Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 43 : Un bouquet, un bouquet !

3083 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 22/01/2026 10:55

Chapitre 43 : « Un bouquet, un bouquet ! »


En ce deuxième matin, j’ai enfin une réponse mais pas celle que j’espérais. Le message est arrivé à trois heures et il n’est pas joyeux :

Hu : « Pardonne mon retard, j’ai bossé comme un acharné. Je vais seulement dormir et j’ai une journée intense demain alors je ne suis pas sûr de pouvoir discuter. Amuse-toi bien et profite ! »

He : « D’accord… Bon courage. »

Je suis extrêmement déçue. Ne pas passer le nouvel an avec lui est déjà triste mais alors ne même pas pouvoir discuter me met le moral dans les chaussettes. Je fais bonne figure jusqu’à ce qu’Alma parte skier, parce que j’ai le sentiment qu’elle serait bien capable de s’en priver pour rester avec moi si elle voyait que quelque chose ne va pas.

Ma deuxième journée ressemble à ma première, je me promène des heures avec Calyouk jusqu’à ne plus sentir mes mains, puis je fonce lézarder dans les jacuzzis de l’espace aquatique pour me réchauffer. Après ça, puisqu’il me reste une heure à tuer avant le retour d’Alma, je m’autorise un deuxième séjour au spa où j’opte pour un massage et un soin du visage, parce que je le mérite bien en tant que princesse pour trois jours.

Lorsque je retourne dans ma chambre, je suis plus détendue mais je suis quand même enchantée du retour d’Alma pour me tenir compagnie après cette journée sans message d’Hunter.

Après sa douche, nous nous habillons pour le restaurant. J’enfile une de mes éternelles robes noires, des collants et mes boots en cuir tandis qu’elle opte pour un jean et un gros pull blanc puis nous nous installons par terre devant le grand miroir de notre salle de bain pour finir de nous préparer. Alma se maquille tandis que je mets quelques bijoux dorés.

-         A quelle heure Eden passe-t-il nous prendre ? demande-t-elle.

-         Bientôt je dirais, la réservation est pour quinze heures alors…

-         Il faut que je m’active ! couine-t-elle en se penchant plus près de la glace.

-         Tu te maquilles bien…, commente-je en la voyant faire.

-         Je le fais depuis des années… tu ne te maquilles jamais ?

-         Rarement…

-         Tu n’en as pas vraiment besoin, tu as déjà de grands yeux et des longs cils sombres… tu as de la chance… Ça pourrait être marrant de te maquiller pour de vrai un jour.

-         Tu as carte blanche ! m’amuse-je.

-         Je pourrai te maquiller pour ce soir ?! s’excite-t-elle.

-         Si tu veux, ça me changera ! accepte-je.

Elle me décrit déjà ce qu’elle aimerait me faire et j’attrape mes boucles d’oreilles lorsqu’on toque à la porte.

-         Nous n’avons pas fini de nous préparer crétin ! lance-je joyeusement pour embêter Eden.

-         Je vais aller lui ouvrir ! glousse Alma. Ça nous fera un petit tête à tête !

-         Oui ! pouffe-je.

Je mets mes anneaux dorés en prenant mon temps pour ne pas les interrompre, mais Alma revient à la salle de bain quelques secondes plus tard, avec un grand sourire aux lèvres et l’air sciée en deux :

-         Putain je n’en reviens pas, chuchote-t-elle en riant avec une pointe d’hystérie.

-         Quoi ?

-         Il s’est ramené avec un bouquet, un bouquet ! couine-t-elle malgré ses mains vides.

J’essaie de comprendre, toujours par terre dans la salle de bain, mais l’immense sourire énigmatique d’Alma accélère mon cœur. Je porte une main à mes lèvres, n’osant même pas y croire, mais elle hoche la tête pour répondre à ma question silencieuse.

Je saute sur mes pieds et je sors de la salle de bain pour observer la porte d’entrée avec le cœur battant, la main toujours sur les lèvres. Lorsque je vois Hunter dans l’encadrement, avec son gros sac de voyage posé à côté de lui, son sublime sourire et le bouquet dans sa main… je ne perds pas une seconde de plus.

Je fonce comme un boulet de canon sur lui en riant de bonheur et il m’ouvre les bras juste à temps pour me réceptionner alors que je me blottis dans son cou et lui dans le mien. Je le serre de toutes mes forces pour réaliser qu’il est bien là, mon rire me secouant toujours alors que ses bras emprisonnent mon dos pour me maintenir perchée à son cou. Je retrouve ses câlins, son parfum, ses bras…. C’est trop de bonheur et je me demande si je rêve.

