Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 39 : Pretty Woman
Je me lève en fin de matinée puisque nous nous sommes couchés très tard et je saute sur mes pieds. Je suis d’une humeur radieuse mais j’ai surtout énormément de choses à faire avant mon départ demain à midi. Je m’habille rapidement et au moment de partir, je lance un coup d’œil au porte-monnaie d’Hunter en rougissant.
Je ne peux quand même pas faire une chose pareille… ? Mon esprit me hurle que non mais mon cœur, lui, n’est pas de cet avis. Il est porté par l’amour et la joie, il me crie de profiter de ce rêve qu’Hunter est en train de me faire vivre… Ce n’est tout de même pas tous les jours qu’une histoire pareille arrive franchement, ce n’est que dans les films…
Oh et puis zut ! Un jour je serai une riche avocate et je rembourserai à Hunter tout ce qu’il m’aura payé !
J’attrape donc des billets dans son portemonnaie avant de les fourrer dans le mien en gloussant et je claque la porte de chez moi en me sentant aussi riche de Bill Gates.
*
Il est un peu plus de onze heures et je traine dans un magasin de sport pour me trouver une veste imperméable. Il y en a des tas, il y en a même des différentes selon les rayons et je ne sais même pas si je dois regarder celle de « randonnée » ou « ski » puisque je ne skie pas…
Je me prends en photo discrètement au milieu des rayons, affichant une mine triste avant d’écrire une petite légende.
He : « Je ne sais même pas où chercher une veste dans ce grand magasin… On dirait une poule qui a trouvé un couteau… J’ai peut-être l’argent, mais clairement pas les compétences pour le dépenser… »
Je me promène encore un peu dans les rayons et mon portable vibre.
Hu : « Une poule ? Je te trouve bien présomptueuse, plutôt un poussin qui a trouvé un couteau, c’est encore plus ridicule. Tu es magnifique. »
Je ris un peu et alors que je commence à écrire ma réponse, il renvoie un message.
Hu : « Pas de rayon luge ? Je plaisante… Demande à un vendeur… ? »
He : « Et non, pas de rayon luge… Je vais aller en chercher un, je crois que c’est le plus prudent. »
Hu : « Erratum : Demande à une vendeuse * »
Je ris comme une bécasse en me mettant à la recherche d’un vendeur, qui me conseille d’ailleurs très bien sur ma veste et me trouve même le pantalon qui va avec. L’ensemble est imperméable, noir et surtout doublé d’une douce fourrure blanche à l’intérieur.
Je fais mes essais cabine et je suis très bien dedans, la tenue est souple et chaude. Je rougis évidemment lorsque je me prends en photo, alors que je suis pourtant très loin de faire des photos osées. Ça me donne d’ailleurs envie de faire la blague à Hunter.
He : « Tu es prêt pour une photo audacieuse dans la cabine d’essayage ? »
Hu : « Absolument. »
Je m’envoie donc en photo, emmitouflée de la tête au pied dans ma tenue d’hiver et je sais que ça le fait rire, j’en suis sûre.
Hu : « Hestia ! Je ne m’attendais quand même pas à ce que ce soit si osé ! Tu aurais pu me prévenir ! »
Je glousse encore comme une pintade. J’adore parler avec lui, je pourrais faire ça toute la journée surtout en sachant qu’il n’est pas en ville. Je remets ma tenue de tous les jours en remarquant finalement les étiquettes de prix.
He : « La tenue est très bien mais un peu chère… L’ensemble coûte plus de cent euros… »
Hu : « Prends-là ! »
He : « Je croyais que tu ne pourrais pas discuter aujourd’hui ? »
Hu : « Je le fais quand même il faut croire, alors que je suis entouré d’une vingtaine d’hommes sérieux qui traitent de sujets encore plus sérieux… Tu me fais faire de belles conneries mais je me devais bien d’aider un pauvre petit poussin en détresse. »
He : « Arrête de discuter et travaille ! Winston va te tirer les oreilles sinon et je devrai encore l’envoyer bouler à ta place ! Ça suffit ! »
Hu : « Bien autoritaire ce poussin. »
Pour lui dire au revoir, je prends une photo rapide au détour d’un rayon en direction de la caisse, parce que je ne veux pas qu’on me voit me prendre en photo comme une star. Je m’arrête net tant je suis étonnée par l’image sur mon téléphone, elle est étonnement très, très réussie. Je lui envoie un baiser, ma tête est bien centrée mais elle est presque artistique, le fond est complétement flou, mes cheveux et ma main le sont un petit peu mais mon visage est net. Mes yeux sont extraordinairement séducteurs, leur orange vibrant se détache de l’image comme deux néons, mes grands cils sombres les adoucissent et mes lèvres ont naturellement la forme d’un baiser. Ajoutons à ça mes joues légèrement rouges à cause du petit coup de chaud dans la cabine et cette photo est dingue. J’aurais pu y passer des heures sans jamais réussir à en faire une aussi parfaite, aussi séductrice, presque … sexy ?
