Les sentiments au fond de tes beaux yeux
Chapitre 41 : Le départ à la montagne
Le lendemain, je me réveille très, très tard. Nous avons regardé la télé tous les trois jusqu’à pas d’heure et j’ai pris ce vilain rythme de me lever en fin de matinée. Je n’ai qu’une heure chrono avant le départ et je saute sur mes pieds pour m’activer.
Après un brin de ménage, je saute sous la douche puis je fais toutes mes affaires dans mon sac de voyage en un temps record. Je fourre le contenu de mon sèche-linge dans mon sac à la dernière minute et je claque la porte de chez moi en courant à toute vitesse à l’arrêt de bus. En attendant Alma, j’ouvre enfin mes messages et je constate qu’elle m’a prévenue hier soir qu’elle déposait mes sacs chez le concierge puisque je les avais oublié dans son coffre. J’ouvre ensuite les messages d’Hunter qui, même s’ils sont assez softs, révèlent tout de même son inquiétude. Je n’ai pas trop le temps de me demander comment il a bien pu sentir qu’il se passait quelque chose hier puisqu’Alma arrive et je l’accueille joyeusement.
Nous nous installons évidemment à côté et nous discutons pendant les sept longues heures que dure notre trajet. Nous apprenons mieux à nous connaitre et nous nous découvrons tout un tas de points communs.
*
Nous arrivons à l’hôtel en début de soirée et la tonne d’étudiants descend du bus en s’étirant alors que les conversations sont joyeuses. Nous nous dirigeons tous dans le hall où nous formons une petite queue pour réceptionner nos chambres et alors que la plupart des étudiants en reçoivent une au premier étage, quelques-uns en ont une dans les étages supérieurs. Je trouve ça curieux qu’ils se retrouvent séparés des autres mais Alma m’explique :
- Ce sont les chanceux, papa et maman leur ont payé une belle chambre d’hôtel classique plutôt que nos taudis ! pouffe-t-elle.
- Comment ça ?
- Nous sommes en pleine saison dans la ville la plus huppée pour le ski… Tu imagines bien qu’à deux cent cinquante euros les trois nuits, nous logeons dans des placards à balais… Les chambres classiques coûtent au moins deux cents euros la nuit Hestia…
- La vache, souffle-je en ouvrant de grands yeux.
- On s’en fiche, ce qui compte n’est pas où nous dormons, mais le reste ! Ça va être génial !
Nous nous lançons un regard heureux et Alma réceptionne la chambre 114 avant que je ne donne mon nom :
- Hestia Nilvia, annonce-je.
- Très bien, vous avez la chambre 412, répond gentiment la femme de l’accueil.
J’échange un regard perdu avec Alma.
- Je ne suis pas au premier étage… ? bafouille-je.
La femme vérifie son ordinateur en fronçant les sourcils avant de me tendre ma carte :
- Non, pas d’erreur Mademoiselle Nilvia.
- Mais je… ça fait bien partie des chambres pour les étudiants… ? demande-je bêtement.
- Les chambres pour les étudiants ? s’étonne-t-elle.
- Les chambres à petits budgets, me corrige Alma.
- Euh… Non, c’est une chambre classique… ? Vous voulez le reçu… ?
La femme commence à hésiter, elle n’est pas à l’aise et je ne sais même pas quoi dire. Les imprévus me surprennent, j’étais si sûre d’avoir une chambre au premier étage que mon cerveau affiche une erreur et je me fige.
- Tu as bien payé deux cent cinquante euros ? me demande Alma.
- Je n’en sais rien, ce séjour est un cadeau en fait…, bafouille-je.
La femme de l’accueil me sourit :
- Ecoutez, c’est la chambre 412 qui vous est attribuée selon mon registre alors… si vous avez été surclassée, profitez-en ! dit-elle en me faisant un clin d’œil.
- D’accord…, réponds-je.
Alma me lance un regard si excité que j’arrive à atterrir de mon « choc » en me calquant sur elle. Elle attrape ma main pour me tirer en direction des ascenseurs et je me laisse porter par son euphorie, bien consciente que la situation est loin d’être dramatique mais représente plutôt une sacrée opportunité. Nous fonçons donc comme deux boulets de canon directement dans ma chambre, sans même nous intéresser à la sienne.
