Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 38 : Une nuit au téléphone

5446 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 14/01/2026 10:01

Chapitre 38 : Une nuit au téléphone


Alors que je suis au lit en train de lire, deux bonnes heures plus tard, je reçois un message.

Hu : « Tu dors ? »

He : « Non. Pas de téléphone au volant ! Mais je suis heureuse de savoir que tu es en vie… »

Je n’ai même pas le temps de reposer mon portable qu’il m’appelle. Ça me fait tout drôle de le voir m’appeler, ça me rend timide mais je décroche avec joie.

-         Oui ?

-         « Déjà, je n’ai pas touché mon téléphone, je t’ai envoyé le message avec l’assistant vocal. »

-         Bon, ça va alors… La route se passe bien ?

-         « Très bien, j’ai fini mes appels alors… je ne sais pas, je me suis dit qu’on pouvait peut-être s’appeler un petit coup… »

-         Avec plaisir, tu as très bien fait ! m’enthousiasme-je.

-         « Comment vont tes genoux ? Tu ne m’as pas répondu tout à l’heure. »

Je souris en observant mes pansements :

-         Ils vont très bien, ils ont été merveilleusement bien soignés et je suis au lit alors il se reposent, plaisante-je.

-         « Ne mets pas de pantalon ! »

-         Je n’en ai pas !

-         « Tu es restée dans mon tee-shirt ? »

Je rougis un peu mais inutile de mentir :

-         Oui…

Il rit au bout du fil et ça me fait rire à mon tour.

-         « Qu’est-ce que tu fiches dans un tee-shirt sale pour dormir ?! »

-         Tu peux parler ! Tu as bien dormi dans un caleçon plus que sale ! réplique-je en rougissant de plus belle.

Il éclate d’un rire interminable.

-         « Et encore, si tu savais… »

-         Dis-moi !

-         « J’avais déjà une heure de retard, si tu imagines que j’ai perdu du temps pour rentrer me doucher avant d’y aller… »

J’abats une main sur mes lèvres en éclatant de rire :

-         Tu es allé travailler dans ce caleçon ?! m’exclame-je en riant.

-         « Oui… Un des plus grands moments de solitude de ma vie… »

Nous rions comme des bossus pendant quelques minutes, nos éclats de rires reprenant à chaque fois que l’un de nous essaie de parler.

-         Tu es un cochon Hunter ! glousse-je finalement.

-         « Je sais bien mais je me suis douché immédiatement en rentrant si ça peut jouer en ma faveur. »

-         Je ne suis pas sûre… Les garçons sont vraiment dégoutants, me moque-je gentiment.

-         « Ah ça… Enfin, ce n’est pas comme si quelqu’un avait pu le remarquer heureusement, mais tu n’imagines pas mon malaise. »

-         Je pense que je l’imagine un minimum… Mais tu ne me critiqueras plus de porter ton tee-shirt sale pour dormir !

-         « Je n’oserais plus maintenant que c’est avoué. Alors ce film ? »

Nous passons une bonne heure et demie au téléphone, nous discutons en grande partie du film, je lui fais un compte rendu détaillé de ce que j’en ai pensé et il est tout heureux.

Lorsque j’aperçois l’heure, il est presque deux heures du matin, nous sommes donc le 28 décembre et je ne perds pas une seconde :

-         Joyeux anniversaire Hunter !! couine-je.

Je l’entends rire doucement.

-         « Merci Hestia. »

-         Je n’en reviens pas, tu passes ta journée d’anniversaire sur la route… Quelle tristesse, boude-je.

-         « Mais non, j’arrive dans quelques heures… »

-         C’est horrible quand même, quand je pense que tu pourrais être ici avec nous… que nous aurions pu te faire un gâteau et fêter ça tous les trois… Mais non, tu seras tout seul, ça m’horrifie, chuchote-je.

-         « J’ai l’habitude Hestia, ne t’en fais pas pour moi. »

-         Mais je suis là maintenant ! Et je ne tolère pas que tu sois seul ! insiste-je.

-         « Oui tu es là, alors ma journée sera plus belle que les autres années même si je ne suis pas à la maison. »

-         L’année prochaine, tu poseras ton jour ! décide-je.

Il rit encore.

-         « Si tu veux. »

-         Tu aurais pu le poser ?! m’exclame-je.

-         « Oui, si j’avais prévu la chose à l’avance, j’aurais pu être là. »

-         Mais pourquoi ne l’as-tu pas fait ?! m’indigne-je.