Je n’ose pas l’envoyer immédiatement, parce qu’elle est tellement particulière que j’ai peur qu’il imagine que j’ai fait cinquante essais pour lui envoyer celle-là… Je tergiverse, je me pose cent questions à la seconde alors que je fais la queue en caisse avant de me dire qu’il est de toute façon impossible que je ne lui envoie pas.
Je me trouve rarement séduisante alors je serais tout de même complétement idiote de ne pas l’envoyer à l’homme que j’essaie de séduire… Et puis je suis au milieu d’un magasin, il se doute bien que je n’ai pas improvisé une séance photo jusqu’à obtenir celle-ci. J’appuie sur « envoyer » avec détermination et je fourre mon téléphone au fond de ma poche parce que je me sens quand même timide. Pourtant, dès qu’il vibre, je saute dessus.
Hu : « Wouah. Il n’y a même pas de mots pour décrire cette photo. »
He : « Merci 😊 »
Hu : « Tu es stupéfiante, hypnotisante même, je ne peux plus me concentrer. »
He : « Il le faut, c’était un baiser d’au revoir pour que tu te reconcentres à l’origine. »
Hu : « C’est raté. Et puis ça m’embête que tu sois toute seule, essaie quand même de passer une bonne journée… »
He : « Pretty Woman part à la recherche de bottes, ne t’en fais pas pour elle ! »
Hu : « Bonnes recherches joli poussin. »
Je souris bêtement alors que la caissière me fait un geste.
Après mon passage en caisse, je range le ticket dans une poche vide de mon sac à main. J’ai plus ou moins décidé d’y stocker tout ce que je devrai à Hunter dans mon objectif de le rembourser quand je le pourrai.
Je déambule ensuite un peu dans le centre commercial avant de m’enfiler dans un magasin de chaussures qui m’a l’air prometteur. Alors que je tourne au coin d’un rayon, je percute une femme. Nous nous excusons immédiatement avant de nous dévisager bêtement et son visage me dit quelque chose.
- Hestia… ? hésite-t-elle.
Son visage me revient de plein fouet :
- Alma ?! m’exclame-je.
Nous éclatons de rire et discutons de notre rencontre chez Tulla. Je n’en reviens pas de tomber sur la fille qui m’avait cherché pour Hunter, elle est aussi sympathique que ce soir-là et nous discutons naturellement. Nous réalisons au bout de quelques minutes que nous sommes ici pour la même chose, à savoir chercher des affaires pour le séjour à la neige auquel elle participe. Elle me propose naturellement de chercher avec elle et j’accepte.
Alors que nous fouinons à travers le rayons des bottes ensemble, la conversation est fluide. Elle est rigolote et naturelle, elle entretient la conversation en palliant ma timidité et je passe un très bon moment alors que nous nous conseillons sur les bottes que nous préférons. Une bonne demi-heure plus tard, nous sortons du magasin avec chacune une paire et alors que je suis un peu triste à l’idée de devoir la laisser, elle me surprend :
- Ça te dit qu’on mange ensemble ? Il est midi et demi… On pourrait manger un bout et continuer les magasins toutes les deux ? propose-t-elle.
Ça tourne très vite dans ma tête. En temps normal, j’aurais poliment refusé en prétextant n’importe quelle excuse puisque je n’aurais pas eu les moyens de me payer un restaurant mais aujourd’hui, tout est différent. Je sais que je le peux grâce à Hunter, et même si ça me gêne terriblement, il a insisté pour que je passe une bonne journée… Or cette fille est très sympa, je pense même que nous pourrions devenir amies et cette idée me rend heureuse alors je prends la bonne décision.
