puisqu’il attrape la mienne sans se poser de question. J’enlace avec bonheur mes doigts aux siens en lui lançant mes yeux les plus heureux, qui le touchent visiblement puisqu’il détourne la tête alors que j’ai juste le temps de voir ses joues se colorer. J’adore qu’il me cache sa timidité, je trouve ça adorable, surtout en considérant que ses joues le trahissent toujours avant qu’il ne tourne la tête. Je réprime mon rire et je me blottis contre son bras pour y poser ma joue alors que son pouce caresse ma main en réponse, pour tout le reste du trajet.

-         C’est assez rapide, ça va, commente-t-il avec sérieux lorsque nous arrivons.

-         Mais oui, il y a dix minutes à pied et une foule, je ne risque rien, assure-je.

Nous montons à leur étage et dès que je passe la porte, Calyouk m’accueille joyeusement.

-         Il te fait plus la fête qu’à moi ! ronchonne Hunter.

Je ricane en le gratouillant et Hunter disparait dans la buanderie quelques minutes. Lorsqu’il revient, il tient le fameux harnais de course qu’Eden pensait perdu.

-         Tu l’as déjà retrouvé ? m’étonne-je.

-         Bien sûr, je l’avais rangé, si je devais compter sur Eden pour le rangement alors cet appartement n’aurait aucune allure, réplique-t-il.

Je pouffe et il s’agenouille pour m’harnacher avec douceur.

-         Ça m’a l’air bien commente-je. Bon, ça fait bizarre sur une robe mais ça sera très bien quand j’aurai la tenue adéquate...

Il m’observe pensivement des pieds à la tête, visiblement bien loin de penser à ce harnais :

-         Tu es vraiment très belle ce soir, tu l’es toujours mais je ne sais pas… tu es différente de d’habitude.

Je rougis en repensant à ma préparation du jour :

-         Je me suis maquillée et coiffée, j’ai même fait mes ongles, précise-je en les tendant devant lui en gloussant.

Il attrape mes mains pour les regarder avant de hausser un sourcil :

-         Tu t’es apprêtée comme ça pour le match ? Je dois m’inquiéter ? demande-t-il.

-         Aucune inquiétude, c’était simplement pour me passer le temps cet après-midi, réponds-je en rayonnant face à sa petite jalousie.

Il me relâche en hochant la tête pensivement, pour gagner le frigo qu’il ouvre :

-         Ce… n’était pas pour … Tulla ? demande-t-il finalement d’une voix qu’il veut légère.

-         Pas du tout, je me fiche de Tulla ! réponds-je vite en fronçant les sourcils.

Il hoche encore la tête sans me regarder et je comprends plus ou moins que cette histoire lui est vraiment restée en travers de la gorge. Je décide donc de mettre les choses un peu plus au clair :

-         Comme tu ne répondais pas à mes messages, je trouvais le temps long et j’ai pris soin de moi pour m’occuper. Je ne te fais pas de reproches, c’est simplement pour t’expliquer, précise-je.

-         Pardonne-moi, répond-il tout de suite en tournant la tête vers moi.

-         Tu t’es largement rattrapé en me câlinant…, admets-je en baissant le nez.

Il revient s’assoir sur la chaise à côté de moi avec deux verres et une bouteille de pétillant, qu’il pose sur la table avant de la débouchonner.

-         On fête quelque chose ? demande-je.

-         Ta beauté, réplique-t-il.

Il affiche un sourire en coin en nous versant nos verres et je rougis encore plus fort que tout à l’heure. Je ne sais plus où me mettre tout en étant au paradis sur terre, cet homme est décidemment fort.

-         C’est vraiment gentil, murmure-je avec timidité.

Je prends mon verre et il lève le sien :

-         Alors à ta beauté Hestia, dit-il.

-         Et à la tienne.

Nous buvons en nous regardant et l’alcool chauffe déjà doucement mes veines dès les premières gorgées. Il est absolument délicieux, comme le champagne de Noël, je ne sais pas où il a appris à choisir ses boissons mais c’est un vrai scandale. En buvant, il observe mon harnais avec un petit sourire aux lèvres.