-         « Je ne sais pas trop, je … je n’imaginais pas que nous… Je ne sais pas. »

-         Et bien tu le poseras l’année prochaine. Je vais arrêter de râler, inutile de nous rendre triste alors que tu ne seras pas là quoi qu’il arrive… Nous nous rattraperons lorsque tu rentreras et voilà.

-         « Exactement, tu me feras un gâteau et tout ce qui te fait plaisir ! »

Nous rions un peu et un petit blanc s’installe. Je me cale un peu mieux dans mon lit en essayant de le visualiser.

-         Tu arrives dans longtemps ? demande-je.

-         « Il me reste deux heures à peu près, ce n’est plus très long… Si tu veux dormir, dors ! »

-         Mais non, décline-je en baillant.

-         « Hestia, dors ! »

-         Non. Demain, j’ai décidé d’aller faire les magasins, dis-je pour changer de sujet.

-         « Ah bon ? Pour acheter quelque chose en particulier ? »

J’adore qu’il s’intéresse toujours à moi et à ce que je fais, j’ai l’impression que tout ce que j’ai à lui raconter le passionne, même les choses les plus insignifiantes.

-         Et bien, je pars mardi matin pour la montagne mais je n’ai rien pour la neige… J’imagine qu’il va falloir que je me trouve des chaussures et une veste imperméable…

-         « Et un pantalon ! »

-         Je n’ai pas le budget pour acheter plus, je ne sais déjà pas si je l’aurai pour des bottes et une veste ! ris-je. Je pense que je suis déjà optimiste… j’achèterai au moins les chaussures et je ne me nourrirai pas la semaine d’après je suppose.

-         « Laisse-moi te les acheter, s’il-te-plait, c’est tout de même à cause de moi que tu te retrouves là-bas. »

-         Hors de question, tu t’en doutes.

-         « Je t’en prie ! Ça me ferait plaisir ! »

Seigneur, il est adorable.

-         Non Hunter, tu m’as déjà payé ce voyage, n’exagère pas.

-         « D’accord, où vas-tu aller ? »

-         Au centre commercial, j’irai en bus, explique-je.

-         « Eden peut t’emmener. »

-         Je ne vais pas embêter Eden pour qu’il me serve de chauffeur ! m’amuse-je.

-         « Je t’emmènerais moi… »

-         Tu es gentil, mais tu te proposes. Eden n’a rien proposé lui, alors j’irai en bus. Arrête de toujours t’inquiéter pour moi ! m’exclame-je en riant.

-         « D’accord… »

Son ton est ronchon et ça me fait encore rire.

-         « Dis-moi, j’aimerais bien un cadeau pour mon anniversaire … »

-         Le cadeau que je t’ai offert hier soir ne suffisait pas ? le taquine-je en rougissant.

Je suis bien sûre très enthousiaste qu’il veuille un cadeau mais je ne peux pas m’empêcher de lui faire une piqure de rappel de notre baiser, je veux qu’il l’ait en tête alors qu’il s’en va… Je ne sais pas pourquoi, pour qu’il ne m’oublie pas je suppose…

-         « Tu m’as offert un cadeau… ? »

Je le vois d’ici froncer les sourcils mais il me met dans la panade, je suis incapable de répondre et un blanc monumental s’installe. Dieu merci, il se remémore visiblement notre soirée parce qu’il rit encore.

-         « Excuse-moi, j’ai tendance à oublier que c’était un cadeau d’anniversaire plutôt qu’une envie de ta part. »

Sa voix est mutine heureusement, et ça me pousse à poser la question qui me brûle les lèvres :

-         Et ce cadeau que tu oublies si vite… Il t’a plu… ? couine-je d’une voix mal assurée.

-         « Je veux le même tous les ans. »

Sa réponse est immédiate, pleine d’aplomb et je rougis plus fort que jamais :

-         Tu l’auras alors, souffle-je.

-         « J’espère que tu tiens parole… »

-         Absolument, et lorsque nous fêterons ton anniversaire comme il se doit l’année prochaine, tu l’auras.

-         « Alors j’ai déjà hâte d’être à l’année prochaine. »

Ça fait beaucoup d’émotions pour mon petit cœur et amoureux et je change donc de sujet pour pouvoir reprendre un rythme cardiaque plus stable :

-         Tu allais me parler d’un cadeau, d’un vrai cadeau je suppose, je t’écoute ? demande-je.