Dès que nous ouvrons ma porte, nous éclatons de rire. La chambre est grande, elle possède un lit double, un beau bureau, une grande salle de bain et même un balcon qui offre une vue splendide depuis le quatrième étage où nous sommes perchées.
Nous trottinons finalement vers la grande baie vitrée pour nous coller devant, où nous observons la neige tomber en gros flocons sur les pistes illuminées, aussi enchantée l’une que l’autre.
- Tu as trop de chance Hestia !
- Reste avec moi, propose-je tout de suite. Pourquoi irais-tu t’enfermer dans un « placard à balai » alors qu’il y a un lit double ici ?
- Vraiment ? demande-t-elle sans oser y croire.
- Absolument ! Ce sera soirée filles tous les soirs !
Nous nous installons joyeusement en sortant nos affaires de nos sacs et je prends mon téléphone pour envoyer un message à Hunter.
He : « Je suis bien arrivée et devine quoi… J’ai été surclassée !! »
Hu : « Profites-en, ce n’est pas courant ! »
He : « Je compte bien en profiter ! J’ai même la vue sur les pistes, on peut voir la neige tomber, c’est sublime !! »
Hu : « Je suis très heureux pour toi ! 😊 »
Lorsque je reviens de la salle de bain où j’ai posé ma trousse de toilette, Alma me lance un petit regard curieux :
- Alors… Tu t’es fait offrir ce voyage pour Noël… ? demande-t-elle.
- Plus ou moins, disons que je pars du principe que oui puisque c’est une somme absolument indécente pour un simple cadeau. Déjà que c’est extrêmement limite pour Noël…, explique-je.
J’ai honte d’avoir reçu ce cadeau alors que je sais qu’Alma a économisé des mois pour se le payer, je n’arrive même pas à la regarder en face mais elle me rassure :
- Extrêmement limite ?! Tu plaisantes ?! Extrêmement trop cool oui ! On dirait presque tu n’en es pas heureuse, à ta place je sauterais au plafond ! s’offusque-t-elle.
- Si, j’en suis heureuse mais… c’est un peu bizarre, j’ai l’impression d’être une princesse hautaine et prétentieuse, explique-je en me tournant vers elle.
- Pourquoi faudrait-il que la princesse soit hautaine et prétentieuse ? Tu peux simplement être une princesse gentille et généreuse, la preuve, tu invites la gueuse dans ton château ! pouffe-t-elle.
- Arrête ! glousse-je.
- Je peux te demander qui donc te traite comme une princesse ? demande-t-elle en riant un peu plus.
- Un ami, réplique-je en rougissant jusqu’à la racine des cheveux.
Je me tourne pour poser mes quelques affaires personnelles sur ma table de nuit mais Alma n’est pas dupe et elle vient vers moi à travers le lit en plissant les yeux avec humour :
- Tu es louche Hestia !
- Mais non ! me récrie-je trop vite.
- Un ami ou… ton crush ?! pouffe-t-elle.
- Mon crush… ?
- Le garçon qui te plait, explique-t-elle.
Je rougis de plus belle et elle ouvre la bouche en grand :
- Je le crois pas ! C’est ton crush qui t’a offert ce voyage ?! Alors que vous n’êtes qu’amis ?! s’écrie-t-elle.
- Oui, avoue-je dans un murmure.
- La vache ! Il est beau et généreux ce garçon, souligne-t-elle.
- Il est parfait…, soupire-je en lissant ma tenue de neige toute froissée.
- Il a l’air…, dit-elle avec un air malicieux. Tu veux m’en parler ?
Je lui lance un regard timide mais elle sourit en précisant :
- Les amies sont là pour ça… on se parle des mecs qu’on aime bien, on essaie de s’entraider pour les séduire, on se donne des conseils… Tu ne crois pas ?
- C’est vrai…, conviens-je.