Je redresse finalement la tête pour attraper ses joues et vérifier une fois de plus que c’est bien lui en souriant jusqu’aux oreilles.

-         Mais qu’est-ce que tu fais là… ? souffle-je.

-         Je ne pouvais pas passer cette soirée loin de toi…, répond-il dans un chuchotement. 

Ses yeux tombent sur mes lèvres, mes papillons s’envolent et je suis à deux doigts de l’embrasser sans me poser de question mais Alma fait un petit bruit en nous rejoignant et Hunter lui lance immédiatement un regard timide. Il se penche pour me reposer par terre, sans doute gêné par notre public, mais il me tend tout de même son magnifique bouquet à la place.

-         C’est pour moi ?! couine-je.

-         Evidemment, je n’allais quand même pas arriver les mains vides pour le réveillon…, murmure-t-il en passant rapidement ses doigts sur ma mâchoire.

Je rougis des pieds à la tête en admirant le sublime bouquet, et il se penche pour embrasser tendrement ma joue alors que je presse ma tête contre ses lèvres.

-         Il est magnifique Hunter, merci beaucoup…, roucoule-je.

Il est là depuis deux minutes et il a déjà réussi à me rendre plus heureuse que le bonheur lui-même. Je n’arrive plus à quitter du regard mon magnifique bouquet, je ne saurais dire comme j’aime lorsqu’il m’offre des fleurs, comme je me sens spéciale pour lui lorsqu’il le fait… Et ses lèvres si tendres sur ma joue… J’inspire mes fleurs avant de lui lancer mon regard le plus amoureux et je récolte son plus beau sourire en retour. 

Il doit soudain se souvenir que nous ne sommes pas seuls au monde, puisqu’il reporte son attention sur Alma. Il pose une main sur ma hanche pour garder un contact mais il tend la deuxième à ma nouvelle amie en lui souriant :

-         Je n’ai pas vraiment eu le temps de me présenter. Je m’appelle Hunter et je suppose que tu es Alma… ? La nouvelle super copine ? plaisante-t-il timidement.

-         Exactement, enchantée Hunter… mais tu peux aussi me considérer comme la fille chargée d’aller chercher Hestia pour toi…, plaisante-t-elle en me lançant un regard.

Nous gloussons alors qu’il penche la tête pour essayer de comprendre sa blague et lorsque ses yeux interrogateurs se posent sur moi, je lui explique :

-         En fait, j’ai rencontré Alma pour la première fois à la soirée en ville où tu es venu me chercher. Crois-le ou non, mais c’est à elle que tu avais demandé de me chercher pour toi !

-         Ce n’est pas vrai ?! s’amuse-t-il. Et je viens de recommencer à l’instant ?!

-         Oui ! pouffe Alma.

Nous rions tous les trois et l’ambiance s’allège maintenant que les présentations sont faites. La glace est brisée, place au naturel : j’attrape le bras d’Hunter pour le tirer dans ma chambre en sautillant d’excitation :

-         Viens voir ! Regarde ma super chambre surclassée ! piaille-je comme une gamine.

Il rit doucement en se laissant entrainer et je lui fais la présentation de ma chambre de princesse, mon bouquet dans une main et son bras dans l’autre.

-         Et bien, ça ne rigole pas…, commente-t-il avec humour.

Il échange un coup d’œil rieur avec Alma qui est appuyée contre un mur et nous observe avec bienveillance. Je sais qu’il dit ça pour me faire plaisir, ça se voit, mais je prends. Je suis de toute façon complétement euphorique de l’avoir ici et rien ne saurait calmer mon énergie. J’ouvre le balcon pour lui montrer et alors qu’il sort, Alma vient rapidement me prendre mes fleurs pour me débarrasser :

-         Je vais les mettre dans la carafe d’eau, précise-t-elle.

-         Merci ! rayonne-je.

-         Des fleurs Hestia, des fleurs ! s’exclame-t-elle à voix basse.

Nous affichons des sourires excités et je le rejoins sur le balcon où il observe la vue sur les pistes. J’attrape son biceps mais il se tourne face à moi pour me tirer directement dans ses bras où je me blottis en serrant sa taille. Il a un bras autour de mon dos, l’autre autour de ma tête et il caresse doucement ma joue de son pouce en embrassant le sommet de mon crâne.

-         Je suis trop heureuse que tu sois là…, murmure-je en soupirant de bonheur.

-         Moi aussi…

-         Comment as-tu fait ? demande-je.

-         Je les ai tous envoyer bouler…

Je relève le nez pour le regarder en fronçant les sourcils mais il m’observe en me souriant et en continuant de caresser ma joue.

