Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 40 : Une deuxième rencontre inquiétante

4534 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 17/01/2026 10:44

Chapitre 40 : Une deuxième rencontre inquiétante


Il fait déjà nuit noire lorsque nous sortons du centre commercial et Alma propose de me ramener au campus puisqu’elle est en voiture. J’accepte avec joie et nous voilà partie en direction de la poste la plus proche pour qu’elle y dépose une lettre avant son départ demain.

Alors que nous remontons une longue avenue, je reconnais le quartier malfamé où j’avais croisé Kai et je ne peux pas m’empêcher d’inspecter avec attention les trottoirs pendant qu’Alma fait une petite liste à voix haute des affaires qu’il ne faudra pas que nous oubliions en faisant notre sac.

-         Et nos masques ! conclut-elle. On pourrait peut-être se faire une soirée filles dans l’une de nos deux chambres là-bas !

-         Avec plaisir Alma ! réponds-je tout de suite en tournant un sourire radieux vers elle.

-         Enfin… je m’impose peut-être un peu… tu sais, je n’ai pas beaucoup d’amies et absolument aucune à ce séjour… J’y vais parce que mon cousin devait y aller et qu’il m’a convaincu que ça m’occuperait pour le nouvel an puisque je n’avais été invitée nulle part. Finalement, il s’est cassé la jambe et n’y sera pas mais je trouve ça dommage de ne pas y aller puisque ce n’est pas remboursable.

-         Tu ne t’imposes pas du tout. En fait je suis très seule moi aussi…pour te dire la vérité, mon unique copine est ma colocataire mais elle a déjà tout un tas d’amies avec qui elle sort tout le temps. Je passe la plupart de mon temps libre avec Eden et son chien, on s’amuse bien mais ce n’est pas pareil, je me vois mal lui mettre un masque aux vertus régénérantes ! pouffe-je.

-         Il n’accepterait pas ? glousse-t-elle.

-         Je suis absolument certaine que si !

Nous rions et je reprends :

-         C’est lui qui m’a trainé à ce séjour, je ne connaitrai que lui là-bas alors je serais très heureuse qu’on passe du temps toutes les deux. J’ai passé une super journée.

-         Moi aussi Hestia ! rayonne-t-elle.

Je remarque alors un groupe d’hommes derrière sa tête et mon sang ne fait qu’un tour lorsque j’aperçois mon fameux Kai. Je les observe dans le rétroviseur et mon cerveau tourne à mille à l’heure mais je prends la pire des décisions, trop influencée par l’amour que je porte à frère de cœur.

-         En fait Alma… Tu penses pouvoir me déposer ici … ? demande-je.

-         Ici ? grimace-t-elle en ralentissant quand même.

-         Oui, j’ai un vieil ami de l’orphelinat qui habite dans cette rue, ça fait des lustres que je ne l’ai pas vu et j’aimerais lui rendre visite pour lui souhaiter de bonnes fêtes…, invente-je.

Elle se gare sur une place au bord de la route en jetant un coup d’œil peu rassuré autour d’elle.

-         Si tu veux… Ça craint quand même ce quartier, il habite loin ? Je peux te déposer au pied de chez lui sans problème…

-         Ne t’inquiète pas, il habite juste là, invente-je en pointant un bâtiment légèrement en contrebas de la rue.

-         D’accord… tu veux que je t’attende ? Honnêtement je préfère aller faire un tour une petite heure que de te laisser rentrer en bus toute seule dans ce quartier…

Je suis incroyablement touchée par sa proposition mais ma politesse me pousse à trop vite répondre :

-         Mais non ! Il me ramènera en voiture chez moi ne t’inquiète pas !

-         D’accord… Si tu as un pépin appelle-moi, dit-elle en sortant son téléphone.

Nous échangeons nos numéros rapidement et je la remercie encore pour cette journée en sortant de la voiture.

-         Je vais attendre qu’il t’ouvre quand même, dit-elle avec prudence.

Je ne sais plus comment m’en débarrasser alors j’hoche la tête mécaniquement et je redescends la rue en direction du bâtiment que je lui ai indiqué. Heureusement, une petite ruelle sombre se dessine devant moi et je fais semblant de patienter une minute devant en faisant mine d’appeler mon ami imaginaire.

