Les sentiments au fond de tes beaux yeux

Chapitre 44 : La fondue

4747 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/01/2026 10:37

Chapitre 44 : La fondue


Le groupe d’amis d’Eden est drôlement plus nombreux que je ne le pensais. Il y a une grande partie de son équipe de rugby, quelques garçons en plus et une bonne dizaine de filles. J’échange un regard interloqué avec Alma et nous nous plaçons à l’arrière de tout ce beau monde alors qu’ils prennent le chemin du centre-ville en parlant joyeusement. 

-         Je ne savais pas qu’il y avait tout ce monde…, dit prudemment Alma.

-         Je t’avoue que moi non plus…, réponds-je à voix basse.

-         Je n’aurais pas forcément accepté si j’avais su, je ne connais personne, chuchote-t-elle.

-         Moi non plus… Au moins nous sommes les deux…

Nous observons avec des yeux intimidés la bande et les laissons marcher un peu en avant.

-         Eden n’a pas de copine… ? demande prudemment Alma en voyant l’une des filles lui prendre le bras en riant.

-         Non, je le saurais sinon, c’est sûr, affirme-je.

-         D’accord… Bon alors, tu savais qu’Hunter venait ? reprend-elle plus joyeusement.

-         Non ! Il m’a fait la surprise ! m’enthousiasme-je.

-         Franchement quand j’ai ouvert la porte et que je l’ai vu avec le bouquet… je suis officiellement jalouse ! pouffe-t-elle.

-         Arrête !

-         Qu’est-ce qu’il est beau ! Mes souvenirs ne lui rendaient définitivement pas hommage ! Tu aurais vu sa tête quand j’ai ouvert, il devait s’attendre à te voir toi !

-         Et en plus je venais de le traiter de crétin, je pensais que c’était Eden ! m’amuse-je.

-         Il m’a dit « Euh… Hestia est là ? », dit-elle en l’imitant très mal. J’ai dit que oui et il m’a demandé si je pouvais aller te chercher, un retour dans le temps ! On se serait cru chez Tulla !

Nous discutons le reste du trajet de notre rencontre, elle me donne sa version de l’histoire, sa recherche de ma personne à cette soirée bondée alors qu’elle tenait à peine sur ses jambes et je lui raconte ma version, à savoir la voix de dieu qui m’a appelé alors que je stressais enfermée à double-tours dans une chambre.

Lorsque nous arrivons devant le restaurant, tout le monde patiente devant pendant que les fumeurs finissent leurs cigarettes et je discute avec Alma à l’écart lorsqu’un doux ronronnement attire mon attention. En fait, il attire l’attention de tout le monde et Alma ouvre des yeux ronds :

-         La vache ! Une DB11 ! s’exclame-t-elle. Mes frères seraient dingues ! On est tous fan de bagnoles à la maison !

-         C’est Hunter, précise-je.

Elle me lance un regard choqué, attendant que je lui dise que je plaisante mais lorsqu’il se gare et qu’elle le reconnait, elle se penche vers moi :

-         Non… je suis officiellement jalouse ! s’exclame-t-elle à voix basse. Sérieusement, comment a-t-il pu s’acheter une bagnole pareille ?! Qu’est-ce qu’il fait comme travail ?

-         Je n’en ai pas la moindre idée…, avoue-je honteusement.

-         Quoi ?! s’étonne-t-elle.

Mais notre conversation est interrompue par le groupe à côté de nous, qui s’agite en voyant Hunter sortir de sa voiture. Certains garçons de l’équipe l’accueillent en applaudissant et en criant que « l’ermite sort enfin de sa grotte » mais mon attention est largement retenue par une sublime rousse qui trottine vers lui avec deux amies à elle :

-         Hunter ! Ça fait tellement longtemps que je ne t’ai pas vu ! s’exclame-t-elle.

Je n’étais pas prête pour le malheureux spectacle qui se déroule alors devant mes yeux puisqu’elle lui fait la bise en posant sa main sur son épaule.

-         Tu … la connais ? demande Alma.

