Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 37 : Docteur Hunter
Dès que nous passons leur porte d’entrée, Hunter me traine doucement jusqu’à la salle de bain.
- Comment tu te sens ? s’inquiète-t-il.
- Très bien, ce ne sont que des égratignures…, réponds-je pour la énième fois en souriant.
Il me lance un petit regard avant de s’agenouiller devant moi et d’attraper mon legging :
- Je peux ? demande-t-il.
- Bien sûr, mais ce n’est rien, arrête de faire cette tête ! m’amuse-je.
Il le descend jusqu’à mi-cuisse et Eden débarque là-dessus :
- Alors docteur, il faut amputer ces jolies jambes ?! plaisante-t-il en entrant.
Je ris un peu avec lui mais Hunter se redresse comme un diable :
- Non mais qu’est-ce que tu fous ! Dégage de là ! vocifère-t-il en essayant de lui rabattre la porte sur le nez.
- Quoi ?! Mais pourquoi ?! se hérisse Eden.
- Tu n’as pas à la voir en sous-vêtements !
- Parce que toi oui peut-être ?! s’offusque Eden.
- Je la soigne ! crie Hunter en lui fermant encore la porte dessus avec virulence.
- C’est ma meilleure amie ! C’est peut-être bien moi qui devrais la soigner ! réplique-t-il.
- Tu parles ! Tu es le crétin qui l’a blessée ! aboie-t-il.
Je ris aux éclats de toute la scène, un peu plus lorsqu’Hunter referme la porte plus violemment et arrive à la fermer sur le visage outré de mon meilleur ami.
- Tu es cinglé Hunter ! râle Eden en s’éloignant dans le salon.
Il ne répond même pas et revient s’agenouiller devant moi pour descendre mon legging le long de mes jambes avec une délicatesse dingue, particulièrement au niveau de mes genoux où il décolle le tissu de ma peau pour être sûr de ne pas me faire mal. Alors qu’il révèle mes jambes, je me rends compte que j’ai tout de même de sacrées plaies et son visage devient encore plus inquiet. Il me débarrasse totalement de mon pantalon avant de prendre mes mains pour m’assoir sur le tabouret en bois où je l’avais déjà soigné et un sourire s’étire sur mes lèvres alors que je l’observe. Il attrape du désinfectant et de la gaze avant d’éponger le plus doucement possible mes genoux, avec son petit air concentré à croquer.
- Décidemment, ce tabouret est fait pour ça…, murmure-je.
Il relève un beau regard :
- J’avais aimé que tu me soignes, me confie-t-il.
- J’aime que tu me soignes, réponds-je doucement.
Il me sourit en continuant de nettoyer mes plaies et au moment de désinfecter, il me lance un regard malicieux :
- Attention, ça va piquer un petit peu, me cite-t-il.
- Je survivrai, le cite-je donc en souriant.
Comme je l’avais fait, il souffle immédiatement sur mes genoux après les avoir aspergés et je dois bien avouer que c’est absolument génial qu’on s’occupe de moi comme ça. J’ai beau avoir les genoux en feu, je suis tellement heureuse qu’il prenne soin de moi que je me blesserais volontairement tous les jours rien que pour qu’il recommence.
Lorsqu’il termine de nettoyer mes genoux, il attrape deux grands pansements dans sa trousse de soin et les applique avec concentration, comme si ma vie en dépendait.
- C’est agréable de se faire chouchouter…, commente-je timidement.
Il éclate d’un petit rire discret :
- Je le fais quand tu veux, réplique-t-il avant d’embrasser le dessus d’un de mes genoux avec douceur.
Je suis immédiatement propulsée au paradis sur terre alors qu’il se redresse face à moi :
- Si tu remets ton legging, ça risque de décoller les pansements…, dit-il pensivement.
- Je n’ai pas trop le choix, je m’imagine mal aller me balader en culotte devant Eden…, réponds-je en rougissant.
- Moi aussi, acquiesce-t-il. Je peux aller te chercher un tee-shirt… ?
- Mais non, tu en as bien un sale qui traine quelque part, réplique-je en me penchant sur le panier à linge à côté de moi.