-         J’aurais dû l’enlever, ce n’est définitivement pas fait pour être porté sur une robe ! m’amuse-je en grimaçant.

-         Ça te va bien… Il faudra que je pense à le mettre dans ma voiture, répond-il.

-         Tu penses que ça m’aidera vraiment à aller plus vite ? demande-je.

-         Tu plaisantes ? Si tu n’as jamais couru avec un chien alors crois-moi, tu risques d’halluciner. Nous l’avions acheté pour faire comme tout le monde mais Cal n’est pas exactement un chien classique et nous l’avons vite abandonné en voyant à quel point il nous trainait, s’amuse-t-il.

-         Vraiment ?

-         Il pèse plus de soixante kilos… je suppose qu’il est plus lourd que toi et ne parlons même pas de sa vitesse… Tu auras l’impression de voler je suppose ! dit-il en riant.

-         Ça va être chouette ! Je vous mettrai peut-être la piquette ! m’enthousiasme-je.

-         Peut-être… A mon avis, Cal ne courra pas comme un dingue en t’ayant accrochée à lui, mais il voudra tout de même se caler sur notre vitesse …

-         Tu penses vraiment que je courrai aussi vite que vous ?

-         Bien sûr, c’est Calyouk qui te donnera la vitesse, tu n’auras qu’à te concentrer pour mettre un pied devant l’autre, m’assure-t-il.

-         C’est génial, si ça marche bien alors ça voudra dire que je pourrai courir avec toi quand tu fais tes footings ! rayonne-je.

-         Oui…, murmure-t-il pensivement en souriant.

Il glisse sa main sur l’îlot pour la rapprocher de la mienne et j’enlace immédiatement mes doigts aux siens alors qu’il reprend en fronçant un peu les sourcils :

-         Ce serait sympa de courir tous les deux… C’est le genre de choses qui te plairaient ? demande-t-il.

-         Absolument, je ne suis pas une grande sportive mais j’aime bien ça. Je ne te l’aurais jamais proposé car j’imagine bien que je te ralentirais carrément mais si Youk arrive à me faire suivre ton rythme alors je t’accompagnerais avec plaisir Hunter…

Il fronce encore les sourcils en observant nos mains et il reprend d’une drôle de voix :

-         J’ai l’impression que ma vie a changé depuis que je t’ai rencontré Hestia… Je…

Son portable vibre et j’ai déjà envie de tuer son appelant. Il le sort de sa poche et nous sommes aussi surpris l’un que l’autre de voir la tête d’Eden plutôt que l’habituel « Winston ». Nous nous regardons en fronçant les sourcils et il décroche :

-         Oui Eden … ? s’étonne-t-il.

-         « … »

-         Maintenant ?! s’exclame-t-il.

-         « … »

-         Sérieusement … ? s’agace-t-il en levant les yeux au ciel.

-         « … »

Je n’entends rien de ce que raconte Eden mais j’entends que la conversation est animée et Hunter soupire bruyamment :

-         Oui, pas de soucis, je l’y mets…, accepte-t-il en levant encore les yeux au ciel.

Il raccroche et pose son téléphone sur l’îlot :

-         Eden débarque avec son équipe pour faire la fête ici… Le bâtiment L effectue des travaux alors ils n’ont nulle part… Ils attendent en bas de l’immeuble que je mette Cal dans la buanderie, m’explique-t-il.

Je saute sur mes pieds pour enlever en quatrième vitesse le harnais de course tandis qu’Hunter transfère les affaires de Calyouk de la cuisine à la buanderie. Son portable vibre encore.

-         Eden rappelle ! le préviens-je en posant le harnais sur ma chaise haute.

-         Réponds-lui s’il te plait ! répond-il.

Je réponds à Eden qui me demande si tout est bon et je l’envoie bouler en lui disant que nous ne sommes pas ses serviteurs. Hunter éclate de rire depuis la buanderie et je raccroche au nez d’Eden pour l’embêter.