- Avec plaisir ! rayonne-je.
Nous nous remettons donc en route joyeusement et nous nous installons dans un restaurant du centre commercial. Elle me laisse simplement pour aller aux toilettes et je saute sur mon téléphone que j’ai senti vibrer il y a un moment.
Hu : « Plus de nouvelles ? »
He : « Je suis tombée sur une fille que je connaissais un peu, elle m’a proposé de manger avec elle et j’ai accepté, je crois que nous sommes en train de devenir copines ! »
Je me sens un peu ridicule de lui avoir envoyé ça après coup, c’est peut-être un peu trop niais et spontané mais il répond vite.
Hu : « C’est super ! Voilà qui égaye ma journée. Je vous laisse profiter, amusez-vous bien ♡ »
Je reste un peu choquée par ce message, et pas uniquement à cause du petit cœur à la fin. Je me sens juste tellement heureuse, chanceuse même de connaitre un homme si gentil et bienveillant envers moi. Hunter est l’homme de mes rêves, j’en suis plus sûre à chaque seconde qui passe depuis que je le connais et mon cœur se serre tant j’ai envie qu’il me prenne dans ses bras en cet instant.
He : « Merci, pour tout, d’être toi et de me rendre heureuse comme tu le fais sans même le vouloir… Tu me manques déjà et j’ai hâte de te revoir ♡ »
Hu : « Toi aussi, on se voit dans quatre jours… »
He : « Autant dire le bout du monde… »
Alma revient des toilettes et je me range mon téléphone dans mon sac pour me concentrer sur elle.
*
Notre repas se passe plus que bien. Je ne m’étais pas trompée puisque je m’entends à merveille avec elle, nous discutons de pleins de choses et nous découvrons que nous sommes toutes les deux en droit mais qu’elle est deux années au-dessus, logique puisque nous avons le même âge.
J’apprends qu’elle adore le crochet et je lui parle de ma récente mise au sport. Nous continuons sur nos familles et je lui avoue sans honte mon enfance alors qu’elle me parle de ses cinq frères casse-pieds qui la martyrisaient gentiment. Tout est fluide, nous rions beaucoup et nous nous écoutons avec attention en laissant trainer le repas en longueur simplement pour continuer de discuter.
Nous prenons mêmes des desserts et il est près de quatorze heures lorsqu’on nous fiche dehors pour la fermeture. J’ai l’impression que je la connais depuis des années et nous nous remettons à flâner en papotant naturellement. Après quelques magasins nécessaires pour notre voyage à la neige selon Alma, nous errons sans but.
- Tu as encore une boutique en particulier à faire ? demande-t-elle.
- Non, et toi ? Ça ne me dérange pas de trainer encore un peu avec toi…, ose-je timidement.
- Cool ! répond-elle joyeusement. Je n’ai rien de précis en tête mais on pourrait aller regarder dans le magasin de lingerie, ça pourrait être marrant puisque nous partons pour un séjour à la montagne avec plein de beaux mecs !
Je rougis des pieds à la tête mais je me laisse entrainer quand même. Je suis toute perturbée, c’est une activité tellement banale entre copines, je n’ai jamais eu l’occasion de faire ça.
Alors que nous fouinons dans les sous-vêtements sulfureux, Alma me fait rire à en pleurer. Elle imagine des situations toutes plus improbables les unes que les autres qui pourraient nous amener à nous retrouver en petite-tenue devant des garçons simplement pour justifier son panier qui se remplit.
Elle est heureuse de me faire rire, c’est évident, mais elle est bien plus perspicace qu’il n’y parait :
- Ce n’est pas trop ton truc hein… ? demande-t-elle avec douceur en parcourant évasivement quelques portants.
Je ne sais pas pourquoi, mais je me livre à elle.
- Je ne sais pas trop, pour être honnête avec toi, je n’ai jamais… passé le cap, annonce-je timidement.
- Oh je comprends. Alors notre conversation t’ennuie je suppose… Je suis désolée Hestia, nous pouvons sortir, répond-elle avec ses yeux les plus concernés.
- Mais non, je m’amuse bien, tu me fais rire et puis…
- Et puis ? demande-t-elle avec excitation.