Honnêtement, je ne sais pas à quoi je joue, je ne sais pas ce qui me prends de flirter avec le danger comme ça au lieu de simplement retourner en courant vers Alma pour qu’elle me ramène chez moi. Et puis notre amitié commence drôlement mal si je lui mens au bout de quelques heures…

Je suis à deux doigts de retourner me terrer dans sa voiture, à discuter de choses futiles que les filles adorent en me chauffant les mains devant son chauffage mais les hommes en contrebas ont un éclat de rire qui attire mon attention. Je pense à Kai, à notre enfance tous les deux et j’en oublie le danger.

Je lève un pouce à Alma avant de m’enfoncer dans la ruelle comme si je montais chez mon ami et je l’entends qui s’en va. Dès que je me retrouve vraiment seule, l’adrénaline se déverse à flots et je commence à paniquer mais je me remémore en boucle mes mouvements d’auto-défense avant de redescendre la rue en serrant mon sac contre moi comme pour me protéger. Alors que je me rapproche d’eux, ceux qui me font face commencent à me lancer des regards qui me glacent le sang et je ralentis presque à m’en arrêter en commençant enfin à réaliser les scénarios terrifiants qui pourraient se produire. Et si mon présumé Kai ne l’était finalement pas ? Et si j’étais vraiment livrée à moi-même face à un groupe d’hommes au sein duquel je ne connais personne…

Je commence à me demander ce que mes cours d’autodéfense pourraient bien m’apporter contre une dizaine d’hommes simultanément et je frissonne d’effroi de la tête aux pieds… Ce n’est pas des cours dont j’ai besoin là tout de suite, c’est du prof.

Je m’arrête en paniquant crescendo, je me rends bien compte de l’énorme connerie que j’ai faite et je prie de toutes mes forces pour qu’Hunter apparaisse devant moi comme par magie. Je me sens tellement nue, tellement fragile, j’ai l’impression qu’ils vont me tuer ou me faire « pire » que ça… Je ne pense qu’à Hunter, qu’à la sécurité que j’éprouve avec lui et je fais demi-tour en attrapant mon téléphone, les mains tremblantes de peur alors que je m’éloigne d’un pas rapide.

He : « Tu me manques Hunter, tu me manques terriblement, je donnerais tout pour que tu sois avec moi en ce »

-         Hé ! Où tu vas ma jolie ?! s’exclame un des hommes derrière moi. 

Mon sursaut me fait appuyer sur « envoyer » et je tourne la tête avec horreur alors que le groupe d’hommes s’est entièrement tourné face à moi. Heureusement pour mon rythme cardiaque, dès que mes yeux se reposent sur Kai, je m’apaise un peu parce que je suis sûre que c’est lui. Je ne peux pas me tromper… et il ne laisserait jamais ses amis me faire du mal.

-         Kai… ? couine-je.

-         C’est pas vrai ! C’est encore elle ?! se met à hurler le fameux Terry qui m’avait déjà crié dessus.  

J’ai un mouvement de recul face à son ton assassin mais mon Kai s’agace :

-         Bon, je vais aller régler ça une bonne fois pour toutes les gars ! aboie-t-il férocement.

Il se détache du groupe à grandes enjambées et je vais à sa rencontre, pleine d’espoir.

-         Je ne te connais pas espèce de conne ! crie-t-il.

Je suis absolument choquée et je m’arrête à nouveau net. Ses amis éclatent de rire en fond et mon angoisse revient vitesse grand v jusqu’à ce que je croise les yeux de l’homme en face de moi. Il m’observe bizarrement, il n’a pas l’air menaçant malgré ce qu’il vient de dire alors je tente une dernière fois :

-         Ecoute, je ne sais pas, je me trompe peut-être mais… Si pour une raison ou une autre tu avais l’impression que tu me connaissais effectivement, sache que j’ai donné mon numéro de téléphone à l’orphelinat où je pense que nous étions ensemble. Alors…, commence-je.

Son visage, qui était plutôt neutre jusque-là, se modifie d’une seconde à l’autre. Il se tord presque sous la colère et il se met à crier :

-         Mais tu vas arrêter de me faire chier bordel !!