-         Non…

Nous analysons donc la scène en silence alors que la rousse lui demande ce qu’il fait là et qu’il répond qu’il est venu passer le nouvel an avec nous. Les garçons débarquent et Hunter est vite noyé sous les serrages de main et les bises à toutes les filles qui lui sautent dessus. Je ne sais officiellement plus où me mettre et cette journée parfaite prend des airs de cauchemar pour une fille aussi timide et peu confiante que moi.

-         C’est toi qui as eu les fleurs…, souligne Alma.

-         Oui…, marmonne-je en voyant la rousse lui presser le bras alors qu’elle lui parle encore.

Nous les observons interagir encore une minute et mon moral est en chute libre.

-         Ils ont l’air proches…, chuchote-je.

-         C’est peut-être juste son ex…, commente-t-elle.

-         Super…, marmonne-je en baissant le nez.

Je croise les bras et nous suivons une partie du groupe qui rentre dans le restaurant pour nous éloigner de tout ça. On nous conduit dans une grande salle privée où trône une table en bois immense toute dressée pour l’occasion, avec une longue banquette d’un côté et des chaises de l’autre.

Les gens s’installent tandis que nous tournons en rond avec Alma, mal à l’aises au possible.

-         J’ai envie de me tirer, commente-t-elle.

-         Moi aussi, on s’en va ? demande-je.

Nous échangeons un regard pour essayer de trancher sans y parvenir, nous sommes aussi hésitantes l’une que l’autre visiblement. Julia m’aurait déjà tiré par le bras pour sortir la tête haute mais Alma a la même réaction que moi, elle n’ose pas faire de vagues en quittant la salle devant tout le monde et nous nous retrouvons donc assises sur la banquette en bout de table à échanger des regards de détresse qui finissent par nous faire rire. Nous nous planquons même derrière les grandes cartes des vins pour nous cacher.

-         Au moins, nous sommes les deux, répète-t-elle en riant.

-         Oui, ne paniquons pas…

Hunter débarque dans la salle, toujours flanqué de ses trois groupies mais je vois qu’il me cherche et j’ai le bonheur de le voir immédiatement venir vers moi.

-         Je peux me mettre à côté de vous ? demande-t-il gentiment.

-         Bien sûr, répond Alma en sautant sur ses pieds.

Je me lève aussi, parce que je tiens à avoir Hunter d’un côté mais Alma de l’autre pour ne pas l’abandonner et il se glisse donc sur la banquette. Je me cale à côté de lui et Alma à ma gauche, tout au bout de la table.

Dès que je m’installe, il se rapproche automatiquement de moi en me souriant et ça m’apaise.

-         Tu veux du vin ? s’étonne-t-il en voyant la carte dans mes mains.

-         Euh… pas forcément… pour te dire la vérité, je me cachais derrière pour rire avec Alma, avoue-je.

Il éclate de rire avant de se pencher vers moi :

-         Ça ne te dérange pas que je regarde, moi ? demande-t-il.

-         Bien sûr que non, réponds-je timidement en lui présentant la carte.

Il l’observe avec attention et je me perds déjà sur son visage jusqu’à ce que cette foutue rousse s’assoie nonchalamment en face de lui. Il ne relève même pas le nez et j’échange un regard entendu avec Alma, qui trouve visiblement aussi que c’est une bonne chose.

-         Tu vas prendre du vin ? demande-je pour faire la conversation.

-         Oui, un blanc avec la fondue, répond-il pensivement.

-         Connaisseur ? demande Alma.

Il relève des yeux amusés :

-         Je ne sais pas si je suis connaisseur mais…, commence-t-il.

-         Tu plaisantes ? interviens-je. Chaque fois qu’il m’a fait goûter une de ses boissons, elle était délicieuse… Je ne sais pas comment il les choisit mais il est visiblement doué.

Je lui lance un regard fier et il me couve de ses yeux les plus doux :

-         Je prendrai une bouteille alors, pour vous faire goûter, répond-il gentiment.

-         C’est très gentil mais ne t’embête pas, les bouteilles coûtent un bras ! s’angoisse Alma.

Il balaie sa remarque d’un geste et les serveurs viennent prendre les commandes des boissons. Alma prend un coca et je l’imite, récoltant un regard amusé d’Hunter :

-         Du coca…, se moque-t-il en levant les yeux au ciel.

