Les sentiments au fond de tes beaux yeux - Tome 1 : La magie de Noël

Chapitre 31 : Soirée chez Hestia

3607 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 03/01/2026 10:49

Chapitre 31 : Soirée chez Hestia


Les gens s’entassent les uns après les autres dans l’appartement bien plus petit que le gros bâtiment L et Hunter les observe d’un sale œil alors que nous nous rasseyons à nos places. Un homme bute dans ma chaise et Hunter lui lance un regard si noir que le type qui commençait à s’excuser s’éloigne simplement en interrompant sa phrase.

Eden allume la musique et la contrariété d’Hunter monte encore d’un cran alors qu’il reprend son verre. La sono et les rires nous vrillent déjà les tympans et je lance un regard désolé à Hunter qui rapproche son siège du mien :

-         Ça va ? me demande-t-il.

-         Ça va… je pensais que nous irions nous balader tous les trois, je ne m’attendais pas à … ça, dis-je en désignant le cirque autour de nous.

-         C’est ce que je pensais aussi…, répond-il en serrant les mâchoires.

Eden fait irruption :

-         Alors les doudous ? On se faisait un petit before à deux ?! demande-t-il gentiment en désignant nos verres.

-         Absolument pas, nous discutions tranquillement en t’attendant pour aller nous promener, réplique Hunter.

-         Ah ouai, désolé, s’excuse Eden en me lançant ses yeux de chiens battus. Nous n’avions nulle part où aller et je me suis dit que ça pourrait être sympa puisque je savais qu’Hunter pouvait enfermer Cal avant notre arrivée… Je suis désolé Hestia, vraiment…

-         Il n’y a aucun souci, le rassure-je. En revanche, je pense que je vais rentrer chez moi… Je ne suis pas d’humeur à faire la fête…

Nous nous excusons mutuellement une minute alors qu’Hunter tapote son doigt sur l’îlot à mesure que ses nerfs montent en pression en observant les gens qui ouvrent des bières et des sachets de nourriture comme s’ils étaient chez eux. Eden me souhaite une bonne nuit en me prenant brièvement dans ses bras puis il se fait appeler par un de ses équipiers et s’éloigne.

-         Tu vas vraiment rentrer… ? demande Hunter d’une voix déçue.

-         Et bien… nous ne pouvons même pas discuter, hésite-je.

Je me baisse pour tenter d’éviter la main d’un homme qui m’arrive en pleine tête alors qu’il ouvre les bras en riant mais Hunter l’attrape juste avant l’impact en le tordant sans autre forme de procès. L’homme couine et Hunter saute sur ses pieds :

-         Tu ne peux pas faire attention bordel ! vocifère-t-il.

-         Hunter ! Il n’a pas fait exprès ! m’exclame-je en détachant sa main du bras de l’homme qui le regarde avec des yeux ronds.

Il se calme un peu alors que je lui tiens le bras, gardant tout de même un air contrarié, mais le pire cas de figure s’impose lorsque la porte s’ouvre sur trois hommes qui entrent en riant et que je reconnais Tulla parmi eux. Hunter se tend des pieds à la tête, je ne l’ai jamais vu avoir un regard aussi sombre et je réagis vite :

-         Ça te dit de venir chez moi ? propose-je.

Toute sa colère s’évanouit alors qu’il pose ses yeux sur moi :

-         Quoi… ? s’étonne-t-il.

-         On pourrait aller chez moi tous les deux, continuer de discuter au calme plutôt que de rester ici…, dis-je timidement.

Il m’observe quelques secondes, comme s’il attendait que je lui dise que je plaisante mais j’attends patiemment et son visage s’illumine comme par enchantement :

-         Avec plaisir… Ça ne te dérange pas ?

-         Mais non, j’en serais heureuse, rayonne-je.

Il sourit pour la première fois depuis l’arrivée des fêtards et je saute de ma chaise. Il attrape ses clés dans le vide-poche de l’entrée et j’embarque la bouteille qu’il vient d’ouvrir en gloussant avant de le rejoindre dans le couloir où il m’attend en me tenant la porte :

-         Tu as soif ? s’amuse-t-il.