- Hestia ! Je vais aller t’en chercher un propre ! s’offusque-t-il.
- Je viens de transpirer en courant, c’est hors de question !
Il se penche pour m’arrêter mais je trouve ce que je cherche et j’arrive à le sortir du panier à linge juste avant qu’il ne le referme en le claquant.
- Hestia ! me rabroue-t-il.
J’enlève mon haut dans la foulée pour me mettre en sous-vêtements et je suis très satisfaite de voir que ça le fait taire, puis je passe son haut.
- Et si je te disais que c’était un tee-shirt de rugby sale d’Eden…, souligne-t-il en plissant les yeux.
- Je saurais que tu mens, je reconnais ton parfum ! réplique-je.
Il lève les yeux au ciel en souriant malgré tout et dès que je me mets sur mes jambes, il me reprend automatiquement dans ses bras.
- Je peux marcher ! ris-je en m’accrochant pourtant à sa nuque.
Il ne répond pas et me sort de la salle de bain dans ses bras. J’ai l’impression d’être une gamine dans mon tee-shirt trois fois trop grand, perchée dans ses bras avec mes gros pansements sur les genoux et ça me fait glousser. Dès que nous arrivons près du canapé, Eden tourne la tête pour me regarder avec un air amusé :
- Alors, le docteur a dû amputer ? s’amuse-t-il.
- Presque, ris-je en agitant les jambes pour lui montrer mes genoux.
Il lève les yeux au ciel, puis une seconde fois lorsqu’Hunter me dépose dans le canapé avec douceur. Dès que ce dernier retourne à la salle de bain, sans doute pour nettoyer nos affaires de soins, Eden me regarde avec un air ahuri :
- Il est complétement dingue, commente-t-il.
- Je crois, glousse-je.
- Il ne te laisse même pas marcher… je peux te dire que quand je m’étais cassé le poignet, je pouvais crever pour qu’il me fasse mes lacets…
J’étouffe mon rire dans mes mains alors que nous échangeons un regard hilare.
- Il a même soufflé sur mes blessures, il avait l’air tout inquiet ! explique-je en chuchotant.
- Merci j’avais remarqué, il te regarde comme si tu étais mourante depuis que tu es tombée !
- Mais oui ! pouffe-je.
Il m’observe alors pensivement et je l’interroge du regard.
- C’est assez drôle… le soir où j’ai demandé à Hunter de venir te chercher chez Tulla, tu m’as fait la tête au carré en me disant qu’il n’allait quand même pas faire un aller-retour pour venir chercher « la petite princesse Hestia qui veut rentrer chez elle », me dit-il.
- Et alors… ? Pourquoi penses-tu à ça ? m’étonne-je.
Il hausse les épaules en souriant :
- Rien, je me disais juste que c’est assez drôle parce que c’est visiblement exactement ce que tu es devenue… sa petite princesse…
Je rougis des pieds à la tête et il me sourit plus largement avant d’allumer la télé.
- C’est chouette de le voir comme ça plutôt que toujours la tête dans le boulot… Ça me fait plaisir, même quand il me gueule dessus parce que je te fais tomber ou qu’il me vire de la salle de bain pour que je ne te vois pas en culotte, ajoute-t-il en riant.
- Tant mieux, si ça l’occupe et que ça te rend heureux ! glousse-je.
- Je crois qu’il t’apprécie vraiment, commente-t-il pensivement en cherchant un film.
Nous échangeons un regard et je lui souris, toute contente qu’il me confirme qu’Hunter m’aime bien, ça me touche même si c’était plutôt évident.
- Et toi ? Tu l’apprécies ? continue-t-il en défilant toujours les films à l’écran.
- Je l’adore ! roucoule-je tout de suite.
- Tant mieux, conclut-il en souriant.
Hunter interrompt notre conversation en revenant de la salle de bain pour se planter derrière nous :
- Il est dix-huit heures passé, ça vous dirait de commander des pizzas ? propose-t-il.
- A fond ! s’enflamme Eden en se redressant pour attraper un papier dans le vide-poche sur la table-basse.