-         « Oh non… je ne sais pas, ça ne se fait pas trop de demander et puis je suis sûr que tu ne voudras pas, oublie. »

-         Mais non ! Demande-moi ce que tu veux Hunter ! m’exclame-je. Je te jure que je me débrouillerai pour te l’avoir, même s’il faut que je travaille comme pour tes gants, ce n’était pas si dérangeant !

-         « Ne jure pas des choses que tu ne tiendras pas… »

-         Je te jure que je t’offrirai ce cadeau ! m’enflamme-je avec passion.

Un petit blanc suit mes propos et je ne saurais l’expliquer mais j’entends presque qu’il sourit de toutes ses dents au bout du fil. Je me rends compte que je viens de faire une belle bêtise une seconde avant qu’il ne réponde :

-         « Super, merci Hestia ! Alors pour mon anniversaire, j’aimerais beaucoup que tu acceptes que je t’achète une tenue pour ton séjour ! Et n’oublie pas que tu as promis… »

Son ton est fier, plus fier que je ne l’ai jamais entendu et je ne peux pas m’empêcher de rire malgré mon agacement :

-         Tu es un poison Hunter… un poison drôlement intelligent d’ailleurs, soupire-je.

-         « Je sais ! »

-         Ce que tu viens de faire est ce qu’on appelle communément de la manipulation, j’espère que tu n’es pas fier de toi…, ronchonne-je.

-         « Je suis plus que fier et j’ai déjà hâte que tu me montres ce que tu as acheté demain. »

-         Je sais que je te l’ai promis mais je ne pourrai pas, je n’ai pas l’argent sur mon compte.

-         « Et bien ça tombe très bien, parce que figure-toi que j’ai oublié mon portefeuille chez toi en partant précipitamment ce matin. »

-         Quoi ?! m’exclame-je en me redressant comme un diable. Mais comment vas-tu faire ?!

-         « Ne t’en fais pas, mon portefeuille avec mes papiers reste toujours dans ma voiture. »

-         Mais… Tu n’as pas d’argent sur toi ? Comment vas-tu payer l’hôtel ? Ton essence ? Et ta nourriture ? Tout… ? 

-         « Arrête de t’inquiéter, j’ai mes combines. Sers-toi de mon portefeuille pour acheter une tenue convenable demain, point final. »

Je râle évidemment et il me réprimande en me rappelant que j’ai promis, mais j’ai déjà sauté sur mes pieds pour chercher son portefeuille, poussée par la curiosité. Je le trouve effectivement dans mon vide-poche et dès que je l’ouvre, j’en reste muette.

Il y a une carte bancaire, certes, mais il y a surtout une liasse de billets plus énorme que je n’en ai jamais vu de ma vie. Je n’ai jamais vu quelqu’un se promener avec autant de liquide sur lui, je ne comprends même pas comment c’est possible de retirer autant ni à quoi ça peut bien lui servir de nos jours où tout se paye par carte ou presque.

Je n’avais évidemment pas prévu de lui apprendre que j’étais déjà partie à la recherche de son portefeuille, mais je ne peux clairement pas me taire.

-         Tu fais sérieusement partie de la mafia ou quoi Hunter … ? demande-je d’une voix blanche.

-         « Ah… ça doit vouloir dire que tu l’as trouvé… »

-         Euh… oui ! m’exclame-je en fronçant les sourcils. Qu’est-ce que c’est que tout cet argent liquide ? Tu as peur que les banques ferment ou quoi… ?

-         « Mais non, j’ai été payé en liquide pour mon dernier mois. »

-         Oui bien sûr, et moi je suis la reine d’Angleterre ! réplique-je.

-         « Enchanté majesté ! »

Son ton est si léger, si joyeux, je ne comprends pas.

-         Hunter…

Il ne répond pas et je ne sais de toute façon pas quoi dire de plus. Je ne peux pas l’accuser de me mentir mais je trouve ça très dur à avaler… Je commence à vraiment envisager cette histoire de mafia, ça expliquerait très clairement qu’il ne veuille pas me révéler son travail mais je sais aussi que ce n’est pas possible. Je ne suis pas dans un film, Hunter ne peut pas être de la mafia… Si ? Bien sûr que non. Je n’en sais rien ! Bon sang toute cette histoire est trop étrange.