Il sort soudain une arme de sa ceinture et la braque entre mes deux yeux alors que tout mon corps se fige sous l’effroi le plus intense de toute ma vie. C’est comme si mon sang devenait de glace, je ne peux plus bouger un orteil, je suis complétement sidérée sur place. Pourtant, dès que je relève le nez sur mon agresseur, ses yeux désespérés me rassurent une seconde fois et je m’y raccroche pour éviter de tomber dans les vapes.

 Je sais que c’est lui, c’est forcément lui, il ne m’arrivera rien.

-         Maintenant barre-toi en courant ! Et ne t’arrête pas ! Cours jusqu’à chez toi ou je te colle une balle entre les deux yeux !! hurle-t-il.

Sa voix déraille presque et je ne sais pas si mon cerveau fait ça pour me protéger du traumatisme le plus total mais je choisis d’imaginer que c’est la façon de Kai de me sauver d’un pétrin absolument horrible, de me dire de sauver ma vie en m’enfuyant.

Alors je lui obéis sans réfléchir, je fais demi-tour et je cours plus vite que je n’ai jamais couru pour m’éloigner d’eux alors que mon irresponsabilité me rattrape de plein fouet. Même si ce type était Kai, il ne peut pas à lui tout seul retenir les autres, ils sont trop nombreux et quand je pense à l’éclat écœurant au fond de leurs yeux, la panique me coupe le souffle. Les larmes dévalent mes joues par torrents, j’ai peur que l’un des hommes me court après, peur que l’un d’eux me tire une balle d’une seconde à l’autre et j’attrape mon téléphone.

Entre ma course folle, mes larmes qui brouillent ma vue et l’angoisse qui m’étrangle, j’ai bien du mal à trouver le prénom d’Eden mais j’y parviens quand même.

-         « Oui ma Titi jolie ? »

Dès que j’entends sa voix, j’explose en sanglots, je suis noyée de soulagement alors que je suis pourtant toujours dans ce quartier horrible.

-         « Hestia ?! »

-         Eden ! Je t’en prie viens me chercher ! Je t’en prie ! Il y a ces hommes ! hurle-je.

Je l’entends au bout du fil qui réagit au quart de tour, j’entends un énorme bruit puis des clés :

-         « Tu es où ?! »

-         Je ne sais pas ! m’étrangle-je dans mes larmes. Je suis dehors je… j’ai peur je t’en prie !

Je pense que moins d’une minute après mon appel à l’aide, j’entends le moteur de sa voiture qui démarre, indiquant qu’il vient très probablement de descendre les escaliers quatre par quatre.

-         « Regarde autour de toi !! Qu’est-ce que tu vois ?! »

J’obéis en essuyant mes larmes pour essayer d’y voir quelque chose et mes yeux tombent sur un vieux bar.

-         Je cours, je… passe devant un bar qui s’appelle « Chez Sam » … c’est dans le quartier… chaud ! sanglote-je, complétement à bout de souffle.

-         « Ok, tu cours en direction du nord ?! »

-         Quoi… ?! Mais je n’en sais rien ! pleure-je.

-         « La grosse étoile, elle est où ?!! »

Je lève le nez en essuyant encore mes larmes et je repère l’étoile polaire.

-         Devant moi ! crie-je.

-         « Alors cours de toutes tes forces Hestia ! Je suis en route, j’arrive du nord, je sais que tu cours vite, je le sais ! Cours de toutes tes forces quitte à t’écrouler dans la voiture quand je serai là ! »

Je lui obéis en repoussant largement mes limites et au bout de quelques minutes, alors qu’un point de côté me déchire le ventre en deux, je manque de tomber à la renverse en apercevant la voiture d’Eden. Il se gare sur le trottoir en catastrophe et je saute littéralement à bord où je me jette dans ses bras en pleurant toutes les larmes de mon corps.

Il verrouille ma portière avant de me prendre dans ses bras pour me laisser le temps de me calmer pendant quelques minutes. Mon corps est tremblant à cause de l’adrénaline et je respire encore à toute vitesse mais je me calme enfin et j’arrive à m’assoir correctement pour attacher ma ceinture.