Je glousse en lui pinçant la cuisse discrètement :

-         Nous ne sommes pas tous de fins gourmets ! réplique-je.

Il me sort un regard en coin à vous tuer de beauté avant de reporter son attention sur le serveur qui attend sa commande. Il demande une bouteille de vin blanc, évidemment, mais après avoir jeté un coup d’œil sur la tablée nombreuse, il en commande finalement quatre. Alma s’étouffe presque alors que la tablée l’acclame bruyamment et que la rousse en face de lui se penche en avant :

-         C’est adorable de ta part d’avoir pensé à ces imbéciles…, dit-elle.

-         Si je n’en avais pris qu’une, ils me l’auraient sifflée ! répond-il en riant.

-         Ça, je te le fais pas dire ! s’exclame un garçon avant d’éclater de rire.

-         C’est toujours le même qui régale à ce que je vois, reprend la rousse.

-         Ce n’est pas comme si j’avais un couteau sous la gorge, tempère Hunter. Je le fais avec plaisir.

Ils continuent leur petite discussion puisqu’elle lui demande pourquoi ce choix de vin et il s’explique en des termes que je ne comprends pas alors qu’elle a l’air de suivre ce qu’il raconte. Ça me fait me sentir ridicule et je baisse donc le nez sur la table en les écoutant bavarder entre gens civilisés, dont je ne fais visiblement pas partie.

-         Tu aimes la fondue ? demande Alma pour me distraire quelques minutes plus tard.

-         Je n’en ai jamais mangé, réponds-je en me sentant encore plus ridicule.

-         C’est délicieux, tu vas voir, répond-elle gentiment.

Mais Hunter tourne la tête vers moi, les sourcils crispés :

-         Tu n’as jamais mangé de fondue… ? demande-t-il.

-         Non…, réponds-je du bout des lèvres.

-         Sérieusement ? intervient la rousse.

C’est exactement ce que je craignais et je relève le nez pour la regarder :

-         Oui, sérieusement, réponds-je froidement.

-         Tu ne sais pas ce que tu as raté ma pauvre ! rit-elle.

-         Et bien non, je ne sais visiblement pas, m’agace-je.

-         Tu es comme Hunter ou quoi ? Tu t’enfermes dans une grotte ? plaisante-t-elle.

-         Il faut croire, grince-je entre mes dents en essayant d’afficher une tête neutre.

-         Je n’ai jamais compris pourquoi il agissait comme ça… Quel sauvage ! ajoute-t-elle avec affection.

Je ne sais pas quoi répondre à ça et je crois qu’elle se fiche de toute façon pas mal de ce que j’ai à dire alors je ne réponds pas tandis qu’Hunter se défend en soulignant qu’il aime sa tranquillité sans pour autant être sauvage.

Alma me lance un regard compatissant et je recommence à envisager de partir. Je n’ai pas signé pour ça, ça me fait du mal de le voir rire avec une femme qu’il connait visiblement bien et je ne comprends pas pourquoi je m’impose une chose pareille alors que je pourrais manger tranquillement dans ma chambre avec Alma.

-         Tu ne veux pas qu’on se sauve après avoir bu nos coca ? lui demande-je.

Hunter se penche immédiatement vers moi avec les yeux inquiets :

-         Tu veux partir ? Tu ne te sens pas bien ?

Il pose discrètement une main au creux de mes reins pour caresser le bas de mon dos et ce simple geste me réconforte tellement que j’arrive à lui sourire timidement :

-         Pas vraiment, je ne connais personne, c’est un peu bizarre pour moi…, explique-je.

-         Tu me connais moi, répond-il en continuant ses petites caresses.

-         Oui mais…

-         Si elle n’est pas à l’aise, autant qu’elle s’en aille, tranche la rousse en me souriant. Je me suis déjà retrouvée coincée à des diners où je ne me sentais pas bien, et il n’y a rien de pire.

Je lui lance un regard interdit mais Hunter ne fait pas cas d’elle :

-         Tu ne peux pas rater ta première fondue, je ne le permettrai pas, me taquine-t-il gentiment.

Une fois de plus, ça me redonne confiance :

-         Je pourrais en commander une avec mon room service ! réponds-je fièrement. Je te rappelle que j’en dispose à mon bon vouloir à cause de la gestion douteuse de cet hôtel !