- Non merci, réponds-je.
Les deux me regardent avec des yeux ronds comme des soucoupes.
- Tu n’aimes pas la pizza… ? demande Hunter en haussant les sourcils.
- Pas trop, mens-je.
Mais Eden, qui me connait un peu trop bien maintenant, affiche alors une tête blasée en regardant Hunter :
- Laisse tomber, c’est parce qu’elle n’a pas d’argent sur elle, me grille-t-il immédiatement.
- Non mais sérieusement…, s’agace Hunter.
- Je n’ai pas faim ! couine-je.
- T’inquiète Hunty, elle aime les forestières je crois, dit tranquillement Eden en regardant le menu.
- Je n’ai pas faim ! répète-je.
Hunter se penche avec lui par-dessus le canapé et ils choisissent leurs pizzas en m’ignorant. Lorsqu’Hunter appelle, il commande évidemment une forestière et je croise les bras pour bouder, ce qui fait bien rire Eden :
- Franchement, je t’ai fait tomber, je te dois bien à manger Titi !
- Alors paie-moi ma pizza ! Hunter a déjà trop dépensé pour moi ! ronchonne-je.
- Ça marche, accepte-t-il.
Mais Hunter se laisse tomber entre nous dans le canapé en soupirant :
- Hors de question Eden, je lui paie sa pizza, point barre.
- Ça me va ! répond tout de suite mon ami.
- Non ! m’offusque-je.
- Tu es peut-être assez idiote pour refuser qu’il paie à ta place mais pas moi ! ricane Eden. Ça vous va le seigneur des anneaux ?
- Tu sais bien que oui, réplique Hunter.
- Je n’ai jamais vu ce film, dis-je.
Ils tournent la tête vers moi d’un même mouvement choqué avant de se regarder entre eux en ouvrant des yeux ronds.
- Ok…, répond Eden. Tu as simplement raté ta vie mais ce n’est pas si grave.
- Il faut vraiment que tu le voies, affirme Hunter avec sérieux.
- C’est notre saga préférée, continue Eden. On la regarde genre, trois fois par an…
Ça m’intrigue de les voir aussi sérieux pour un film et ma colère pour la pizza fond comme neige au soleil.
- Mettez-le, que je vous juge un peu ! m’amuse-je.
Ils rient et lancent le film alors que je m’installe confortablement dans leur canapé que je commence à bien connaitre. Je passais déjà une journée incroyable, mais dès qu’Hunter attrape mes jambes pour les mettre sur ses cuisses, elle s’améliore. Les garçons discutent du film avec animation, commentant chaque scène avec passion, et lorsqu’il se met à caresser tendrement mes jambes, ma journée devient tout simplement merveilleuse.
Eden ne commente pas, il ne se moque pas, il n’a même pas l’air de trouver ça anormal et j’en suis ravie car je sais qu’Hunter aurait immédiatement arrêté si ça avait été le cas. On dirait presque qu’il ne réfléchit pas, qu’il le fait automatiquement sans vraiment se rendre compte que c’est un peu étrange et ça me renverse le cœur de bonheur.
Je suis tellement bien que j’en pleurerais. J’adore entendre le souffle régulier de Cal couché juste devant moi au pied du canapé, j’adore écouter les discussions passionnées des garçons qui s’entendent si bien et j’adore même le film, qui me happe instantanément. Cette journée est parfaite, j’aimerais que chaque jour de mes vacances ressemble à celui-là, je ne saurais dire comme j’aime ces trois garçons qui sont rentrés dans ma vie comme ça, sur une coïncidence… Cette soirée, qui je pensais allait devenir la pire de toute ma vie, fut finalement la porte qui me mènerait vers ce doux quotidien que j’ai désormais. La vie est dingue.
- Je vous adore…, soupire-je alors.
Ils tournent des têtes très étonnées vers moi, sans doute surpris par ma déclaration sortie de nulle part et je les regarde avec tout mon amour :
- Vous ne pouvez pas imaginer comme je suis heureuse d’être avec vous trois, je passe une des meilleures journées de toute ma vie ! m’exclame-je avec honnêteté.