-         On ne va quand même pas laisser une aussi bonne bouteille à ces animaux qui s’hydratent à la bière bon marché ! réplique-je.

Nous rions en nous sauvant dans l’ascenseur qui nous mène au garage.

-         Quelle échappée ! soupire-t-il de soulagement.

-         Je ne sais même pas comment tu pouvais imaginer rester là-bas ! m’exclame-je.

Il m’ouvre évidemment la portière avec galanterie :

-         Je voulais juste rester avec toi… mais je n’étais pas ravi de devoir supporter les autres…, précise-t-il.

-         Et bien tu as de la chance, je viens de résoudre tous tes problèmes d’un coup ! glousse-je.

Il hoche la tête et me rejoint avant de démarrer. J’écoute le ronronnement familier du moteur et un petit sourire se glisse sur mes lèvres. Je n’en reviens pas d’être si habituée à cette voiture, à lui, à passer du temps tous les deux finalement… Je me souviens encore de la première fois que je suis montée dedans et je ris toute seule.

-         A quoi penses-tu ? demande-t-il avec curiosité.

-         Au jour où tu es venu me chercher en ville… notre premier trajet tous les deux, chuchote-je.

-         Très loquace, plaisante-t-il.

-         Oui… Quel enfer, j’étais tellement impressionnée, je n’osais pas te parler…, soupire-je.

-         Moi non plus, admet-il. Je ne savais pas quoi te dire, pourtant j’avais envie que nous parlions mais je trouvais ça un peu gênant, j’avais peur que tu te sentes obligée de me répondre parce que je te ramenais…

-         N’importe quoi ! ris-je. Au moins, Eden a un peu brisé la glace… Sinon nous étions parti pour ne pas nous décrocher un mot… Ça aurait bien été mon genre…

-         Ça aurait été le mien aussi, admet-il en riant.

Il approche de mon bâtiment et je lui montre le chemin qui mène au parking :

-         Va te garer à la place qui m’est attribuée, il serait dommage qu’on enlève ta voiture parce que tu stationne devant le bâtiment toute la soirée, dis-je en souriant.

Il m’obéit alors que je le guide et cette petite tranche du quotidien me rend toute joyeuse. J’adore le voir prendre ma place de parking, j’adore rêvasser en imaginant qu’il le fasse naturellement alors que nous rentrons chez nous… Bon, tant qu’à choisir, je préfère fantasmer que nous habitons chez lui, car ma chambre étudiante n’est pas à la hauteur. Je complexe d’ailleurs un peu puisqu’il n’est jamais venu et j’ai pratiquement peur qu’il se sauve en courant alors que nous approchons de ma chambre.

-         Je te préviens, ce n’est pas le grand luxe, glisse-je.

-         Qu’est-ce que j’en ai faire Hestia, franchement ? demande-t-il en levant les yeux au ciel.

Je déverrouille la porte puis j’entre en lui lançant un regard inquiet :

-         Ce n’est pas aussi joli que chez toi…, bafouille-je encore.

Il observe la pièce une seconde avant de reposer les yeux sur moi :

-         Je ne vois même pas la différence, que nous soyons à l’appartement ou ici, j’ai les yeux rivés sur toi de toute façon…, répond-il d’une voix charmeuse.

Je rougis immédiatement alors qu’il découvre l’appartement avec curiosité pendant que je referme la porte en essayant de calmer mon cœur qui s’emballe. Il observe rapidement notre minuscule cuisine avant de se diriger vers le fond de la chambre où se situent nos deux lits qu’il analyse :

-         Je parie que tu dors à droite, dit-il.

Ça m’amuse automatiquement et je croise les bras :

-         Tu es bien prétentieux, le taquine-je.

-         Je sais que j’ai raison, fanfaronne-t-il.

-         Tu penses ? Quels sont tes arguments ? demande-je en riant.