Alors que l’appel se coupe et que le téléphone éclaire encore puisque je ne l’ai pas verrouillé, ma mâchoire se décroche littéralement. Je me retrouve face à mes yeux heureux le matin de Noël et mon cœur part en sprint dans ma poitrine lorsque je constate qu’Hunter a mis la photo de moi qu’il a pris ce jour-là en fond d’écran.

Je repose son téléphone sur l’îlot comme s’il m’avait brûlé et je suis obligée de mettre une main sur mes lèvres pour accuser le choc absolument vertigineux que je suis en train de vivre. Je ris nerveusement dans ma main alors que mon sourire est si large qu’il me fait mal aux joues et j’essaie de calmer mon rythme cardiaque sans grande réussite.

J’entends Hunter qui revient de la buanderie et je me tourne pour lui cacher mon émotion alors qu’il appelle Cal qui le rejoint en trainant des pattes, extrêmement déçu de ne pas aller se promener.

-         Ce n’est rien mon grand, nous irons courir demain, le réconforte Hunter gentiment dans mon dos.

Je suis toujours complétement à fleur de peau, les papillons dans mon ventre n’arrêtent plus de voler et je n’arrive décidemment pas à effacer le sourire radieux de mon visage.

Lorsque sa main se pose sur ma hanche, je sursaute pratiquement jusqu’au plafond à cause de l’adrénaline qui coule à flot dans mes veines et il se décompose :

-         Euh… excuse-moi, je ne m’attendais pas à te faire peur comme ça…, bafouille-t-il.

Je laisse exploser mon sourire en pivotant face à lui et je glisse mes mains derrière sa nuque alors qu’il pose les siennes sur mes hanches automatiquement.

-         Qu’est-ce qu’il y a ? demande-t-il en souriant.

-         Rien…, murmure-je.

-         Menteuse, s’amuse-t-il. Tu as vu ta tête ?!

-         Je suis simplement fière d’avoir envoyé Eden se faire voir, glousse-je avec une pointe d’hystérie.

-         Je vois ça ! rit-il.

Il penche la tête pour m’observer avec un beau sourire tandis que je suis toujours accrochée à sa nuque et que je le dévore des yeux. Je suis littéralement au paradis et je n’attends qu’une seule chose : qu’il m’embrasse. Je ne comprends pas pourquoi il ne le fait pas, nous sommes très proches depuis plusieurs jours, nous nous sommes déjà embrassés et il m’a mise en fond d’écran bon sang ! Qu’est-ce qu’il attend ?!

-         Qu’est-ce que tu as… ? insiste-t-il avec humour en me regardant toujours.

-         Rien je te dis… je suis heureuse d’être ici avec toi, ronronne-je pour essayer de le remuer.

Il se penche et la joie m’étrangle une seconde mais il pose ses lèvres sur mon front, ce qui est déjà très bien en soit mais qui n’est clairement pas ce dont j’avais envie, là maintenant. Je suis frustrée et presque ronchonne alors j’essaie de relativiser.

 Je lui reproche de ne pas m’embrasser mais je n’en suis pas capable non plus alors qui suis-je pour le juger ? Après tout, je ne vois pas bien pourquoi ce serait à lui de le faire… et puis je comprends son hésitation, notre relation est très, très ambiguë… Nous sommes tactiles, câlins… mais nous nous sommes embrassés une seule fois… Nous nous connaissons depuis peu de temps également, nous nous apprivoisons et je ne sais pas non plus ce que nous pouvons faire ou non, nos accords sont tacites et flous… Tout ça est compliqué.

« Allez Hestia, ose ! » me crie mon diable avec zèle. Mais je n’y arrive pas, je suis comme bloquée et nous nous dévisageons simplement en souriant comme deux idiots.

Eden toque à la porte, rompant le charme de l’instant et nous nous détachons tandis qu’Hunter va ouvrir à la quantité ahurissante de gens qui s’enfilent dans l’appartement.

 

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