- Roh ! T’es trop mignonne ! Nous aussi on t’adore ! Et on adore passer du temps avec toi, c’est évident, répond Eden.
Hunter ne dit rien mais il me sourit et je vois tout ce que j’ai envie d’entendre au fond de ses beaux yeux.
- Et votre film est top pour l’instant, ajoute-je.
Cette dernière remarque relance leurs discussions, ce qui était le but recherché et je me laisse bercer par leurs murmures alors que les caresses d’Hunter deviennent plus agréables que jamais. Il remonte ses doigts de mes chevilles à mes genoux, il alterne entre des massages et des caresses pures, c’est tellement agréable que je suis extrêmement heureuse quand ils mentionnent que le film dure trois heures.
C’est le livreur de pizza qui interrompt mon bonheur une petite heure plus tard, lorsqu’Hunter se lève pour aller payer à la porte. Eden me lance un regard amusé quand il voit ma tête boudeuse :
- Ça va la petite princesse ? se moque-t-il à voix basse.
- Je ne me plains pas, minaude-je.
- La prochaine fois qu’on court tous les trois, tu me pousseras par terre, que j’ai des papouilles ! plaisante-t-il.
- Allez, vendu ! glousse-je.
- Qu’est-ce que vous marmonnez encore vous ? demande Hunter en déposant les pizzas devant nous.
- Rien qui te regarde ! réplique Eden en se jetant sur sa pizza.
Hunter reprend sa place en plissant les yeux avec humour et je me redresse pour m’assoir, me retrouvant toute collée contre lui.
- Merci beaucoup d’avoir payé, ronronne-je.
- Mais de rien, répond-il joyeusement en posant une main sur ma cuisse pour la caresser du bout des doigts.
C’est encore un bonheur sans nom, je mange tranquillement tout contre lui, nous échangeons des parts de nos pizzas pour changer de goût et il embrasse ma tempe furtivement lorsqu’Eden va chercher de la sauce piquante. J’ai même la chance de recevoir d’autres caresses lorsque je me rallonge en chien de fusil et qu’Hunter reprend mes jambes automatiquement sur lui.
En fin de soirée, alors que je suis complétement plongée dans ce film incroyable, l’un des héros meurt et j’éclate en sanglots. Les garçons sont surpris, même Cal relève le nez pour me regarder avec inquiétude et je vois bien qu’ils ne savent pas trop comment réagir.
Inconsolable, je me redresse en sanglotant pour prendre un mouchoir sur la table basse et Hunter m’attrape par la taille pour me caler contre lui alors qu’Eden panique un peu :
- Bah alors Titi ! Il ne faut pas pleurer comme ça, ce n’est qu’un film ! s’exclame-t-il.
- Ce n’est rien, tout va bien, c’est juste… triste…, renifle-je.
Ils rient doucement en voyant que les rivières sur mes joues ne sont finalement pas très graves, et je me laisse câliner par Hunter avec bonheur jusqu’à ce que le générique défile sur l’écran.
- Tu voudras quand même voir la suite… ? s’inquiète Eden.
- Il y a une suite ?! couine-je.
- Bien sûr, on t’a dit que c’était notre saga préférée, répond Hunter.
- Avec plaisir alors !
- On se met le deux ? On se fait une nuit complète pour regarder les trois ?! s’excite Eden.
- Je vais devoir y aller, glisse Hunter.
Je tourne la tête vers lui lentement, complétement horrifiée :
- Oh bon sang ! J’avais oublié que tu devais partir ! Non mais tu as vu l’heure ?! Tu ne peux pas partir pour six heures de route ! m’étrangle-je.
- Et pourtant…, répond-il en se levant.
Il disparait dans sa chambre et je regarde Eden à la recherche de soutien qui ne vient pas.
- Son patron est un monstre ! couine-je avec colère.
Il éclate de rire :
- Il aurait pu partir plus tôt, c’est son choix, c’est un grand garçon Hestia !
- Il va arriver à quatre heures du matin !! crie-je.