- J’ai un peu… j’ai … Il y a un garçon qui a dormi chez moi et nous avons un peu… fait quelques trucs, avoue-je difficilement en rougissant des pieds à la tête.
- Vraiment ? Tu vas le revoir ?! s’enthousiasme-t-elle.
- Oui, c’est prévu… Il dort chez moi le premier janvier, murmure-je.
- Et il te plait je suppose ?
- Beaucoup…
- Alors trouvons un petit quelque chose pour ce soir-là ! Oh mon dieu mais c’est parfait ! Qu’est-ce que tu en dis ?!
Elle est tellement excitée, elle sautille presque sur place et je me mords la lèvre. Le principe m’enchante, j’ai l’impression de vivre enfin une expérience typique de jeune fille qui traine avec une copine au centre commercial et après une jeunesse quasi solitaire, ça me rend fondamentalement heureuse de passer un aussi bon moment. Je suis en revanche beaucoup plus frileuse à l’idée de dépenser l’argent d’Hunter pour m’acheter de la lingerie mais je me laisse entrainer par l’énergie débordante d’Alma qui me traine vers un rayon.
Elle est tellement plus observatrice qu’on ne pourrait le penser, alors qu’elle se choisissait des pièces aux couleurs pétantes et avec très peu de tissu, elle se dirige naturellement vers des sous-vêtements noirs, en dentelles suggestives sobres, sexy mais très moi finalement.
- Tu es toujours tout en noir à chaque fois que je te vois, dit-elle pensivement en parcourant les petites tenues.
- C’est vrai, admets-je.
- Et puis tu es bien trop classe pour mettre des tenues comme ça, ajoute-t-elle en désignant ses futurs achats.
- Arrête, souffle-je en souhaitant la défendre.
- Ne t’inquiète pas, j’assume ! s’amuse-t-elle. Mais regarde-toi, ton énergie n’est pas exactement celle des articles dans mon panier !
Je glousse avec elle et je me penche plus sérieusement sur les sous-vêtements devant moi, qui sont tous absolument sublimes comparé à ceux que je possède.
- Et lui ? Il est quel genre ? On peut aussi acheter pour lui faire plaisir ? pouffe-t-elle.
- Je ne sais pas trop…, commence-je.
- Je le connais ? Il est à la fac avec nous ?
- C’est l’homme qui est passé me prendre à la soirée de Tulla, celui qui t’a envoyé me chercher…
Elle stoppe net ses mouvements pour tourner la tête vers moi en ouvrant la bouche en grand :
- Tu te moques de moi ?! couine-t-elle.
- Non…, m’inquiète-je.
Il est vrai qu’elle avait eu un petit coup de cœur pour Hunter et cette information m’était complétement sortie de la tête. Je serais triste à mourir qu’elle ne veuille plus me parler à cause d’une histoire aussi stupide, je lui avais en plus assuré que je ne m’intéressais pas à ce garçon puisque je pensais qu’il s’agissait d’Eden. Je panique crescendo mais elle me rassure en un claquement de doigts :
- Oh bon sang ! C’est avec ce demi-dieu que tu as passé la nuit ?! Bien sûr que oui, ça coule même de source tiens, vous êtes le même genre ! Il est assurément trop classe pour ça ! rit-elle en désignant ses achats.
Je ris nerveusement mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir mal et elle le voit bien alors je m’explique :
- Je suis désolée Alma, ce soir-là je pensais que tu me parlais d’un autre… J’étais persuadée que tu parlais de mon meilleur ami et je … je ne savais pas que ….
Elle fronce les sourcils en me voyant si contrite :
- Attends mais, quel est le problème Hestia ? demande-t-elle en attrapant ma main.
- Je t’avais dit que je ne m’intéressais pas à lui… que je te le « laissais » et tu m’avais dit que j’étais sympa…, croasse-je.
- Quoi ?! Mais Hestia, tu n’es quand même pas en train d’imaginer que je puisse t’en vouloir rassure-moi ?! s’exclame-t-elle.
- Et bien… je ne sais pas, tu avais l’air de bien l’aimer et…, commence-je.