Il rit en me couvant du regard et les serveurs arrivent avec nos boissons. Hunter se sert un verre en affichant une tête amusée :

-         Alors raconte-moi, qu’est-ce que tu t’es déjà commandé de bon à ce room service ?

-         Des tas de choses ! ris-je. Nous ne nous sommes nourries qu’avec ça ! J’ai même encore commandé des pâtes aux truffes hier soir !

-         Et c’était bon ? s’enquiert-il joyeusement.

-         Délicieux ! Ça doit être un de mes nouveaux plats préférés.

-         Vous avez des goûts de luxe Mademoiselle, m’embête-t-il.

-         Oui, le retour à ma chambre étudiante va faire mal ! pouffe-je.

-         Je t’emmènerai manger des pâtes aux truffes s’il n’y a que ça, rit-il.

-         Ou alors on essaiera de les faire nous-même ! m’enthousiasme-je.

-         Pourquoi pas, si ça te fait plaisir je suis pour.

Nous échangeons un regard complice qui panse mon cœur mais Ursula la sorcière nous scrute d’un regard qui ne me plait pas et je dis la première chose qui me vient par la tête pour lamentablement garder l’attention d’Hunter sur moi et empêcher cette fichue rouquine de se l’accaparer.

-         Alors ce vin ? demande-je.

-         Délicieux, tu veux goûter ? propose-t-il.

-         Peut-être après…

Je désigne mon verre remplit de coca et il me tend le sien. Cette fois, mon cœur rayonne et je le prends donc fièrement sous les yeux d’Ursula pour en boire une gorgée. Hunter a les yeux rivés sur moi et mon petit diable intérieur se prélasse lascivement en lui faisant les yeux doux.

-         Il est délicieux, comme d’habitude…, commente-je en lui souriant.

-         Nous ne sommes pas présentées... ? intervient alors la rousse en me souriant.

Hunter a l’air de le réaliser et il ouvre des yeux étonnés :

-         Oh pardonnez-moi. Hestia je te présente Anabelle, elle était avec moi en droit. Ana, je te présente Hestia, c’est … la meilleure amie d’Eden…, finit-il avec hésitation.

-         La meilleure amie d’Eden ? demande-t-elle.

Je sens le soulagement dans sa voix et ça m’agace, elle vient automatiquement de me classer dans la case « non menaçante » vu son regard. Mais je vais tenter d’ajuster un peu les choses :

-         Oui, j’ai d’abord rencontré Eden puis je suis naturellement devenue l’amie d’Hunter lorsqu’il me l’a présenté, précise-je.

-         Je vois… tu es étudiante ? continue-t-elle.

-         Oui, je suis en première année de droit, explique-je.

-         Ah la première année… C’était le bon temps… les cours étaient si simples, soupire-t-elle.

-         Tu es en master j’imagine… ? demande-je poliment.

-         Non, j’ai redoublé ma troisième année, admet-elle de mauvais grâce.

-         Tu frôlais déjà le redoublement lors de la seconde ! la taquine Hunter.

-         N’importe quoi ! réplique-t-elle en rougissant. Nous ne sommes pas tous des génies comme toi, c’est tout.

-         Hestia est la meilleure élève de sa promotion, souligne Hunter en me lançant un regard fier.

Ana se décompose face à l’information mais je réinstaure la vérité :

-         Rien d’officiel, nous n’avons pas encore les résultats, tempère-je.

-         Je suis sûr de moi, je le parierais, insiste Hunter en me couvant du regard.

Mais Anabelle n’a pas dit son dernier mot :

-         Oui enfin, attendons les résultats, tu imagines sa déception si elle ne l’était pas ? Tu lui mets la pression Hunter, ce n’est pas bien ! minaude-t-elle en battant des cils.

-         Je ne lui mets aucune pression, je le sais, réplique-t-il avec assurance en s’adossant dans la banquette.

-         Et toi alors, ton master ? demande Ana en posant le menton dans une main.

