Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 42 : Nouvel indice

4781 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 21/01/2026 10:58

Chapitre 42 : Nouvel indice


Après un roomservice copieux composé de toasts en tout genre et de jus d’orange fraichement pressé, Alma part skier et je vais chercher Youk dans la chambre microscopique d’Eden. Quand je pense que j’aurais dû loger dans ce type de pièce, je prends encore plus conscience de la chance que j’ai eu.

Notre balade est splendide, j’ai l’impression de me promener au pays du père Noël alors que je serpente entre les arbres pleins à craquer de neige qui alourdit les branches. Calyouk court comme un dingue, il n’arrête pas une seconde et me fait éclater de rire très régulièrement.

Alors que nous sommes perdus dans la haute-montagne, je m’arrête pour faire un bonhomme de neige, ou plutôt un canidé de neige puisque mon modèle s’avère être l’énorme loup qui me tourne joyeusement autour. Je prends mon temps pour le sculpter tout en lui lançant régulièrement des boules de neige pour l’amuser et lorsque je termine, je le prends en photo pour l’envoyer à Hunter, bien entendu.

He : « Un Calyouk blanc. »

Hu : « Je préfère l’original mais il est très réussi, ta journée a l’air plus fun que la mienne. »

Il m’envoie une photo de la neige qui tombe par la fenêtre, prise depuis le bâtiment où il se trouve. On dirait une sorte d’usine ou de hangar, je ne m’attendais pas du tout à ça. Je l’avais toujours visualisé derrière un bureau et je ne comprends pas ce qu’il fiche dans un lieu aussi particulier. En tout cas, c’est un élément de preuve très intéressant pour mon enquête sur son travail et j’enregistre la photo afin de la regarder de près en zoomant.

Les fenêtres ont l’air d’avoir de grosses grilles, les vitres sont sales et l’ambiance me donne presque des frissons. Ma curiosité se rallume, même si j’avais décidé de laisser tomber mon enquête, cette image la relance pour sûr et j’en veux plus, il me faut une autre photo alors je tente :

He : « Je préférerais une photo de toi. »

Hu : « C’est donnant donnant, je suis dur en affaires. »

J’appelle Calyouk et je prends une photo avec lui pour lui envoyer. Quelques minutes s’écoulent mais j’ai enfin ce que je veux. C’est une photo d’Hunter et bien qu’il soit beau à tomber par terre tout en étant mignon à croquer dans son gros sweat, je zoome immédiatement sur son environnement, très peu perceptible autour de son magnifique visage pris en gros plan mais tout de même. J’aperçois une vitre cassée et peut-être même un début de tag sur un mur… Il est visiblement dans un endroit qui craint.

He : « Tu es superbe, tu travailles dur ? »

Hu : « Je te retourne le compliment. Oui. »

Je range mon téléphone pour réfléchir en reprenant ma marche. Je suis plus pensive que jamais, je ne sais pas exactement ce que j’imaginais mais pas ça… Je le voyais plutôt dans un petit bureau chauffé, à une réunion en train d’assister Winston en costume… je n’en sais rien... ces photos me retournent le cerveau.  Que fiche-t-il dans un endroit aussi glauque ?

Ces pensées me travaillent tout le reste de ma demi-journée de randonnée mais je n’arrive pas à grand-chose. Plus le temps passe, plus le travail d’Hunter m’apparait comme un mystère.

*

Je prends un repas rapide dans ma chambre puis je passe une bonne partie de l’après-midi dans l’espace aquatique où je me prélasse dans un jacuzzi bouillant. Après ma promenade glaciale, il est terriblement agréable de mijoter en observant la neige tomber dehors.

Je me demande un peu comment Hunter a pu me payer ce petit séjour de rêve alors que son travail se déroule dans un bâtiment aussi bizarre. Je me demande d’ailleurs quel genre de boulot a pu lui payer une voiture aussi luxueuse sans que l’environnement de travail ne le soit... Plus j’y réfléchis, moins je comprends. Il m’avait clairement dit que sa voiture lui servait à faire de nombreux kilomètres, ce qui est vrai puisque je l’ai clairement accompagné au téléphone pendant ses six heures de route avant-hier.

En revanche, il m’avait aussi précisé que sa voiture était plus ou moins ce qu’on attendait de lui et là, je ne vois pas l’ombre d’un rapport entre une belle voiture et un bâtiment à moitié désaffecté. Ceci dit, le fait qu’il dise que son travail changerait mon opinion de lui me parait bien plus probable s’il travaille dans un bâtiment délabré… Quel casse-tête. Je suis obligée d’abandonner mes réflexions lorsqu’elles tournent en rond pour la énième fois mais je suis plus frustrée que jamais.