Elle éclate de rire :
- Mais ne t’en fais pas ! Oh non, tu es trop gentille je n’en reviens pas… tu ne vas pas t’excuser de t’être trompée, et puis tu n’aurais pas eu à t’excuser d’avoir changé d’avis enfin… Les filles se serrent les coudes, elles ne se tirent pas dans les pattes et je suis simplement très heureuse pour toi de me dire que tu as réussi à flirter avec un mec aussi canon. Et je vais d’ailleurs de ce pas t’aider à te trouver une tenue qui nous le fera mordre à l’hameçon ! rayonne-t-elle.
- Ça me touche, c’est vraiment chouette de ta part Alma.
- C’est surtout complétement normal, et puis l’océan est plein de poissons, ne t’en fais pas pour moi ! J’en trouverai bien un ! pouffe-t-elle.
Il est toujours bon d’être dans les petits papiers d’Eden pour se faire des amies il faut croire :
- Mon meilleur ami est le capitaine de l’équipe de rugby, annonce-je. Donc je pourrais très facilement te présenter à beaucoup de plutôt très jolis poissons.
Elle ouvre encore la bouche en grand, avec un sourire jusqu’aux oreilles et les yeux pétillants :
- Tu te moques de moi ?! s’exclame-t-elle.
- Non je t’assure.
- Oh bon sang, j’ai drôlement bien fait de te rentrer dedans ! pouffe-t-elle.
Nous éclatons de rire jusqu’à obtenir un petit regard sévère de la vendeuse et Alma reprend à voix basse :
- Bon, nous avons clairement de beaux projets à venir Hestia. Objectif, nous dégoter des tenues irrésistibles pour mettre ces mâles à nos pieds !
- Deuxième objectif, te choisir un mâle que tu voudras à tes pieds pendant ce séjour, ils seront tous sur place ! glousse-je.
- Et le tien ? Il n’y a pas moyen qu’il se ramène ? Qu’est-ce qu’on s’amuserait s’il était là… On pourrait faire des petits plans pour essayer de les séduire, on s’amuserait trop ! chouine-t-elle.
- Non, il travaille…
- Bon, raison de plus pour lui faire passer une belle soirée le premier janvier.
Nous passons un moment à me choisir une tenue, que nous trouvons finalement. Elle est tellement osée pour moi que je rougis toute seule face à mon miroir mais elle reste très jolie. C’est un body en dentelle noire, il n’est pas vulgaire pour deux sous, juste très séduisant.
He : « J’ai peut-être une dépense imprévue… »
Hu : « Prends. »
He : « Je ne sais pas trop… c’est plus une surprise pour toi, pour notre soirée du premier janvier… »
Hu : « Tu m’intéresses… ? »
Je rougis un peu plus, je ne sais pas comment tourner la chose, j’ai honte de moi tout en étant très excitée de lui faire la surprise. Alors que j’étais gênée de dépenser son argent pour de la lingerie, je trouve maintenant ça très sexy.
Je prends en photo ma clavicule en gros plan, où l’on voit simplement ma peau et la bretelle en dentelle délicate mais je ne sais pas si je lui envoie ou non.
Je ne sais pas trop où nous en sommes, je ne sais pas si nous sommes amis ou un peu plus, je suis perdue. Je décide que le mieux est encore d’en discuter avec Alma, comme toutes les filles de ce monde le feraient et je la retrouve donc devant ma cabine.
- Alors tu le prends ? demande-t-elle avec entrain.
- Je ne sais pas trop… j’ai peur que ce soit bizarre… nous sommes amis à la base, je suis perdue, avoue-je.
Mon portable vibre mais je l’ignore.
- Amis ? Mais vous avez… ? demande-t-elle en marchant sur des œufs.
- Nous sommes amis mais c’est ambigu entre nous… Je sais qu’il ne veut pas de petite-amie de source sûre mais nous nous sommes embrassés et avons fait quelques petits trucs comme je te l’ai déjà expliqué…
- Vous flirtez quoi, répond-elle comme si ça tombait sous le sens.
- Tu penses ? demande-je timidement.
- Ça parait évident ! rit-elle. Vous êtes sans doute amis de base mais vous flirtez… Ce n’est pas parce qu’il ne veut pas de petite-amie qu’il ne cherche pas une relation moins sérieuse… Les amis avec plus si affinités sont plutôt très courant, rien qui ne me choque en tout cas alors si le « plus si affinités » t’intéresse, je ne vois pas bien pourquoi tu hésites…
J’hoche la tête lentement et elle me tire vers les caisses joyeusement, où nous achetons nos tenues en nous lançant des regards rieurs. Elle m’entraine ensuite dans la boutique d’à côté pour se trouver un pull et alors qu’elle l’essaie, je suis pensive contre le mur des cabines où je l’attends.