Ça me fait tout drôle, ce n’est jamais arrivé, pas même avec Julia… Et pourtant je me sens tellement bien avec Alma, elle est comme une oasis de paix et de sécurité pour moi, j’ai l’impression qu’elle est comme un repère alors que je viens pourtant à peine de la rencontrer. En tout cas, je choisis de me livrer à elle et nous nous asseyons dans le lit pour que je lui raconte l’histoire depuis le début, ma rencontre catastrophique avec Hunter, ce voyage qu’il m’a offert de façon inattendue, notre première dispute à ce sujet, notre premier baiser à Noël, notre complicité depuis et nos messages constants. Je termine par la nuit qu’il a passé chez moi en soulignant bien notre proximité le lendemain.
- C’est tout de même une très, très bonne base ! glousse-t-elle. On a des informations sur ses précédentes relations ? Il est plutôt du genre sérieux, longue relation ou plan d’un soir, amitié grivoise… ?
- Aucune, je ne sais rien sur son passé amoureux…, soupire-je.
- C’est frustrant ! ronchonne-t-elle en fronçant le nez.
- Oui, j’aimerais bien savoir mais je n’ose pas poser franchement la question à Eden… Ce serait un peu étrange…
- Tu es timide, et puis tu ne veux sans doute pas le mêler à tout ça alors que tu ne sais même pas où ça peut mener ni si ton crush souhaite que son coloc soit au courant…, acquiesce-t-elle.
- Exactement, confirme-je.
- Je comprends. En attendant, il t’a quand même offert un super voyage alors je ne peux pas te dire s’il est amoureux de toi, mais il est clair qu’il t’apprécie beaucoup.
- C’est bien l’impression que j’ai… Si tu voyais comme il est… il m’ouvre les portes, il me fait des cadeaux, il me raccompagne chez moi pour que je ne rentre pas seule… Il prend soin de moi… mais je ne veux pas trop m’emballer non plus, Eden m’a dit qu’Hunter ne voulait pas de petite-amie, tempère-je.
Plus je parle et plus un joli sourire s’étire sur les lèvres d’Alma :
- Tu as raison, il vaut mieux rester prudente pour éviter de souffrir mais vous m’avez l’air plutôt très mignons tous les deux… Ce n’est pas parce qu’aux dernières nouvelles il ne voulait pas de copine que ça ne peut pas changer depuis votre rencontre… Il faut que tu prennes ce qu’il y a à prendre au jour le jour, que tu profites de vos moments privilégiés et peut-être que la magie de Noël opérera…, conclut-elle en me lançant un regard complice.
- Oui…, soupire-je en rêvassant.
On toque à la porte et nous sursautons en échangeant un regard interrogateur avant que j’aille ouvrir. C’est une femme de l’hôtel qui vient nous donner le menu du room service et les horaires du spa, ce qui nous souffle complétement. Dès qu’elle repart, Alma fronce les sourcils :
- C’est bizarre, le room service et le spa sont des options normalement… Comment ont-elles pu être associées à ta chambre si tu as simplement été surclassée… ? Ce n’est pas comme ça que ça marche …
- Je n’en sais rien mais profitons-en ! réplique-je.
- Quel pied sérieux… j’aurais largement préféré filer mes deux cent cinquante balles à ton crush que pour une chambre qui ne me servira pas !
Nous nous perdons dans le menu du roomservice en commandant des plats et des desserts qui ont l’air délicieux et qui seront livrés d’ici une petite heure. Pour patienter, nous décidons de tenter notre chance à l’accueil. Puisque j’ai invitée Alma à dormir avec moi, nous trouvons ridicule qu’elle ne tente pas de récupérer l’argent de sa chambre mais après vingt minutes de lutte, il n’y a rien à faire. Les chambres ne sont pas remboursables en haute saison, nous le savions, mais ça valait le coup d’essayer. Nous repartons en ronchonnant dans ma chambre où nous nous lavons avant de bien rire lorsque nous nous rendons compte que nous avons le même genre de pyjama. J’ai bien évidemment mes oursons mais Alma en possède un rose à cœur rouge, tout aussi molletonné que le mien et ça nous plie en deux.
Notre conversation sur Hunter m’a remplie de joie, ça me fait du bien de pouvoir parler de cette histoire à quelqu’un, de partager mon bonheur et ça me rend surtout très amoureuse, alors quand Alma part chercher nos masques de soins que nous avions acheté ensemble, j’attrape mon téléphone pour lui envoyer un message et je réalise que j’en avais reçu un de sa part entre temps.