Une quinzaine de minutes plus tard, Hunter est douché, habillé et ressort de sa chambre avec un gros sac noir de voyage :
- Ne t’inquiète pas pour moi, ça ira très bien, tempère-t-il en voyant mes yeux scandalisés.
- Dors ! Tu te lèveras aux aurores plutôt ! couine-je.
- Hors de question, je pars ce soir.
Il me sort sa voix autoritaire et je me tais donc en croisant les bras rageusement, mais je n’en pense pas moins.
- Je te dépose chez toi en partant ? propose-t-il.
- Mh…, marmonne-je avec ma moue la plus boudeuse.
Après un bisou à Calyouk et une tape dans la main d’Eden, j’enfile ma veste de jogging par-dessus le tee-shirt d’Hunter et nous descendons à sa voiture avant de quitter le bâtiment. Le silence pèse sur l’habitacle, je suis remontée comme un coucou qu’il choisisse de partir à une heure pareille et il essaie visiblement de me changer les idées :
- Comment vont tes genoux ? demande-t-il gentiment.
- C’est complétement irraisonnable ! m’exclame-je en ignorant sa question.
- Hestia, ne t’en fais pas, j’ai quelque coups de fils à passer et je m’arrêterai si je suis fatigué, me rassure-t-il d’une voix lasse.
- Quand même…, insiste-je. Ce n’est pas prudent !
- Ne t’inquiètes pas, ordonne-t-il plus fermement.
Il s’arrête devant chez moi et je dépose finalement les armes puisque je sais de toute façon que je n’aurai pas gain de cause et que je ne le verrai pas pendant une semaine.
- Tu seras prudent ? murmure-je d’une voix inquiète.
- Bien sûr.
- Tu me promets que tu t’arrêteras si tu es fatigué ?
- Je te le promets, répond-il en souriant.
J’hoche la tête tristement en promenant mon regard sur l’habitacle et mes yeux tombent sur mes jambes nues, puisque je n’ai pas pris la peine de me rhabiller avant de partir :
- Je suis désolée, je t’ai piqué ton tee-shirt…, commente-je.
- Ce n’est pas grave, tu penseras à moi, réplique-t-il.
Je souris enfin de toutes mes dents en tournant la tête vers lui et il attrape ma mâchoire pour me tirer jusqu’à ses lèvres, déversant le bonheur le plus complet dans mes veines. Décidément cette journée…
Je me plonge entièrement dans notre baiser, je le savoure avec force alors qu’il l’intensifie peu à peu, tout en posant sa main libre sur ma cuisse pour la serrer doucement. Dès que ses doigts se posent sur ma peau, je frissonne, complétement bouleversée par le contexte. Depuis le temps que je rêve de l’embrasser dans cette foutue bagnole, j’y suis enfin et après une nuit dingue avec lui qui plus est.
La pointe de sa langue sur mes lèvres réveille les chatouilles au fond de mon ventre et je vibre de désir alors que notre baiser devient langoureux. Ce n’est que lorsque nos souffles se désordonnent et que sa main serre ma cuisse un peu trop fermement qu’il arrive à se détacher de mes lèvres et nous nous dévisageons avec des yeux plus qu’étourdis, aussi charmés l’un par l’autre visiblement.
Mais il est déjà tard, il faut qu’il parte.
- Sois prudent, murmure-je.
- Je te le promets, chuchote-t-il.
Il pose un baiser chaste sur mes lèvres et je l’appuie en attrapant ses joues, avec toute ma tendresse, pour lui signaler à quel point il va me manquer dans les jours qui arrivent. C’est un vrai crève-cœur de lui dire au revoir, nous n’arrivons pas à nous laisser, chaque fois que j’esquisse un départ, soit il craque, soit c’est moi, et nous nous embrassons une fois de plus.
C’est l’heure qui tourne qui me décide finalement et j’arrive à sortir de l’habitacle mais je le rejoins vite à côté de sa vitre qu’il baisse :
- Je te souhaite une bonne route, sois vraiment prudent.
- Merci, et oui, je te l’ai promis, répond-il en souriant.
Après un véritable dernier baiser, il démarre et je lui fais tristement coucou jusqu’à ce qu’il disparaisse au coin de la rue.