*

Je clôture cette journée de détente en me rendant timidement au spa de l’hôtel où je reçois un massage de qualité simplement en donnant mon nom à l’accueil. Je comprends mieux que les chambres soient hors de prix lorsque je vois à quel point l’hôtel est luxueux, j’ai vraiment l’impression de passer un séjour de princesse où la vie est plus que douce. Après ce détour au spa, je suis emmitouflée dans un gros peignoir blanc et je m’écrase dans le lit pour dormir à moitié devant un film, en détente absolue.

Alma rentre finalement de sa journée de ski et s’arrête sur le seuil en me voyant :

-         On ne s’en fait pas par ici ! s’amuse-t-elle.

-         Pas trop non ! Je sors du spa…

-         Quoi ?! rit-elle en entrant dans la chambre.

J’hausse les épaules :

-         Je ne sais pas comment ils ont pu se planter à ce point avec leurs réservations mais ça me va bien… Je passe un séjour formidable pour le moment.

-         Tu m’étonnes… je vais donner ton nom et aller me faire masser moi aussi ! réplique-t-elle joyeusement.

Et c’est ce qu’elle fait. Après sa douche, je la pousse à se rendre au spa et elle revient dans le même état que moi dans la chambre, un sourire aux lèvres, affublée d’un gros peignoir. Nous nous commandons à manger, je reprends des pâtes aux truffes puisque j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce plat tandis qu’elle a « l’audace » de se commander du homard, ce qui nous fait mourir de rire. J’ai l’impression que nous sommes deux sales gosses fières de leurs bêtises alors que nous vivons dans l’opulence la plus totale depuis vingt-quatre heures.

Mon portable vibre et elle me lance un regard taquin :

-         Ton crush ? m’embête-t-elle.

-         Sûrement, admets-je en rougissant.

Je l’attrape à toute vitesse tandis qu’elle prépare nos affaires pour une deuxième soirée pyjama.

Hu : « Alors cette fin de journée ? »

He : « Princesse Hestia a passé l’après-midi dans un jacuzzi avant de se faire masser au spa… c’est dire comme ma vie est difficile. J’ai de la peine pour toi coincé au travail… ☹ »

Hu : « La vie de princesse te plait ? »

He : « Trop ! Je ne veux plus jamais repartir de cet hôtel, même si je suis une imposteuse. »

Hu : « Tu ne l’es pas, tu as largement mérité de passer trois belles journées après ton travail sérieux pour ce premier semestre… Je pense d’ailleurs que tu mérites bien plus que trois jours. »

He : « N’exagères pas… et à ce compte-là, tu es bien plus méritant que moi puisque pour des études plus difficiles et un sérieux aussi solide que le mien, tu as en plus un travail qui te prend trop de temps. C’est toi qui mériterais de te faire dorloter comme ça au lieu de te tuer un peu plus pour ce con de Winston. Je te cède ma place avec plaisir. »

Hu : « Ce n’est pas une compétition. 😊 Que fait ma princesse ce soir ? »

Je rougis comme une pivoine, décidemment propulsée au paradis ce soir.

He : « Soirée fille tu penses bien… j’adore Alma. Que fait mon pauvre petit travailleur ? »

Hu : « Il travaille tu penses bien… Amusez-vous bien. »

*

Il est un peu plus de vingt heures, notre deuxième soirée entre filles bat son plein et j’ai l’impression que nous nous entendons de mieux en mieux alors que je ne pensais pas ça possible. Après m’avoir verni les mains, Alma s’attaque désormais à mes pieds. Nous avons remis nos pyjamas ridicules, nos bandeaux douteux et nos patchs sous les yeux.

-         Tu penses vraiment que ces trucs nous rendent la peau plus belle ? m’amuse-je en observant l’emballage.

-         Je n’en sais rien, mais on aura essayé ! réplique-t-elle.

Mon portable vibre et je l’attrape pour lire le message que je viens de recevoir.

-         C’est Eden. Il veut savoir s’il peut venir à notre soirée filles…, pouffe-je.

-         Il n’est pas sérieux ?

-         Connaissant Eden, je pense pouvoir affirmer qu’il l’est.