Hu : « Comment se passe ta soirée ? »
He : « J’ai invité Alma à dormir avec moi dans ma chambre puisque j’ai un lit double, nous attendons le roomservice et prévoyons une soirée filles à nous mettre des masques de soins sur la tête ! »
J’ajoute un petit émoji qui rigole et j’envoie.
Hu : « Tu as l’air de bien t’amuser, j’espère que tu n’as pas oublié ton pyjama ourson… 😉 »
He : « Je le porte fièrement. »
Cette fois c’est lui qui m’envoie un émoji qui rigole et je me reconcentre sur ma soirée avec Alma. Nous avons à peine mis deux patchs sous nos yeux que ça toque à notre porte mais lorsque j’ouvre, ce n’est pas le repas mais Eden qui nous découvre dans nos tenues ridicules. Il éclate de rire et Alma rougit des pieds à la tête alors qu’il lui tend une main :
- Eden, annonce-t-il en calmant ses rires.
- Alma, répond-elle d’une petite voix.
Il se tourne vers moi :
- Je venais voir si tu étais bien installée, dit-il.
- Très, j’ai été surclassée ! J’ai invité Alma à dormir avec moi ici, précise-je en la désignant.
- C’est chouette, vous allez passer une bonne soirée, une soirée fille bien clichée...
- C’est censé nous rendre radieuses ! pouffe-je. On s’est pris des masques pour essayer d’avoir meilleure mine au nouvel an.
- Ce qu’il ne faut pas entendre, vous êtes déjà ravissantes, vous n’avez pas besoin de ça…, réplique-t-il en s’asseyant au bout de mon lit.
Je vois qu’Alma commence à se détendre, ses joues ne sont plus rouges et elle affiche même un petit sourire en regardant Eden. Ce dernier venait surtout me parler de Calyouk, pour savoir si j’avais envie de m’en occuper la journée puisque je ne skie pas, ce que j’accepte avec bonheur. Je visualise déjà de longues randonnées dans la neige avec mon loup préféré lorsque Alma se tourne vers Eden :
- Cal… ? demande-t-elle.
- C’est mon fils, ou plutôt mon chien, plaisante-t-il.
- Tu as emmené ton chien ? s’étonne-t-elle en souriant.
- Je l’emmène partout, Calyouk est un peu particulier, il ne peut pas se faire garder sauf par mon coloc ou Hestia, précise-t-il rapidement.
- Je t’expliquerai, ajoute-je.
Elle hoche la tête en souriant et Eden soupire :
- Bon mesdemoiselles, je vais devoir vous laisser, je suis attendu. Si je n’avais pas rendez-vous avec mes copains, j’aurais bien tenté de me rendre radieux avec un de vos masques…, s’amuse-t-il en attrapant l’un de nos emballages.
- Tu n’en as pas besoin, glisse timidement Alma.
Il tourne la tête vers elle pour lui lancer un sourire éclatant :
- Merci, et toi non plus Alma, je le répète.
Je la vois presque tomber à la renverse face au charme de mon ami et ça me donne une idée. Je passe mes mains dans les boucles châtains en désordre au sommet de sa tête :
- Tout ça m’a l’air bien sec…, commente-je. Tu devrais peut-être passer demain pour que je te fasse un masque … et deux patchs sous les yeux ne te feraient pas de mal non plus !
Il éclate de rire en se levant :
- Attention Titi, tu sais bien que je suis capable de te prendre au mot !
Alma glousse et nous le raccompagnons à la porte où le roomservice débarque au même moment.
Nous avons clairement l’impression d’être des petites princesses alors qu’on nous livre des cloches sous lesquelles se trouvent nos délicieux mets. Inutile de préciser que dans un hôtel pareil, les plats sont étudiés et luxueux, et nous ne pouvons pas croire que nous allons manger tout ça à l’œil simplement parce qu’ils se sont trompés. Nous nous installons au bureau de notre chambre pour manger en imitant des femmes de la haute société alors que nous découvrons nos pâtes aux truffes, soupes de palourdes et croûtes aux champignons.
- Il faudra absolument que tu ailles au spa pendant que je skierai Hestia, non seulement ça t’occupera mais il serait dommage de ne pas en profiter…, commente Alma.