Bon, peu importe. Comme je l’ai déjà réalisée, je ne suis de toute façon clairement pas prête à ce qu’il me dise son travail si c’est aussi particulier que ça. Je ne veux pas avoir à m’en éloigner, je ne veux plus jamais passer un jour de ma vie sans lui alors je décide de rester dans le déni et de mettre ces questionnements de côté pour continuer ma vie où je côtoie ma perfection personnelle.

-         Et bien, j’ai moins de scrupules à accepter maintenant que je vois la quantité de fric dans ton portefeuille, plaisante-je pour ramener la bonne ambiance.

-         « Ah… voilà qui me fait plaisir ! »

-         Je pourrais tout aussi bien raccrocher, bloquer ton numéro et voler tout ton argent ! pouffe-je.

Il éclate de rire plus fort que jamais, je vois ses fossettes comme si j’y étais et je souris bêtement en l’écoutant avec amour. Lorsqu’il se calme, il plaisante à son tour :

-         « Vole mon argent si tu veux, mais je t’en prie, ne me bloque pas. »

-         Tu es un drôle de garçon si tu me parles toujours après que je t’ai volé…, souligne-je.

-         « Un drôle de pigeon je suppose, mais je préfère l’être en vivant dans le déni si c’est pour continuer à te voir. »

-         Tu es dingue Hunter…, soupire-je en riant.

-         « Sans doute. Je ne te force pourtant pas à me fréquenter. »

Nous continuons de nous taquiner puis nous parlons de choses et d’autres malgré ses réprimandes régulières pour que je dorme et le temps file vite. Si vite qu’il me surprend :

-         « Je suis arrivé. »

-         Déjà ?! m’étonne-je.

-         « Déjà ? Ça fait près de quatre heures que nous nous appelons… »

-         Ça alors, je n’ai pas vu le temps passer, murmure-je en vérifiant l’heure qui confirme ses dires.

-         « Moi non plus, merci de m’avoir tenu compagnie mais maintenant que tu sais que je suis arrivé à bon port, j’aimerais que tu dormes… Tu as une longue journée de shopping qui t’attend demain après tout… Et puis tu auras tes affaires à préparer… »

-         Oui, je vais dormir sur mes deux oreilles maintenant que tu es sain et sauf. Et toi aussi… Va vite te coucher, dis-je en souriant.

-         « Oui, je vais y aller, j’ai de grosses journées qui m’attendent. »

Je laisse planer un petit silence. Je suis à moitié endormie, l’heure tardive brouille sans doute mon cerveau parce que je me découvre un courage inédit :

-         Je peux te poser une question ? demande-je timidement.

-         « Bien sûr. »

-         J’ai passé une super journée… et une très belle nuit aussi…, murmure-je.

-         « Moi aussi… ? »

Mon cœur accélère mais je ne me dégonfle pas :

-         Tu m’as dit que tu rentrais le deux janvier… Tu penses que tu pourrais rentrer le premier ou c’est impossible… ? continue-je.

-         « Je ne sais pas… Pourquoi ? Tu aimerais que je rentre le premier ? »

-         Et bien, ma colocataire rentre chez nous le deux janvier… Et je prends le bus le premier…, bafouille-je.

-         « Oui… ? »

Il ne voit pas où je veux en venir alors je me lance sans trop y réfléchir :

-         Si tu rentrais le premier… j’aimerais beaucoup t’inviter à venir ici… Pour… refaire une soirée comme hier soir avec moi… Avant que ma coloc ne rentre…, murmure-je d’une toute petite voix étranglée.

Il met une seconde à répondre, une longue seconde où je préfère imaginer qu’il sourit jusqu’aux oreilles plutôt qu’il soit en train d’afficher une tête choquée et j’ai visiblement raison parce qu’il répond d’une voix si douce et heureuse que je ne peux que voir le beau sourire sur ses lèvres :

-         « Si c’est pour te voir, je rentrerai le premier avec plaisir. Je partirai immédiatement après ma journée de boulot et je devrais arriver chez toi vers minuit si ce n’est pas trop tard… »

-         Ça me va très bien, réponds-je.

Un nouveau silence plane et je me demande s’il est en train de penser aussi fort que moi à notre nuit tous les deux. Ce qui a l’air d’être le cas :

-         « J’ai vraiment passé une soirée incroyable avec toi, tu ne peux pas imaginer comme je suis heureux que tu aies envie de me revoir. »

-         Moi aussi Hunter, et si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais aimé passer cette nuit avec toi. 

-         « J’aimerais m’endormir en te tenant dans mes bras… »

-         Et j’aimerais me réveiller dans les tiens comme ce matin, chuchote-je.