Et c’est reparti pour un tour mais cette fois, Hunter reprend tranquillement ses caresses sur le bas de mon dos en discutant avec elle, alors je dois admettre que leur conversation ne m’agace pas autant que prévu. Je discute donc tranquillement avec Alma de ses partiels à elle, puisqu’elle s’inquiète de ne pas avoir la moyenne dans certaines matières.

*

Quelques minutes plus tard, la fondue est servie et tout le monde se jette dessus avec appétit alors qu’Ana fiche enfin la paix à Hunter pour discuter avec ses copines. Je les imite tous en plantant un bout de pain au bout de mon long pic avant de le tremper dans le fromage avec concentration. Lorsque j’essaie de le ressortir, je découvre que le bout n’est plus là alors je retire discrètement mon pic pour qu’on ne me remarque pas. Personne n’a l’air de rencontrer ce problème alors je réessaie sans plus de réussite et je commence à me demander si je ne suis pas complétement stupide.

A mon troisième essai, Hunter me regarde du coin de l’œil avec un sourire moqueur :

-         Essaie de ne pas perdre ton troisième bout, m’embête-t-il à voix basse.

-         Oh non, couine-je. Je pensais être discrète…

-         J’ai toujours un œil posé sur toi, répond-il.

Je rougis un peu alors qu’il part visiblement à la recherche d’un de mes morceaux de pain au fond du fromage. Il le retrouve rapidement et me le tend :

-         Allez, goûte-moi ça, dit-il.

Je prends donc joyeusement le bout après son pic et j’ouvre des yeux ronds :

-         C’est délicieux ! articule-je avec la bouche pleine.

Il éclate de rire :

-         Et bien, oui…, confirme-t-il alors que j’admire ses fossettes.

-         Hors de question que je reperde mon bout de pain ! plaisante-je.

Il m’observe faire et je ne sais pas comment je me débrouille, mais je ressors mon pic vide. Il rit un peu plus en me tendant son bout, que j’avale rapidement en gloussant.

-         Un poussin devant un couteau, nous en revenons toujours là…, soupire-t-il avec un sourire en coin.

-         Arrête ! ris-je.

Même Alma se moque gentiment de moi et je passe un super moment. Nous sirotons tous les trois le vin délicieux d’Hunter et je continue mes tentatives, infructueuses les trois quarts du temps, mais il me nourrit régulièrement pour que je ne me frustre pas trop. Ça finit évidemment par attirer l’attention d’Ana et ça ne lui plait pas beaucoup apparemment :

-         Tu es vraiment un emmerdeur Hunter ! Hestia, il faut que tu plantes plus profondément ton bout de pain, je ne sais pas pourquoi il ne te le dit pas au lieu de te laisser te tourner en ridicule…

Je suis déçue, parce que maintenant qu’elle m’a donné l’astuce, je ne pourrai plus manger avec lui, mais je suis surtout en colère parce que je me doute que c’est exactement pour ça qu’elle me l’a donnée. Elle m’énerve encore plus à tourner la phrase comme si Hunter voulait m’humilier alors que nous riions bien tranquillement tous les deux. Mais il a l’air de mon avis puisqu’il tourne une tête agacée vers elle :

-         Je ne la laisse pas se « tourner en ridicule », ça m’amuse simplement de la nourrir comme un oisillon ! réplique-t-il.

Voilà qui lui en bouche un coin et Alma ne peut pas s’empêcher de rire malgré sa tentative de le cacher. J’affiche mon air le plus suffisant en souriant à Ana alors qu’Hunter me présente son pic, auquel j’arrache délicatement le bout de pain sans la quitter du regard. Elle nous observe une seconde en plissant les yeux avant de mettre les pieds dans le plat :

-         Vous sortez ensemble ? demande-t-elle.

Hunter hausse les sourcils, visiblement très surpris par sa question alors que je rougis jusqu’à la racine des cheveux.

-         Non…, répond-il.

Et malheureusement, Anabelle met un k.o. à Hestia. Parce que je vois qu’elle se rassure jusqu’au trognon et que je pourrais bien manger cinquante bouts de pain sur le pic d’Hunter que ça ne changerait pas les faits : nous ne sortons pas ensemble. Et c’est tout ce qui intéresse Ana qui reprend ses regards séducteurs sans la moindre hésitation maintenant que la situation est claire.

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