Très sûr de lui, il se laisse tomber dans mon lit pour s’y assoir en s’appuyant contre le mur :

-         Tout Hestia, je ne peux même pas me poser la question… La décoration, les livres de chevets, les draps… Je reconnais ton monde, ton lit m’appelle comme s’il m’était familier…, explique-t-il pensivement.

Je suis tellement scotchée par ce qu’il vient de dire, de constater qu’il me connait déjà suffisamment pour reconnaitre mon côté en un regard que je ne trouve rien de mieux à faire que l’embêter pour le distraire de mon trouble :

-         Tu es pourtant allongé dans le lit de Julia, dis-je.

Il éclate de rire :

-         Je ne peux même pas te croire malgré ton sérieux, je n’y crois tout simplement pas, répond-il avec assurance en ne bougeant pas d’un poil.

-         Tu peux ! pouffe-je finalement.

Il rit un peu plus avant de m’ouvrir ses bras et je cours me blottir dedans sans la moindre hésitation. Je me love contre son torse alors qu’il m’emprisonne dans son étreinte en observant mon côté de la chambre avec un sourire aux lèvres :

-         Je crois que cette chambre me fait penser à Eden et moi… C’est presque comme si tu m’avais demandé de me dire mon côté face à celui d’Eden… c’est dur à expliquer, dit-il pensivement.

-         Ah bon ? m’étonne-je.

-         Oui… La décoration un peu tape à l’œil, les draps colorés, les lectures amusantes… et de l’autre la sobriété, les draps unis sombres et les lectures fascinantes… Certains trouveraient sans doute ton côté moins accueillant alors que ça me fait l’effet inverse, j’ai été immédiatement réconforté par ton univers, comme si j’étais à la maison…, reprend-il.

-         Julia dit que je suis une gothique romantique ratée… je crois que tu l’es toi aussi, dis-je en lui souriant.

-         Oui il y a de ça… Nous nous ressemblons…, murmure-t-il.

J’hoche la tête timidement et il pose un regard plein d’émotion sur moi :

-         Je me sens bien avec toi Hestia, vraiment bien.

-         Moi aussi Hunter, vraiment très bien, chuchote-je.

Mon cœur est à deux doigts de l’infarctus alors que nous nous observons à quelques centimètres l’un de l’autre. Il y a une telle connexion entre nous, des émotions qui passent de son regard au mien… J’attends encore désespérément qu’il m’embrasse, j’hésite une fois de plus à le faire moi-même sans y arriver… J’ai l’impression que rien ne pourrait décrocher nos regards l’un de l’autre à part un baiser, ça m’obsède et je m’en veux à mourir de ne pas trouver le courage.

-         Tu as les plus beaux yeux que je n’ai jamais vu de ma vie, murmure-t-il.

-         Toi aussi, réponds-je immédiatement.

Il hausse un sourcil, comme pour me souligner qu’il n’y croit pas et je trouve ça tellement dingue que je trouve le courage d’enfin lui dire la vérité quant à notre rencontre :

-         La première fois que je t’ai vu… lorsque tu as allumé la lumière…, commence-je d’une petite voix tremblotante.

Il fronce les sourcils en m’interrogeant du regard et je me lance :

-         Eden m’a dit que tu avais pensé que tu m’avais fait peur… mais la vérité… c’est que… j’ai sursauté comme ça parce que… Disons que je te trouvais plutôt très beau pour le tueur en série qui allait me découper en morceau …

Il éclate de rire, rompant la tension entre nos regards et cette baisse d’intensité me permet de continuer d’avouer les faits :

-         Lorsque tu as allumé et que ton visage m’est apparu pour la première fois… Je t’ai trouvé magnifique Hunter, avec des yeux comme je n’en avais jamais vu, plus fascinants que tous, plus profonds, plus … je n’ai même pas les mots, souffle-je. C’est ta beauté qui m’a surprise au point d’en sursauter, je ne m’y attendais pas et c’est pour ça que j’ai eu si honte que je me suis sauvée en courant. Je préférais que tu imagines que tu m’avais fait peur plutôt que tu saches la vérité.

-         Je n’ai peut-être pas sursauté Hestia, mais je te jure que tu es la plus belle femme que je n’ai jamais vu de ma vie.