-         S’il te plait Eden, rentrons, je ne veux plus être dans ce quartier ! supplie-je.

-         Qu’est-ce que tu faisais là Hestia… ?

Sa voix est sombre, il sait très bien ce que je faisais là.

-         Je ne reviendrai plus Eden, je te le promets. J’ai donné toutes les informations à Kai, si c’est lui et qu’il veut me revoir alors il ira à l’orphelinat demander mon numéro. C’était une connerie, je le sais, mais c’est fait, tente-je.

-         Je ne vais pas t’engueuler mais je n’en pense pas moins. Ça va toi ? Tu as juste eu peur … ? demande-t-il timidement.

-         Il… il m’a…Il a pointé… une arme sur moi…, m’étrangle-je.

-         Quoi ?!?

Eden explose de colère et finalement, ça me fait du bien. Il me remet les pieds sur terre, il ne me traite pas comme une chose fragile à qui il est arrivé du mal mais comme une sale gosse qui a fait une connerie. Ça m’aide énormément, ça ne me place pas en victime et j’essaie donc de bien me rendre compte qu’il ne m’est rien arrivé. Oui c’était terrifiant, mais Kai ne m’aurait jamais fait de mal. La peur panique est venue après, lorsque j’ai eu peur de ses amis mais tout s’est bien passé, et je suis avec Eden, tout va bien.

Je prends donc le temps de respirer calmement tandis qu’il me passe le savon du siècle et me fait promettre sur ma vie de ne plus jamais retourner là-bas toute seule. Il me promet en retour qu’il acceptera de venir avec moi sans discuter ni râler, simplement pour être sûr que je ne sois plus jamais seule dans ce quartier mais je lui répète que maintenant que j’ai donné les informations à Kai, les dés sont jetés et que je n’irai plus.

Lorsqu’il se gare sur ma place de parking, je suis enfin complétement calme et très heureuse qu’il vienne chez moi. Alors que nous rentrons dans mon hall, le concierge me fait un signe et il sort de chez lui tous mes sacs de shopping qu’Alma m’a visiblement déposé.

-         La vache, tu as fait péter la carte bleu ! s’amuse Eden.

-         Euh… oui, réponds-je évasivement.

Il ne commente pas plus, heureusement.

Une fois chez moi, je jette tous mes achats à la machine à laver sans me poser de questions puisque j’en aurai besoin pour demain, puis nous nous installons à table pour finir les restes de mes lasagnes, ce qui ravit Eden.

Après ça, nous nous installons dans mon petit lit pour regarder un film pendant notre digestion lorsque le téléphone d’Eden sonne. Il le sort de sa poche et décroche dans la foulée en mettant Hunter en haut-parleur :

-         Oui Hunty ?  

-         « Dis-moi… tu n’aurais pas des nouvelles d’Hestia ? Je… je ne sais pas pourquoi je m’inquiète comme ça, elle ne répond pas à mes messages depuis bientôt une heure et je… je sais que c’est ridicule mais je ne le sens pas, je m’inquiète vraiment Eden. »

Nous nous regardons avec urgence en ouvrant de grands yeux puisque nous ne savons ni l’un, ni l’autre quoi répondre à ça après ce qu’il vient de se passer. Eden agite la main avec virulence, me poussant sans doute à dire la vérité puisqu’Hunter s’inquiète mais je lui offre un « non » catégorique avec mes bras.

-         « Eden… ? »

-         Euh ouai attends, je te … je te fais une surprise.

Je lève les yeux au ciel en râlant silencieusement, me demandant ce qu’il invente encore comme bêtise et il s’agite pour me signaler qu’il n’a trouvé que ça à dire.

-         « Tu peux me dire si tu as des nouvelles d’elle, oui ou non Eden ? Je ne déconne pas là. »

Je sens l’urgence dans sa voix et je trouve la solution la plus évidente en attrapant le portable :

-         Surprise ! chantonne-je.

Eden s’incline face à ma réactivité et j’entends le soupir soulagé d’Hunter.

-         « Je… Oh je suis désolé de vous avoir dérangés, je ne sais pas ce qu’il m’a pris. Je suis content de t’entendre Hestia… »

-         C’est moi qui suis désolée, je n’ai pas touché à mon téléphone depuis tout à l’heure, Alma m’a ramené, Eden a débarqué, nous avons mangé les lasagnes…, explique-je rapidement.