Elle saute sur ses pieds, complétement chamboulée, et je la rassure :

-         Si tu ne veux pas qu’il vienne, je l’envoie se faire voir Alma, ce n’est pas un problème.

-         Je … non… je n’en sais rien ! Je ne sais pas quoi faire. J’ai bien envie de passer du temps avec lui mais… tu as vu ma tête ?! s’exclame-t-elle.

-         Tu es très bien, Eden t’a même dit que tu étais ravissante hier !

-         C’était pour être gentil, j’en suis certaine !

-         Puisque je te dis que non. Allez ça suffit, c’est l’occasion de vous rencontrer vraiment…

-         Bon, d’accord, mais je change de pyjama !

Nous rions et elle fonce se changer tandis que j’accepte la proposition d’Eden. Elle enfile une robe de nuit très jolie et elle détache ses cheveux mais je suis fière qu’elle accepte de garder son bandeau et ses patchs sous les yeux.

Malgré les doutes d’Alma, il débarque dix minutes plus tard, simplement vêtu d’un short de pyjama et elle manque de tomber à la renverse face à son torse.

-         C’est ici la soirée filles ?! demande-t-il d’une voix volontairement aiguë.

-         Tout à fait ! glousse-t-elle en lui ouvrant la porte en grand.

-         Je vous préviens, je veux être au top en ressortant de cette pièce ! annonce-t-il.

Il lance deux ou trois blagues d’entrée de jeu pour faire rire Alma, sa façon à lui de briser la glace et d’instaurer une ambiance détendue, ce qui fonctionne très bien.

C’est ainsi que quelques minutes plus tard, il est assis par terre au pied du lit avec un bandeau licorne sur le front et je m’assois dans le lit derrière lui pour m’occuper de ses cheveux. Je passe doucement mes mains dedans pour enduire ses boucles de soins à base d’huile et il ronronne presque sous les petits massages que ça lui procure alors qu’Alma lui lance des regards séduits en louchant sur son torse.

-         Alma… et si tu mettais des soins de visage à Eden… ? tente-je.

-         Euh… je ne sais pas… ? bafouille-t-elle en le regardant avec inquiétude.

-         Si ce sont vos machins sous les yeux, je suis preneur ! Je veux qu’on ait tous la même tête, je me sentirai moins en décalage ! plaisante-t-il.

Elle s’exécute donc en riant et je sens qu’ils s’entendent foncièrement bien, ils gloussent autant l’un que l’autre alors qu’elle se penche tout près de son visage pour lui appliquer les patchs avec délicatesse. Elle est troublée, mais Eden m’a l’air moins clown que d’habitude lui aussi. Ça ne m’étonne pas dans le fond, Alma est une très jolie fille et je ne doute pas qu’Eden se perde dans ses yeux noirs de biches et ses traits délicats.

-         Te voilà tout beau, conclut-elle timidement.

-         Me voilà aussi belle que toi tu veux dire, plaisante-t-il en souriant.

Elle secoue la tête doucement, aussi charmée que choquée par son naturel :

-         Tu es tellement chouette, il est rare de voir un garçon qui se laisse faire des trucs de filles comme ça…, dit-elle en le désignant d’une main.  

-         Les mecs sont des abrutis, ils imaginent que leur masculinité sera réduite en cendres s’ils approchent d’un peu trop près un sac à main… Laissons-les à leurs problèmes identitaires, réplique-t-il.

-         C’est clair, interviens-je. Tout homme qui se respecte devrait pouvoir porter un bandeau licorne en se faisant coiffer !

Je les fais mourir de rire et je reprends mes massages sur sa tête avec application pour faire pénétrer le produit.

-         C’est trop agréable…, soupire-t-il alors. Les soirées filles ont mauvaise réputation alors que c’est finalement le pied total.

-         Tu dis ça parce que tu ne sais pas à quel point se faire épiler les sourcils peut faire mal ! le taquine Alma, qui est de plus en plus à l’aise.

-         C’est un défi ? s’amuse-t-il.

-         Tu te laisserais épiler les sourcils ?! pouffe-t-elle.

-         Je m’en moque, si ça t’amuse fais-le ! Je veux juste que vous passiez un bon moment ! répond-il joyeusement.

Elle me lance un regard enchanté et j’hoche la tête avec entrain pour lui signaler que oui, Eden est génial. Elle prend sa pince à épiler sans attendre et se met en tailleur entre ses cuisses, les joues rougissantes :

-         Je te préviens, ce n’est vraiment pas agréable, rit-elle nerveusement.