-         Vraiment ? m’inquiète-je.

-         Plus ou moins, j’ai dit que je devais partir aujourd’hui, point barre. Alors j’ai bossé comme un malade la moitié de la nuit, je me suis levé tôt pour finir au mieux ce que j’avais à faire et je me suis barré. Winston gère sur place.

-         Tu n’auras pas de problèmes ?

-         Mais non. Bon, il faudra que je réponde au téléphone impérativement et que je bosse un peu d’ici mais… je suis là, conclut-il en chuchotant.

-         C’est tout ce qui compte, s’il faut que je passe la soirée dans ta chambre à te regarder travailler alors je le ferai avec le plus grand bonheur.

Il me sourit et pose ses lèvres sur mon front en me serrant un peu plus fort. Il m’y dépose des petits baisers doux jusqu’à ce que les coups d’Eden – sans le moindre doute cette fois – résonnent sur la porte. Alma lui ouvre et dès qu’Hunter entend son meilleur ami, il me relâche non sans une dernière caresse sur ma joue.

Alors que nous rentrons les rejoindre, Eden en sursaute :

-         Hunter ?! Mais qu’est-ce que tu fous là ?! s’exclame-t-il en venant lui sauter dessus.

Il le réceptionne en riant :

-         Je me suis barré, je leur ai dit que je gèrerais au téléphone !

-         Tu déconnes ?! s’exclame Eden en reculant pour regarder Hunter avec des yeux rieurs.

-         Non je te jure.

-         T’es un malade…, répond-il en secouant la tête malgré son sourire.

Ça m’agace de savoir qu’Eden est au courant de tout, qu’il sait exactement de quoi il en retourne et ce qu’Hunter a fait. C’est aussi rageant qu’injuste selon moi mais peu importe.

-         On y va les filles ? demande Eden en se tournant vers Alma.

Je me colle contre Hunter pour attraper son bras malgré la présence de son meilleur ami – je  suis incapable de me détacher de lui de toute façon – et je lui lance un regard suppliant :

-         Nous allions au restaurant, tu viens avec nous ?

-         Bien sûr, je n’ai pas mangé, je viens d’arriver… C’est quel restaurant ? demande-t-il.

-         L’Auberge, répond Eden. T’avais combien de temps de route depuis là-bas ?

-         Environ cinq heures, répond-il tranquillement.

Il ne retire pas son bras de mon étreinte et bien qu’Eden pose les yeux dessus, il ne commente pas.

-         Alors en route mes amis ! s’exclame-t-il joyeusement.

-         Je vous rejoins là-bas en voiture, il faut que je réceptionne ma chambre et que j’y pose mes affaires, précise Hunter.

Alma se tourne vers lui en levant un sourcil :

-         Tu as réussi à avoir une chambre dans cet hôtel à la dernière minute en haute saison ? s’étonne-t-elle.

-         Oui, il restait une chambre, j’ai eu de la chance, répond-il sobrement.

-         Carrément… je pensais que l’hôtel était complet…, commente-t-elle en haussant les épaules.

-         Impossible n’est pas Hunter ma chère, tu l’apprendras vite, répond tranquillement Eden en la prenant par les épaules pour sortir de notre chambre.

Elle lui lance un regard heureux et je souris de ce petit geste que je ne trouve pas si anodin que ça. Hunter me lance d’ailleurs un regard étonné et je glousse pour toute réponse. Nous sortons dans le couloir où il récupère son sac noir alors qu’Eden et Alma s’éloignent.

-         Je vous rejoins, me dit-il.

-         Je peux réceptionner ta chambre avec toi… ? propose-je.

-         Mais non, va avec eux, je vous rejoins, insiste-t-il.

Je me décompose, me sentant clairement rejetée, et il attrape mes joues :

-         J’ai des choses à faire c’est tout, un appel à passer.

-         D’accord…, marmonne-je.

Il sourit face à ma petite boude puis jette un rapide coup d’œil vers Eden qui s’éloigne toujours, avant de poser un petit baiser sur ma « joue ». En fait, ses mains couvrant leur quasi-totalité, ses lèvres se posent plutôt à la commissure des miennes et ça suffit largement à me remettre d’une humeur radieuse.

-         Ne tarde pas trop, dis-je.

-         Mais non, je vous y rejoins en voiture, j’arriverai peut-être même avant vous là-bas…

-         Ça m’embête de te laisser seul alors que tu viens d’arriver, couine-je.

-         Hestia…, murmure-t-il en souriant. File ou tu vas rater l’ascenseur…

Je lui souris avant de filer à toute vitesse et je réussis à me glisser à temps entre les portes qui se referment.

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