Il passe son nez contre le mien tendrement et je manque de m’évanouir de bonheur jusqu’à ce que son portable vibre dans sa poche. Il soupire avec mauvaise humeur en le récupérant :

-         Je te jure que si c’est Eden…, grogne-t-il.

Et effectivement, sa tête d’andouille est affichée sur l’écran. Il répond en levant les yeux au ciel et leur conversation s’éternise. Eden cherche je ne sais trop quoi et Hunter tente de lui expliquer où c’est rangé dans l’appartement tandis que ce dernier cherche en restant en ligne. Il me lance des regards d’excuses toutes les trente secondes et met même Eden en haut-parleur pour me faire rire, ce qui fonctionne.

Je finis par me lever pour m’occuper en riant régulièrement de leurs prises de bec puisqu’Eden ne trouve rien. Je me lance en cuisine, bien décidée à offrir un bon petit plat à Hunter avec ma spécialité : les lasagnes.

Au bout de quelques minutes, Hunter me rejoint en affichant sa tête la plus curieuse pour m’observer faire tandis qu’Eden râle toujours après le rangement de son colocataire. Il passe alors sa main libre autour de mon ventre en glissant ses lèvres au creux de ma mâchoire pour m’embrasser doucement et je frissonne en souriant. Il embrasse plusieurs fois ma joue, plus ou moins longuement et je me presse contre lui avec bonheur à chaque fois en tâchant de continuer ma besogne.

-         Qu’est-ce que tu fais ? murmure-t-il contre ma peau.

-         Des lasagnes, ça se voit non ? le taquine-je à voix basse.

Il rit un peu contre ma joue en me câlinant toujours lorsqu’Eden allume ses neurones :

-         « Ah oui ! Je l’ai ! Il était dans le placard de l’entrée ! »

-         Oui, comme je te l’indique depuis dix minutes, réplique Hunter en me relâchant pour s’appuyer contre le plan de travail à côté de moi.

Il lève les yeux au ciel et je glousse un peu.

-         « Ouai bah je t’entendais mal avec le bordel ambiant ! »

-         Ça t’apprendra à faire des fêtes improvisées ! interviens-je.

-         « Je fais ce que je veux ! »

-         Amuse-toi bien avec ta bande d’idiots, je raccroche, annonce Hunter.

-         « Attends un peu… qu’est-ce que tu fous encore chez Hestia toi d’ailleurs ?! Ça fait au moins trente minutes que tu es parti ?! »

Hunter lève les yeux au ciel et je prends le téléphone dans sa main :

-         Il avait l’air si contrarié lorsque tes invités ont débarqué que j’ai eu envie de le sauver ! Je l’ai donc invité à venir passer la soirée au calme avec moi plutôt qu’à s’enfermer chez vous dans sa chambre ! rétorque-je.

-         « Ah… qu’est-ce que vous faites ? »

-         Je suis actuellement en train de lui préparer mes fameuses lasagnes, claironne-je.

-         « Sérieux… ? J’adore tes lasagnes… »

Depuis qu’il sait qu’Hunter passe la soirée ici, il a l’air tout triste, comme s’il était déçu d’être à sa fête plutôt qu’avec nous et j’éclate donc de rire tandis qu’Hunter reprend son téléphone :

-         C’était la soirée ou les lasagnes, il fallait réfléchir ! Tant pis pour toi Eden !

-         « Elle ne m’a pas proposé les lasagnes, sinon je n’aurais jamais invité l’équipe ! »

-         C’est fini oui ! m’amuse-je. Vous n’allez pas encore passer dix minutes à parler de mes lasagnes les garçons !

Eden soupire bruyamment et Hunter lui raccroche au nez en ricanant alors je lui lance un regard sévère :

-         Il est simplement déçu de ne pas être avec nous, ce n’est pas très sympa, le rabroue-je.

-         Chacun ses choix ! réplique-t-il joyeusement. Je peux t’aider en quelque chose ?

Nous finissons le plat à deux et ça me rend très heureuse puisque ça me rappelle notre réveillon de Noël.

 

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