-         « Mais non, ne t’excuse pas, tu as le droit de ne pas me répondre ! Je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis inquiété d’un coup pour aucune raison. Passez une bonne soirée. »

-         Non attends, j’ai vraiment une surprise Hunter ! glousse-je.

J’attrape les petits chapeaux d’anniversaire que j’ai acheté aujourd’hui en prévision de son futur anniversaire entre nous et j’en cale un sur la tête d’Eden, un autre sur ma tête puis je transforme l’appel en appel vidéo.

Lorsqu’Hunter répond, il est visiblement accoudé à son bureau dans sa chambre d’hôtel. Il porte un de ses éternels sweats noirs dont il a la capuche et il affiche son air le plus blasé, le joue écrasée contre son poing. Il est à croquer, j’ai envie de le serrer contre moi comme une peluche, de pincer ses joues, de manger le bout de son nez, j’en reste complétement émerveillée alors que nous apparaissons en gros plan avec nos chapeaux ridicules sur la tête.

-         Joyeux anniversaire ! m’exclame-je.

Nous lui chantons la chanson, nous applaudissons, nous célébrons très clairement et Hunter nous observe avec un sourire en coin. Après ça, nous insistons pour qu’il passe la soirée avec nous. Nous mettons un film qui passe à la télé pour qu’il puisse avoir le même, et nous l’appelons ensuite en visio depuis mon ordinateur que nous calons sur mes jambes.

Hunter joue les blasés, il nous dit mollement plusieurs fois qu’il a du travail mais ça ne l’empêche pourtant pas de rester en ligne avec nous.

-         Je ne peux pas vous appeler longtemps, il y en a qui bossent ! râle-t-il pour la centième fois.

-         Je ne me coucherai pas tard, je me lève tôt demain matin de toute façon, tempère-je. Il faut que je prépare mes affaires et le bus est à midi.

-         Quoi ? intervient Eden. Hors de question, viens en voiture avec Calyouk et moi.

-         Non, j’ai des tickets de bus, réplique-je.

-         Ne prends pas le bus ! Il fait des arrêts et des détours ! Tu vas mettre sept heures de route au lieu de deux heures et demie en bagnole ! beugle-t-il.

-         Il y avait le bus dans le forfait d’Hunter apparemment, alors je prendrai le bus, hors de question qu’il ait payé ces tickets pour rien ! couine-je.

-         Je m’en fiche Hestia ! intervient Hunter. Ils coûtaient à peine vingt euros ! Et je comprends mieux pourquoi si tu fais des détours à travers tout le pays !

-         Comment sais-tu le prix toi ? m’offusque-je. Je croyais que c’était compris dans les deux cent cinquante euros ?

J’approche de l’écran en plissant les yeux et Hunter rigole.

Seigneur. Il est dans son lit maintenant, éclairé par l’écran de télé, il porte toujours sa capuche et je me retrouve complétement éblouie par son sourire blanc, ses fossettes et ses yeux malicieux que j’aperçois malgré la pénombre.

-         Oups, répond-il simplement de sa voix grave.

-         On s’en fou ! beugle Eden. Tu ne vas pas prendre le bus, point final !

-         Je retrouve une amie dedans ! Je prendrai ce bus ! Je lui ai dit que je la retrouvais !  

-         Une amie ? Tu as une amie toi ? se moque Eden dans la seconde.

Hunter éclate de rire :

-         C’est vrai, elle s’est fait une copine aujourd’hui, annonce-t-il avec fierté.  

-         Comment tu sais ça toi ? répond Eden en lançant un regard suspicieux à Hunter.

-         Je sais ça, parce que je m’intéresse à Hestia et pas uniquement pour ses lasagnes ! Alors figure-toi qu’il m’arrive de lui demander ce qu’elle fait la journée, et pas simplement quand est-ce que je peux manger chez elle comme toi !

Nous discutons joyeusement une bonne partie de la nuit, comme si nous étions chez eux sur le canapé, à parler du voyage à venir et à rire du film ridicule que nous avons mis.  

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