-         Ça ne peut quand même pas être si terr… Hé !! hurle-t-il lorsqu’elle arrache le premier poil.

Pendant dix bonnes minutes, nous sommes pliées de rire. Alma épile consciencieusement les quelques poils dissidents des sourcils d’Eden et il se tortille dans tous les sens en hurlant de douleur :

-         Libérez moi ! beugle-t-il.

-         Non ! répond Alma en ricanant avec sadisme.

-         C’est pour ça que les hommes ne vont jamais aux soirées filles ! hurle-t-il. C’est parce qu’ils ne sont pas assez résistants ! J’aurais dû écouter mes semblables !

 Eden crie, Alma ricane comme un démon et ils se battent globalement gentiment alors qu’il fait mine de l’empêcher de continuer. Je les laisse à leur premier vrai rapprochement et j’attrape mon téléphone avec un grand sourire vissé aux lèvres pour découvrir que j’ai un message en attente.

Hu : « La soirée filles se passe bien ? »

He : « Oui, c’est super. J’ai remis mes oreilles d’oursons et j’ai même les ongles faits. Tu travailles toujours à cette heure-ci ? »

Hu : « Oui… mais une petite photo de tes oreilles d’ourson me donnerait assurément du courage. »

Alors que je vais me prendre en photo, Alma déclare qu’elle a terminé et Eden se sauve en grimpant dans le lit où il s’étale sur le dos à côté de moi en faisant mine de récupérer d’une séance de torture. Alma glousse en partant ranger sa pince à épiler et je me prends en photo pour Hunter en capturant Eden en fond qui sourit à l’objectif sans se poser de questions.

-         Tu laisses Hestia créer des preuves ? s’amuse Alma malgré ses yeux toujours plus séduits.

-         Je n’ai honte de rien ma chère petite Alma, répond-il avec son sourire éblouissant.

Il se redresse pour lui raconter la fois où il a eu pour gage de traverser le stade de rugby complétement nu à la mi-temps, avec uniquement un ballon pour se cacher, et elle rit aux éclats de cette histoire que je connais. Je me reconcentre donc sur mon téléphone en envoyant la photo à Hunter.

Hu : « Une soirée filles ? Il y a un intru. »

He : « Oui, il s’est incrusté ! 😊 »

Hu : « S’incruster à une soirée pyjama de filles… ce type a toujours les bons plans. »

He : « La porte est ouverte si l’envie te venait… »

Hu : « J’adorerais, à quelles oreilles aurais-je le droit ? »

Je glousse toute seule en observant nos bandeaux restants.

He : « Les oreilles de renards, c’est justifié, tu es l’homme le plus intelligent que je connaisse. »

Hu : « Je m’en tire bien. Je ne savais pas que les mâles étaient tolérés à ce genre de soirée, je pensais que c’était justement le moment où vous bavardiez à propos de nous… ? »

He : « Nous l’avons déjà fait hier soir. Ce soir, c’est portes ouvertes ! »

Sa réponse met quelques minutes à arriver et elle me fait rougir jusqu’aux oreilles.

Hu : « Tu as parlé de moi… ? »

He : « Ça se pourrait bien… »

Hu : « J’ai le droit de savoir ce que vous avez dit dans les grandes lignes ? »

He : « Sûrement pas, les secrets des soirées filles sont confidentiels. »

Hu : « Vilaine, ça m’intéresse pourtant. »

He : « Viens et tu le sauras. »

Hu : « J’attrape mes oreilles de renard et j’arrive. »

Je ris un peu plus mais il m’annonce ensuite qu’il doit passer un appel et je relève le nez de mon téléphone pour constater qu’Eden et Alma s’entendent toujours aussi bien puisqu’Alma termine de lui raconter la fois où elle s’est levée en plein partiel pour chanter l’hymne nationale à cause d’un pari perdu la veille dans un bar. Il l’observe en souriant :

-         Non seulement tu étais au bar la veille d’un partiel mais en plus tu as tenu ton pari… tu es vraiment trop toi…, commente-t-il d’une voix pensive.

-         Je ne sais pas si c’est un compliment … ?

-         C’en est un, je t’assure…

Il la regarde encore une minute en silence avant de prendre un ton léger :

-         Au fait les filles, demain matin nous skions avec la bande mais nous allons faire un tour en ville après… ça vous dit de venir avec nous ?

-         Quel est le programme ? demande-je.