Je flirte avec Hunter… ce constat me remplit le ventre d’une douce chaleur. Alma a complétement raison, nous flirtons, que ce soit dans nos actes, nos discussions ou même nos messages… Je suis toujours trop lente à comprendre la complexité des relations humaines il faut croire, mais maintenant qu’elle me l’a dit, c’est tellement évident... Je n’en reviens pas, je flirte avec Hunter.
Pleine d’une énergie nouvelle, j’attrape mon téléphone pour ouvrir son message où il insiste pour savoir :
Hu : « Tu m’intéresses ! »
He : « J’ai peur d’avoir dépassé les bornes en dépensant ton argent dans cette boutique… Ça n’a vraiment rien à voir avec cette sortie à la neige… »
Hu : « Tu ne les dépasses pas. Et puis c’est une surprise pour moi selon toi ? Quelle est la boutique ? J’ose espérer que tu n’as pas racheté des gants de boxes, j’adore les miens. »
Je souris un peu, pleine de bon stress et je lui envoie le nom du magasin. C’est quitte ou double, ou bien il connait, ou bien pas, mais mon cœur bat la chamade alors que j’attends sa réponse.
Hu : « Qu’on soit bien clairs, c’est moi qui porterai cette surprise ou c’est toi ? »
Je glousse comme une écolière face à son humour que j’adore puis je mords ma lèvre pensivement. J’adore imaginer que nous flirtons, Alma vient de changer ma vie et de la rendre encore plus douce… Je prends donc mon courage à deux mains et je lui envoie simplement la photo que j’ai prise dans la cabine en me disant qu’après tout, si nous flirtons, ce ne sera pas complétement délirant et il ne me prendra pas pour une dingue d’envoyer une chose pareille.
Hu : « Bordel. Je ne vois pas grand-chose mais je sais déjà que c’est l’argent le mieux investi de toute ma vie. »
Je rougis de plaisir mais Alma sort des cabines à ce moment-là et me propose d’aller grignoter un quatre heures. Tant mieux, ça gardera un peu de mystère pour Hunter d’interrompre la conversation comme ça.
He : « Je te laisse, ma nouvelle copine veut m’emmener manger une gaufre. 😊 »
Hu : « Tu me rends dingue. Mais j’adore voir que tu passes une belle journée alors profite bien. »
Je souris jusqu’aux oreilles alors que nous nous installons à une table pour commander notre goûter.
Notre dernier arrêt prend place dans une parfumerie où Alma me tire vers les soins du visages. Nous en prenons beaucoup, avec une multitude de petits bandeaux mignons à oreilles d’animaux et nous nous emballons un peu puisque nous achetons des vernis à paillettes puis du maquillage, en planifiant de nous maquiller comme des pro pour le nouvel an.
J’adore ma journée avec elle et j’aime encore plus qu’elle parle de l’avenir comme s’il était évident que nous devenions proches, que nous allions nous préparer toutes les deux pour le nouvel an et le passer ensemble… Je n’ai jamais eu un coup de cœur aussi soudain en amitié avec une fille, pas même avec Julia, puisque bien que je l’aime désormais énormément, nous avons mis du temps à nous apprivoiser. Alma est plus prévenante, elle m’a tout de suite analysé avec justesse et me rentre beaucoup moins dedans, on dirait presque qu’elle sait à la perfection comment composer avec mon caractère particulier.
Je passe en caisse et je grimace en entendant le montant, qui est indécent pour ce que j’ai acheté selon moi. Alors qu’Alma paye, j’envoie une photo de mon sac à Hunter.
He : « Une nouvelle dépense imprévue… tout un tas de bêtises de filles. Ne t’inquiète pas, je garde tous les tickets et je te rembourserai tout ça. J’espère que ta journée de travail n’est pas trop pénible. »
Hu : « Hors de question que tu me rembourses. Et ça va, je vis par procuration votre super journée entre filles, ça me donne le moral. »