Les papillons dans mon ventre volètent alors que je me refais le film de notre réveil si doux avant son départ précipité. Je sens presque la caresse de sa main sur ma peau et mes poils se hérissent les uns après les autres.

-         « Je suis déçu d’avoir dû partir aussi vite. »

-         Moi aussi… mais tu ne partiras peut-être pas aussi vite le deux janvier, ose-je.

-         « Assurément pas. »

Je mords ma lèvre alors que les papillons deviennent électricité. Notre conversation anodine est pourtant terriblement coquine dans le fond et ça me rend toute chose, j’hallucine d’imaginer que nous sommes plus ou moins en train de prévoir de faire des choses sans même nous en cacher.

-         « Je suis à deux doigts de faire la route dans le sens inverse. »

-         Fais-le…

Il rit un peu.

-         « Ne me tente pas, j’ai du travail. »

-         Si tu repars tout de suite, tu arrives ici vers dix heures… l’heure à laquelle nous nous sommes réveillés…, l’embête-je pourtant.

-         « Mmmh… »

Il me retourne des pieds à la tête, ce son est si grave, presque comme un grondement plein de promesse et mon corps se réveille comme par magie en l’entendant. Je ne peux déjà plus penser à rien d’autre qu’à ce matin, ça me dévore de l’intérieur mais je pense à lui, qui doit être éreinté après avoir conduit aussi longtemps.

-         Va te coucher Hunter…, murmure-je.

-         « Je vais y aller… »

-         Fais de beaux rêves, ajoute-je.

-         « Toi aussi, et passe une belle journée demain… Fais-toi plaisir, achète toi tout ce dont tu as envie, mange, prends un chocolat chaud, je ne sais pas… Passe juste la meilleure journée possible pour mon anniversaire, c’est sincèrement ce qui me ferait le plus plaisir Hestia… »

-         Hunter… Je ne vais pas dépenser ton argent pour te faire plaisir ! m’amuse-je.

-         « Mais non, dépense-le pour te faire plaisir… Je veux juste que tu passes une belle journée pour honorer mon anniversaire, que tu t’achètes des choses qui te font plaisir, que tu aies la possibilité de t’autoriser des choses que tu n’aurais pas fait… Je travaille demain Hestia, tout ce que tu dépenseras sera largement renfloué… S’il-te-plait, ça me fait plaisir, tu le sais… »

Sa voix est presque désespérée, je ne comprends pas pourquoi il tient à ce point à ce que je me fasse plaisir sur son dos… Et en même temps, je pense à ma discussion avec Eden, sur le fait qu’Hunter connaisse les temps difficiles, qu’il aime sans doute vraiment me faire plaisir puisqu’il est passé par là lui aussi… Je ne sais pas si c’est la fatigue ou le fait que nous devenions plus proches lui et moi mais je me surprends :

-         Tu es sûr que cet argent ne te manquera pas ? demande-je.

-         « J’en suis sûr Hestia, fais-moi confiance. Prends juste dedans sans regarder, pour me faire plaisir pour mon anniversaire. »

-         Tu es vraiment dingue.

-         « Je sais, mais un jour tu comprendras j’espère. »

-         Je comprendrai quoi ?

-         « Rien, je fatigue il faut croire. »

-         Bon… et bien je t’enverrai en photo ma super journée de demain à dépenser une liasse de billets qui ne m’appartient pas…, plaisante-je en riant jaune.

-         « Oui !! Rien ne me ferait plus plaisir ! Je ne sais pas si je pourrai vraiment discuter mais je serais ravi d’avoir des photos de ce que tu fais ! »

-         Tu es dingue. J’ai presque l’impression d’être « Pretty Woman », glousse-je.

Il éclate de rire et a bien du mal à s’en remettre :

-         « Tu es assurément jolie mais j’espère que tu ne vends pas tes charmes. »

-         Les temps sont durs pour les boursières, plaisante-je.

-         « Pas lorsqu’elles ont un portefeuille rempli entre les mains… Alors vole-le pour de bon avant d’envisager la prostitution s’il te plait. »

-         Promis ! pouffe-je.

-         « Je te souhaite une bonne nuit Hestia, fais de beaux rêves. »

-         Bonne nuit Hunter…Et travaille bien demain…

Nous raccrochons et je dois dire que je m’endors avec le sourire le plus immense possible vissé sur les lèvres.

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