- C’est clair. Ça doit être dingue d’être assez riche pour se permettre ce genre de folies quand même… tu imagines ces femmes qui viennent ici une semaine en vacances, qui mangent des truffes au petit déjeuner avant de passer l’après-midi au spa…, soupire-je.
- Tout ça avant que leurs riches maris les invitent dans un restaurant étoilé le soir ! plaisante Alma.
- Et qu’elles puissent ensuite passer toute la nuit dans les bras de l’homme qu’elles aiment et qui leur offre une vie de princesse…, rêvasse-je.
- Mon œil, ça n’existe pas, elles méprisent leur mari et ne les épouse que pour l’argent ! s’exclame-t-elle.
Nous rions un peu plus et nous jetons avec appétit sur nos plats délicieux. Alors que nous discutons de choses futiles, je pose des yeux curieux sur Alma :
- Alors… ? Eden ? Qu’est-ce tu en penses… ?
- Tu n’essaierais quand même pas de me faire m’intéresser à ton meilleur ami Hestia ? demande-t-elle en souriant.
- Peut-être un peu ! avoue-je.
Elle lève les yeux au ciel en riant :
- C’est inutile, tu prêches une convaincue ! C’est plutôt lui que tu devrais démarcher, car il n’y a aucune chance que ce type s’intéresse à moi un jour.
Nous passons le reste de la soirée à discuter de choses et d’autres, je lui parle beaucoup d’Eden, de notre rencontre et de sa personnalité. Elle est évidemment sous le charme et touchée par sa gentillesse débordante.
Avant de dormir, je ne peux pas m’empêcher d’envoyer un dernier message à Hunter.
He : « J’ai passé une super soirée, j’espère que la tienne n’est pas trop ennuyeuse. Nous avons joué les riches héritières en dévalisant le roomservice, c’était trop chouette. Nous prendrons peut-être du champagne demain après une journée au spa… Je plaisante, mais c’est vraiment dingue d’être surclassée. Oh et demain, je pars en randonnée avec Calyouk dans la neige ! »
Hu : « Je souris face à ton message, je suis tellement heureux de savoir que tu passes un bon moment … Ça rend mes journées moins pénibles même si je préférerais largement être là-bas avec toi, à te regarder jouer les riches héritières dans ton pyjama ourson… D’ailleurs, il est peut-être temps de dormir pour être en forme, les promenades dans la neige et les spa sont très fatigants pour les jolies héritières. »
He : « Je vais dormir, je voulais surtout te souhaiter une bonne nuit à l’origine. J’espère que tu passeras une belle journée demain. »
Hu : « Merci, fais de beaux rêves joli petit papillon. »
J’observe l’émoji papillon à la fin de son message, le même qu’il a mis après mon nom dans ses contacts et je souris en fixant mon écran alors que mon cœur vibre d’amour. Je repense aux dires des filles de l’orphelinant, au fait qu’il était important d’être avec le garçon qu’on aime au nouvel an pour l’embrasser à minuit…
Je m’imagine forcément embrasser Hunter sous le gui, me donner une chance de passer toute l’année à venir avec lui, à être dans ses bras comme j’ai pu l’être régulièrement ces derniers temps, à passer des soirées aussi simples que celle d’avant son départ devant la télé tandis qu’il caressait mes jambes… Je l’aime tellement, je ne peux plus me passer de lui et la superstition me rattrape alors que j’ai peur que tout ça s’arrête parce que je ne le verrai pas le trente et un décembre.
Mon cœur se serre douloureusement et je reprends mon téléphone.
He : « Tu ne peux pas imaginer comme j’aurais aimé passer à la nouvelle année avec toi Hunter... »
Hu : « Tu ne peux pas imaginer comme j’ai envie de tous les envoyer bouler pour te rejoindre Hestia... »
Mon cœur se serre plus fort et je mordille ma joue, un peu honteuse de le pousser à la faute :
He : « Alors fais-le… Winston est un con de toute façon. »
Hu : « Tu me manques. »
He : « Toi aussi. »
Je soupire un peu en me résignant mais je suis tout de même très heureuse de notre échange malgré son absence.