-         On a réservé une table dans un restau pour une fondue, comme les gérants savent qu’on skie, ils ont accepté de nous prendre vers quinze heures pour manger alors c’est top. Après on ira faire un tour au marché de Noël et on rentre ensuite se préparer pour le nouvel an... D’ailleurs, rendez-vous vers vingt et une heures dans la salle de réception de l’hôtel, c’est bon pour vous ?

Je ne sais pas si j’hallucine, parce que je sais pertinemment qu’Eden comptait passer le nouvel an avec moi, mais j’ai l’impression qu’il s’inquiète presque qu’Alma ne soit pas là et qu’il le vérifie. 

-         Si vous avez déjà réservé… Nous aurons de la place à table au restaurant… ? s’inquiète-t-elle.

-         Mais oui ! réplique-t-il vite. On a réservé la salle privée pour être sûrs, comme on ne savait pas exactement qui venait ou non… Certains préféreront sans doute skier plutôt que manger… Ils ne savent pas encore.

-         Alors ça nous va je suppose… ? me demande Alma, les yeux pleins d’espoir.

-         Ça nous va, confirme-je.

Suite à l’épisode de l’épilation des sourcils, Alma lui propose en récompense un petit massage du visage qu’il accepte avec joie. Elle enlève donc ses patch pour se servir du soin qu’elle lui barbouille sur le visage avant de le masser doucement. J’en profite pour lui appliquer de la crème pour les mains et nous continuons à jouer à la poupée avec lui pendant un bon moment. Ce n’est que lorsqu’Alma lui propose du vernis rouge et qu’il accepte que je me permets de mettre un stop à leurs bêtises, parce que je ne veux pas qu’il débarque pendant notre préparation du nouvel an pour qu’on lui retire en urgence.

 Puisqu’il est déjà tard, nous le raccompagnons à la porte où il se retourne en levant un doigt :

-         La prochaine fois, je veux le vernis ! plaisante-t-il.

-         Je te le mettrai ! pouffe Alma.

-         Heureusement que je peux compter sur toi.

Ils rient ensemble et elle referme la porte en me sortant ses yeux les plus radieux :

-         Il est… incroyable…, soupire-t-elle. Non seulement il est beau, mais il est gentil, drôle, détente… Je ne comprends pas comment tu ne peux pas être tombée amoureuse de lui ! Comment as-tu pu attendre de rencontrer le coloc sans tomber raide dingue d’Eden ?!

-         Je ne sais pas, ris-je. Ça a été immédiat, je l’ai vu comme un grand-frère… Ce n’était juste pas lui.

-         En revanche, quand ton crush a débarqué…, pouffe-t-elle.

-         C’était lui, confirme-je en souriant.

Elle soupire encore bruyamment, rêveuse, puis nous nous enfilons sous les draps pour discuter avant de dormir.

-         Tu déjà eu des petits-amis ? demande-je avec curiosité.

-         Oui… ce n’est pas joyeux en revanche, je n’ai pas envie de t’embêter.

-         Tu ne m’embêtes pas, si tu as envie d’en parler, ça m’intéresse.

Elle m’explique alors sa première longue relation, avec un garçon qu’elle pensait fait pour elle, jusqu’à ce qu’elle découvre qu’il la trompait depuis plusieurs mois. Cette triste situation a complétement brisé sa confiance en les hommes et elle ne cherche plus rien de sérieux depuis, pour s’éviter de retomber amoureuse et de souffrir.

-         Tu tomberas peut-être amoureuse d’Eden sans le contrôler, souligne-je.

-         C’est ce qui est en train de m’inquiéter…

-         Eden n’a peut-être jamais trompé ses copines, il est tellement honnête que ça m’étonnerait de lui…

-         Mince, j’espérais que tu aurais la réponse…, grimace-t-elle. Mais c’est un peu étrange de lui demander de but en blanc…

-         Oui c’est un peu compliqué, je ne vois pas bien dans quel contexte je pourrais lui poser subitement la question sans qu’il ne comprenne que ça a un rapport avec ma nouvelle amie que je viens de lui présenter…

-         Tu as raison ! On trouvera bien un de ces jours comment savoir… Même ton crush, ce serait bien qu’on ait des infos concrètes sur leurs précédentes relations pour savoir où nous mettons le nez !

-         C’est clair…, confirme-je.

Nous éteignons ensuite la lumière et nous installons un peu plus confortablement pour dormir mais je prends le temps d’envoyer un petit message de bonne nuit à Hunter sans obtenir de réponse…

Laisser un commentaire ?